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*0* IHSTOÎRE «‘ANGLETERRE,
continua sa marche avec ses prisonniers Vers Bordeaux et avant conclu une trêve (je deux ans avec le dauphin, régent de France [à mai J; il revint en Angleterre au printemps. II débarqua avec Jean b Sandwich et se rendit à Foudres à petites journées. Son père avait donné les ordres nécessaires pour son entrée dans la capitale, sous prétexte de faire honneur au roi de France- malencontreux honneur qui rappelait b ce monarque sa captivité \ i le rendait le principal ornement du triomphe de son vainqueur Lies arcs étaient élevés dans les rues; des tapisseries, des pièces d argenterie et des armes étaient suspendues aux fenêtres et la roule était bordée d’une foule de spectateurs. [2/i mai l V lord-
maire, à la tête de plus de mille citoyens, divisés en compagnies dislmgiiées par lours devises et couleurs respectives, s*nvança au-devant dn prince et de sa suite h Soulhwark. Le roi de France était monté sur un cheval de bataille isabelie, magnifiquement harnaché : le jeune Edouard, sur un petit poney, n’avait rien qui le distinguât; mats il n’échappa point aux veux avides des spectateurs, tpi! saluèrent de vives acclamations le vainqueur de Poitiers. Plusieurs heures s’écoulèrent avant que la cavalcade pi'u atteindre Westminster-hall, où le roi était assis sur son trône entouré de ses prélats et de ses barons. A rentrée de Jean , ’il se leva, descendit pont- l’embrasser et le mena prendre part’ ii un banquet splendide. On lui assigna, ainsi quHl son fils, pour résidence le palais de la Savoie, cl ensuite le château de Windsor *.
D’après «ne idée qui régnait depuis des siècles, le prisonnier de guerre devenait la propriété absolue do celui qui l’avait pris L’homme qui aurait pu lui ôter lu vie avait acquis un droit sur sa personne ; et selon qu’il était dominé par l'avarice ou la générosité, par la colère ou le caprice, il prolongeait ou abrégeait In détention du captif. Edouard, qui sentait les inconvénients de ce système, cherchait depuis longtemps !i l’abolir, en retirant les prisonniers importants des mains des particuliers, et en les plaçant sous sa propre surveillance. Quand c’étaient des gens qu’il craignait d ollonser, il leur achetait leurs captifs pour une somme stipulée : les autres, il les forçait de s’en dessaisir à un prix fixé par son conseil. Il s’assura ainsi doux grands avantages. Il était a même de retenir les prisonniers dont l'élargissement aurait pu être préjudiciable à ses intérêts; et comme il avait soin de demander [dus qu’il n’avait donné, il était sûr de remplir ses coffres