‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 77 sur 327 · FroUs. 155, c. et le rapport officiel iUns Avesbury · texte numérisé non relu

FroUs. 155, c. et le rapport officiel iUns Avesbury

f76 HISTOIltE trA3teüîTEIUllî-

siluation, qui devenait de jour en jour plus dangereuse, Décampanl de ÏNiissy de grand malin T ils ^avancèrent en toute Mte vers la capitale; mais dès qu'ils surent que l'armée française était en pleine marche pour la mime ville f 17 août], ils revinren L rapidement sur leurs pas, balayèrent l'autre me à raide dés archers , passèrent sur le pont que les ouvriers avaient réparé , et prirent possession fie Pontoise, Affligé du succès de cette maâfebvre, et enorgueilli du nombre de troupes qui s’étalent assemblées sous son étendard h Saint-Denis, Philippe défia le roi d'Angleterre au combat dans la plaine de Yaugirnrd, ou en ire Pontoise et b’roncomilte. Edouard répondit qu’on le trouverait toujours prêt à combattre; mais que, comme il était dans scs étais, il ne permettrait à personne de lui dicter ni le lieu ni le jour1, ü continua sa marche, brûla en passant les faubourgs de Beauvais, pilla la ville de Poix, et fixa son quartier général h Àiramcs. Impatient de traverser la Somme, il dépêcha deux maréchaux avec trois mille hommes pour découvrir ou forcer un passage. Ils attaquèrent successivement les ponts de l'ont-Saint-Remy, de Long ci de Poequigny; mais ils échouèrent à chaque endroit, et revinrent au camp avec cette nouvelle décourageante [22 août]. Philippe étaii a Amiens avec cent mille hommes, elle lendemain matin il pril possession d'Àiraines, deux heures après le départ dés Anglais. Ils atteignirent Gisement dans la soirée, et les maréchaux revinrent encore avec les mêmes tristes nouvelles. Le désespoir était peint sur tous les visages; il fallait, le jour suivant, vaincre une armée huit fois plus nombreuse, ou être repoussé dans la mer. Edouard assembla les prisonniers ; il s’informa s'il n'y avait pas un gué dansk rivière; et par la promesse de la liberté et d’une forte récompense, il décida un paysan h le conduire à Blanchelaque, ou , au moment du reflux, la Somme pouvait être passée même h pied. Les Anglais se mirent en marche h minait [23 août] ; ils arrivèrent avant que F eau fût suffisamment basse, et eurent la mortification do voir, un peu après le lever du soleil, la rive opposée garnie de douze mille hommes sous les ordres rie Godemar du Fay, Ils restèrent pendant quelques heures dans cette situation alarmante, attendant h chaque moment l'armée qui les poursuivait, A- ers dix heures, on annonça que la marée était tout h fait basse. Edouard donna pour mot d'ordre Dieu et saint George ; et les hommes d’armes s'élancèrent dans la rivière, Y ors le mi-

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lieu , ils rencunirèrent la cavalerie française; mais les Aurais combattirent avec ie courage du désespoir, el les ennemis furent mis en déroute avec une perle de deux mille hum mes, Philippe, à son arrivée, ne trouva que quelques traîneurs sur la rive gauchu. Lu marée gtonlànle le força t Faliu adonner la poursuite, et il ramena son année h Abbeville : les Anglais prirent possession du Cm lui , el trouvèrent dans le port plusieurs navires chargés de vins de Potion et de SalntongeL

Jusque-la le roi s’était retiré rapide nient devant ceux qui lu poursuivaient; maintenant il ül halte pour attendre leur arrivée. Anus ne connaissons point ses motifs ; mais il doit avoir eu quelque raison puissante, pour hasarder un engagement avec une telle disproportion de forces. Il dit simplement îi son entourage : « Nous n" irons pas plus loin* Je suis maintenant sur F héritage légitime de madame rna mère (le convié de Pou Ih Leu), et mon devoir est de le défendre contre, mon adversaire* » Quant h ses alliés flamands, nous n'en avons aucune nouvelle. Us étaient entrés sur le territoire français trois semaines nupaiav a nL, et probablement s Vu étaient retournés, ou avaient pris une autre direction.

Philippe s’arrêta un jour h Abbeville [25 août], pour accroître de quelques milliers d'hommes son immense année* Quant h l.douard, qui avait a combat Ire pour sp liberLé et sa vie, ce delai lui était précieux ; cor il lui permettait de rafraîchir ses troupes après leur fatigue, d'arranger ses plans et de faire les préparatifs nécessaires pour la bataille. Le lieu sur lequel il s’était déterminé à recevoir lVnnemi était mie éminence qui s’élevait en pente douce derrière lé village de Crécy* Dans la soirée, il invita ses barons h soiiper, les entretint avec gaieté, el les congédia en leur promettant kr victoire» Lorsqu'ils furent partis, il entra dans son oratoire, se jeta à genoux devant l'autel, et pria Dieu de îuï conserver l'honneur* Il était minuit lorsqu’il se mit au Ut : il dormit peu , el au point du jour il assista h lu messe , et communia avec son [ils, le jeune prince de Galles, qui venail d’atteindre sa quinzième année.

[26 août*] Dès que les Ironpes eurent déjeuné, les maréchaux donnèrent leurs ordres, et chaque lord , sous sa bannière et son pennon , marcha au lieu qui lui avait été assigné la veille. Tous étaient, h pied, pour ôter toute tentative de poursuite ou de fuite.

^ J,Fr«is.wiP r KnYglu, «587, et te rapport otMri duti* Ar&tomj,

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La première division, sous le Commandement nominal du prince el le ml commandement des comtes do Wartviek et dOxfonl, consistait en huit cents hommes d'armes, mille fantassins gallois et deux mille archers. A quelque distance derrière eux. mais un peu sut leur flanc, était placée la seconde division, composée de huti cents hommes d'armes et douze cents archers. La troisième, sous 3e commandement du roi contenait sept cents hommes d armes et deux mille archers, et stationnait comme réserve an sommet de la coltine1. Les archers de chaque division se disposèrent sur sou front en forme de herser; et Perdre fut donné que personne ne s'embarrassât de la garde d’un prisonnier, ou ne quittât son poste pour poursuivre un fuyard. Edouard, sur un petit palefroi, entre deux maréchaux, alla de compagnie en compagnie, parlant h tous, les exhortant à défendre son honneur, et exprimant sa confiance dans la victoire. Vers dix heures, il les RI. rafraîchir, ils s’assirent en rangs par terre, leurs arcs et leurs casques devant eux.

Le roi do France était parti d’Abbeville vers le lever du soleil 1 mais ses nombreuses troupes avançaient dans un tel désordre1 que les chevaliers qui avaient été reconnaître P armée anglaise lui Conseillèrent de remettre le combat au lendemain , et dVm-. ployer Pin ter vaîle h ranger son année on bataille. Ou envoya aussitôt deux officiers, un a Pavant et Poutre a Par ri ère- garde, qui enerent : « Halte, bannières, au nom de Dieu et de saint Denis ï Mais ces ordres accrurent la confusion. Quelques-uns obéirent, beaucoup les comprirent mal, et ta plus grande partie n en tint pas compte. Philippe se laissa entraîner par ïe torrent ; et, des qu’il vit. les Anglais, il perdit tout sang-froid, et ordonna aux Génois de se former et d’engager la bataille.

Les Génois étaient un corps de six, ou, suivant quelques érrivarns, de quinze mille Italiens, qui combattaient avec des arbalètes, sous deux chefs célèbres, Antoine Doria et Charles GrirnnldL Ils étaient soutenus par le frère dn roi, fe coin te d’Alençon, 2 la cavalerie nombreuse , magnifiquement équipée.

Le roi h li-môme venait ensuite avec le reste do Famée en quatre divisions: le total des combattants a été évalué par différents écrivains ii tous les nombres intermédiaires entre soixante et cent vingt mille hommes.

Jamais peut-Ôire préparatifs de bataille no furent faits dans des

h! of.aîii'SiwSTf ‘'““'l™ 5ar J^roissart. Ils sont cridomnieiu trop fuifutH, üii CMH de t cimier friuiyni&e uop ferla.

OUÀPiTHE TROISIÈME, I7U

çircfoà&slances plus véritablement ithpo&antos, Co jour meme , il y eut une éclipse partielle de soleil ; des nuées d'oiseaux, précurseurs d’une tempête, volaient en criant au-dessus des deux armées, et la pluie tombait par torrent, incessamment accompagnée d'éclairs et de tonnerre. Vers cinq heures du soir, le temps s'éclaircit, eL le soleil, dans tout son éclat, darda ses rayons dans les yeux de rennemL Les Génois, poussant trois? cris, déchargèrent leurs carreaux. Mais ils [fêtaient pas en état de lutter contre les archers anglais, qui reçurent la volée en silence, et renvoyèrent des flèches en si grand nombre et avec tant de force, que les arbalétriers commencèrent a chanceler. Le comte d'Alençon , les traitant de poltrons, ordonna h ses hommes de frapper les fuyards; mais il ne Ht qu’ajouter au désordre. Beaucoup de ses chevaliers furent démontés par les archers, et une fois étendus h terre, ils furent égorgés par les Gallois, qui s'étalent armés do longs couteaux h cet ©JTet,

Enfin le passage fut balayé ; le comte, d’un côté , et son collègue , le comte de Flandre, de l'autre , continrent les archers anglais, tandis qu'un corps nombreux de Français, dTAïiamands et de Savoyards, se faisait jour vers les hommes d'armes commandés par le prince. Aussitôt la second© division avança pour le soutenir; mois le conflit devint terrible et douteux, et sir Thomas Norwîch fut envoyé pour demander du renforl. Edouard, qui, d'un moulin, observai Pies chances de la bataille et les mouvements des 'armées, s'informa si son fils était tué ou blessé. Le messager répondit que non. « Alors , reprit-il , dites fi Warwick qu'il n'aura pas do secours. Que reniant gagne ses éperons. Lui ol ceux qui TonL en garde auront toute la gloire de la journée. » Cette réponse fuL reçue comme une prédiction de victoire , et inspira un nouveau courage aux combattants.

Le roi de France était impatient de rejoindre te comte d'Àlon- Çon ; mais les archers qu’il avait en tête lui opposaient une barrière hnpénélrablo. A chaque charge , il perdait les pins braves de ses serviteurs; son cheval avait été tué sous lui, et ses amis lui conseillaient, mais en vain, do se retirer. Enfin 0 commença a taire sombre : son frère et le comte de Flandre avaient péri ; ©t la bataillé était évidemment perdue, lorsque Jean de üoïnaut, lui disant de se réserver pour la victoire dans une mitre occasion , saisit sa bride , et remmena de force. Avec la faible escorte do cinq barons et de soixante chevaliers, il s'enfuit è Amiens.

Là fuite de Philippe ne termina pas la lutte. Beaucoup de Fran-

m ni sïn i w i- (va \i ïlet mm,

çaîs> par corps détachés,, cou Licitîerorit de charger leurs adversaires; mais comme leurs éfiprts manquaient de concert, ils n’aboutirent en général qu+ïi în perte des assaiHants. A mesure que Tübscqrité ahgmcnla, te combat cossu par degrés; les voix de ceux qui cherchaient leurs bannières T dorai Us s'étalent écartés, ne s’euttuidironi plus, et les Anglais se fêüeïièrent d-âvoir repoussé T ennemi, Le roi, ignorant l'étendue de sa victoire, ordonna d'allumer des feux, et défendit h sesliommos de quitter Jours postos. Avide do témoigner au prince son approbation, il s'élança au-devant de lui, et le serrant dans scs bras, il s’écria ; ^ Beau lits, continuez votre carrière. Vous vous êtes conduit noblement. Vous vous êtes montré digne de moi et de la couronne! » Le jeune homme se mit à genoux, et attribua modestement tom le mérite h son père.

[27 août-] Aux ténèbres de la nuit succéda dans la matinée un épais brouillard > qui inulereeplaii pas moins la vue, et le roi , avant le lever du soleil, envoya aux informations \m détachement de trois mille hommes. Ils se trouvèrent Uientdl au milieu iTim corps de milice de Beauvais et d’Amiens* qui, ignorant 1ns événements précédents, avait marché toute la nuit pour rejoindre Tannée. Ces hommes, qui ne soupçonnaient aucun danger, et n’étaient point préparés à combattre, furent massacrés presque sans résistance. Une méprise semblable devint également fa Laie è T archevêque de Rouen et au grand prieur de France, qui venaient avec un corps nombreux de chevaliers. Quand le cml s’éclaircit, on découvrit dans les champs dos milliers de Français qui avaient passé la huit sous les arbres et. les baies, dans l'espoir de retrouver leurs seigneurs le matin. Ils furent aussi passés au ül de l'épée par la cavalerie anglaise , eu sorte que le carnage du second jour dépassa . assure-t-ou, celui (lu premier,

A midi, IctoI ordonna aux tords Cobbam et Stafford d'examiner le champ de bataille. Ils prirent avec eux trois hérauts pour vérifier, d'apres les sure ois dos chevaliers , les noms et rang de ceux qni avaient péri, él deux secrétoires pour en tenir regisire. Dans la soirée, ils présentèrent au roi quatre-vingts bannières, et une liste de ouïe princes, douze écrits chevaliers et trente mille personnes do condition inférieure. On proclama une trêve de trois jours pour donner k Tennemi le temps d’en 1er rer ses mnm, et Edouard assista en deuil au service funéraire dans le cimetière de Montènay L

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