CHAPITRE XXV
De 1S47 à l'an i563.
. Éclouard YI entrait dans sa d^xièine anaée lors* qu'il monta sur le trône.' Son père, ne; doutant point qu^on n'exécutât avec une scrupuleuse obéissance ses dernières volontés , ^vait fixé la majprité di; pi^nce à Tège de dix-huit an^, ^t il avak désigné en même tems seize exécuteurs testamentaires auxquels, pendant la minorité du jeune roi, lé gcnivernement serait confié ; ipais la vanité çfyà semblait avoir guidé Henri VIII, dans ce dernier acte de son pouvoir, fut proniptement découverte, et le premier soin des exécuteurs testamentaires fut 4^ choisir le CQmte d'Hereford, depuis duc de Somer-^ set, pour le protecteur du royaume. Dès ce moment, toute la puissance royale résida en lui seul , ainsi que le privilège de nommer ceux qui lui conviendraient pour son conseil privé.
Cette époque fut favorable pour la religion réfcntnée, et les yepx du roi étaient à peine fermés, que tous leç partisans de la nouvelle doctrine se félicitèrent mutuellement de cèt heureux événer ment. Cessant donc désormais de dissimuler leurs sentimens secrets, ils soutinrent ouvertement leur croyance et ne négligèrent aucune occasion d^
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propager la doctrine de Luther, sans nulle brainte
des lois y dont la rigueur les menaçait encore.
Le protecteur était depuis long-tems regardé comme le partisan secret des , protestans; libre de manifester ses opinions, il ne dissimula point l'intention où il ^tait dei relever tous les abus de l'an-^ cienne religion, et d'adopter* au thentiquement la doctriile de Luther. Sa gioire^ militaire contribuant encore à augmenter sa puissance, ii résolut de forcer les Écossais à donner en mariage au prinfcé Édouard leur jeune reine , l'infortunée Marie Stuart. Dans ce dessein, il attaqua une partie de leur armée et tua huit cents hommes. Cette circonstance, qui lui acquit les suffrages du peuple, seconda parfaitement ses vùes, relativement à la propagation de la nouvelle religion ; mais le caractère de Somerset n'avait nul besoin d'un /aussi faj^lè appui que l'opinion populaire acquise de cette manière. Son ame était noble et bienfaisante, ses manières affables eC gracieuse^ envers les êtres les plus inférieurs^ et ses acl;i6ns étaient, en général ^ dirigées par des mcMifs d'honneur et de piété.
Le protecteur, d^s ses plans relatifs à Tavancement de la religion réformée ; avait toujours re^ cours aux conseils de Çranmer, homme prudent et modéré , dont la Vépugnance était extrême poui^ tout changement vîplfent , et .qui voulait ^ par des . innovations insensibles, amener le peuple à un sys^ tème nouveau de croyance. Gardiiier, évêque de Winchester , fut celui qui ^'opposa avec le plus dé force aux progrès de la ré/prme. Quoiqu'il n'eût