‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 18 sur 31 · HENRI VI RÉTABLI. I · texte numérisé non relu

HENRI VI RÉTABLI. I

que rexpérience, la valeur et la prudence purent lui suggérer, il était tr<^ tard, et. rien ne put remédier aux conséquences d'une erreur si funeste. Voyant donc toute espérance s'évanouir, il résolut de vendre cher la victoire. Contre sa coutume or* dinaire, Warwick, ce jour*- là, combattait â pied; s'étant mis à la tête d'un corps de troupes choisies , il les conduisit dans l'endroit le pkis dangereux du carnage ; ce fut là qu'il perdit là yie. Couvert de blessures , il tomba au milieu de ses ennemis; son frère eut le même destin, et six mille déliés partisans furent tuéiè par les ordres d'ÉlHl^rd qui avait ordonné de né faire aucun quar-

Mai^erite, qui, dans le cpurs de ses malheurs, n'avait jamais perdu sa présence d'esprit^ et avait toujours' su trouver quelque ressource, revenait alors de France, où elle avait été solliciter de nou* veaux secours. A jieine avait-élle eu le temsdese remettre des fatigues de son voyage, qu'elle reçut là nouvelle fatale de la mort du brave Warwick , et de la destruction totale de son parti. Quoique jusqu'alors elle eût résisté courageusement aux revers de la fortune, elle ne put supporter ce dernier coù|3 avec sa fermeté ordinaire. Sa douleur ne s'exprima, pendant quelque tems, que par des larmes ; et, cédant à son cruel destin^elle se réfugia dans l'abbaye dé Beaulieu , dans le Hampshire.

Elle ne rèsta pas lopg-tems dans cette triste demeure, sans trouver quelques àmis disposés à relever sa fortune déchue. Tudor, comte de Pem-

^oke^Gourteoay, comte, de Pevonsbdre, les lord& ISTenlpck iBt Saint-John^ ainsi que quelques aùtréj; d'un rang distingué , l'exhortèrent à reprendre d» f ourâ^. lî^ seul rayon d'espérance sufHsait pour rendre à cette femipe étonnante toute l'éiiergie de s€tfi caractère y et lé souvenir pénible d<^ ses mal* heurs passés fit place à la flatteuse perspective quiéi lui ôfjËraieEtt sès amis. Le duc de Somerset se mil à téte^ son alrmée ; il avait partagé tous ses Rangers, et n'avait jamais cessé de lui être fidèle. Il était vaUlant , généreux et affable , mais téméraire et opiniâtre.. Édpuard;, l'^yaut attaqué ^ns ses retranchemens^ fut repoussé avec une tellejj^ gueur, qu'il û^ent que le tems de se retirer mtt précipitation, ce qui ayant fait supposer au duc que l'firmée. ennemie était en déroute, il ordônn^ è lord Wenlock de soutenir la charge ; mais naal* heureusement ce dernier ayant refusé d'obéir aux ©rdfes qu'il avait reçus, les troupes de Somerset succombèrent ^sous le npmbre.

La colère du duc devint terrible, en voyant que tout était perdu par la; faute de Wenlock; ets'ape^ cevant qu'il était re$té dans l'inattion et à la place où il avait fait ranger ses troupes , il donna uu ia>re cours à toute sa fureur ; courant sur le lâche, la hache levée, il lui fit sauter la ôerveUe d'un seul coup.

La reine et le prince furent faits prisontiiers et conduits en présente d'Edouard. Le jeune prince se présenta devant son vainqueur avec une majesté imposapte. Édouard lui ayant demandé d'un

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air insultant de quel droit il osait mettre le pied en Angleterre, le jeune prince, plus fier de haute naissance qu'humilié de ses infortunes , lui répondit : «J'entre dans les états de mon père, pour « venger ses injures et les miennes. » Le eruel Édouard, irrité dé cette fière .réponse^ lui donna sur- la bouche un coup de son gantelet, ce qui servit de signal à la brutalité des ducs de Gïou-» cester et de Clarence et de- quelques autres courtisans qui, semblables à des béte^ féroces, se précipitèrent à la fois sur le jeune prince désarmé et lui plongèrent leurs dagues dans le cœur'.

Pour compléter celte scène trs^que, Henri V qui depuis si long - tems était le spectateur passif de tant d'horreurs, fut jugé indigne de vivre cbi» ' yantage. Le duc de Gloucejster, depuis Richard ni^ entra seul dans sa chambra et l'ëgorgea de sangfroid. De tous ceux qui furent pris, bien* peu trouvèrent grâce aux yeux d'Édouard. Il laissa la vie à Marguerite, dans l'espoiip que le roi de France coitsen tirait à payer une. rançon pour elle. Il ne se trompa point : le monarque donna quinze mille couronnes * pour racheter sa liberté.

Cette héroïne, après avoir défendu la cause de son mari dans douze batailles, apré» avoir survécu à ses enfans, à ses amis, à sa, fortune, se retira en France, où elle vécut quelques annéesi encore dans une condition privée. Cette femme, remarquable

^ Quelle doit être la férocité du peuple dan« un royaume , où let chefs. se conduisent ainsi? (Lettres sur histoire d'Angleterre,) * CÀwfpimM milk écut . A. A.

SOUS plusieurs rapports , n'eut d'autres droits à Fadmirajtion ét à pitié que ceux de son courage et de ses malheurs. Elle fut plus illustre par son courage qu'intéressante par les vertus de son sexe , auxquelles elle demeura presque étrangère.

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