CHAPITRE TROISIÈME. m
Parmi les morts, te plus distingué était Jean, roi do Bohême *. Uâge n'avait pas amorti en lui le feu de la jeunesse : quoique aveugle, il se plaça dans la première division des français; ai quand rissue de la lutte devint, douteuse , il ordonna aux quatre chevaliers qui l'escortaient de le mener au fort de la mêlée , « afin, dit-il, que moi aussi je puisse donner un coup aux Anglais, » Le mettant au milieu d'eux , et entrelaçant leurs brides, ils poussèrent leurs chevaux en avant, et furent lues presque immédiatement* Le lecteur ébn sidérera probablement le roi de Tïohéme comme follement prodigue de sa vie : les écrivains du temps ont exalté sa conduite comme un trait d'héroïsme incomparable. Son timbre, trois ÿl uni es d1 au l ruche avec la devise « le h dieu , •>> je sers , fut adopté par îe prince do Galles, et a toujours été porté par ses successeurs-
Les Vainqueurs contemplèrent avec étonnement le résultat de cette sanglante et décisive bataille. Ils ne Vattribuèrent ni a leur courage ni à Pim prudence de i’emietui, maïs h la protection du Tout-Puissant, qui avait ainsi donné gain de cause à leur souverain; et les actions de grâces qui furent offertes dans le camp furent promptement répétées dans toutes les villes et tous les villages d'Angleterre. Les deux rois S'occupèrent sur-le-champ, Edouard, de profiler des avantages de sa victoire, Philippe, de prévenir les conséquences de sa défaite* Le premier, pour s'assurer un port convenable sur la câte de France, entreprit de réduire Calais, et. prévoyant une longue et opiniâtre résistance, ordonna de construire des Imites pour loger l’armée pendant l'hiver. Le dernier envoya un messager avec des présents au roi d’Ecosse, l'exhortant à saisir l'occasion de 1 -absence d'Edouard, et h envahir L Angle terre pour venger ses propres injures et prê- 1er assistance b son allié [3 sept-]. Quatre ans s'étalent écoulés depuis que David, b la demande de ses sujets, était rentré avec sa femme dans sa patrie* Sa valeur et son mérite avaient conquis leur estime , et trois incursions heureuses dans les comtés du nord leur avait permis de se venger eu pillant leurs ennemis* L’ardeur du ruî u’avail pas besoin d’un nouveau stimulant : il menaçait depuis longtemps la frontière anglaise ; cl six jours
wiinta tk1 but Aille. Tous les autres écrivains rit» l'époque en font mention* mais mn in s en dêiitil*
I. Plusieurs bisipnens tjni tué à Crée y Jacques, roi île Majorque. Il est pro- Initjk: qu'il n’LV était pttf présent . ce fjaril V U de Cértam, c'est qu'il ne mourut que trous ans plus tard- ‘ .
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I&$ HISTOIRE ITANGLISTfiRHE.
avant la bataille de Crécy [30 aoûti, Lionel, second fils d'Edouard, et tuteur du royaume, avait ordonné de faire des levées pour surveiller of repousser les mouvements des « insurgés écossais. » David partit de Penh avec trois mille hommes d'armes, et environ trente mille autres montés sur de petits chevaux (galloways). Ils comptaient Ions sur le succès , la totalité de la chevalerie anglaise étant sous les murs de Calais ou occupée à se battre dans le midi de la France* ocL] fi entra dans le Cumberland, prit, après un siège de six jours, la <c pyle fort de Lyddel, » ei immédiatement fit décapiter le gouverneur, pilla l'abbaye deLanercost, et dirigea sa marche par Hexham sur Fâygphé do Durham. Tandis qu'il était à Beaurepaire ■*, maison de campagne appartenant aux riioïnes, famée plaise se rassemblait sans qu iT le sût dans le parc d'Auckland Jd oct. Blé ^élevait à douze mille hommes «Tannes, trois raille archers ei un corps de sept raille fantassins, compost* astiques, de la milice des environs
et d’une poignée de Gallois- La reine Philippe imitant l'exemple delà comtesse de MoniTort, parcourut leurs rangs à cheval, et les harangua dans on langage affectueux et animé, engageant à défendre leur pays et l'honneur de leur souverain. Us répondirent par de vives acclamations : elle les recommanda à Dieu et à saint Georges, el se retira en lieu de sûreté
[lï pet ] Douglas , le célèbre chevalier de LiMlesdale, avait, dans ïa matinée, conduit un parti de pillards à Ferry hüL La rev rai te lui fut coupée par l'armée anglaise au pont de Bunderlaud, et il fut heureux' de s échapper avec une perte de cinq Cfeut> hommes. Sur son rapport, David rangea l'armée en bataille dans la lande : tes Anglais étaient déjà disposés sur une éminence près de Ne vil* 8 Cross. La cavalerie écossaise , embarrassée dans les haies, fut en butte aux coups infaillibles des archers , et les chevaliers les plus distingués furent successivement démontés ou tués. Après une lutte très-chaude, le comte de Moray périt, et Tuile qu'il commandait fut dispersée. A l'autre aile, le Stewart ne commuait qu'une faible et incertaine résistance ; au centre, le roi voyait avec terreur tomber autour de lui ses plus braves chevaliers- Mais son orgueil dédaigna de fuir ou de se rendre, et ses nobles, formant un cercle pour te protéger, prolongèrent le combat jusqu'au raoineut oui! reçut deux blessures , qui le ton-
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