CHAPITRE mHJVtéME. 57J
A lu première nouvelle de rûmurreclioii du Yorkshire, Edouard uvail convoqué ses vassaux; el dans Fintervalle, ayant visité les monastères du Suflblk et du Norfolk, il fixa son quartier général au château de Folheringay. La, l’approche des insurgés, leur nombre croissant et leurs menaces de vengeance, causèrent de vives alarmes, et il fut résolu que les Wydcvile qui lieraient Farinés et se cacheraient dans leurs différentes résidences. De Fo theriagay, le roi marcha sur Newark; mais, effrayé des signes do désaffection qu’il remarquait partout, il revint au château de Nottiogham. Là [9 juillet] il expédia des lettres écrites de sa propre main à son frète Clarence, au comte de Warwick et à Parchevêque, les requérant de se rendre en toute hâte auprès de lui a NoUjitgham, avec V escorte qui les accompagnait d’ordinaire en temps de paix* Dans son billet à Warwick, il ajoutait ces paroles significatives : « Et nous ne croyons pas que vous soyez envers nom dans des dispositions telles que le bruit en court ici, considérant la confiance et raffeclion que nous vous portons. EL cousin, ne croyez rien sinon que vous serez le bienvenu L >1 Mais les seigneurs sur rattachement et les services desquels il fondait ses principales espérances étaient les lords Herbert et Stafford, récemment créés corn les de Fembroke et de Devon. Le premier, qui avait réduit le fort château de Hardlough, accourut de Galles au secours de sou souverain avec huit mille hommes ; le dernier, avec cinq mille, le rejoignit h Banbury; mais une malheureuse querelle au sujet des quartiers irrita le nouveau comte de Devon,
4 Edouard : . Ad roi, noire upiimaiii seigneur. eipose et se plaint lamenta - WW» li, votre uiiesse votre humble et dévouét? femme tige Jacquette, duchesse do Bedford.., qoe lorsqa’entoui temps elle n cm et croit encore véritablemntit en Uitro conformement à lu foi de la mainte église, ciimirjn une vraie chrétienne doit Ig faire, ceppudanL Thomas Witko, a soulevé contre «Ile un bruit cumin un
et ttcc^ftütiob de sorcellerie dans une crû ride partie de voire ruyiumie, en tant que ledit Wult u fuit apporter a W ( la dernière fois que vous y éticjt,
couvera in seigneur (il était alors sorn; la garde de C Juron ct\ de Warwick vide JOrtnevèque). * u divers lords qui étaient présenta, une image de piomli laite Un homme d'ormes, de la longueur d'tm doigt d'homme, et bd*ëe au milieu, et raccommodée pur an ü\ de mélo], disant quelle avait été faite par voire pétitionnaire, pour employer la misAI le u la magie et h \û sorcellerie : tendi* quelle, m personne pour elle ou pur elle, ne la vil jamais, Dieu lésait. ■ tomme de raison, le roi reconnut son innocence. Edi. Pari vir 333. J ài rm-ntpmne ce fait, afin que le lecteur voie sur quels forulomeiita frivoles nés accusatiens s inleandi'iit T et combien les plus hauts persunnagL's avaient à cceur de s en défendre.
1. Femu it, 40. Lun lettres sont datées de NDttinpham, ti juillet, nuis l'annec. Je les ai placées on l4tïH, parce que Edouard était alors h Noltingham . CIjirencu. Warwick et l'archevêque étaient ensemble à Calais, et conséquemment pour aient recevoir dos lettre* par les même» messagers, et effectivement tous iront s o rendirent auprès du rot quelques Semaines après Voyez Cent. Hixt.
kva ÿr. w, fris.
qui se relira dans une autre ville, a douze milles de distance. I n fort parti d'tnsurgés saisit celle occasion d'attaquer le jour suivant ['36 juillet . ït Edgecole, les royalistes, qui, sans archers ei abandonnés de leurs amis les Gallois, offrirent une vicloïrc facile à leurs nombreux ennemis. Cinq mille d'entre eux ei leur chef périrent, dit-on, sur le champ de bataille. Pendant la poursuite, les vainqueurs découvrirent le comte Hivers et sir John Wydevîle, le père et le frère d'Elisabeth, dans la forêt de Dean, Ils furent saisis, menés à Northampton , et exécutés par l'ordre réel ou prétendu de Cl agence et de Warwick [ 1 % août]. De von même ne fut pas plus heureux : il fut décapité plus tard [17 août] a Bridgowaler, les uns disent par ordre du roi, pour se venger de la perte de la bataille; les autres, avec plus de probabilité, par le peuple en fureur, qui le haïssait comme ami des Wydevile*.
h, Garance, Wanvick et l1 archevêque avaient précédemment débarqué en Angleterre, et emmenant l'archevêque de Lan ter- Imry, ils allèrent a la recherche du roi, qu“iLs trouvèrent a Olney, plongé dans la plus profonde douleur par la défaite de Fombroke, le meurtre des" Wydevile et la désertion de ses amis. V la première entrevue, ils l’abondèrent avec tous les témoignages de respect que le sujet doit au souverain; et Edouard , trompé, par o os apparences, leur exposa franchement ses soupçons et sou mécontentement. Mais son imprudence fut bientôt réprimée par la découverte qu'en réalité il était leur prisonnier: et il se hâta d'accepter des excuses qu'il eût été dangereux de refuser. Le peu de royalistes qui étaient restés avec le roi se dispersèrent sans la permission de Wanvick : sur son ordre, les insurgés retournèrent chez eux chargés de butin, et Edouard accompagna les deux frères h Wanvick, d'ou, pour plus de sûrelé, il fui envoyé à Middlebam sous la garde de l'archevêque2.
1. Voytre Coiit. Jiist. C roy 1 > 54d, âül. Fragment, iiOU, 311. Stow, -lifcL
-j. Coût. Il iaf. CroyL 543t 151. Les errlvmuFï modernes ont repousse avec dédain lit «-jipLirilê d'Edouard. Hume dit que leu documenta te contredisant- ( terte et Henry la déclarant incroyable et roioHnesotie. Mate, qmind cala seugL ils auraient dû evpUquüi* w qui, en ce eu$T serait plus mecmenvûble, lu mention qu'en font presque tous ks ec^rraîus du temps, étrangers ou nttiioniiin, m£tne ! ' om inifl hk f I n T l,( iui dit te ni r t efl jpri u ripnus i n dieu ta ne F h i stû î ra (F Elle ua rd du tehouehe dEdouiiiu lul«mèmc,et rfiLûô&listo de Croylimd (551 )■, qui était fort nvruit drm> la cüüfiajH:e dece iiiopEirque. Les argumente de Humts «but l que les dueumente dans Rymer ne lutenent aucun iiuomilk pour remprisOmiom^ m d'Edouarti eu 147 U ; «t sè qu’il n'en est pus Fuit nient ion, comme un Iteùi fuît, s’il avait ûU lieu, dans la proclamation d'Edouard contre Garante et Warwick, de la meme année. Mois, en premier lieu, il s'est mépris sur la date de Y e mprteo miem cnn qui ne fui pas en 1 470, ma is en l NJSï (câ æUi Lèquee coïitingeb&t unno nonü regês, qui erntannus Etetnim 14fl!L Cont. Cru tjl* 551 )■. et en second lieu, te proclaiinauoK
CHÀRTUR NEUVIÈME. i>T3
L'Anglelem* présentait en ée moment le speclndè oxlraordi^ mire de dons rois rivaux, tous deux emprisonnés, Henri h la Tour, Edouard dans le Yorkslnre. Quelles que fusson l les in tendons de Wanviek, elles furent déjouées par les amis de Henri, qui profilerait de Potéasion pour déployer son étendard dans les marches d'Ecosse, sous les ordres de sir Humphrey Keville1- La coud ni té du comte prouva que les soupçons que l'on avait eus de sa connivence avec les partisans do ce mon arque étaient sans fondement. 11 somma tous les hommes liges d'Edouard de s’opposer aux rebelles : mais on ne tint pas compte de ses sommalions, et cm refusa de combattre pour la défense d’un prince donl on ignorait la destinée, lî jugea donc nécessaire de mon Ira le roi en public h York, après avoir obtenu de lui l'office de justicier des Halles du sud, et loules les autres dignités qu'avait le feu comte de Pcmbroke [17 août]. LE York il marcha au nord, défit les lancaslriens , et conduisit leur chef a Edouard, qui le condamna h perdre la tète sur l'échafaud. Par quels arguments ou pelles promesses le roi recouvra sa liberté, nous l’ignorons. I )n signa un traité secret ; il revint dans la capitale accompagné de plusieurs lords du parti, et son retour fut salué do ses amis tomme une sorte de miracle. On convoqua un conseil de pairs jd nov.] dans lequel, après mainte négociation, Clarence et son beau-père consentirent à justifier leur conduite. Edouard accepta leur apologie avec une satisfaction apparente, et on prononça une amnistie générale en faveur de tous ceux qui avaient porté les armes contre le roi depuis le premier sou lève ment du Yorkshire sous Robin de Redesdale, jusqu'à l’époque oïi ils avaient été congédiés par le comte de Worvviek it Qlney-.
devait point en parler, attendu qu'elle *e b urne ù f énumération ries jteulc* oüfîijHcs qui uviiumt ij ti> commises après ]û pardon à eux accorde i i Noél Hffil \°Ql‘ Po H. vt. 3&Jj* Mais ü existe un document q tii mot la réalité de l’cniprk tfouuemeiit hors de doute, lu condamnation de CI tire uct* dons laquelle ]e roi énuparmi scs offenses, d'avoir Gûfn promis J a royale dignité, ijcrsonnci êl vie lui roi ou dirait? garde^ le privant par iâ de toute sa liberté, après avoir mxn- Hoiiué de grandes commotions, JioL Pur!. vi, ISO. Je dois ajouter que dans k* dnciuüérits de Rymcr pour 34C9. il y n un intervalle suffisant de trois mois du 1^ n][Li au 17 noüt, époque qui est précisément celle assignée ii I'Iumi rreetion et u rempriKonnemiini.
1. Sir lîumpbrey avait échappé a la défaite de lie\3iutn vu U*J4, ut pétait ruehi* | codant cinq ans dans une caverne qui donnait sur In rivière de Dcrwent. Fèar-fincE Ter. Pàich. I, hltL 1 T, 2iL
?■ LVt plient ion que l'on donne généralement du l’évasion d'Edouard, est que 1 archevêque lui permcUait de chasser, et quToû jour qu'il se livrait it eut exereirç, il fut umlevo par sus amis (Hall, $(13), La mienne est fondée sur f autorité préférable de 1‘ historien de (“royland, qui, tout eu considérant la délivrance du
hrA HISTOIRE IY ANGLETERRE,
5t Elisabeth n'avait pas encore donné do fils h son mari, et quoique leur Allé aînée ne fût âgée que de quatre ans, Edouard prit dans celte assemblée l’avis des lords sur L'époux qu'il devait choisir h la jeune princesse. Peur sa part , il désirait do la donner h George, lils du comte de NorUnimberland eL héritier présomptif des trois Ne vil Le. Son choix fut unanimement approuvé; et le jeune seigneur, pour que son rang fût plus près de celui de sa future, fut créé duc de Bedford. Deux suppositions ont expliqué cette mesure extraordinaire ; Tune, que le roi, alarmé du mariage de son frère et de la fille de Wanvick, cherchait à élever un intérêt nouveau et opposé dans la famille; l’autre, que, Comme prix de sa délivrance, il avait promis de donner sa filles ce jeune seigneur, fils d’un frère qui ne l'avait jamais offensé, et neveu des deux frères qui le tenaient en prison.
6. Ceux qui n’étaient pas dans la confidence des partis crurent leur réconciliation sincère. Pour plus de sûreté, on accorda à Clarence et à Wanvick le pardon de toutes les offenses commises avant la fêle de Noël; et en conséquence du rétablissement de la paix dans le roj’aüme, on fit la proposition d’envahir la France de concert avec le beau-frère du roi , le duc de Bourgogne, [1470.] Les ambassadeurs français, qui étaient venus probablement pour prendre connaissance de l'état des différents parfis, furent tellement Lroinpés, que Louis XI, par suite de leurs rapport, publia un ordre a tous ses sujets de le rejoindre en armes le 1er mai, afin d’être prêts a repousser l'invasion dont il était menacé1, Cependant, sous cette apparence de bonne harmonie, la méfiance et le ressen liment s’aigrissaient dans les cœurs, et un singulier incident prouva combien il fallait ajouter peu de foi aux protestations faites départ et d'autre. L’archevêque avait invité le roi h se trouver avec Clarence fit Wanvick à une fête quH
roî uonijiiË presque mlvaeidûiilH?, alBriue (léLinnioiiiK qu'elle eut le eonsupteinttu exprès de warigicb. Prwter umnein Rpom pépè mîractdo&è non ùm nvredt, qiiàn de ex presse tps en mi iis ccusensu dismissus usi, p. 661. Slow tnoirtioniie 1m promesses <T Edouard, et dit qu'il resüt à York jusqu'il pré* l'exécution de #ir liumplirey ]Sevillef p. 431. Il v u dans Feun Une lettre xum data qui, je rroïi «e rapporte a nette époque. Elle relate le retour du roi d'York a Londres en eomjmgnie de F arrEtr? tique, qui, toutefois, u'eut pas lu permis s in n d'entrer aver lui diiïiN la capitale, niai* reçût r ordre de rester nu Moor, su résidence duns If Hcrifordgtdrv. Le comte d'Oxford, laneastrieû, fut traite de hv mémo muni ère. “T !.. r<df ■litote récri vain, «• parle bien hü-méme des lards de Cbrciuü* et rte V\ nrrrick, eide my lards d’York et d'Oxford, disant que nu sont les uioil*leurs amis, mots les gens de sa maison tiennent un outre hingape, du aorte que ce qui arrivera bientôt je ne saurai le dire. > Feun. i, Sfll
h Mmi-st. Adrfit. p. aa.