‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 285 sur 327 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

voulait donner h sa résidence .du Moor, dans ie Hcrtfordshîro. Comme Edouard m lavait les mains avant le souper, John Ratdepuis lord bily-Yl aller, lut dit à Pareille que cent hommes <wmrs étaient en embuscade pour le surprendre et le mener en prison . Sans s'informer si ce renseignement était fondé, il ga^na la porte, monta sur un cheval, et s enfuit précipitamrnent h \\ indsor [février]. Ce brusque départ réveilla toutes les anciennes dissensions : il se tint de nouvelles conférences au château de Baynard, sous la médiation de Cécile, duchesse d'York, mère du roi, et il s effectua une nouvelle réconciliation aussi peu sincère que toutes celles qui 1 avaient précédée K 7, Durant ces conférences, il éclata dans le littcolnshire une insurrection, dont le roi ne put d'abord découvrir ni l'objet réel ai les auteurs. Les habitants, provoqués par les exactions des officiers de la maison du roi, prirentles armes, chassèrent du comté sir Robert Rurgh, pourvoyeur, brûlèrent sa demeure et pillèrent ses domaines. Celte violence et la crainte du châtiment les attachèrent plus fortement les uns aux autres, et enhardirent sïr Robert W elles, instigateur réel du soulèvement, asc mettre ouvertement a leur tôto. Le roi, à la grande surprise de ses amis 2, donna commission au duc et au comte de lever des troupes pour son service; et avant de quitter Londres, manda devant le conseil le lord Welles, père de sir Robert, et sir ThomasDimock, le champion. Ils hésitèrent, obéirent à la sommation, puis s’enfuirent dans un sanctuaire, et ensuite, sur une promesse de pardon, revinrent à la cour. Edouard exigea que lord VYelles u^f de son autorité paternelle, et commandât h son üh de se niellre a la merci du roi ; mais le jeune homme reçut en môme temps des lettres de Wanvick et deClarençe, qui lv exhortaient è persévérer, et lui assuraient une prompte el puissante assistance. Quand le roi eut atteint Stamford, et vit que sir Robert était encore en wms, il ordonna, au mépris de sa promesse, de décapiter ïe père et Dymock ; puis il envoya une seconde sommation h sir Robert, qui répondit avec indignation qu'il ne se fierait jamais à la perfidie de l'homme qui avait assassiné son père. Cette réponse,

1. ïranment, 30S. F&h. 49W, L'auleur du Fragment est singulièrement malnnirctix dans se* duies. H place cet incident dans Vinifiée actuelle, uprèa Pdque* WvndaQt il es* évident, d'après 1rs documents authentiques et lesrévdnemenûi *i3bscqiifnLs, que si tant est qull eut tien, ce dut être avant te Carême.

9. Rtm , an, Sir John Poston dit dans une de ses lettre* : * My lord de :v arwick, à ce qu on suppose, ira avec le roi dnn* h Lincolnsbirc : les uns disent que sa visite féru du bien, les attires qu'elle fera du mal, > Fetm u 32

57ti ttlSTOlKK trA^ÜLKTÊimK.

toutefois, éuiil dictée p:ir la vengeance et le désespoir. Le roi attaqua les insurgés à KrjHogliâm düns le fttiltaQMiro mats,, son artillerie faucha leurs rangs; leurs chefs furent pris; ei tandis qu on renvoyait les prisonniers vulgaires, sir Thomas Hein la un de et sir Robert Welîes payèrent leur révolte de la tôle fi 5-19;. Avant leur exécution, iis avouèrent qu'ils avaient soulevé les "habitants du Lincolnshire pour favoriser les desseins du comte et du duc, dont l’objet était de placer Clarence sur le Irène ; que, durant Tinsurrection, ils avaient été guidés par les conseils de ces seigneurs ; mais qu'ils avaient combattu contrairement à leurs instructions, qui portaient que, s'ils laissaient avancer le roi, ils pouvaient s’attendre b être rejoints dans tm ou deux jours par Wanvsek avec vingt mille hommes L Le comte de VVorcester avait été nommé lord connétable^ et sous ce cruel seigneur le lord Wîlloüghby eut la tète tranchée a York, eL plusieurs chevaliers et gentilshommes subiront les supplices les plus barbares et les plus ignominieux L

Par la défaite prématurée des insurgés du Lincolnshire, Cia* rence elWarwtck se trouvèrent dans une Situation des plus critiques. Ils s étaient proposé de rejoindre sir Robert VVolês le î en demain ; se voyant urnimenant hors d'ètaL d'en venir aux mains avec le roi, ils s1 avancèrent vers le Vorkshïre, après avoir ordonné par une proclamation a tout homme pouvant porter les armes de se joindre a eux sous peine de morlA Le roi était a Doncaster, à vingt milles de distance, quand ils atteignirent Estcrfield : et ayant disposé ses forces pour les recevoir 1 20 mars., ï\ envoya le roi d’armes les sommer de comparaître devant lviq ot de se justiâer des offenses qui leur étaient imputées. Ils se dirigèrent immédiatement h 1 ouest, et marchèrent sur Manchester, pour solliciter l'assistance du lord Stanley, qui avait épousé la sœur de Warwîck, Le manque de vivres empêcha I armée royale de les poursuivre, et Edouard, se rendant a \ork ea toute hâte, publia une proclamation "23 mars], dans laquelle il énumérait leurs offenses, niais les exhortait b rentier dans b

1. Jtef. Pari. VI, n * Comme le du sir Robert Welle*, etc., ont Giivc-Ttcnaeû» confesse l i exposé devant sa dite altesse, tm seigneurs de soo wmi;, ei ki nuiy üiiHÎir dû ses sujets qui servaient dons année à cette époque— CO H1* rnèreoî, être vrai à bfttr mort» suis y être forcés, pousses ou ni viles a ’

IbkL p. 3JJ. Lu ûtmrnsidoit désir Itohcrf cA encore, ErcerpL Mtst* ot-

g, Je no bbtvftcrai jum lu du k-rfcBr eu rapportant les crauuum men-

tioPneès pur Slow, 452.

3* Rof* Pnrl vtT ?hu.

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devoir sons un temps donné, leur assurant que sTils pouvaient prouver leur innocence, il accepterait leur justification avec plaisir; et que, s'ils ne te pouvaient pas, 11 se sou viendrait toujours qu'ils lui étaient alliés par le sang, et qu’il les avait comptés jadis parmi ses plus chers amis J. Eu même temps, il êta a Ciarence la lieutenance d’Irlande, et la donna au comte de Worcester; il rendit h Henry Perey le comté de Norlüumberîand et la garde des marches de l’est 25 mars], donnant en compensation au frère de Warwick, qui les avait toujours eus depuis labalaille de Towlou, le litre stérile de marquis Montagne; et ayant appris que les fugitifs, qui n’avaient pu corrompre la fidélité du lord Stanley, avaient marché au sud, il donna dos commissions [26 mars] pour mettre sur pied la population de tous les comtés par lesquels il était probable qu'ils passeraient De York, il se rendit eu hâte ù NoUingham, où, le délai qui leur était accordé étant expiré, il les déclara traîtres [31 mors], et ayant offert des récompenses pour leur arrestation, il continua sa marche avec la plus grande diligence. Mais ils fuyaient plus rapidement qu'il ne pouvait les poursuivre; et ou montent où il atteignait Ereter [la avril], ils avaient rassemblé des vaisseaux à Dartmouth, d'où ils firent voile vers le port de Calais

Warwick avait conüé le gouvernement de Calais à un gentilhomme de Gascogne, nommé Yauclerc, chevalier de la Jarretière. A son effroi et à son étonnement, les batteries de la place tirèrent sur lui lorsqu'il essaya d'y entrer. Ce fut en vain qu’il envoya un officier faire des remontrances. Yauclerc, instruit de ce qui venait de se passer en Angleterre, avait résolu de jouer im jeu profond, maïs sûr, à ce qu'il croyait. 11 s'excusa de sa conduite auprès de Warwick, en lïnformant que la garnison était mal disposée, et le trahirait infailliblement s il débarquait. En même temps il dépêcha un messager à Edouard avec des assurances de sa loyauté, et de la résolution où il était de conserver àsüu souverain une forteresse si importante. On ignore rimprestim que ses raisons firent sur l'esprit de Wanvick ; mais Edouard k récompensa en lui donnant le gouvernement de Calais, et le duc de Bourgogne lui accorda une pension de mille couronnes. Les fugitifs, après une courte délibération, dirigèrent leur course

b Rot . Pari, ti, S39, etFeod, II, 30.

Tbid, B via. GS*Wi5T. Lu récompense était 100 1, par on en terreç ou 1,000 1. fcnterTb. 1 011 1>eiU ^érerdie là que les utrts süus ce règne se- vendaient au

il m

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vers la Normandie, capturèrent tous les vaisseaux marchands flamands qui se trouvèrent sur leur chemin, cl furent reçus a Harfleur, avec de grands honneurs, par 1 amiral de l rance

Louis XI, iusquedn, n’avait épousé que faiblement ta cause de la maison de Lancaster; mais il vit alors le parti qtt fl pouvait tirer de l'arrivée de Warwick et de ses amis, et fl ordonna de es héberger le miens possible, eux et leurs femmes, dans les ville* voisines. Carence el le comte furent invités a sa cour, a A mboisfl et i Angers, où ils rançon irèrenl la femme de Henri, Marguerite d'Anjou [0 juillet]. Jamais don* personnes ne s'étaient tait plus de mal l'un h loutre que le comte et la princesse ; mais le matheur émoussa leur haine mutuelle, et rinlérôl Les engagea a oublier leur inimitié passée. Après une résistance decenle, Margue* rite laissa vaincre son antipathie parles serments deM arwirkcf l'autorité de Louis. EUe promit sur les Evangiles de ne jamais lui reprocher le passé, mais de le réputée bon et Adèle sujet à I avenir : pour cimenter leur amitié, il fut convenu que le prince, fil» de Marguerite, épouserait Anne, fl lie do Warwick ; et, pour endormir le mécontent ornent probable de Clarence, qu a defaut d’enfants de ce mariage, le droit ii la couronne, a la mort u prince, reviendrait au duc; enfin, Louis* en conséquence 6 nette réconciliation, s’engagea à fournir l’aide que W arwick demandait pour l’expédition qu’il projetai t de faire en Angleterre .

Le^ seules personnes mécontentes de cel onange mont fuie® Clarence et sa femme. Jusqu’alors la perspective de succéder k «on frère sur le trône l'avait engagé k suivre les conseils de \Y arwick ; maintenant il voyait un autre compétiteur s interposer entre lui et Vobjel de son ambition, et sa chance de succès reposer sur une contingence éloignée et fort incertaine. Sou mécontentement fut adroitement fomenté par les intrigues d un agent femelle. Une dame de la suite de la duchesse, dans la précipitation de la fuite, avait été laissée en Angleterre, mais elle eut fl permission de ta suivre, en apparence par une attention du W pour sa belle-sœur,- en réalité, afin qu’elle pût porter de, instructions secrètes k Clarence. Elle représenta h ce pnna

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