‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 9 sur 31 · RICHARD II · texte numérisé non relu

RICHARD II

' Les matins , . voyant leur chef abattu, se disposaient à le venger; déjà leurs arcs étaient tendus^ lorsque Richard, qui n'avait alors que quinze ans, s'avança vers les rebelles , et , avec utke présence d'esprit remarquable, leur dit: «Quoi! vous, mon « peuple , voulez - vous tuer votre roi ? cessez de ce regretter votre chef; moi-même je veux être dé- (c. sonnais votre général; suivez -moi, et vous ob- « tiendrez tout ce que vous désirez. »

Le;5 rebelles, étonnés et saisis de respect, s'apaisèrent subitement et suivirent Richard qui leur accorda k m«ie charte qu'il avait accordée à leurs compagnons.

Ces concessions valurent au roi, pendant quelque tems , mie grande popularité ; et il est pro* bable qu'il avait le désir de tenir les promesses qu'il avait faites; mais les nobles, qui long- tems avaient goûté les clmrmes du pouvoir , n'étaient nullement disposés à s'en dessaisir. Le parlement ne tarda pas à révoquer les chartes d'affranchis* sèment et d'amnistie ; le bas peuple retomba de nouveau dans le même esclavage; plusieurs des chefs soulevés furent punis avec une sévérité extrême.

L'histoire , en rendant compte des révoltes des barons contre leurs rois, ne jette sur eux que peu de blâme, tandis qu'elle rapporte les insurrections du peuple contre les barons %vec toute la violence d'un long ressentiment*.

' On appelle acte de cruauté la punition des seigneurs révoltés^ celle des gens du peuple qui combattaient pour leur liberté n'esl

76 HISTOIRE o'aNGLSÏERRE.

Les cruautés qu'on employa en cette circonstance contre les chefs des séditions populaires ne contribuèrent pas peu à Êiire haïr le roi. Il leur arvait accordé d'abord une charte^ sur leursr demandes justes et raisonnables 9 et maintenant il était assez faible pour révoquer ce qu'il avait fait. Il est présumable aussi que les oncles de Richard ne furent pas les derniers à soulever contre lui la haine générale; c'était un moyen de maintenir plus long* tems leur autorité actuelle. La conduite inconstante et capricieuse du monarque semblait en effet exiger qu'ils restreignissent sa puissance. Il ne tarda pas à témoigner un désir ardent de gouverner ; mais, loin de montrer aucimedes qualités qu'exige une tache aussi haute, il ^annonçait un penchant extrême à se laisser dominer par des fevpris dépourvus de mérite. Robert Vere, comte d'Oxford, jeune homme d'un physique accompli, mais de moeurs débauchées, prit sur Richard un ascendant prodigieux. Il fut créé d'abord marquis de Dublin, ensuite duc d'Irlande, avec l'assurance dd conserver pendant sa vie entière la souveraineté de cette ile. Le i*oi lui donna sa propre cousine en mariage , et peu de tems après lui permit de répudier pour épouser une autre femme dont il étiSt épris. Il devint enfin le canal de toutes les grâces et s'em-

qu*un acte de justicé. L^â tableaux de fhîstoire scroDt toujours souillés de ces fausses couleuf s , tant que Fesprit philosophique ne dirigera pas la plume de Thistorien. ( Lettres fur l'Histoire AngU-^ terre,) Il en a été de même chez nous pour la guerre de la Jacquerie dont GaîUet fut le chef Mézerai la raconte en une demi - page. Les autres, historiens en parlent moins encore , et traitent les paysan» rebefies comme les plus coupables scélérats. C. Y. ..u.^ -

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