‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 21 sur 31 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

BIIGKARD lit.

De Tau 148 3 à Tao 148 S.

Un cririie ésï itoujouré duivi d'un autre cfinié. Dès qiié Richard fut monté sur le trôné , il énvoyà dés ordrës ati goiivernéùr dé la Tcynr, poiir riiettre à mort les deux jeunëé princes ; mais ce bravé serviteur, nomnié Brackehburg, rèfusa de servir d'instrûtnent à la fureur du tyràn , et lui fit répondre d'une manière Soumise , qu'il Igtiorait comment on poiivait sé déterininèr à trétfiper sés màini^ dans le sang de l'itiiiocfence. L'usurpateur troîivà bientôt unè créaturè asseii vile pour Consentir â ses hifarâes deàséihS; sir James Tyrrél se chargea de rhori*ible exécution, et Brackehburg re^ut l'ordre de lui céder les clefs de la Tour pour une nuit.

Ty rrel ^s^aiit choisi trois complices , nonunés Slater , Dighton et Forest , s'introduisit pendant la nuit

igi HISTOIRE d'anglèterre.

dans rappartement des princes , et , après avoir envoyé les assassins dans leui- chambre à coucher^ il leur ordonna d^exécuter leur commission , tandis qu'il garderait la porte. I^es trois scélérats, ayant trouvé les jeunes princes plongés dans un profond sonmieil les étouffèrent avec leurs traversips çt leurs oreillers ^ et offrirent ensuite leurs corps aux regards de Tyrrel qui ordonna qu'ils fussent enterrés au pied de l'escalier, dans uûe fosse profonde, que Ton creusa sous un monceau de pierres. Ce meurtre horrible fiit avoué par les assassins mémes^ sous le règne suivant, et cependant ils ne furent pas punis*. Henri VII fit chercher les corps des deux princes, sans qu'il fut possible de les retrouver; mais sous le règne de Charles II , les ossemens de deux cadavres, dont les proportions §e rapportaient à Fâge de ces princes, furent découve^'ts dans /le même endroit où ils avaient été enterrés^ et le roi leur fit élever un monument de marbre dans l'abbaye de Westminster. ; , Richard, après avoir aplani tous les obstacles, se vit enfin établi sur le trône, et spng^ bientôt >. commç tous les usurpateurs , à affermir, p^r alliances étrangères, un pouvoir injustement acquis. Convaincu aussi de l'infli^ence de la pompe et de l'éclat sur l'esprit du pe^plcï , il se fit sacrer à Londres 7 ensiiile à York. U lui fut facile de s'^surer la bonne volonté du clergé et d^ la noblesse ^,

^ Mais Jacques Tyrrél fut exécuté sous le règne suivant , après aTt>ir confessé son crime , et la manière dont il avàit été exécuté. ( Lettres sur l'histoire d'AugUterre. )

RI€HAlir> III.

en accordant à l'un des privilèges nombreux, et en distribuant à l'autre des récompenses proportionnées aux services qu^iieii avait reçus.

Mais tandis qu'il s'efforçait de rendre son pojivoir inébranlable , il se vit menacer du côte où il s'y attendait le oioins. Le duc de Buckingham y llnstrument principal de son usurpation , loin de se trouver satisfait dès possessions immenses qu'il avait reçues > se montra mécontent, et ses désirs s*accrurent avec raùgmtentatidn de sa fortune. Les places et les gouvernemens les plus considérables dû royaume lui avaient été donnés , mais son ambition insatiable lui fit souhaiter ardemment tle pos^ séder les biens confisqués , app^irtenant au comte de Hereford, auquel sa famille avait d'anciens droits. .Richard refusa cette fois de consentir à sa depaande, et une froi<leur réciproque ne tarda point à être le résultat de ce refus. ÏBuckingham, offensé, résolut de détruire un monarque dont le titre était évidemment fondé sur l'injustice. Il resta incertain pendant quelque tems s'il viserait à la / couronne pour lui-même ou pour un autre. Cette dernière résolution l'ayant emporté^ il.se détermina, à se déclarer en faveur de Henri, comte de Richmond, qui était, à cette époque, exilé en Bretagne j et qui était regardé comme le seul descendant de là maison de Lancastre.

Henri, comte de Richmond, détenu par le diic de Bretagne^ màis d*une manière honorable, avait été assez heureux pour échapper auxmassaci^es^ans noimbre des règnes précédent. Il descendait de II. i3

HISTOIRE d'aHGLETERRE.

Jean de Gahd H , par la ligne féminine, et il était, pcmr Cette raiscm, odieux à ceux qui se trouvaient actuelléirtenten poiBsessk|â du pouvoir. Après avoir vécu long-tems *en éiil^ il avait été remis une fois ^tre les mains des ambassadeurs d'Édouard IV, qt ^yréparaSeiïtÀ lè faitè p^sef en Aiigleterw, lorsque le princie qui l'avait livré s'-e^. îrèpenWt totA-à-'Coup , et Tarracha d*entre les toains des' ehvoyés d'Édoiiard, àu moment ils le foiçfrieirt à ^'embèfrcJAer* -

Ce fut ^ur Itri qfue le duc de Budkinghaftr jeta lès yeuîK , "et êti pfeu de teims titte^égociâtioïi fut entamée entr^ux à ce sujet. Les droits héréditaires de Henri étaient douteux ^ il^estvrai, mfais les crimes de l^surpateur sërvttiènt à leur donnef plus de *fprce. Afin de les fortifier encore davantage, ttn ttiariage fut projeté ëi^itreim et la princesse Élisabfetïi, fiHe d'Édouàrd IV; et 'la reine ^douairière Êotisentit à cette mesuré.

Soît (lue Richard eto éèé itrformé par ses créa- 'tui'es 'de <3è (Jui se passait , ou soit que *sa co*i*écience coripôfete'le portâft natui'ellement au sonp- "çon , il feomf^hiwiça à suspecter la fidélité de Budkingllàm, et les itrfdrmatioûs quHl prit chiaque jour ne lui laissèrent bientôt plite <le doute sur sa pérftlie. >Mmx et irrité , il envoya chercher Buckingham ; cfebiiKji ayanlt refusé de se rendre à ^s dt'dre6,4es*terréiirs^de Richard augmentèrent. )Kéntôt 41 eût tes prëttves lès pihife convaincantes HÎfe ia >h«ine »duc : il apprit ^uHl s'était mis à la ^te *€efrpte d^rmée «onsidëtt^abîe , et ifÈt"^ se

RICHAHP m. 1^5

dirigeait vers le sud. Ricbarçl ^ 4ont oucipi dang^ m pouvait effrayer le qour0g^, se mit sur^^^amp eo état de défende , et, à ]a tête de quelques troupes qu'il leva dans le Nord , il se hâta d'aller à la rencontre, des insurgés. Mais la fortune , qui «e déclara pour lui , en cette circonstance , rendit tous ces préparatiÉs inutiles. BucHingbani) ^ui $'étaït avancé par une marche forcée a Glpucester, x)ù il ^vait4'initention de traverser la Seyern, trouva U rivière tellement grossie , que la campagne était ifîonxléç de tou^ cotés v^t^ue les sommets de qu^qù^ montagnes étaientméme couverts d'eau. Qette ipondatjhon dura dix jwrs, pepdaçt lesquels l'aiîmée de Buckingham , composée de Gallois , ne pouvant m passer la rivière, ni trouver de 3ub$jr Mawes nuJUe part, fut obligée de, se disperser, malgré les e£fart$ du duc ponr ei^jiger ses troupes k rester, . ' .

En cette situation désespérée , il se réfugia dan$ la maison d'un nommé Banister qui avait été aur treÉ5>is à son serviçse et qui avait de grandes obligar lions $. sa liamille^ mai$ les traîtres trouvegçit rarement la générosité et Je dévouement qu'ils spitt incapables de meUrjC en pratique , ik^nt indignes 4e reçueillir les fruits des verftn^ qu'ils- ig|M>r^t ; let Buobrâgham devait s'attendrë moins que tout autre à rencontrer un^ami sincère, lorsque luimême était ,$i peu fidèle à .l'amitié. Banister, ne pouvmt Fé$isfter.àla tentatkm d'obtenir là récompense promise pour la téte de BuckinghaiA , le dénonça au sbérif ^e Shropshir^, qui, ayant fait entourer la

I9& HISTOIRE d'^VGLETERRE.

tnaison sur-le-champ^ s'empara du duc, que Ton trouva caché soùs les habits d'un paysan. Il fut conduit à Salisbury^ oùaprès avoir été jugé et condamné sans délai , il fut exécuté selon la coutume expéditive de ces tem^. /

Le comte ide Richmond cjui s'était présenté sur lés côtes d'Angleterre , voyant ses espérances frustrées par la mort de Buckingham; se hâta de mettre à la voile et de retourner en Bretagne. Tous ces événemens semblaient promettre à Richard un règne de longue durée. L'autorité du parlement n'avait point encore sanctionné l'injustice de sa conduite; mais dans ce siècle ignorant et barbai^e une telle cohdesceiîdânce était facile à obtenir; Le parle* ment, docile aux volontés du tyran ^ passa un acte qui constatait l*illégitimité des enfans de son frère diarence Un bill d'attàiiider* fut lancé égaleme^it contre Henri, comte dé RicSimond, et tous les désirs de l'usurpateur parurent enfin satisfaits. La mort de son rival manquait cependant pour assurer sa tranquillité future, et, dans ce dessein, il envoya au duc de Bretagne des ambassadeurs, sous le prétexte de négocier quelqu'affaire relative au bien pul^lic , mais, dans le but réel de traiter avec Landois, ministre'de ce prince, afin qu'il consen*tît à livrer le comte à ses ennemis. Le ministre fut assez vil pour entrer dans cétte négociation. Heureunement^ Richmond, «lyant été averti du danger qui le menaçait, passa en France et atteignit les fron-

' Andc J. C, 1484.

* Acte par lequel an homme est coiiT»iiicu de haùte trahison. A.M.

RICHAHD III. 197

tières de ce royaume au moment où ceux qui étaient chargés de le poursuivre allaient s'empa^ i^r de lui pour le livrer à son rival.

Richard, irrité de voif tousses efforts inutiles, devint chaque jour plus cruel'; plus sb|i ppuvoir devenait incertain , plus sa tyrannie s'augméhtait^ Lord Stanley fut un de ceux qui excitèrent le plus son inquiète jalousie^ Il avait épousé la ipère de Henri de Richmond et s'était, par conséquent^ rendu odieux dans l'esprit de Richard par ce marjage. Mais pour s'assurer de son obéissance et dp. sa fidé^ lité, le tyraa s'était emparé, de son fils qu'il gardait çomme otage delà conduite future de son pèrô^ Il se détermina à cette époque à répudier Anije , sa iemme, pour épouser sa. nièce , là princesse Ëlisa* beth, alliance par laquelle il espérait couvrir tous ses forfaits/ Sa femipe actuelle lè tait 1^ veuve du jeune prince de Galles qu'il avait assassiné de ses propres mains à Tewkesbury. C'est dpnner une idée suffisante de la barbarie de ce^ièele que d'offrir l'exemple d'une femme capable d'accepter la main du meurtrier de son premier époux. Mais

^ 11 donna à un certain Astbon une commission illimitée pour eondâhiner et faire, exécuter sar^^leiçliatnp cenk qu'il trouverait ou qu'il soupçonnerait coupables, ^stbon e^^écuta sa commission aveo la dernière rigueur , faisant mourir des maris en présence de leurs &mmes , des enfans sous les yeux de leurs parens. On dit que ce scélérat exécrable., étant golUctté par une belle femme de reiàcber son mari, qiai avait été arrêté sous quelques çoupçons , y consentit sur la promesse qu'elle lui fit de lui accorder ses faveurs. A peine l'infortunée a vait^eUe satisfit sestdésirs, qu'il la conduis^ à une. fenêtre, d'où il, lui fit voir son mari pendu à un a^bre. ( I<«//'v^ sur C Histoire d* Angleterre, )

* An de J. C, i485. . •

igS HISTOIRE D^ANGLETERRE.

dte ftil récOTapensée comme elle le méritait de ctèttè preuve odieuse d'inhumanité , car Richard la traita avec tant de dureté et d'orgueil, qu'elle mourut de chagrin^ ce qui combla les désirs de son cruel épous;. Cependant ses vœux ne furent pas couronnés de succès relativement à Élisabeth; dai», en dépit de ses soins ^t des efforts de sa mère, elle tï^ita le tyran avec le plus souverain mépris et lui témoigna la hàin^ la plus insurmontable. ,

Au milieu des tourmens causés par ce refus inattendu, il apprit que le comte de Ricfamond faisait de nouveaux pr^aratife pour aborder eh Angléterre^et soutenir ses droits à là couronne* Richsn^d^ qui ignorait dans quelle partie du royaume de-^ vait 5e présenter son ennemi, s'était porté à Not*** tingham dans 4e cen trie de FAtigleterre , et avait donné partout ïeaT ordres l^s plus formels pour le repousser, dès qu'il paraîtrait.

Ces bruits n'étaient pas sans fondement. Richmond avait misrà la voile à Harfleur, en Normandie, et, suivi de deux niille personnes, il aborda heureusement, après six jours de voyage, à Milford*Ha^ ven, dans le pays de Galles. Sir Rice-Ap-Thomas et sir Walter Herbert , xjtû avaient reçu des ordres pour s'oppose?r à ses progrès, né tai'dèrent pas à se ranger de son parti : le premier se déclara en sa faveur, dès qu'il le vif, et le second, après une faible résistance, embrassa également sa cause.

A la nouvelle de cette^ descente , Richard , qui était doué de courage et de tàlens militaires , seul mérite qu'il possédât , résolut d'aller sur-te-champ

^u4ev?»t de spi^ enmm frt i^déei^ Jçws. prètei)* tion^ aï^t;^elles p^ir up© bat^ill^ ftj«chipoiMl> dpBt les forces s'étaient augijwa^ée^ 1$^ jonctio» de.

Thomas Bourchieir , do sir Wal^^r HwngeEford et de plus^ews autres, çtvait alors uae aninée de. si:^fL iûiÛa hQiwWîSi; U s'ayapç^ égatoec^t aNeo.lW tQQt^o de périr ou de yîwtar^^ au bout <k<|uel^. qu§s jour^i, 1^ d^iW ^rii^^^^e trQuvèreBil près die ^wortli%ld? dflçis \^ çovaXé 4^ L^ic6$<er. G^^t là que ter^ipé^ eetje çQj;ite^tation qui 4^puU plqade treutQ auSsÇWipUsi^tl^ roy^Wie dç tout^ les^ feorrf^urss 4^ guerre ^vile , çt incapkdait de sj^ug les yq^tes pl^oes dp VAngJeterré,

Jj^xxaée de Bicj^rd ét^it de mç^^ié plus wosin dçrable^que çe^^ de Bei^ifi ; ruais h cuufianc^ de deruier reposait princip?^leu^çut §ur l'amitié et lea promessès secrètes de lord Stanlçy qui? à la tête d'un cprp^ de çept miUe ï^Quuues , vint m, camper près du çh^p de bataille ef évita a^drQitemeot de se déclarer ui pour l'un ni pour l'autre p^rti.

pès que 5Licbar4 aperçut spn eunemi , Qft, rmger s(HX armée» composée d'euvirou treize mille hoiuU)e$'. }1 dwua le commaudement d^ l'avantgarde au duc dè Norfolk , et s^ mit ^ la téte du corps principal, ay^ut eu saîu de pla^çe^ la cou-? ronpe sur sa téte, qroyant §afts dqute par 14 in?» #piyep plu^i de terreur à l'em^emi ou plus de confiance ^t d'ardeur k 3«s troupes.

pavapt - garde de Richmpnd, composée d'^rph^r», était commandée par Jolu\ ,.comte d'Oxford :

aOp HISTOIRE D^AITGLETERRK.

sir Gilbert Talbot Gommandait l'aile droite; sir John Savage, la gauche; le comte lui-m^ine, secondé de son oncle , le comte de Pembroke , se mit à la tête du corps principal. Lord Stanley se plaça sur l'un des flancs entre les deux armées, tandis que son frère prit le flanc, ôf^sé. Richard, le voyant dans une position égalenient commode pour joindre l'im ou l'autre pai*ti , lui ai voya surle-champ l'ordre de se réunir au corps principal de son armée; mais Stanley ayant refusé d'obéir , Richard furieus; commanda que l'on tranchât la tête à son fils qu'il gardait toujours comme otage. Cependant il se détermina, après quelques ré^ flexions, à suspendre l'exécution jusqu'à l'issue du combat, et, se livrant toiit entier aux occupations importantes de cette journée, il ordonnî^ aux trompettes de sonner la charge^

Les deux armées s'étant approchées , le combat commença par une ntiée de flèches, et bientôt le front opposé fut renversé. C'était ce que Stanley attendait : pendant què^ les autres rangs de l'armée de Richard étaient occupés à se serrer , lord Stanley rejoignit la ligne de Richmond et décida la fortune du jour. Ce mouvement ûnprévu pror duisit sur les deùx armées l'effet auquel on devait s'attendre : il inspira à l'armée de Henri un courage extraordinaire, et jeta celle de Richard dans le trouble et la confusion. L'intrépide tyran, s'apercevant du danger de sa situation , piqua son cheval, et se précipita dans Ja mêlée, Xmdh que {lichmond , quittant sa position , courut se placer

RICHARD IJI. aOI

au front de rarinée pour encourager ses tlroupes par sa présence: Richard, l'apercevant, et animédii désir de mettre fia au combat et de décider la victoire, s*élança avec une fureur irrésistible, dans le dessein de joindre son rival. Il tua sir William Brandon, porte étendard du comte, qui avait tenté d'arrêter sa course. Sir John Cheyne , ayant pris sur'^le-champ la placé de Brandon , fut renversé également par le furieux Richard. Dans ce moment Ricjimond se présenta pour le combattre ; ils furent bientôt séparés par le nombre. Richard, frus» tré de l'espoir dé terrasser son rival , courut d'un autre côté ranimer le courâge- de ses troupes; mais voyant enfin ses soldats fuir de tous côtés et céder partout le terrein, il renonça à toute espérance, et jetant un cri terrible, il se précipita au milieu de l'ennemi où il trouva une mort mille fois plus douce que ses forfaits ne l'avaient méritée.

Après le combat\ on ramassa son corps souillé de sang et couvert de blessures; ses yeux égarés et hors de la tête avaient une expression effrayante. On le jeta en travers sur le dos d'un cheval, et il fut conduit de cette manière ignoble à I^eicester, où il fut çnteiTé sans aucune pompe*.

La couronne de Richard fut trouvée par un des soldats de Henri, et placée immédiatement sur la tête du vainqueur. Toute l'armée, remplie d'un même enthousiasipe , s'écria unanimement: «Vive « le roi Henri! »

Ainsi finit le règne sanguinaire de Richard. Par

' Après »ybir été exposé deux jours à la curiosité du peuple. A. A.

î>oa HISTOIRE d'Angleterre.

9a vàQTt j la race (J0s Plantagepet , qui était en po^ £^èiôn du trouç, depuis trois cent trente ans, fut éteinte à jamais* Ainsi finit également la querelle sanglante , qui exis^it depuis si long-tems , entre les nokaisons d'York et de tancastre, querelle qui avait détruit la plupart des anciennes ^milles du royaume , et fait périr plus de cent mille hommes^, tant par l'épée que par la main du bourreau.

Cqs longues^ dissensions àYai^nt;réduit le rqyaume à xir\ état de barbarie sauVage i. Lfes loi&, les artjs et le commerce, qui, penç^an^ quelque tems, avaient commencé à prospérer, furent entièrement néglii* gés pour le métier des armes; les talent et les vertus furent considérés comme peu de chose en comparaison de la réputation brillante de conquérant. Les Anglais n'avaient encore que des idée*, imparfaites sur la sounoission aux lois, et ils étaient également incapables d'applaudir et d'encourager ceux qui entreprenaient de «ultiver les arts paisibles et utiles^ toutes leurs idées étant dirigées vers l'étude de la guerre.

Il y avait dans l'administration de, la justice une ' rigueur qui allait jusqu'à la férocité. Cependant les femmes , quelque part qu'elles prissent aux troubles du gQuvernemrat , étaient exemptes des punitions capitales, et elles ne subissaient la peine 4e mort que dans le cas où ellçs étaient convaincues de sorcellerie ôu d'empoisonn^înent.

' Si Ton met à part leur galanterie pour le beau sexe, les Aqglais. fTalors différaient peu des anciens habi tans de l'île, lorsqu'ils se peigmrient le corps. ( Lettres sur P Histoire d'Angleterre. )

RICHARD III, ao3

Quant à la classe du clergé , elle était entièrement distincte de celle des laïcs, tant par ses lois et ses coutumes que par son instruction. Les prêtres étaient gouvernés par un code de lois civiles, établi du tems de Justinien, tandis que les autres classes étaient soumises aux anciennes qui, selon les traditions, étaient les lois établies dé tems immémorial dans le pays. Ee clergé comprenait et' écrivait le latin facilement , quoiqu'on ait prétendu que son ignorance était extrême ; tandis que les laïcs ignoraiènt entièrement cette langue, et ne s'appliquaient uniqueinent qu'à l'étude de la langue française, encore n'était-ce que dans le cas où l'on voulait acquérir une éducation recherchée;

Le clergé, corps entièrement séparé de l'État, s'intéressait peu à la civilisation , et n'était probablement pas fâché de voir les laïcs , dont^ il redoutait la puissance et les lumières ^ s'affaiblir par \eut& longues dissensions et tomber insensiblement dans une ignorance qui tournait au profit de l'autorité ecclésiastique. Ainsi , comme il n'y avait encore parmi le peuple anglais d'autre science de gouvernemént que celle qui résultait de la puissance et dçla force, l'État était semblable à un malade dévoré d'une fièvre ardente , et toujours sujet à retomber dans des accès de délire et de fermentation. La France , il est vrai, par la quantité de sang qu'elle avait forcé l'Angleterre à répandre , avait contribué à calmer , pendant quelque tems, une ardeur dangereuse, et les pertes nombreuses que la guerre avait occasionnées pou-

904 HISTOIBX B^lfGLETERRE.

vaient être regardées comme une saignée salutaire ; mais dès que la France eut cessé de se faire craindre, le calme passager dbparut tout*à-coup, et TAngleterre éprouva une rechute terrible , qui la plongea de nouveau dans toutes les horreurs d'un# longue guerre civile.

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