CHAPITRE HUITIÈME
les règlements fous pour Formée combinée, avant qu'elle quittât celle ville, sont un monument intéressant de la discipline militaire du temps. L’ordre était que les soldats s’aimassent et se traitassent en frères; que 1 avant-garde se composât de cent vingt, hommes d armes, et d’un même nombre d'archers pris par portions égales dans Chaque nation ; que lorsqu’on donnerait le commandement de mettre pied h terre en présence de l’ennemi, la désobéissance frtt h l’instant punie de mort : que tous les chevaux fussent conduits a une demi-lieue en arrière, et que ceux qm seraient trouvés en deçà fussent confisqués; que tout homme tpti quitterait, son poste en ligno f&t mis h mort ; qu’on ne fît aucun prisonnier jusqu'à ce que la victoire fût certaine, sous peine de lu mort du prisonnier et aussi de celui qui l’aurait pris H fa,s,,lt résistance; que chaque archer fût munid'im long pieu rom lu aux deux bouts; et que chaque homme portât avec lui dosvm.es pour deux jours 1 . L’ennemi occupait une éminence; nl il fut attire hors de sa position avantageuse par les manœuvres des allies, qui, descendant do cheval et marchant a pied ddns leur armure, essayèrent de se rendre maîtres du pont, l'en- , trois heures, les deux années se tinrent en fèce l’une de 1 autre, separees seulement par la rivière. A la lin, les Anglais se payeront un passage jusqu’à l’autre rive, et furent suivis par les Bourguignons. Les Ecossais, qui supportaient le fort delà bataille, wem presque entièrement détruits; elles Français furent [rèsmaitraitespnrla garnison, qui les attaqua par derrière. Les vain- IMurs entrèrent en triomphe dans la place, emmenant avec eux 'es commandants français et écossais, dont chacun, après avoir perdu un œil dans le combat, avait été fait prisonnier - Cette défaite jeta Charles dans le découragement ; mais il en J promptement tiré par de puissants renforts qui lui vinrent
cam ? EC'JSS!' Ltb duc dc MiliUî envoya à son assistance un « ps nombreux de Lombards, et le comte Douglas débarqua «ce cinq mille hommes «1 port de laltudieiie. Le roi, en lémoim «'"hanee et de gratitude, choisit sa propre garde parmi
ZT'fV e“SS?s; Pl de même 'l'J'il avait déjà octroyé à m de l'nrnley les seigneuries françaises d’Anbieny e. A~ Uncressanlt [23 mars], il donna à Douglas le duché pEJ^
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m Manat, ut s, Ford. ÏVJ, rn. H»ÏL ft #5. lurent raoheeés pin*
\ \ 1 ST omt M ANGE ET E lî HE, mut encorê de Touraine [19 avril], qui loi avait appartenu a immôme avant son avènement. [8-16-26 ocLj Le duc d Ai h an y et la noblesse écossaise jurèrent en présence de 1 ambassadeur Iranrais de maintenir V ancienne alliance entre les deux pays, et promirent, ce qu’il n’était point en leur pouvoir d'effectuer, que leur roij en cas de délivrance, ratifierai! leurs engagements L La nécessité de troubler la bonne harmonie qui régnait entro la France et PEcosse était devenue évidente; et dans celte vue le i’fmsGH anglais proposa nn roi Jacques de traiter avec lut de sa délivrance T L'offre fut acceptée avec juin; les envoyés écossais eurent la permission de voir leur souverain ; et après bien des négociations, on convint de part et d’autre que le roi serait mis en liberté, et qu’en relour il défendrait à ses sujets d'entrer au service de la France 1 2 [10 sept, i hW\; qu’il payerait a ferme, en six ans, la somme de quarante mille livres, comme compensation de ses dépenses pendant sa détention 3 , et donnerait des otages pour caution jusqu’à coque la sotnmo enLière AU soldée, Afin dai lâcher plus fortement lo prince écossais aux intérêts de l'Angleterre, on désirait qu’il épousiU une princesse anglaise ; et les ambassadeurs eurent pour instructions deu conférer avec les Ecossais si ceux-ci faisaient quelque ouverture, mais de té être pas les premiers à on suggérer l'idée, a attendu que, d’après la coutume de l’Angleterre, il ne convenait («as que la dame fît les tivances, » Il ne fut pas nécessaire, au surplus, d’exciter la l>onne volonté de Jacques par des motifs politiques, 11 était déjà épris d'une femme belle et accomplie, Jane, descendue par son pere, le comte de Somerset, d’Edouard UE et par sa mère, Margaret Uotand, d’Edouard V'\ [Février Î42A,]U Fépousa avant son depart; cl le protecteur, pour exprimer sa satisfaction, lui fil gi'ûce [avrâj, avec le consentement du conseil, d’un sixième delà somme
1 I)n TiUet 133. IBfo Doublas fut Fait Utmtenimt tlti roi fri eommamliuiÈ des Hrliéü avril Brç* k* Arikto* de Fraw ,«^11»^
ilMtàS. b* trouvent nombre de 1 tsiws de rmkmksaUün accordées a de* archer* cïossai* de Eu gante royale depui* cette époque jtisqu en l*t4.
» Comme J ne<] u e* ne mit forcer ou retour k-s Écossais qm étaient deja en Prurit», ils fur-tant exceptes du bénéfice du truité, Hym. x,
3 L enirctien 4c Jacques avait etê fisé pnr Ffenri V a *00 î. un, 4*4 jJJ dix-neuf tins miraient Jontêb WtOÜ0 1- H ky »
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Mal» il va probable <|uW aussi forte somme U àemnntee m» ç* iwct; qu'file ne pouvuK tWromniTOl *t«v rerlnmee eomme "S&’îfw STi, «lires ijüeMiï swonl peur inttructions secrétai d accepter 30,000 1. h le» Lr suis sc rcfu&ateti l » en payer 40,000, 14. x» *05»
uwnrriŒ huitième.
dunl te payement était stipulé par ïe traité 1 . L'uvènomont prouva {[jX-nm éducation anglaise de dix-neuf années n'avait pas rendu Jacques moins propre à porter la couronne d'Ecosse. Il fît, 1*0111010 monarque, le bonheur do son pays; mais, quoiqu'il s'efforçât de remplir les conditions auxquelles il avait été délivré, mi revenu avait été tellement amoindri par les régents, et sou peuple paraissait si peu disposé a se soumettre! h des taxes, qu’il ae fui jamais en état de s'acquitter d'un tiers de la dette2.
lui E rance T la campagne de cette année fut signalée par la même variété d'événements que celle de Tannée précédente. Arthur, frère du duc de Bretagne, et plusieurs seigneurs bourguignons, passèrent au service de Charles; ses partisans surprirent Compïègne et le Çrotoi, et la garnison d'Ivry, composée de Bretons, reçut et déploya son étendard. D'un autre côté, le duc de Ltedfonl ni) tînt un renfort d'Angleterre, reprit Compïègne et te Cmtoï, et, avec deux mille hommes d'armes et sepL mille archers, mit le siège devant Ivry. Un© armée française de dix-huit mille nommes, sous les ordres du dur d'Alençon, s'approcha pour secourir cotte forteresse; mais, désespérant d'y réussir, elle l'abandonna b sa destinée et surprit Verneuxt [17 août]. Le duc, laissant une garnison pour veiller sur sa conquête, marcha à la reuœnire de 1T ennemi* qui s'avança hardiment au-devant de lui. Les nommes d armes furent rangés en une masse compacte ; en tête r|l sur chaque flanc était posté un corps d'archers protégés comme de coutume par de longs pieux fichés en terre; et à larrièreîiarde étaient rassemblés les bagages, les domestiques et les.che- Kmx dy 1 année, sous la protection de deux mille archers, qui, pour s’opposer a l'irruption de Tenncini, avaient attaché les eheles uns aux autres par la bride et k queue, et les avaient entremêlés de chariots de manière à former un rempart presque impénétrable. Le choc des deux armées fut, dit-on, terrible. Elles ■C battirent corps h corps et avec une tell© résolution , que peu-
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t'n’ |]t «omnuige mi jeune Henri k Windsor, ot jum fidélité- en ces termes :
iïSÏÏ* roi d’ Ecosse, serai loyal tl fiîèk k mus , seiiméitr
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"'7 101 S1 ntieiite, etc. ' Ve serment, nous ilit*oiï , fut prêté devant trois tdtM \1X Moh*v*qui»i tlouïo cümte*, dis évêques, vingt b lirons et doux cents d n! i U rs,i T'ourthut. (m ne peut guère douter que on ne suit Lino méprise: car imU,! i* * * nctf? tfllb‘]csi est truite non en vimel, mnis on souverain
mK?. iH ,lri dans wu orrespomlnme ptivoiî ror-pcllo : tiw-Inuit et l wn prince pur la gnkede $3fau roi des Ecossais. llyin at
m tiiS TOI ft E D’AKülÆTHIt RE.
dont près d'une heure aucun des deux partis no sembla remporter aucun avantage* Au plus chaud de la bataille, un détachement de cavalerie française et italienne, dont les instructions étaient d’inquiéter Tarrière-garde des Anglais, entreprit de charger nu milieu des chevaux et des bagages; mais ne pouvant se frayer un passage ni se dégager, il resta exposé aux flèches des archers, qui, après avoir tué ou repousse les assaillante, se tournèrent vers la tâte ei se jetèrent sur l'ennemi avec de grands cris. Cette manœuvre décida Tac Lion* Les Français perdirent courage; leur front fut percé sur différents points, et bientôt la plaine fut couverte de fuyards poursuivis, f Fa près le compte des ennemis, ils perdirent plus de trois mille hommes, et les Anglais seize cents. Le nombre des écossais se trouva tellement réduit, qu'ils ne formèrent plus jamais un corps distinct dans l’armée française. Le nouveau duc de Touraine et le comte do Buchan restèrent sur la place; le duc d’Alençon et deux cents gentilshommes furent faits prisonniers. Le régent appelai mmëdia terrien I ses officiers autour de lut, et rendit grâce h Dieu sur le champ de bataille1.
Jusqu’alors j le duc do Bedford avait soutenu rhunnour des armes anglaises, ci déployé des talents dignes de la situation difficile dans laquelle il se trouvait. Mais il eut le malheur d’être contrecarré dans toutes ses mesures par l'ambition particulière de son frère, le duc de GloucestOr . Jacqueline de Bavière, héritière du Hainaut, do la Hollande, do la Zélande et do la Frise, avait eu pour premier mari Jean, dauphin do France. Après la mort de celui-ci [6 ami 1417], Henri V offrit sa médiation pour ajuster le différend qui s était élevé entre la veuve et Tonde de celle-ci, et profila de cette occasion de la demander en mariage pour son frère de Bedford. Mais Jacqueline, de l'avis de sa mère, donnait* préférence h Jean, duc de Brabant, garçon de seize ans [ lé 18], Leur union fut malheureuse. Il était violent et capricieux, elle orgueilleuse et vindicative* Le duc congédia les dames et les serviteurs que sa femme avait amenés de Hollande; en revanche, ses favoris, peu après, furent massacrés dans une insurrection du peuple. hile finit par se séparer de lui, se rendit a Valencienne* auprès de sa mère, s’échappa do Valenciennes, et chercha uu asile en Angleterre [juillet oh elle fut bien accueillie et ob¬
tint du roi une pension de cent livres par mois3. Le duc dt