‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 317 sur 327 · Rym. su, Rat, Part, vr, S · texte numérisé non relu

Rym. su, Rat, Part, vr, S

it- 53

*îSe mSTOlUE IVANGLETERHE.

mais ils dédaignaient ou négligeaient un titre contesté , et les partisans de la famille jetèrent les yeux sur Henri et sa mère, comme sur leurs chefs naturels. Dans aucune circonstance» encore bien moins dans celle-ci , les lords attachés h la maison d \ork n’eussent admis la préleution du comte de Richmond. Mais, convaincus de k mort des doux fds d'Edouard , ils considéraient sa fille aînée comme ïa souveraine légitime, et du moment où lie mi s obligea par serment a épouser cette princesse, ils lui jurèrent fidélité, comme au futur époux do celle qui était, par succession, reine d’Angleterre.

Le principal objet de la politique de Richard fut alors de déjouer ce projet. Four attirer F ex-reine hors du sanctuaire, il ïa tenta par les plus flatteuses promesses et rassaillil des plus terribles menaces [1er mars 1484]* lis échangèrent message sur message , et enfin conclurent un traité secret, en conséquence duquel il jura, en présence de plusieurs lords et prélats, et du maire et des aîdermen, que ses filles et elle seraient traitées par lui en parentes ; que leur vie ne courriat aucun danger ; que la mère jouirait d’une pension viagère do sept cents marcs; et que chacune des filles recevrait des terres de la valeur de deux cents marcs comme dot, et qu’elles ne seraient mariées qu’h des gentilshommes ^ Gagnée par ces promesses, elle se rendît h la cour avec sq famille ; la mère et les filles furent reçues avec bienveillance, et des marques de distinction particulière furent prodiguées h [a jeune Elisabeth, que Richard destinait probablement à son fils Edouard. Mais ce' prince mourut subitement h Middlehum [fi avril], et le roi et în retue furent pour quelque temps inconsolables de cotte perte* Quels pouvaient être h présent les desseins de Richard sur Elisabeth, on l'ignorait ; mais elle était attachée à la maison de in reine, ot tenue ainsi dans une captivité réelle, quoique honorable.

A la fin, le roi eut le loisir de diriger son attention sur la Bretagne, où le comte de Richmond et les exilés étaient occupés a combiner les moyens de le chasser du Irène. Aucune dépense ne fut épargnée pour obtenir les renseignements les plus exacts sur leur nombre et leurs projets; et dès présents considérables achetèrent l’aide utile de Landais, ministre do Bretagne. Le duc François écoula peu h peu les suggestions tic son favori : un ur-

L Kllïn,i^Ki*r. ip Uil Buck apud Ketmct, p. 52#. S. C un/, Croyl 571.

Uf A PITRE ONZIÈME,

tï37

msuoo entre les deux nations prépara la voie à des relations plus & t.quenlos; le roi leva un corps de mille archers pour le service de son nouvel ami, et un noir complot fut trimé pour s’emparer de Nenn el do ses principaux adhérents'. Ils eussent été pris dans les hlels de leur ruse adversaire, s’ils n’cussem été avertis

W^5!T’ r[nieUS™ ,ronvé “n nollvelel plus stlr asile dans es états de Charles Vffl, roi de France, oh ils employèrent plus d une année à faire de nouveaux préparatifs pour leur expëditioii projetée, F

Durant cet intervalle, Richard mit Un aux longues et meurtres hostilités qui régnaient entre les Ecossais et ses sujets. Le dnc d Albany et le comte Douglas avaient reçu de lui la mémo protection qu avait reçue autrefois son frère; mais il était trop occupe de ses affaires pour leur prêter une assistance efficace, et leurs «loris se bornaient h quelques incursions par terre et à des pirateries sur mer. Cotte année, durant l’élé, ils avaient essavé ' surP1 cidre les marchands à la foire de Lochinabcn ; mais ils avaient eto repousses avec une perte considérable , et Douglas .nai ete pris avec plusieurs de ses compagnons anglais. Ce revers toutefois fut plus que compensé par les succès des croiseurs anglais contre le commerce d’Ecosse ; et h la sollicitation de Jac- ^ues lm m tnisLice de irois années et une alliance cimentée par ni mariage entre les familles royales des deux royaumes furent conclus a Nottinghom [21 sept.]. Richard, il est vrai, après la moi l de son hls, était sans enfants légitimes; mais il avait déclaré Jean, comte de Lincoln, et fils de sa sœur la duchesse de Suffoik, tien lier présomptif do la couronne, et il fiança la sœur de ce jeune Pniire , Anne de la Polo, au fils aîné du roi d’Ecosse. II fut stipule mutuellement que te mariage aurait lieu dès que les parités seraient arrivées h l’âge de puberté*.

A Noël, le roi tint sa cour dans le palais de Westminster. Soit par politique, soit par goût, il afficha une magnificence extraordinaire : les vacances se passèrent en festins, bals et amusements ; et on remarqua avec surprise que partout sa nièce Elisabeth portait de* robes exactement semblables h celles do la reine. Avant fin on pût découvrir ta cause de cotte combinaison inusitée, cette

Page 1