‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 17 sur 31 · HENRI VI R^T ABU. . I7I · texte numérisé non relu

HENRI VI R^T ABU. . I7I

avaient perdu leurs dignités ou leur fortune pour la cause de Henri. Tous ceux du parti yorkiste se bâtèrent de fiiir sur le continent, ou de chercher un asile dans les sanctuaires où les privilèges ec* clèsiastiques purent les mettre à l!abri de toute recherche.

Mais le parti d'Édouard, quoique repoussé, n'était pas détruit ; quoiqu'exilé en Hollande, ce prince avait un grand nombre de partisans en Angleterre , et, après une absence de cinq mois , secondé par un petit corps de troupes que lui avait donné le duc de Bourgogne , iï fit une descente à Ravenspur, dans le comté d'York'. La réception que lui firent les Anglais fut d'abord très-froide; cependant son parti s'augmentâ considérablanent pendant sa marche , et sa modération apparente et sa feinte humilité contribuèrent à accroître le nom* bre de ses partisans. Londres, toujours prête à accueillir le plus puissant , lui ouvrit ées portes , et le malheureux Henri fut arraché encore une fois du trôriè pour nêti-e bientôt plongé de nouveau dans sa première captivité. ;

Warwick çommençàit à faire une triste expérience de l'instabilité de la fortune, et voyait avec douleur son parti diminuer chaque jour. Mais ce qui porta lé coup le plus terrible à ses espérances, fût la défckîtion de son gendre, le duc de Glarencé, qiïi passa dans le parti d'Edouard. Aucune ressource ne restait désormais à Warwick, que de lemâner son: incertitude cruelle, en risquant une

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batailledécisive; et, quoiqu'il fût convaincu de Tiiir fériorité de ses forces , 3e fiant à ses talens militaires, il hasai*da une affaire générale. Il se rendit à Barnet , situé à, dix milles, de Londres^ et là il résolut d'attendre Édouard qui se présenta bientôt. Warwick et Édoi;ard étaient regardés alors comme les deux généraux les plus renommés de leur siècle ; le combat qui allait se livrer devait être; décisif, e% affermir Edouard sur le trône ou détruire à jamais toutes ses prétentions. Le triste Henri , ton* jours traîné à la suite de J'aripée,. était spectateur indifférent de cet engagement mémorable; mai^& ailors il était, heureusement pour lui^ plongé dans iin état d'imbécillité qui le sauvait du sentiment douloureux de sa déplorable situation.

Le combat s'engagea dès le matin et dura jusqu'à midi Les deux -armées combattaient avec acharnement et montraient une valeur remarquable, Non-«euLement la vie, mais l'honneur dépendait de l'issue de cette bataille. L'exemple de Warwick animait seg troupes d'un courage plœ qu'ordinaire , et la victoire , un moment , parut se décider en sa faveur; mai$ un événement imprévu fit enfin pencher la balance du côté des yorkistes* Le brouillard de, Ja. matinée, qui rendait lesobjetg difficiles à distinguer , trompa une partie de l'armée de Warwick; elle attaqua par méprise un corp$ de ses troupes, et tomba sur lui avec fureur> Cette erreur fatale changea totalement la fortune du jour* Warwick eut beau mettre eu us€^ tout ce

' 14 Avril, 1471.

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