‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 89 sur 327 · Froisa, e. ICO · texte numérisé non relu

Froisa, e. ICO

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mi les laissa s' avancer sans les inquiéter. Enfin Tordre fui donné : les archers placés derrière les haies lancèrent une grêle me tir- Irîère de flèches; ie passage fut encombre d'hommes et de dievaux a l’agonie, eL la pression' toujours croisante du reste de la colonne rendit la confusion irrémédiable. Quelques chevaliers se frayèrent un chemin li travers tous les obstacles; d'autres brisérent les haies, et par petits corps al teignirent sur différents points le front des Anglais; mais aucun ne put pénétrer jusqu'au corps principal. Les flèches étaient dirigées {Tune main trop sûre pour être évitées par Tadresse, et volaient avec une rapidité h laquelle une armure ordinaire no pouvait résister, D'Andreghen fut démonté et pris, Clennonl fut tué ; ceux qui leur survivaient, épouvantés dr« leur sort, s'arrêtèrent* p uis se retirèrent lentement, et enfin s’enfuirent précipitamment vers la seconde division, qui les reÇut dans ses rangs.

Mais celle division elle-même commença h chanceler. Les archers, la terreur des hommes d'armes à distancé, avançaient de front* et elle vil tout à coup un corps do six cents Anglais franchir une éminence voisine et tomber sur son flanc gauche. Les chevaliers qui étaient à Tarricre-gardc laissèrent h In hâte leurs bannières pour prendre leurs chevaux, et les seigneurs h qui ë taie ni confiés les trois princes, alarmés pour eux, les envoyèrent a Chau vigny sous la garde de huit eenls lances. Lu départ d'un corps si considérable fut pris pour une fuite, et en quelques minutes toute la division se dispersa.

Les hommes d’annes commandés par Edouard avaient été jusqu’alors spectateurs du combat, a Sire, dit Jean Chaudes au prince, nous sommes maîtres du terrain . Montons a cheval, et chargeons le roi de France. Je le commis pour un intrépide chevalier qui ne voudra jamais fuir devant un ennemi. La tonlativepeul coûter cher; mais, s'il plaît a Dieu et à saint George, ü sera notre prisonnier. » L’avis fut approuvé, et Tnrmée sortit de sés retranchements et s avança vers la lande qui était devenue le théâtre de la bataille. Leduc d'Athènes, connétable de France, fut le premier à se porter b leur rencontre : a son cri de « Montjoie et Saint-Dénis î » ils répondirent parle cri national de « saint George pour Gu ténue! » et en peu de minutes Le duc et la plus grande partie des siens furent lues. Ln cavalerie allemande chargea ensuite les Anglais, mais elle fui aisémen t dispersée, ci perdit tes trois comtes qui la commandaient. Enfin, Jean hii-même, animé par le désespoir (car sa réserve s’était déjà enfuie) T cou-

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duisil m division a pied et combattit pour V honneur, lorsque évidemment il if était plus temps dé combattra; pour Ui victoire*.

Lorsque des rois ont péri ou ont été pris sur le champ de bataille, il a Loti jours été do mode de les représenter comme ayant fait des prodiges de valeur ; mais Jean ne doit sa réputation, ni a la flatterie ni h la pitié : elle avait été antérieurement établie dans plusieurs engagements , et était également reconnue de ses amis et de ses ennemis. Il soutînt pendant quelque temps celle lutte inégale, II avait reçu deux blessures au visage; un coup le porta à terre, et il fut entouré d'une nuée d'adversaires, tous jaloux de s'assurer d’une si noble proie. I n jeune chevalier, s'élançant à travers la foule, plia le genou et le pria de se rendre, s'il ne voulait perdre la vie. Il demanda son cousin, le prince de Galles, «r U n’est point ici, repartit le chevalier ; mais rendez-vous h moi, et je vous conduirai vers lui. — Mais qui êtes-vous ? demanda ïo roi. — Denis de Murbecque, répliqua-t-il, un chevalier de l'Artois, mais force de servir le roi d'Angleterre , parce que j ai été banni de France. » Jean se rendit b lui, et son III s Philippe fut fait prisonnier en même temps L

Ainsi finit la bataille de IVâtiers, dans laquelle toute la chevalerie de France fut défaite par une poignée d'Anglais, et où le roi devint le prisonnier du prince qu’il croyait avoir pris dans ses filets. Si dans une lotte occasion le jeune vainqueur eitt trahi quelques symptômes de vanité, c'eût été pardonnable; mais sa modération dans la victoire ajouta a Y admiration qu'il avait inspirée par sa conduite dans la bataille. Jl y avait dans son armée beaucoup de chevaliers qui auraient pu lui disputer la palme de la bravoure personnelle : il n'avait peut-être pas son égal dans les qualités plus aimables de la modestie eide la courtoisie. Il se comporta envers son royal captif avec tout lu respect dû a un souverain, le servit ù table, adoucit soi» affliction en loi rappelant sa valeur, et lui assura que, dans l'opinion de ceux qui avaient été témoins de sa conduite, il avait bien gagné ce jour- là « le prix et la guirlande» de chevalerie b Le lendemain malin *23 mars 1357, il

L FitUfft, c, 160. L'ûrdriï dans k-quol FroWm-t reluu* le* événement» de celte wrojf» est évidemment èrrüné. Ainsi il lue le connétable de F rance avant lu fuite des trois princes, et le représente comme comlvaîtnnt nprës. le lésai placés dnjiîj Fonire ou je pensé qu’ils ont eu lien.

Fraîss. r. PU. Lu relation de eut écrivain esi complote : ou ne peut glaner que quelques jwmculnrilçs de pins druis les liistonerts: fnuiçrtis et nnnîûs. Le? noms des tués et des captifs se trouvent dans Avosbury, SâtJ-

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