CHAPITRE NEUVIÈME
voyant que le veut de la loyauté tournait en faveur de Henri , elle quitta secrètement cette forteresse (iar oct]> et s’enfuit avec sa mère et ses trois filles au sanctuaire de Westminster, où, peu après, elle accoucha d'un fils1 [fï oct*]. Au bout de quelques juurs, Clarence et Wnrwick firent leur entrée triomphale dans la capitale ; Henri fut conduit immédiatement de la Tour au palais do Févèque , et de Fa se rendit en procession solennelle , la couronne sur la tète, è la cathédrale de Saint-Paul [13 oct.]* Ses amis attribuèrent sa restauration a Fé vident© intervention du ciel2; les nations étrangères la virent avec surprise, ou la tournèrent en ridicule : pour lui- même , on ne sait trop si co fut une source de joie ou de regret- Il avait été le prisonnier d Edouard : il était h présent l'esclave de Warwick 3*
1 a parlement , convoqué au nom du roi rétabli , déclara Edouard usurpateur, condamna tous ses adhérents , et révoqua tous les actes de son autorité [26 nor,]* La second© mesure fut de ratifier ta convention d’Àmboise. Un acte constitutif substitua la couronne à la descendance mâle de Henri Y1 , et, h défaut de cette descendance , au duc de Carence et aux héritiers de son corps , et nomma ce prince et son beau-père protecteurs du royaume, durant ta minorité d'Edouard, prince actuel do Halles. Tous les lords qui avaient souffert pour leur attachement à la cause de Henri recouvrèrent leurs titres et leurs biens ; Claronce fut institué héritier de feu son père; Richard, duc d’York, promu ii la lieutenance d’Irlande; et en remplacement de quelques manoirs qui avaient appartenu b des laneastrîens, il reçut plusieurs dona tions de valeur égale, peut-être supérieure ; \V arvvick reprit ses charges de chambellan d' Angleterre et de capitaine de Calais, auxquelles on ajouta celle de grand amiral ; on confia de nouveau les sceaux b son frère F archevêque , et son autre frère , le marquis, recouvra sa garde des Marches, Mais si les vainqueurs songeaient ainsi a leurs intérêts, il faut ajouter, a leur louange, que loin* triomphe ne fut pas souillé de sang. Le seul homme qu’on
h Stow, lS9t433. Ftmn, il,
2, Cmti. Crotft . ï&i, qçl ajoutes quoique y existe tui-màmc, que les lancastriena tit tuent Ù celte époque le parte le plus îiotnbreux. Ibid.
à. Un étranger, écrivant à ce sujet uu cardinal de Pûvic. dit i Bldehu.nl poster i, credo ml ut ihîràclila inimbuntur, eüm uudicrint tantum esse Jn gus é omîtes nitii'tiimu ut indomitnm gentem tènï lac fié régal, hûvüs rc^es feçsrit, lüs denuo jpulüis veteres revocarit, et ipso nuis us intra ver lent cm annuni, miiltis mira et extra regmim adversantïbus, in idem regmim redierii, etc. Hasdini, Üct. n, I47U* Apud îlayual. eotteiu uuno,
exécuta fut le comte do Wûrcesfcer, h qui sa cruauté dans l'office de connétable avait valu , avec le titre de « boucher, » la haine du peuple * [18 oct.]*
Personne ne fui plus satisfait de cette révolution soudaine que Louis de Franco. Il ordonna de la célébrer par des actions de grâces et des réjouissances publiques pendant trois jours, et Mar* garnie fut reçue h Paris avec la môme distinctkiu qu'une reine de France. Une brillante ambassade se rendit à Londres pour complimenter Henri L> février 1471] , et un traité de paix et de commerce pour quinze années cimenta l1 union des deux couronnes1. Le duc de Bourgogne, au contraire, se trouvait placé dans un dilemme des plus embarrassants. Edouard avait fui vers lui, et sollicitait son assistance. Pouvait-il refuser le frère de sa femme? Les ducs d'Exeter et de Somerset étaient arrivés à sa cour, et lui rappelaient qu'il descendait du même ancêtre que Henri. Pouvait-il contribuer h détrôner un prince de son sang? En assistant Edouard, il pouvait provoquer Henri è épouser la cause de Louis, qui lui avait déjà enlevé un territoire riche et populeux ; en refusant de Fasgfster, Tamitié qui unissait les deux couronnes l'exposait à un égal danger. À la fin, ü adopta la politique tortueuse, mais avec succès celte fois, d'abandonner publiquement la cause de l'exilé, tout en la favorisant en secret. Par une proclamation, il défendit h ses sujets, sous des peines sévères, de prêter aucun secours h Edouard : sous main ü lui fil présent de cinquante mille florins, fit équiper pour son usage quatre grands vaisseaux à Voue en Hollande, et loua quatorze bâtiments aux villes a tisêa tiques pour le transporter en Angleterre 3.
Vers la mi-carême, la Hotte ennemie fut signalée de là côte de SufVolk; mais les préparatifs qui avaient été faits, ot l'activité d’un frère du comte d' Oxford, la détournèrent de s’approcher de la terre. Continuant sa course vers le nord [J 2 mars), Edouard entra dans te Hum ber, et, avec quinze cents hommes, débarqua à Havenspur [l/i mars], a l'endroit même ou Henri IV avait débarqué pour détrôner Richard IL L'hostilité des habitants
1* Vont , CVoyï. 554. Ryju. sif G61-G79, 693-#, #-“05. Quand les miim ài nartement de FLénri forettf ensuite1 révoqués, il est probable oit' ils furent misai blfTesr. îk ne se trouvent pus à présent sur les rôles. JRoi. Par), vi, JM.
' ai Rym. xi, GHàp mi
3, Coramine», tit, 6. Il avait neuf cents .Anglais et trois eontg Flamands des fusils et des mousquets. LeL CoL n, 509.