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CHAPITRE NEUVIEME

Quoique TKurope retentît depuis longtemps du bruit de ces préparatifs, pour une raison ou pour une autre, l’expédition projetée était remise d'année en année. Edouard, toutefois, profila de ce délai pour s’assurer de l’amitié du roi d’Ecosse. Ses commissaires offrirent une ample indemnité pour tous les dommages éprouvés par les marchands écossais ; la longue trêve fut réciproquement confirmée’ un mariage fut conclu [26 ocL entre le duc de Rothsay, fils aîné de Jacques, et Cécile, seconde fille d'Edouard, el la dot de la princesse fut fixée h vingt mille marcs, payables eu dix ans par termes égaux ; mode de payement qui, en rendant le roi d’Ecosse pensionnaire du roi d’Angleterre, rattachait à ses intérêts C Enfin Edouard partit pour Sandwich. Son armée, composée de quinze cents hommes d’armes et de dix fois ce nombre en archers, fut transportée b Calais [3ti juin lé7n], et Charles, duc de Bourgogne, fut invité, conformément au traité, a rejoindre le roi avec ses troupes. Mais ce prince, qui avait déjà épuisé ses ressources dans une romanesque et malheureuse expédition en Allemagne, arriva au camp anglais avec une faible escorte [4 juillet I, et s’excusa de sou mieux de ne pouvoir remplir ses engagements. Edouard raccompagna b Pérou ne, oïl son méconienlemonl fui augmenté parla méfiance avec laquelle Charles exclut les Anglais de lu ville. De lïi ou envoya un dé tache ment occuper Saint-Quentin; mais te connétable de Saint-Pot, qui avait été représenté comme un allié, tira dessus du haut des murs. Le roi ne put contenir plus longtemps l’expression de son désappointement, el le duc partit promettant do revenir avant peu h la tôte d’une armée nombreuse.

De Sandwich) conformément, aux lois de la chevalerie, le roi d’armes avait été envoyé h Louis pour faire la demande formelle de la couronne de France. Le monarque l’écouta avec calme, Pemmena dans son cabinet, témoigna beaucoup d’estime pour le caractère d’Edouard et un sincère désir do vivre amicalement avec un prince aussi illustre; puis il mit trois cents couronnes dans la main du héraut, et lui en promit mille de pins b la conclusion de la paix* Gagné par sa libéralité et sa confiance apparente, le roi d’armes lui conseilla de s’adresser au lord Howard ou au lord Stanley, ministres qui détestaient la guerre ©tétaient très-cn faveur auprès de leur souverain, Louis le congédia immédiatement, et se prépara à profiter du renseignement-.

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m HISTOIRE D’ANGLETERRE.

Tandis qu’Edounrd était campé devant Péronno, âfiéchiMnt a lu conduite inexplicable dit Bourguignon, un héraut français se présenta aux lords Howard et Stanley et demanda a être introduit auprès du roi. Ayant été admis, il assura a Edouard que Louis n'avait jamais nourri la plus légère inimitié contre lui personnellement, et que si, dans une seule occasion, il avait prêté assistance au comte de Wnrwick, ce n'avait été que par haine pour le duc de Bourgogne; îl insinua que Ta mi lie affichée par Charles était fausse et mensongère; qu’il avait attire les Anglais eu France pour son propre avantage, cl qu'il les abandonnerait dès qu'il pourrait obtenir de meilleurs ternies ; puis il ajouta qu'avec un peu de condescendance de part et d' autre, il serait aisé à deux princes qui s'estimaient réciproqu ornent d éviter l'effusion du sang chrétien, et de convenir d'un accommodement également avantageux pour leurs sujets. Edouard, mécontent comme il était, reçut cette ouverture avec plaisir. Il convoqua un conseil .d’officiers [13 août], et il y fut résolu que le roi retournerait avec son armée en Angleterre, si Louis consentait a lui payer immédiatement soixante-quinze mille couronnes, a lui en assurer par an cinquanlo mille de plus, sa vie durant; a conclure une trêve et un traité de commerce entre les deux nations pour sept ans, et a marier son Sis aîné h la fille aînée d'Edouard, ou, ou cas qu’elle mourût, a sa sœur Marie, qui, a 1 êge de puberté, serait conduite en France aux frais de Louis , et recevrait do lui un revenu annuel de soixante mille francs. Les motifs assignés par les membres pour cette résolu lion sont 1 approche do ï1 hiver, la pauvreté du trésor et la mauvaise foi du dut: Charly 1 . mais il y faut ajouter les présents qno Louis distribua parmi les favoris du roi, et la perspective d'un secours d’argent, objet d une haute importance pour un prince voluptueux et indigent. On nomma de chaque cûté des commissaires qui s'abouchèrent dans mi village voisin (29 août]. Louis consentit a toutes les demandes, et on convint en outre que Marguerite d'Anjou serait misé en liberté moyennant une rançon de cinquante mille couronnes, et que tous les différends entré les deux rois seraient soumis h quatre arbitres, le cardinal de Canterbury et le duc de Carence du tuMé d'Edouard, F archevêque de Lyon et le comte de Danois du côté de Louis ; lesquels seraient ternis de prononcer leur jugement dans le cours de trois années*. Dès que ces conditions eu-

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