‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 235 sur 327 · chapitre huitième, m · texte numérisé non relu

chapitre huitième, m

ài nom de Slokes, accompagnée des femmes des principaux: citoyen sdo Londres, se fendit h Ja chambre des lords et présenta une pétition contre le lue, l'accusant d’avoir négligé sa femme légitime, la duchesse Jacqueline, et de vivre en adultère avec HêoüOte Gobham*, fille de Ecginald , lord Cohliam de StcrborougÎK La beauté dTléonore était aussi remarquable que ses nui1 tirs étaient dissolues. Après avoir contribué aux plaisirs de différents seigneurs, elle fil connaissance avec le duc, dont rattachement pour elle fut si grand, que, meme après son union avec Jacqueline, il la garda toujours auprès de la personne et l emmena dans son expédition du lï&inaulA On ignore quelle répense fut faite a la pétition de ces champions femelles de lu fidèle conjugale; mais, bientôt après, le duc, h la surprise de FEulapp, reconnut publiquement Gobhnin pouf sa femme; et Jacqueliur, nu mépris de la promesse qu'elle avait faite a son adversaire, vpousa un gentil homme appelé Frank de Bursellen. Les Bourguignons aussitôt se saisirent de lui, et sa femme, pour le racheta r, céda la plus grande partie de ses états, no gardant qu'une rente annuelle pour son propre entretien. Elle mourut sans enfouis eu 1436* [8 uct.].

Un a prétendu que, sans cette malheureuse tentative de Gloucqpr pour s’emparer de l'héritage de Jacqueline, le parti de Lharles aurait pu être complètement écrasé après la bal aille de VônJéutL Mais, pour défendre le due de Brabant, le duc de Bourgogne retira ses forces du théâtre do Fanion et les occupa dans ta ïlaiiiaut et la Hollande; et le duc de Bedford, réduit à ses propres ressources, devint hors d’élat de profiter des avantages qif il avait obtenus. Pendant trois ans on laissa languir la guerre do Itaîicc, et les opérations de part et d’autre se bornèrent h des escarmouches el h des sièges sans importance comme résultat pour tas deux partis, mais fort désastreux pour les malheureux habitants. Si le régent était inactif par faiblesse, Charles Fêtait également par pauvreté ; et si la cour du dernier devint un foyer é intrigues, de discussions et de meurtres, le conseiLdü roi d’Angleterre n’était pas moins divise par la jalousie de ses membres, leurs querelles et leurs intérêts opposés 4.

i. Stûw. nc&.

9- Lwrjui-lle le dit dite pur avant avou tenue tn su ccnupagntc eertniu temps, CQnihie sa (lu me* par amours; et avec et nvoit este dillutiiee de; aucuns autres wrsmu^.s que de ueluy due, Menât. h, 33, Aussi, ut 3S.

•k Meyert ftSO.

■1, Lé |ionüi'ut Cüïnme r'II eût prédit les maux qui survinrent, nvnït écrit mi

17u histoire i*,.vsgi,gtek»e.

l’nrmi eux, le minisire rjiti avait In plus d'influence, tant par a position que par sa parenté avec le roi, était le duc de Ghnicestër; niais il était souvent, et parfois avec succès, contrarié dans s» vues par Henry BeaufUrt , le grand évêque de Winchester. Ce prélat était le second nis de Jean do Garni et de Catherine Swvtiford, et par conséquent était oncle du régent ot de son frère cl grand-oncle du roi. De l'évêché de Lincoln il avait passé au siège plus considérable de Winchester, avait trois fois rempli le haut office de chancelier, avait assisté au concile de Constant» et fait un pèlerinage îi Jérusalem. Son économie multipliait scs richesses, mais il les faisait servir aux intérêts de son pays; cl les sommes qu’il avait prêtées au feu roi s’élevaient à vingt-huit mille livres, celles au roi actuel n plus de onze mille1. Il avait accepté de. nouveau l’ office de chancelier [16 juillet :|/i2ê], ci dans ce poste s’était énergiquement opposé au plan favori de Gluucestor, qui réclamait l’héritage de Jacqueline. [26 février | Durant l’absence de ce prince, le conseil, sous l’influence du prélat et dans le but de réprimer les dispositions séditieuse» de la populace, avait mis garnison dans la Tour et l’avait commise aux soins de Richard Wydevile, avec ordre « de u'y admettre personne de plus puissant que lut. » Quand Gloucesler rcvint [29 oet.], il demanda h loger dans celte forteresse, et attribua lo refus de Wydevile aux instructions secrètes de son oncle. Dans son ressentiment, il ordonna ou maire de fermer les porte de la Cité b l’évêque, et de lui fournir cinq cents cavaliers pour qu’il p (il visiter sans danger lo jeune roi h Ellham. Le lendemain matin [30 ect.], les gens do Heaufoii essayèrent de forcer li porte du pont, barricadèrent la route, placèrent des archers dans las maisons de chaque cêté, et déclarèrent que, puisque l'entré’ de La Cité était interdite li leur seigneur, ils ompôcheTaionl le dur do la quitter *. Il en coûta h l'archevêque de Canterbury et au j duc do Coïmbre, second (Us du roi do Portugal et de Philippe j sœur du fou roi, huit allées et venues d’un parti a l'autre dans il

conseil a l’avènement du jaune Henri, pont recommander i ses membres £ dessus toutes choses de vivre en bonne intelligence les on# avec les suit® Gommü le meilleur moven de censmer las émt» de leur MUyerain enfant. JJ reüimm hoc in rerum «tutu salubriler dirlgenduiu nulla res est Urnium suria, quantum est vestra concorda qui rèipublicff pr^idetis ; Tûbis eunn J* bepUbuft umiin. uteniem, un a voiumate regentibus, imita aeewere calamités F test, Apud Raynald, vr, 51#

1# Mot, ParL TVf 111, I3âr 375, 377#

si Voyez les imputations de Glouwaiter ei les réponses de résèque dune H slip f, ai, 97.

ClUMTKfi ilUrilÉUli, 1

luiïmo journée pour prévenir Teffusîon du sang, et les urndner à garder in poix Jusqu’au retour du duc de Bedford1, Le régent quitta Paris à regret, aborda en Angleterre [20 déc,], et. convoqua un parlementa Lcicester. Il espérait, néanmoins, pouvoir olfcctiier auparavant une réconciliation entre son frère et son onde. [20 janvier 1420.] Hans celte vue, l'archevêque et plusieurs tords se rendirent auprès de Gloucester, et le requirent de la part du roi de se trouver au consoil a Northampton, Leurs instructions étaient de lui représenter qu’il ne pouvait avoir aucune objection raisonnable à une entrevue avec sou oncle eu pareille circonstance : qu’on prendrait dos mesures pour éviter lüiîle querelle entre les gens de leur suite; que Tévêquo, comme accusé, avait le droit d’être confronté avec son accusateur, et qu’eu ne pouvait pas espérer que le roi le priverait de sa charge avant que timpu talion dont il était l’objet eût été prouvée. Mais te raisonnements u- étaient pus capables de vaincre l obsti nation du duc, et Ü reçut Tordre du roi d'occuper son siège au prochain parlement’* [28 février.] Là les communes, par T organe de leur orateur, conjurèrent le régent et les lords de réconcilier le duc deGloucesler avec T évêque de Winchester. Le premier avait présenté un acte d’accusation contre son oncle oh, h ses propres griefs, il ajoutait deux imputations qu’a l’eu croire il tenait du feu roi son frère : la première était que le prélat avait payé un assassin pour ôter la rie h Henri, lorsqu'il n’était encore que prince de Galles; la seconde, qu’il lavait exhorté ïi usurper la couronne du vivant de son père. Dans sa réponse, Beau fort tâcha k démontrer que s’il avait personnellement offensé le duc, sa conduite était justifiée par les procédés de co prince; et aux imputations attribuées à Heuti il opposa la confiance et les emplois ten ce roi avait honoré T homme qui était maintenant accusé d'avoir attenté à sa vio. [4 mars*] Le duc de Bedford et les autres lords prêtèrent serment de juger avec impartialité.; mais la ma-

I- L’évèque écrivit le :jü çctoWe au régent, pour requérir hoîï retour imniémi : «Car, .7 iijmite-t-ii, « [<ir ma fui, iji vous lardex longtemps. flous mettrons ^ pays en d un per de guerre ; tous nve* ici un tel frère ! Dieu le rende lion 1 » tu entrèrent enaèmbîe dans la Cité de Londres. Bedford paraît avoir favorisé [pn oncle ci bidtïîé son frère. Quand les citoyens lui firent un présent do MWJ marcs dans deux bassins de vermeil, il les remercia à peine. Fnbyao, Ut, A[r,t

% ■«**. ûf Çütm. ni, 181-1 ST. Ce parlement fut appelé le parlement des bdtoM. Ootittüto les armes avaient été prohibées h les «ervUeur* des membres suiwisétu leurs, timbre* aveu un bilîon sur l'êpaule ; quand les b tUons aussi furent Prohibés, üs cachèrent de* pierres et des balte plomb dan* leur* manches 41 leur sein : tunt ils sr méfiaient tes mis des autres, Fab, iüid.

HISTOIRE D’ÀHGLETJSRftE.

nier G dual ou procéda an jugement nous r ignorons- Trois Jours après [7 mars], le dur et l’évêque consentirent a laisser leur querulïe a la décision du primai et de huit autres arbitres, sur l'arrêt desquels ou joua la comédie suivante, [iâ mars.] B eaufort commença par s’adresser au roi» a qui il protesta de son innocence des imputations relatives h Henri V ; et le dur de Bedford répliqua. au nom du souverain enfant, que le roi travail aucun doute de rinnoceneo de son grand-oncle, et qu’il le tenait pour avoir toujours été un homme fidèle au feu roi, tarit rivant qu’oprès son avènement au Irène. Alors, se tournant vers le duc do douces- 1er, l'évêque exprima le regret que son neveu eût connu quelque déplaisir contre lui : « Mais, monsieur, continua-t-il, je promis Dieu a témoin que, quels què soient les rapports qui vous ont etc faits de moi (peut-être par des personnes qui iront pas eu pour moi une grande niïecLton; Dieu leur pardonne l), je n'ù jamais imaginé ni eu en vue rien qui pût causer dommage Mi préjudice è votre personne, votre honneur ou votre rang; et m conséquence je vous prie d’être pour moi bon seigneur dorénavant, car par ma volonté je ne vous donnai jamais lieu d’être autrement, ni n’ai dessein de le faire à l'avenir, parta grâce à Dieu. » Le duc repartit : a Bel oncle, puisque vous vous déclare» ainsi l’homme que vous dites, je suis très-joyeux qu'il en sait ainsi, et pour tel je vous prends. » Alors ils se donnèrent ta main, et la cérémonie fut finie. Une pareilles réconciliation no pouvait être réelle; et l'évêque, soit do son propre mouvement, soil (pie lu chose eût été préalablement stipulée, résigna les sceaux te lendemain [12 mai] , et bientôt après <$p manda la permission (te voyager, il resta néanmoins eu Angleterre jusqu’au commencement de l’aruiêe suivante, ou il accompagna son neveu, te duc do Bedford, ii Calais. La iî reçut l'agréable nouvelle qu’il avait été nommé cardinal par le pape Martin , et fut revêtu dos insignes de sa dignité en présence du régent et d'une cour tionibreuse *.

Il y a lieu de croire que celte querelle entre Vende et te neveu venait de la méfiance qu’inspirait a Beau fort l’ambition du duequi on mainte occasion avait agi comme s'il ne dépendait pas du conseil, et avait répondu aux rem ont rances qu’il n’avait de comptes ïi rendre qu’au roi lorsqu’il serait majeur. Même récemniaC’ il avait dit : « Que mon frère gouverne comme il lui plaît LM1

1, Voyez le détail tkiift tes Rôlnt du P artemt'nt, ivt '20(î, $!I0, Uy m . i, Pabi 4 Ul. ËEifi, S, sur, i, 102.

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qu’il seim dans ce pays : lorsqu’il sera retourne en France, je gouvernerai, moi, comme bon me semblera. » [28 janvier.] A ce propos, les autres membres firent demander le duc de Bedford à la cli ambre étoilée, peu de jours avanl son départ, et le lendemain malin, se rendirent en corps auprès du duc do Gloucester, qui était retenu par la maladie h son «auberge» [29 janvier], Lo chancelier ûl h tous deux Le même discours, exposant que b jeune prince était le légitime roi d’Angleterre, el avait droit h Fohéissatice de tous ses sujets, quel que fût leur rang ; que tout jeune qu'il était, il n'en possédait pas moins de par la loi toute l'autorité qui lui appartiendrait dans un âge plus mur; que comme il ne pouvait exercer cette autorité durant son enfance, elle était Gonflée aux lords spirituels et temporels assemblés en parlement, un au grand conseil, on d'autres fois aux lords nommes pour composer le « conseil permanent ; » et que ce conseil, représentant la personne du roi, avait le droit d’exercer les pouvoirs du gpttvi ri îerUen l , « sa n s q tfauc u n e perso n n o p u t ou d u t s’a lirlbii er ladite régie et ledit gouvernement*» Ils terminèrent en priant les deux ducs de leur apprendre si ruar aussi ils étaient dans les mêmes sentiments, Tous deux répondirent (et apposèrent leurs signatures H leurs réponses) qu’ils souscrivaient avec joie aux principes qui avaient élé émis, et «que dans toutes les choses qui appartenaient a la régie du pays et a l'observation des lois du roi et h son rang, ils prendraient les avis, la direction elles ordres des lords (in conseil, et obéiraient au roi et h eux comme, représentant le roi, aussi humblement que le moindre et le plus pauvre do scs sujets.» Il faut cependant remarquer que la réponse du duc de Bedford fut plus complète cl plus soumise que celle de son frère, f i que , prenant le livre des Fvaugiles, il jura solennellement 5 observer toute sa vie la promesse qu'il faisait. Gloucester ne jura pas K

Mais b régent fut rappelé à la bêle en France par la conduite vacillante du duc de Bretagne, qui avait épousé jadis les intérêts dns Anglais pl uiût par crainte que par inclina lion. Or, quand il vil des germes de dissension semés entre eux ol les Bourguignons, U écouta volontiers les suggestions de son frère Arthur, qui avait été élevé a la charge de connétable de France. Il retira sos Iroupes de T armée des alliés; on leva sur son territoire des hommes pour le service de Charles ; et il donna une promesse

L fob v, 40EMLI. Acte af Coan. ni, 231-S13.

msTOmü JJ AMiLETElLivK

de coopération ouverte dès que le duc <Io Bourgogne pouvait être détaché des alliés [25 ocL i àM]> Informé do ce qui se passait, le régent répandit ses troupes en Bretagne; elles portèrent leurs ravages jusque sous les murs de Rennes, défirent les Brûlons en plusieurs rencontres, et forcèrent le duc ît solliciter une reçoit* ciliation, [S sept, 1427.] Par un acte sceüé de son sceau et de celui de ses fils, des barons, des prélats et des communautés de son duché, il reconnut Henri pour son souverain légitime, et promît sous serment d'observer le traite de Troyes, d’obéir aux ordres du régent, et de faire hommage pour sou territoire au roi d1 2 Angleterre, et a lui seul L

[1428,] Cinq ans s'étaient écoulés depuis la mort du dernier monarque ; et si LVm n'avait rien ajouté h ses conquêtes, du moins ou n 'avait pas essuyé de perte considérable. Mais enfin, dans une heure funeste, on décida dépasser la Loire, et d'attaquer Chadfi» dans les provinces qui étaieiiL toujours restées fidèles h sa cause* Hans cette vue, on tint plusieurs conseils a Paris : le régent céda, a regret, dit-on, a la majorité des voix; et la résolution fuL prise d'ouvrir la campagne par la réduction d’Orléans a. Montagne* comte de Salisbury, était revenu récemment d’Angleterre aven nu renfort de six mille hommes. Après le comte de Wanvick , il était le plus renommé des commandants anglais, et d'un avis unanime on lui confia la conduite du siège. Du eAté des Elançais, on ne négligea aucun préparatif, on u1 épargna aucun sacrifice pour sauver la vide et nuire aux agresseurs. La garnison recul d’abondants secours en munitions et en vivres; de nombreuses batteries furent érigées sur les murs ; et tout bâtiment a portée de canon fut rasé, [12 ocL] Le comte* après avoir réduit plusieurs places dans le voisinage, passa la Loire avec dix miMfl hommes, ei établît son quartier général sur la rive gauche, dans Ses ruines d'un couvent. Ses premières opérations furent dirigeas contre les T Gamelles , château qui défendait le passage du püiib il fut emporté d’assaut ; mais la garnison avait rompu une des arches, et béti im second ouvrage h l’autre extrémité. Quelques jours après [2S o et .] , comme le commandant anglais sc tenait fl une fenêtre dans une des tours du fort, et examinait soigneuse"

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