‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 76 sur 327 · CHAPITRE TROISIÈME. I7â · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. I7â

Umi co que pouvait la valeur anglaise, quand son élan n’était point arrêté parles conseils d'alliés intéressés ; et Edouard ayant rassemblé une armée considérable, composée de ses seuls sujets, mit à la voile à Southanipton, dans F intention, dît-il, d’envahir les provinces dn midi de la France. Mais soit qu’il tfoût cherché qu’à tromper Tonnerai, soit que, pendant b voyage, il eût été dissuadé par Geofîroi dlîarcourt, réfugié français, il changea suintement de direction , et jeta Fancre dans la rade do la ifogue, sur la cûte de Normandie [13 juillet 13/16]. La province était sans défense : tandis que la flotte brûlait tous les navires des différents ports, Farinée, partagée en trois divisions, pillait te pays, mettait le feu aux villages, ot faisait des prisonniers; Cnreman, Saiat-Lé et Caen, grande cl populeuse cité, furent prises [18 juillet] ; et le butin , avec le connétable do Franco, soixante chevaliers et trois cents des plus riches citoyens, fut envoyé à la Hotte et transporté en Angleterre 1 [26 juillet]. Le but d'Edouard semble avoir ele d’attirer hors de la Guieune l’armée française de cent mille hommes qui était entrée dans celte province, de traverser la Seine, .de [tasser en Artois par la Picardie, de rejoindre ses auxiliaires flamands, qui, au nombre de quarante mille, avaient franchi les frontières de Franco et mis le siège devant f importai té ville de Calais. Mais h son arrivée h Rouen, il trouva le pon t sur la Seine rompu, ci Philippe sut ta rive opposée avec des forces considérables. A dater de ce moment, ce fut une lutte d’habileté entre les deux monarques. Le roi d’Angleterre était impatient de passer la rivière, et d’engager le combat avant l’arrivée des renforts de son adversaire : le roi de France cherchait h retenir les Anglais sur la rive gauche do la Seine, jusqu’à ce qu'il pût les accabler de la supériorité de ses forces [18 août], Edouard longea la rivière, brûlant les villages, et pillant les villes de Ycrnori, de Mantes et de Poissy ; mais pas un ponl n’avait été laissé debout, eUous ses mouvements étaient suivis et surveillés de la rive opposée par 1 ennemi. Ce fut en vain qu’il envoya ses troupes légères insulter les faubourgs de Paris, qu’il réduisit en cendres Saint- Germain , SainLLLoud et Bourg-la-Reino, et que quelques aventuriers passèrent la rivière en bateaux, et mirent la Feu h Nenffly et è Boulogne. Philippe n’était pas homme à se laisser détourner de son dessein par les bravades de son ennemi ou par tes murmures des Parisiens. Un heureux stratagème délivra les Anglais de cette

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