CHAPITRE DEUXIEME
ta guerre civile- Bientôt apres le dépari de Mortimer, Édouard Bruce rawmça dans le voisinage de Dundalk, Il rencontra John lord Birmingham ji/t oc.L], et resta sur la place avec la plus grande partie de se* forces. Son corps, coupé en quartiers, fut envoyé, comme celai d’un traître, aux quatre principales villes ; et sa tète fut présentée a Edouard par le vainqueur, qui reçut de lui ta dignité et les émoluments do comte de Lçmth * {20 mai 5319!, Avec Bruce, expirèrent les espérances des patriote» irlandais; les Anglais reconquirent leur ascendant ; et l'ancien système de déprédation et de vengeance reprit vigueur partout. Cependant on avait appelé l'attention du roi sur Tétât de T Irlande par une pétition qui lui avait été présentée m parlement, et oii il était dit que, pour établir la tranquillité, il fallait abolir les chartes de pardon pour les meurtres commis par les Anglais, et que tes indigènes, admis au bénéfice de la loi anglaise, eussent pleine jouissance de la protection légale de vie et de membres. Ces deux points furent accordés ; et il fut arrêté ensuite que nul officier royal ne pourrait acquérir de terres dans l’étendue de sa juridiction, ni faire dos réquisitions de provisions que dans un cas de nécessité, avec la permission du conseil et sur un ordre de la chancellerie K
Pour ne pas interrompre la chaîne des événements, j’ai conduit la guerre irlandaise jusqu’il la mort d'Edouard Bruce, qui la termina ; nous pouvons maintenant revenir aux affaires de T Angleterre, oîi le peuple avait oublié la désastreuse bataille de Ranuock-burn au milieu des calamités plus terribles qui l'accablaient, Depuis trois ans, il gémissait sous les plus cruels fléaux qui puissent affliger la race humaine, la pesto et la famine. Le manque de récolte on lâM avait causé des alarmes; elles commerçants de Newcastle, et probablement ceux des autres ports, obtinrent du roi la permission d’acheter du blé en France, et de l'importer en Angleterre. Mais le secours fut si exigu, que livrai, a la requête du parlement, qui s’assembla en février [1315] flxa un maximum pour le prix des vivres. Cette mesure ne fut ib aucune utilité. Au mépris du statut, le prix de chaque article s’éleva rapidement t le froment, les pois et les fèves se vendirent à vingt shillings le quarter (huit boisseaux); et même les gens
1. jinttjtfL J fi fi. îiiin. llUS, Bjnu ni, 707. Xmr, Rpn, n, 307. * 13 périt par sa propre nbstbfttîcii, peur nVroir pas voulu attendre tuua ses compagnon* qui étaient presque HnitsHn miün. Lfï- CW J. nf 517.
V Rot . Piïrf. i, 3 BU. tijley. 509. 571
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du roi entent parfois dp la dÜkuUé a se procurer du pain pour ki table. Par malheur, la saison suivante fut exlraonlinairemeni pluvieuse et orageuse; de sorte que les récoltes les plus précoces furent endommagées par k pluie, que les autres ne parvinrent pas b maturité, et sxvpjïi \oû la disette de l'année précédente avait doublé. PotirsureroU de calai ni té, un mal peslÉenLiel se jeta sur le bétail; et le manque de nourriture et l'insalubrité des aliments produisirent parmi le peuple des dyssenteries et autres maladies épidémiques. Le parlemenl, convaincu do son erreur par expérience, révoqua le maximum* t l/i février 1M6 : et le roi* à la suggestion dos citoyens de Londres, fil fermer les brasseries, dans l'idée que, m sans. cette mesure, non-seulement les indigents, mais les classes moyennes périraient inévitablement faute de nourriture. » Cependant les prix continuèrent de monter jusqu'il ce que le qunrtêr de froment se vendît dix fois sa valeur ordinaire; elles pauvres furent réduits à se nourrir de racines, de chevaux, de chiens et dos animaux les plus dégoûtants. On rapporte même* ce que, pour l'honneur do l'humanité, nous devons espérer n ôtre pas vrai, que des hommes mangèrent les cadavres de leurs compagnons, et des parents ceux do leurs enfants
La persistance de cette calamité ayailûppris aux plus prodigues à ménager leurs ressources. Beaucoup de seigneurs renvoyèrent de leurs châteaux les nuées de domestiques et de créatures qui y fourmillaient d’ordinaire ; et ces infortunés, sans moyens honnêtes de subsistance, n'cureiit d'au Ires ressources pour vivre que de piller leurs anciens patrons, ou leurs voisins i no née si fs. Tous les comtés étaient infestés de bandes de voleurs, dont lu rapaeiie désespérée ne pouvait être réprimée parla terreur ou par les châtiments de la loi. Les habitants furent forcés de se liguer pour leur propre défense : les associations furent opposées aux associations ; chaque parti se livra aux représailles d imc justice cxpedL live: elle pays entier ne fut qu'un vaste théâtre de rapines, d'anarchie et de meurtres3.
Durant cette période d'une détresse sans exemple, les Ecossais, enhardis par leur dernière victoire et pur In timidité de leurs ennemis, se répandirent h plusieurs reprises sur les frontières, et ravagèrent avec impunité les comtés du nord. Sur la côte dé l’est,