‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 83 sur 327 · CHAPITRE TROISIÈME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. I

rhôleau, quê terai se découvrit [LT janvier 1M9 J* 11 les invite b souper avec lui, les fit servir par le prince de Galles et les chevaliers anglais; et après souper, se levant do labié, il ôta de sa tôle un chapelet de perles fines, il le plaça sur colle de Bibeau mont, et accompagna ce présent de grands éloges, a Cest a vous, sire » chevalier, dit le roi, que j'adjuge lé pris de la valeur dans Farn lion de ce matin, et je vous prie de porter mon chapelet toute » r année pour l'amour de moi. Partout où vous irez, dites aux » dames qu'il a été donné par le roi d'Angleterre au plus bravo ^ des chevaliers,)) IUbeaumont futreldché immédiatement ; Chargny et ses compagnons payèrent pour leur liberté des rançohs proportionnées h leur rang l.

Dans une autre occasion, Fesprit chevaleresque d’Edouard exposa sa vie a un plus grand danger, sans que sa témérité fdt mieux motivée. Les ports espagnols de In baie de Biscaye étaient habités par une race de marins robustes et aventureux, renommés pourlteurs connaissances nautiques et leurs entreprises commerciales, et en tout temps avides de déployer leur animosité contre Les matelots anglais, leurs principaux compétiteurs sur FOcéan, Les vaisseaux de ces ports, réunis pour leur défense commune, formaient une Hotte considérable, et avaient remonté la Manche jusqu'au port de Sluys, sous le commandement de don Carlos de laCerda. Leur principal objet était dû trafiquer avec les x'ilies commerçantes de Flandre ; niais sur leur passage ils avaient commis maint acte de piraterie: et lorsqu'on les menaça de représailles, ils prétendirent hardiment u la domination des mers, et défièrent la vengeance de ceux qu’ils avaient lésés, La Ceratt, toutefois, prévoyant les cq.n séquencés probables de celte réponse, eut la prudence d’approvisionner ses batiments de munitions de guerre, et par des offres considérables attira sur son bord nombre (Favenfuriers militaires. Edouard résolut do dit lier l'insolence des Espagnols; et lie voulant pas céder te gloire a ses capitaines* ÎI prit lui-même le commandement de la Hotte2. Avec cinquante voiles (mais les navires anglais comme tonnage et équipement l iaient bien inférieurs a ceux des Espagnols), il croisa trois jours entre Douvres et Calais. Tl était assis sur le gaillard d'avant, vêtu

L Comparer Frpissart, v. 148,140, nrec Ave^bury, ISO. Ükirgnj apprenant plus tard que l'Italien tutâlitU :Wiai» aucune .garde son chiUeau de Frettm, qii’Edouard lui oruit donné, l’v £iirprii un matin, l'cimuerui à Saint-Omer, et le lit lufttre à muirt «ur lu place du marché. Frois&tirt de J ohm-s, Süsî.

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mu msToiur. d amgletkkiie.

d’uno jaquette de velours noir, et s'amusait avec ws méaestréÉ. Enfin rapproche de l'ennemi fut annoncée d u haut du mât. Ansâitôt les trompettes sonnèrent; la ligne fut formée; et le roi et scs clievfÉers, ayant bu un verre de vin, mirent leur armure. Les Espagnols, qui avaient le vent pour eux, auraient pu éviter mi engagement ; mais ils dédaignèrent de changer de route, et arrivèrent sur leurs adversaires j/29 août]. Le Combat fut opiniâ tre et douteux. Edouard força îo capitaine de placer son vaisseau sur le chemin d'un bâtiment qui voguait h pleines voiles. Le choc ouvrit plusieurs voies d'eau, et l’équipage ne pouvait la pomper aussi vite qu'elle entrait : le rot, uniquement préoccupé du coinbat, ne s'aperçut pas du danger ; mais les gens de sa suite faisant pour sauver leur vie un effort hardi ol désespéré, montèrent b Pabordaga et prirent le vaisseau ennemi. Le prince de Galles se trouva dans une situation encore plus dangereuse. Son bâtiment était sur le point de sombrer, quand le comte de Derby, récemment créé duc do Lancaster, vint a son aide et l'arracha aux flots. Dans la soirée, on était maître do quatorze des vaisseaux espagnols; mais t'avantage avait été chèrement acheté par la perle de beaucoup de chevaliers de distinction et de plusieurs navires. Edouard débarqua en triomphe h Winchelsea, et fut reçu avec joie par la reine, dont les serviteurs , avaient observé des hauteurs le commencement, et les progrès de la bataille1. Les gens de la Biscaye ne s'effrayèrent pas de leurs pertes; mais on s'aperçut bientôt que la querelle était également préjudiciable aux intérêts des deux parLics; et une trêve do vingt ans fut conclue a Londres entre le roi d'Angleterre et les a villes maritimes de la seigneurie du roi de Castille [l^aoiM. 1351], »

Los victoires qui avaient fait tant d'honneur b Edouard, avaient coûté, dit-on, la vie h cinquante mille Anglais; mais le souvenir de cette perte fut presque effacé par le malheur auquel 111e fut bien têt en proie, une peste aussi généra léVe L aussi destructive qu'aucune do celles dont il est question dans l'histoire. Nous la découvrons d'abord dans l'empire du Calhai : delà nous suivons sa marche à travers différentes provinces d'Asie jusqu'au Delta et aux rives du Nil ; un vutÿ du sud la transporta en Grèce et dans lès îles grecques, d'où elle ravagea les côtes de la Méditerranée, dépeupla ffj laite, cl franchissant la barrière des Alpes, pénétra en France* Lue succession do tremblements do terre, qui ébranlèrent le continent d'Europe depuis la Calabre jusqu’au nord do

L Froisa&rt de J ohm*, Wïds. ltîjf.

CHAPITRÉ TROISIÈME. m

h Pologne, annonça la fatale année 1348; et si V Angleterre échappa à cette calamité, en revanche elle fuf inondée, du mois de juin à celui de décembre, par des torrents de pluie presque continuels. La peste ht son apparition la première semaine d’aoùt dans le Doraetshire; en novembre elle atteignit Londres, et de la ^avança graduellement verdie nord de nie. Beaucoup de victimes expiraient dans le cours de six heures, et très-pou traînaient plus de deux ou trois jours. De Y homme, le mal exterminateur s'étendit aux animaux : les cadavres des mou tons, des chevaux et des bœufs gisaient épars dans les champs : les oiseaux de proie îTy touchaient pas, et leur put réfaction secondait la malignité de b maladie, Les travaux du labourage étaient négligés, aucune cour de justice n'était ouverte; h plusieurs reprises, une proclamation prorogea le parlement ; et les hommes, uniquement occupés de leur saluL, refusaient do soigner les pestiférés, et étaient sourds h la voix de .l'honneur, du devoir cl de l’ humanité. Quand* les historiens nous disent qu'il périt une moitié ou un tiers de lu race humaine, nous pouvons les soupçonner d1 exagération ; mais il est aisé de se former quelque idée de la mortalité par le fait que tous les cimetières de Londres furent bientôt pleins; que sir Walter Manny acheta, pour en faire un lieu de sépulture publique, un champ de Lreize acres, ou est situé maintenant Charter- Huuse; et qÜè| pendant plusieurs semaines, ou y déposa l’uodans f autre deux cents corps par jour h On observa que, quoique la maladie atteignît les Anglais en Irlande, elle épargnait les indigènes, Les Ecossais aussi en furent exempts pendant plusieurs mois; et celle circonstance fut pour eux un sujet de triomphe sur leurs ennemis; et introduisit parmi eux un juron populaire et par la sale mort des Anglais. » Ils avaient même rassemblé une armée pour envahir les comtés voisins, lorsqub la poste se glissa dans leur camp. Au milieu de la forêt de Selktri, cinq mille hommes moururent avant qu'ils eussent licencié leurs troupes ; et les fugitifs emportèrent avec eux la contagion dîtes les retraites les plus reculées de V Ecosse L

Les conséquences de celle mortalité sont détaillées avec soin parles écrivains contemporains. D'abord la réduction du nombre des consommateurs en amena une proportionnée dans Le prix des

h llym. v, 717.

'J. Knvfzlic 5*30$. Wnls. tas. ï’ürd. xi\\ 7: Evm. 055, o/îfî. Edouard lui- même, parlant du nombre des; morts, se s&ri d&s vagues expr&udoos de nmi iBûdkû purs popûU, et niîignu pais poptiü- Eynu v, fiüB, tâfo Ne *ü Rym, mf SIG, 031.

l9î HISTOIRE D'ANGLETERRE,

mai i bail dises, Ia seconde année, les prix s’élevèrent avec une rapidité et a une hauteur qui alarmèrent le gouvernement'. Les ravages de la pesta s’ctaiem principalement concentrés sur les liasses classes car les gens riches, eu s’eufermauL dans leurs châteaux et évitant tonie eomniunteulîou qui n’était pas indispensable avec te voisinage, avaient en grande partie échappé à la ' 'iiilugiûn. Mais il en résulta une disette de laboureurs pour la culture de In terre et d’artisans pour fabriquer ou réparer les instruments aratoires. [18 juin lSiSît,] Pour remédier à co mal, hdouard publia une singulière proclamalion. qui défendait dW sfster les memiiauts capables de travailler, et obligeait tous tes hommes et femmes en bonne sauté, au-dessous de soixante uns et sans moyens connus (te subsistance, de su louer comme domestiques, aux mêmes gages que les années précédentes, îi tous tes maîtres qui voudraient tes employer. L’exécution de ces ordres •lin confiée aux shériffs, baillis et antres officiers delà couronne, qui devaient découvrir tous ces individus dans leur juridiction respective, et eu même temps prendre soin qu’aucun maître n on employât un nombre disproportionné ;i. Mais en dépit des amendes, de T emprisonnement et du pilori, l'adresse et l’avarice des laboureurs réussirent h éluder les dispositions de la prociamulmn. Durant la moisson, oit demanda et ou donna tes gages les plus exorbitants ; et dans leur propre intérêt, les propriétaires crurent devoir s’abstenir de réclamer la rente de leurs fermiers, et tes seigneurs des manoirs suspendre les travaux obligatoires de leurs vilains *, Mais au parlement suivant, l’ordunnimco fut con-

■>.&8afc” .#»»■». I« suivante conuuo Cas, 3501). l'u cheval. Valant lu *h liejç» coûfe taurn louant H s. h ,1. - Un bœuf (mis, l », . - Whe, ts. - i ne genisse, b a. — un uionmn grns, I à. Un inomon. :l <!, Un nam-an.

î«t prii ÆiS&T É |wl’ de'tah,c* 9 d’ mvuulu’

pris oîâiha&es oiiùfîiL tpmdrti pics ~ Mûxûnè npttrarîoirum ci tturvUmiiiini. Rvtn, vT *ip:î.

:i Kr'y^t- Evm. V, m Sktt oflUah*, f7a07.

le* prix puivanis comme exorbitants* — 'Un fou- 1 shdUîiJf pur Jütir t?t It! tiûitratorc; un niüisgomicur ponce .Jour ut Ifi amimtuje» U, 3<iÜÜ. Les gages u film aires dfis tourna tfe ts &ont uéuiuUtt dans l acit* du purU'un-nl : Faneurs par jour, «mis lu nourriture 1 d jmiewwç» dite* ad*; uctow^onuÉ-nrs dmis la première Keiqiunc d'août 5 d- (lue diui* les semaines suiyiiiiUSi, 3 d j biUtnirs un eàinge mir mirtrLer île* froinont ou de fwîigle, $ 1-Æ d»; ditu d brÈre, do fe-yes, do pois oi du veine, ] lie d ■

'J il ' IlItlniilIK ït il « num-s,umL. . . .. .

imm-tiE troisième. m

vertia en statut : le montant de? gages a donner aux: différentes classes fut déterminé , et de nouvelles peines furent établies contre les délinquants*

La piété du siècle attribua cette épidémie meurtrière au courroux du Tout-Puis saut; mais dans ses spéculations sur les causes qui provoquèrent co courroux, chaque écrivain semble avoir été domine par des préjugés personnels ou des considérations locales. Tous cependant saisissant cette occasion de déclamer contre le hixo extravagant de la toilette, contre les chaperons do soie et les habits de couleur mi-partie que portaient les hommes, leurs larges manches cl leurs tailles serrées, Tindécento petitesse de leurs hauts-dn-chausses, la longueur ridicule de leurs souliers pointus, leur barbe touffue devant, et leurs cheveux en queue derrière 1 . Quelques-uns même eurent la témérité d'étendre leur censure jusqu aux femmes, qu'ils affectèrent do représenter comme ayant renoncé b la modestie naturelle de leur sexe pour singer les manières et adopter eu grande partie le costume des hommes. Aucune dame de distinction, s'il faut les eu croire, ne pouvait monter un palefroi ; il lui fallait un fougueux cheval do bataille. Sa tête était entourée d'un turban, ou couverte d'une espèce de mitre d'une hauteur énorme* du sommet de laquelle*des rubans flottaient dans l’air comme les banderolles au haut d’un unît.; sa tunique était moitié d une couleur et moitié d'une autre ; une ceinture chargée de broderies et de riches ornements en or serrait sa taille, et soutenait par-devant deux poignards contenus ihns deux petites poches. Ainsi vêtue, elle allait à cheval, en compagnie de son\hevaIier, aux joutes et tournois, prenait part aux divers amusements des hommes, et par sa légèreté et son indiscrétion fournissait pâture aux amateurs et débiteurs de médisances11. Quelle que soit l'opinion du lecteur sur ces critiques,

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