‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 281 sur 327 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

des arguments sur lesquels il fondait sa prétention, La réponse de Pie il fui polie, mats circonspecte, et tout en félicitant le roi sur son élévation h la dignité royale, le pontife s’abstenait avec soin de toute expression qui aurait pu être regardée comme une approbation de son titre l. Avec l'Ecosse, qui depuis si longtemps offrait un asile h ses ennemis, il conclut une paix de quinze ans qu'il prolongea jusque cinquante-cinq. On ne sait Irop quelles mesures aurait pu prendre la politique do Louis de France ; mais ce monarque était si occupé de la guerre du «bien public,» connue ou 1 appelait, qu’il n’avait ni ïe loisir ni la tentation de sc mêler des affaires des états étrangers, et les deux plus puissants princes français, les ducs de Bourgogne et de Bretagne, ëtaiént entrés dans des alliances offensives et défensives avec le nouveau roi d’Angleterre. Des traités presque semblables furent signés entre lui et les rois de Danemarck et de Pologne au nord et h l’est, et ceux do Castille et. d’Aragon au midi, on sorte qu il pouvait se considérer comme dans des termes d'amitié avec h peu près toutes les grandes puissances de l’Europe *

Dans ces circonstances, le roi n’hésita plus a reconnaître publiquement un mariage qu’il avait contracté en secret quelque temps auparavant. Depuis la bataille de Towton, il avait remis le maniement des affaires h la sagesse et h l’activité des Neville, et consacré tout son temps au plaisir. Ils l'avaient souvent pressé il cnlrer dans quelque famille royale ou prïucière qui pût lui prêter appui contre son compétiteur; mais le roi n’éprouvait aucune envie de s enchaîner dans les liens du mariage ; et les princes étrangers ne s'empressaient pas d’offrir leurs filles à un homme dont le droit à la couronne était contesté, et qui no la possédait encore que d’une façon précaire. Il advint qu’Edouard visita Jacqgette, duchesse de Bedford, et son mari Wydeviîe, lord Rirers, a G raftou, où il vit leur Hile Elisabeth, femme accomplie ^l d’une beauté supérieure, qui était restée veuve de sir John

|l* POJP$ ï avait déposé et envoyé dans un monruitèfe pour faire PinitenG& le reste de sa vie. Itaynuld virT Wt mr m H paraîtrait toutefois! Svu lut dedvré plu* tarai car Edouard te nomma son procureur à la cour de lut accorda une pension de l(Xï 1,, lui donna la permission de distribuer ^ livrée royale a douze de ses nraia, et autorisa ses doux frères et lut il porter MJMe hum de Unir cotte d urines lu rose blanche, devise de la maison d’York J ou* ce» dons furent confina cm par le parlement. Rym. 47f>f 4qü,

ï. Moi. Pari, y, I1E3. Rym. xi, 595, 505, 53a, 551, 557, etc.

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firoy, lèncaslricn, tué à la seconde bataille de SainhÀlhmi>l Lady Giw saisît celte occasion pour se jeter aux pieds de son souverain, et le conjura de révoquer la condamnation de feu son mari en faveur de ses malheureux enfante* Le mi eut pitié de la suppliante, et bientôt cette pitié se changea en amour. Epouser une femme si fort au-dessous de lui, sans Lavis de son conseil, et dans un moment ou son trône chancelait sons lui, c'était une dangereuse expérience. Mais la vertu d’Elisabeth était h l'épreuve de tous les artifices du royal amant, et la passion de celui-ci dédaigna les froids calculs de la prudence. Vers la fin du mm d’avril IWi [30], tandis que les amis de Henri assemblaient leur* forces dans le NorthumbéHand, il se rendit b Slony Simford. d’où le matin de bonne heure, le lef niai, il partit en secret pour Graflon. La cérémonie du mariage fut sé&pmplie par un prêtre, en présence de son clerc, de la duchesse de Bedford, et de dem femmes de sa suite. Une ou deux heures après, Edouard revînt a Slony StralTord, et feignant d’être fatigué de la chasse, il s'enferma dans sa chambre* Deux jours plus tard mai , il s'invita à Grafton. Pour distraire F attention des courtisans, ü les occupa tout le temps des plaisirs de la chusse, et le roi et Elisabeth ne se voyaient en particulier que lorsque la duchesse s’ était assurée que toute la maison était livrée au repos. Ils passèrent ainsi quatre jours |7 mai]; puis, revenant h Londres, il donna l'ordre à son armée de le rejoindre dans T Vorkshirc Ifi]. Mais avant son arrivée dans le nord, les deux victoires de Hedgley- Moor et de Hexham avaient terminé la guerre, et après son retour, le principal objet do sa sollicitude fut do sTen ouvrir h scs conseillère et d'obtenir leur approbation L

A cet effet, il convoqua, pour la Saint-Michel, un conseil général des pairs h L abbaye de Beuding. Là, le due de Oarnice et le comte de Wanvick, quoiqu'ils désa prouvassent, à ce qu’on sup-

i. Tous nos anciens historiens , ii Vexciquimi de Vpgtëxtr inconnu du Frw)intui, publié par Huante à lu fiu de Sprgt, ont fi té le inuringe d1 Edouard ntl V* mai HCl. Cet écrivain le date de Vannée précédente ( p. et Von a dit, i Vnppifi dé la plus ancienne date , qtVfidouard eu 1461 était trop occupé de I» guerre pour songer au «influée, et que récrïrain anonyme réfuté ex pressent eos d'après ses pflÜtma personnelles creux qui le placent pins fard. Carte, il. 7"é Mais il futit remarquer que r «clou Les datés de Ryiner, le roi rte emjvgquascà armée que neuf jours après celui où le mariage est dît avoir eu lieu : *Jt qu*' Véemain anonyme réfute, non pas ceux qui plaeem le mariage dans pbc annrt differente, mais cens qui disent quo le roi avait dû épouser la redue doiiaim'rr tVEcosséT p» :*l3( 1*11. Le fait est qu’il se contredit 1 ui-rn èm e. Car bien qdil place le mariage en U£3, il dit qu& c’ctait ditfts U même année que la hntaîîl* de lîotlmm «à), qui certainement eût lieu en 14HL Pour les détails du mariai vflyn rot érrmiin et pab* an, p. lii|, flÿS*

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pose, ee mariage, prenadt Elisabeth par la maia, b présentèrent auiiaulrcs lords, qui, en présence du roi, la reconnu rem el la complimentèrent comme reine, Bien UH après [déc.], un second conseil fut tenu h Westminster, et on lui Usa un revenu de quatre mille marcs par-an L Mais malgré* celle marque extérieure d'approbation, beaucoup d1 entre eux murmurèrent eu secret, et surent mal déguiser leur jalousie de voir élever au trône une femme dont le père, quelques années auparavant, n'étnîl qu’un simple chevalier. Pour excuser le roi, ses amis firent courir le bruit que sou inexpérience avait été trompée par les artifices de la duchesse eide sa fille; que des philtres el des sortilèges avaient été employés pour lui arracher son consentement, et que depuis il s’était repenti de sa précipitation, el s’était efforcé eu vain de dissoudre son mariage-* Mais Edouard lui-même, afin d'imposer silence h cent qui reprochaient à Elisabeth la bassesse de sa naissut ce, invita son oncle maternel, Jacques de Luxembourg , qui avec une suite de cent chevaliers et gentilshommes assista h sou couronnement K A la fête de F Ascension [23 mai 1405], le roi créa trente-huit chevaliers du Bain, dont quatre furent prudemment choisis parmi les citoyens de Londres. Le- lendemain, le iiiuire, les aldermen et différentes compagnies vinrent au-devant dé. la reine à Shooter^ Bill et la conduisirent en cérémonie b In Tour. Le samedi, pour satisfaire la curiosité de la populace, elle Encourut les principales rues dans une litière, et précédée des chevaliers nouvellement créés. Son couronnement eut lieu, le dimanche [26 mai], et te reste de la semaine fut consacré h des feslins, des tournois eL des réjouissances publiques V

L élévation d'Elisabeth fut celle de sa famille. Par l'influence 'lu roi, scs cinq sœurs furent mariées <m jeune duc de Buckingham, à l’héritier du comte d’Essex, au comte d’Arundel, au cnml-o de Kent et au lord Herbert; son frère Anthony obtint la tii^iii de la tille du feu lord Scaies, et avec elle le domaine el îe îilro ; son frère cadet John, àgë de vïngL ans, celle de Catherine, bipuleute duchesse douairière de Norfolk, qui en avait quotre- ¥*aps5; el son lils Thomas, qu'elle avait eu de son premier

l- Wyrcest* 500, 5QÎ.

:t Mûnst, lu, 105*

* Wyiïmat. ÔU1-5M3. F rfifjinsnt tut fin. Sprat . j J 395.

Juv^bcyla fere Ho annorum* Wyrc, >01, A cause de Ja disparité de leur . ff*?*®** Fifrpelio un nrnrilapÎEird Mais il ajoute : vindicte Hcr-

^111 niïer s-osdeiti l'tntcà t>aïüit. Thîit Quelle était cet O* riritlk-ta KL-rnurdï?

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mari, celle d’Anne, nièce du roi et fille et héritière du duc d’Eieter. Un contemporain nous assure qu'on général la noblesse fût jalouse de ces mariages. Beaucoup de seigneurs voyaient échouer les projets qu’ils avaient formés pour l'avancement de leurs proprès enfants, particulièrement le comte de Warwick, qui avait sollicite précédemment la main de Vhéritière il’Exeter pour soi neveu. Tous considéraient Fé levât ion subite de cette nouvelle^ mille comme une injustice qu'on leur faisait. Tour ajouter k leur mécontentement s le lord Mountjoy trésorier d’ Angleterre, fut destitué pour faire place ou père de la reine, qui fut créé comte Hivers, ût bien lût après, h la démission du comte de Wor castor, lord grand connétable1.

Le plus jeune des trois Noville, fils du comte do Salîsbury, George, cvéque d’Exeter, avait reçu les sceaux à l'avénement d’Edouard, et avait depuis peu été transféré au siège archiépiscopal d’York'2 3* Le second, le lord Montagne, était gardien dd marches orientales de l'Ecosse, et avec le titre de comte de Norlbumberland avait obtenu les domaines des Bercy. Le comte de Warwick, le troisième, avait jusqu’alors été le principal mms\n] et général du roi. 11 avait la garde des marches de T ouest, Vofflw de chambellan et le gouvernement de Calais, le po^te le plus lucratif et le plus important qui fût h la nomination du souverain * Jusqu’ici ils avaient gouverné le mi et le royaume : l'ascendant d une famille rivale leur prédit la diminution de leur iniluenoe, Edouard était las do Létal de tutelle où ils le retenaient; les WjdevHc le pressèrent de s’affranchir du contrôle de ses propre* serviteurs, et son affection passa insensiblement des hommes qui lui avaient donné le litre de mi h ceux qui t’oihortaient à w exercer F autorité. Ce refroidissement se manifesta publiquement dans l’année 1W. Il avait, été question quelque temps auparavant d’un mariage entre Marguerite, sœur du roi, et Charly comte de Charolais, fils du duc de Bourgogne, qui, étant issu ^

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