‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 10 sur 31 · RICHARD · texte numérisé non relu

RICHARD

para de tout le pouvoir, tandis qup le roi n'eut plus qu'une ombre de^royauté.

Une tdile partialité dans les princes produit toujours des jalousies et des haines parmi leurs sujets. Soit que les nobles fussent traités avec peu d'égards par le favori, ou soit qu'ils crussent ayoir plus de droits que lui à la foveur royale, ils s'alarinèr€9[)t proniptenàent et complotèrent sa perte. A la tête de cette conspiration se mirent Mowbray, comte de lïottingham, Fitz-Âlan, comte â-Arundel, P^cy, comte de NorthunAerland, Montacute, comte de Salishury, etBeauchamp, comte de Warwick. Tous résolurent de^ïerdre le favori.

Ib commencèrent par désigner pour premier objet de leur vengeance Michel de La Pôle, chanoelier et îoni dévoué du comte d'Oxford. En conséquence, il fut accusé en plein parlement' , et quoique rien d'important ne fut allégué contre lui, les conspirateurs avaient un tel intérêt à Féloigner, qu'il fut condamné et dépouillé de sa charge.

Apk'ès ayoir exercé leur vengeance sur les ministres du roi, ils osèrent l'attaquer lui-même; et, SOU3 le prétexte qu'il était encore incapable de gouverner^ quoiqu'il eût alors vingt ans accomplis, ils nommèrent une commission de quatorze personnes, auxquelles la puissance souveraine devait être déléguée pendant un an, ce qui dépouillait le roi de toute espèce de pouvoir et plaçait le royaume sous l'oppression de l'aristocratie. Cette mesure ftit vivement appuyée par le duc de Glou-

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cester, car les membres admis à faire partie du comité étaient tous de «a faction. *

Ce ne fut pas sans de violens débats de la part du roi qu'il se vit dépouiller ainsi de son autorité. Il s'efforça d'abord de mettre le parlement dans ses intérêts , en cherchant à gagner les shéiifs de chaque province ; mais ses démarches n'ayant pu réussir, il, eut recours aux juges Soit que ces derniers fussent poussés par des motifs d'intérêt , ou convaincus des raisons du roi , ils déclarèrent que la commissiop qui l'avait privé de son autorité était injustement établie, et que ceux qui l'avaient conseillée ou qui avaient t^ontribué à sa £Drmation d^iiae manière quelconque étaient coupables de trahison et méritaient la mort. ^

Les lords protestèrent vivement contre cette sentence; et le duc de Gloucester, voyant le danger qu'il avait à courir, si le roi l'emportait, assembla secrètement son parti , et parut à Haringay- Parck, près de High-Gate, avec un corps de troupes plus que suffisant pour effrayer le prince et tous ses partisans. Certains de leur force, ils résolurent démettre à profit l'occasion et commencèrent par sommer le roi de nommer ceux qui lui avaient conseillé les mesures téméraires qu'il venait de prendre. Quelques jours après, s'étant présentés armés devant lui , ils accusèrent, comme ennemi^ déclarés de l'état, l'archevêque d'York, le duc d'Irlande, le comte de Suffolk, ^t sir Robert Trésilian, l'pn des juges qui s'étaient prononcés en faveur de

' Ande J. C, 1387.

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