ÉDOUARD VI
p&mt été nommé du conseil de la régence, son âge, son expérience et son habileté ne lui donnaient pas moins de droits à l'estime et à la confiance. Le protecteur et le primat ordonnèrent bientôt qu'une visite générale fut faite dans toutes les églises. Les prôtestans attaquaient alors oùvei^ement le culte des images; Gardiner le défendit, et soutint son utUité ; il fit même une apologie de l'eaii bénite, et déclara positivement qu'il n'était pas permis de faire aucun «Rangement dans la religion pendant la mmorité du roi. Cette opposition de Gardiner attira sur lui l'mdignation du conseil; on l'envoya k la prison de k Fleet^ ou il ftit tràitéavec la plus grande aévéri^.
Ces réglemOTis intérieurs furent retardés par la guerre d'Écosse , qui continuait avec fureur. Cependant, la ééfàite de Musselbui^b , où périrent plus de dix mille. Écossais, les força enfin à demander la pmx, afin de gagner du tems , et le protecteur s'occwpa de nouveau de la réforme.
Cette dernière expédition augmentait la glôire de Somerset, et fixait chaque jour davantage sur lui la bonne opinion du peuple. Ce fut alors qu'il obtint du roi , son neveu, une patente par laquelle il avait le drbit de se placer à la'droité du trône et .de jouir des mêmes honneurs et des mêmes privil^éges qui étaient accordés ordinairement aux on-^ des desTois;d'Angleterrc, De si hautes prétentions ne . manquèrent pas d'exciter l'envie des grands seign^rs ; cependant il ne poursuivait pas avec moins ti'ardeur son plan iayori de réforme ,. eji II. a a
338 HISTOIfte lil'AJiaUTERRE.
tonnait par \k plus db consislance aux dogmes 4e rS^Us^* On rendu aux laïcs la coHimwiiop sous la^ ^mtx iespèoes ; les messes particulières fiorent ilboU^S ; le roi reçut le pouvoir de çréer des âvé^ qu^s par letli^s patentes; les vagabonds fiirqit oeàch ddmiiés à élne œdaves p^daut d^t: aus et àetrc^ marqués d'im ter chaud , acte ^ ri^euir que Voa pr^uma n'avoir été formé que pour en isiire usage contre Leer i»^res M les nopùies erraïM.
On s^toâ aussi que tous amif, qui nieraient la raprénoatie du toi osji qui reconnaîtraient oeDe du piqsifi^ sdraiei^t punis, k pvemîère «é k iseconde fo^ pàr k confiscation de letu*s biens et Feix^^sipniie^ ment, tout le tems qu'il conviendridl au. rot, «t la f fc^^i^/^ fm§ p par k peina prononcée contre le cvivcm liluite traMsoii. On supprima leâ ciet^ges^ If^ fUm il? k C^Qdekur, ainsi que les cendfm, le pr^i^ jcitir caréme> et les ramèaiix, le dimanr diQ^^ pe ppin. On tnpu^^ nécessaire d'abotif* toutes ces anciemi^ pratiques^ regardées ceajame des sui> p^^^tiang ^ip§ere)i^Si9&. Iiê<ç0«SfeiI ordonna %a- ^^eii^t dîet^lté^vQr des é^ses toutes les images qui y ^yai^flt étô jjosqu'aloorf ) celle innovation , tant dé^r^f! tes réformés^ fat regardée par la popijdaçet fipmi^ lé renversement total de la religion. Le peupl^i^ ^glté depuis long^tems par les opinions opppséeSi de prédicatenups, et incapable de jugeiï dp k ji^s^tesse des argumens a\»noés d'-un cèté Q^ d'un j^htre,, li^uiait k plus grande. foi à tout ce qyj^ entepdoiit dw© ^ l'église y et di? cette iscertiff^àe çontinueUbs 9eqjtlire»t le doute et la eonfa^
Edouard vi. 339 sion. Le oanscil s'efforça de remédier à cet inconvéDÂent, CB inèttant quelques bornes à la Hberté de» prédicateurs ; mais s' apercevant bientôt que cet expédient était inxttile, ilimposa un silence absolu à tous les orateurs , qui ne s'éltrignèrent cependant que pSiT de^é et à naesure que la réforme &t des progrès parnâi le peuple.
Ces innovations, calculées évidemment pour le bien public , ne purent s'effectuer sans quelques troubles intérieurs. Tandis que le protecteur était occupé à repousser les Écossais qui, secondés par la Fraoftce^, feisaie^t dés incursions èn Angleterre, un ennemi non oa^oins dangereux s'efforçait , pendant son absence , d'ébranler son pouvoir. C'était son prc^re frère , l'amiral lord Thomàs Seymour, bomme d'un mérite remarquable , mais orgueilleux , turbulent et intraitable. Il n'avait pu voir sans une jalousie extrême la préférence que le roi avait toujours accordée à son frère aîné. La cour ét le royaume éfâien* continuellement divisés par leurs cabales et leurs prétentions opposées. Sir Thomais, à force de flatteries et d'adresse, s'était tellen^ent insinué dans les bonnes ^acés de la reine douairière, qu'oubliant sa prudence et sa décence accoutumée „ elle l'avait épousé immédiatement afMîès la mort du roi. Ce mariage déplut particn- Uèrensent à la duchesse de Somerset qui -*lt avec dépit que, tandis que son époux obtenait la préstéapce* d'un côté , elle serait forcée de la céder de Fafi&tre.
Sir Thomas avait , parmi la noblesse , un parti
34o HISTOIRE d'aNGLETERRE.
qui, haïssant son frère, ne négligeait aucun ihojen d'exciter son ambition. Bientôt les gens du service du roi forent corrompus, et le jeune roi lui-même se rendit souvent chez lui , sous le prétexte de voir la reine douairière. Là, lord Seymour mettait tout en usage pour gagner TafFection de son souverain , soit par les adulations et les flatteries les plus hf^sses, soit en lui donnant de l'argent pour le distribuer, sans que son gouverneur le sût, à ses gens et à ses feivoris, afin d'obtenir leur bienveillance. Pendant le séjour du protecteur eh Écosse, il redoubla de soins et d'artifices, et finit par oT> tenir une nouvelle patente d'amiral et une augmentation d'appointemens. Sir William Paget^ remarquant les progrès quHl faisait chaque jour dans l'esprit du roi, écrivit au protecteur à ce sujèt, et l'engagea à terminer la campagne le plus promptement possible, afin de venir déjouer les pl^s de son ennemi. Mais avant que le duc de Somerset fut arrivé en Angleterre , son frère avait entraîné^ dans son parti plusieurs personnes de la haute noblesse, et avait même obtenu du roi qu'il écrivît de àa propre main aûx deux chambres du parlement, pour demander que l'amiral fut nommé son gouverneur. Dès que le conseil fut informé de ses desseins, il envoya à Thomas Seymour des députés poitr lui déclarei* que s'il ne consentait surle-c^mp à se désister de ses prétentions, il le dépouillerait de sa charge et l'enverrait comme prisonnier à la Tour, où il serait jugé et condamné d'après l'acte du parlement qui déclarait coupable
^ ÊDÛUARD VI*
de haute trahison quiconque troublerait la paix du rgy^ume. Il consentit enfin à se soumettre , et parut désirer de se réconcilier avec son frère; mais ce ne fut pas $ans un effort violent sur lui-même, et sans qu'il lui échappât quelques menaces. Il continua à noun:ir secrètement les mêmes projets, et son frère, qui soupçonnait avec i*aison sa mucérité, chargea des espions de l'informer de toutes ses démarches.
Ija reine douairière venait de mourir en couches. L'amiral , loin de considérer eet événement comme fatal à ses vues ambitieuses parut, au contraire, le regarder t:omme un adgure favorable, et se», prétentions , dès ce moment , furent plus élevées que jamais. Il fit sa cour à la princesse Élisabeth, si révérée depuis par les Anglais. Il paraît qu'elle prêta l'oreille à ses insinuations, et qu'elle reçut ses hommages avec quelque plaisir, malgré la volonté de son père qui l'excluait de tout droit à la succession , dans le cas où elle se marierait sans le consentement du conseil. L'anriral av^it combiné ses plans de manière à éloigner cette objection, et toutes ses démarches tendirent à faire crwe qu'il visait à l'autorité royale. A force de promesses et de persuasions, il entraîna dans son parti un grand nombre de personnes de tout rang , et il calcula qu'il pouvait, dans Poccasion, réunir sous ses ordres dix mille hommes, tant serviteurs et vassaux que gens qui lui étaient dévoués. Il s'était déjà pourvu d'armes et avait mis dans ses#ntéréts sir John Sharington, directeur de
34a HISTOIRE D^ANGLETERRE. ^
la monnaie à Bristol, homme très<x>rrùmpu^ mais qu'il chercha k gagner, dans l'espoir que l'^fgent pe lui manquerait pas
Somerset, informé avec èxactitude de tout ce qui se passait, s'efforçait, par tous lés moyens, de l'engager à renoncer à ses desseins. Tour* à-» tour il employa la douceur et lesmenaces, il le oombla de nouvelles faveurs; mais, reconnaissant bientôt que tout était inutile, il prit la résolution de faire usage d'un remède vidient et e^tréme^ qui était d'accuser son firère du crime de haute trahison^. Le duc de Somerset s'étant donc laissé influencer par les conseils secrets de Dudiey, comte de Warwick^ homme méchant et ambitieuK , qui nourrissait l'es« ppir de fonder son élévation sur la ruine des deux frères , dépouilla lord Seymour de sa charge de grand-amiral, et signa un warrant pour qu'il fut envoyé à la Tour. Cependant le protecteur suspendit le dernier coup ,.et montra une grande répugnance à« perdre l'être qui lui était attadié par des liens si puissans. Il lui proposa encore une fois de se réconcilier avec lui, et lui offrit ja vie, s'il voulait consentir à passer le reste de ses jours dans la retraite; mais rien ne put vaincre le caractère inflexible de l'amiral. Le protecteur , convaincu que désonpaiA tout était inutile , fit enfin dresser contre lui une accusation contenant trente* trois articles. Elle fut portée devant le parlement qui était alors l'instirument de vengeatic^ des ministres. Lorsque l'affyire fut à la diambre , plusieurs pairs se
' An de J.C., *i548. *
ÉDODARD VI.
levèrenll, pdur déclarer eé qu'il^ savaielit Éiir h ce** duite^ paroles et lés àctloBs de lord Seymour^ U j eut mk peu plus de difficulté à la chambre des cbmmuaès sur la mélhcxle de procéder ^ ii^is lu roi byami envoyé dire de poursuivre , k ifiil ftit pasëê presqu'utianimeaieiit Ml y eut pfrès de quatre ceuta voix pour cet âcte, fet il n'y en eut que neuf ou dit ooatre. La sentence fut exécutée aussitôt t^rèsj et L'amiral eut la tiâte^ Iralïchée à TowerBilL Cette nlort fut dépendant désapprdbvée par la na^ tion entière^ qui se récria sur l'injustice d'uo jifligement qui avait cond^intié lord Seymottr, sans lui avoir permis de ^ défendre et san» qu'il «^t été çonfrôuté avec, ses accusateurs; Tout l'odieux dé cette action retomba sur leprotecteiu-, et Foa doit avouét atec raison Gfu'une sévérité aufesi cruellè n'étsât nullement* fondée.
Cet obstacle éloigné 4 le proiddéur acheva d'établir le nouveau système de religiea , cé qui était devenu l'objet priîlcipal de l'attention publique. Un colJQité d'étéqueé et de théologiens avait été nommé par le oonséil pour réglei*.ttné liturgie^ et cet ouvrage avait été exéetité àvec modération , précision et é^actitude. Un acte du paiiehiei»< permettait aussi aUx prêtres de se maHer; I^a oon*fession auriculaire, saps être abolie y fut kisiée k la discrétion du peuple qui ne âii^t pas &t€ké d'être débarratôé de la tyrwnie â)>irituèlle de $es prêtres. La doctrine de la préstoed iréelie iiitt; Ja dernière que le .peuple cons^||î|t à abandonner ; le
' An de J. G. , 1549.
344 HISTOIRE b'aKGLETERRS.
clergé et les kïcs ne pouvaient se résoudre à renoncer à un dogme dont il résultait pour eux un avantage $i miraculeux. Cependant cette opinion , ainsi que toutes les pratiquer contraires aux principes de rÉcriture, finirent par être totalement abandonnées ; et la réforme , telle qu'elle existe aujourd'hui , fat presque entièrement établie en Angleterre Là majorité du peuple et xlu clergé consentit sans peine à ces innovations: Gardiner et Bonnetfurent les se^ls dont l'opposition eut quelque poids ; aussi furent-ils envoyés à la Tour ei menacés de la colère du roi, en cas de résistance.
Malheureusemeiaf les réformés ne bornèrént pas leur vengeance à l'eitiprisonnement , ils résolurent à leur tour de devenir persécuteurs; et quoique le véritable esprit de leur doctrine se fondât sur la liberté de penser, ils ne pouvaient supporter aucune contradiction sur les principesqu'ils avaient eu tant de peine à établir*
Une commission fut expédiée au primat et à quelques autres , pour faire la recherche des anabaptistes, des hérétiques et de tous ceux qui paraîtraient dpposés à là nouvelle liturgie. Dans le nombre des coupables , il y eut une femme, nomlùée Jeanne Boucher, ou Jeanne de Kent, qui était tellement attachée à ses opinions, que les commissaires ne purent rien , obtenir d'elle. Sa doctrine était que le Christ, conmie homme, était Entaché du péché origihel;mais que, comme Verbe, il était
' Ainsi le protecteur S||^8et opéra la r<§volution religieuse que }Ienri VIII arait préparée par le schisme. A. M.
* iDOUABB VI. *
exeiïipt du péché et ne pouvait être assujéti à la fragilité de la chair dont il était revêtu.
, Cette doctrine, que personne ne pouvî^it, comprendre, fit condamner la pauvre femme à être brûlée comme hérétique. Le jeune roi, qui montrait plus de justesse d'esprit que ses ministres, refusa d'abord de signer l'arrêt de sa mort; vaincu cependant par les impprtunités de Cranmer, il céda , mais avec répugnance, et en 'déjclarant que, s'il agissait injustement, la faute retomberait sur la tête de ceux qui l'entraînaient à la commettre, he ^ primât fit de nouveaux efforts pour -engager l'infortunée à se rétracter; mais, résistant à tous les argumens qu'on lux opposa , elle demeura inébranlable, et fut enfin livrée aux flammes'.
. Pèii de tems après , un Hollandais, nommé Van Paris ;fut accusé d'arianisrae et condamné au même supplice. Jl supporta ses souffrances avec un tel enthousiasme , qu'il embrassait et caressait les fagots qui serwiient à le consumer^
Quoique toutes ces mesures eussent en vue le bien général^t l'avantage de la société , elles ne furent pas moins suivies des inconvéniens inséparables de tout changement c|[uelconque. L%s monastères étant supprimés, un nombre prodigieux de moines furent obligés deÇagner leur subsistance par le travail. Les terres des monastères avaient été affermées autrefois au bas peuple , de manière à employer un grand nombre de. bras, et les re-
* Cri^uiier, en faisant i)rûler cette pauirre femme, ne prévoyait pas qu'un jour il subirait le même supplice. A. M.
346 ■ ttlSTOlKJfi 0AWGL1ÎTERRE.
venus étant modérés, ils pou^ieiit ^oulènir hèWû familles sur leurs récoltes; mats malntenâat ceâ tçrres ayant passé dans les mains de la noblesse, le^ baux furent augmentés, et les fermiers voyant que les commerce de laiqes était d'un rapport plus avalitageux que celui du blé, mirent tous leutl^ cfa^ps m pâturages. £n conséquence de cette pree ti()ue> le prix de la farine au^enta, ce qui aggràTà l'oppression qui pe^t sur le; hM peuple ;et éommé peu de bras étaient nécessaires pour diriger les pâturages, un nombre infini d'ouvriers âit privé de toute ressource et tomba dans la misère. La^ noblesse était considérée comme la source de tous ces maux, et des murmures continuels s'élevâleiit contre elle. • ^
Pour ajouter à ces différens sujets dé mécontentement, les riches propriétaires firent clorré leurs pro^ priétés; et les cultivateurs, regardés alors cbtntbe des fardeaux inutiles, furent chassés dé lèur.^ babi'^ tations. Les paysans^ privés des terres sur lesquelles ils nourrissaient autrefois leurs troupeatlk, furént réduità à l'indigence. On s'aperçut ^mtê d'une dé^ population ef&ayante-; et l'abondance ^ qui jusqu'à ce mofhent avait régné dans tout le royaume, fit place à la misère la .plus grande. Mais ce qui achéra de mettre le comble à tette calamité générale, fut l'exportation de toute 1^ bonne mdnnaiè, tàndié que le métal de bas aloi fut remarqué et apporté du continent en grande abondance^ et fut dôUnê en paiement aux ouvriers et au peuple , qui ne purent y trouver le même avantage. Il résulta de tous
Edouard vi. 347 ce8 maux réunis uire stagnation dangei^euse dans fe commerce et une défiance uiiiverselle : de vio- \eœ murmures éclatèrent de toutes parts.
Le protecteur, qui avait intérêt à humilier Vg/t" ' igueil de la noblesse^ épousa la querelle du peuple^ Il nomma une commission chaînée d'examiner ûi les propriétaires dies, terres ecclésiastiques avai^ait rempli les conditions auxquelles elles leur avaient été accordées , et il ordonna que toutés les clôtures faiteis depuis peu fussent rouvertes dans un espace de tems fixé. L'objet de cette commission étant désagréable à la haute et à la basse noblesse, elles la traitèrent d'illégale et d'arbitraire ; tandis que la populace^ craignant qu'elles ne voulussent en élu* der les effets , et inàpatiente d'être vengée ^ s'ameuta et courut aux armes. Plusieurs révoltes éclatèrent à la fois, dans différentes parties du royaume; on eût dit que le peuple s'était tlotiné le signal d'une conspiration générale. Lès rebelles de Wiitshii^e furent dispersés par sir* William Herbert; ceux d'Oxfoï'd et de Glpucester, par lord Grey de Wilton ; les émeutes du , Hampsfaire , de $ussex , de Kent et d'autres provinces furent apaisées par la douceur. Mais les insurrections du Devônshii^e et de Norfolk furent les plus obstinées, et menafcèreïit le royaume d'un rég^ultat plus grave. Les insurgés du Devonshire, dont le nombre se montait à dix mille hommes^ avaient à leur téte un nommé Hom^ phrey Arundel, soldat brave et expérimenté. Lea sermons des moines animèrent encore leur eùii^ rage^ et donnèrent à leur révolte une appareili[x>
348 HISTOIRE dVhclrterre.
de confédération religieuse. Ils demandèrent l'abolition des statuts faits dernièrement en faveur de la réforme; mais le ministère, après avoir rejeté leur demande avec mépris, fit offrir un pardon à tous ceux qui consentiraient à mettre bas les armes et à retourner dans leurs foyers. Les insurgés, trop avancés pour reculer, et encouragés par les moines qui étaient avec eux, s'avancèrent, portant devant ^eux les croix, les bahnières, l'eau bénite, les flambeaul èt tous les autres instrumens de leur ancienne superstition. Ils mirent le siège devant Exeter ; mais la ville fut vaillamment défendue par ses habitans. Lord Russel, envoyé contre eux avec un fort petit nombre de troupes, fut bientôt secondé par lord Grey et d'autres seigneurs. Us attaquèrent l'eunémi et le chassèrent de ses retranchemens. Dans l'action, ainsi que dans la poursuite, on fit un carnage horrible de ces malheureux abusés. Leur chef et plusieurs autres fiirent envoyés à Londres , où ils furent condamnés et exécutés. Quelques officiers d'un rang inférieur furent mis à mort, d'après la loi martiale. Le vicaire de Saint-Thomas , un des principaux incendiaires , fut pendu au haut de son clocher, avec ses habits d'ecclésiastiqiié et son chapelet à sa cteinture. -
La sédition de Norfolk parut encore plus alarmante. Le nombre des insurgés se montait à vingt mille hommes. Leurs prétentions furent en proportion de leurs forces : ils démandèrent la suppression de la basse noblesse, la nomination d'un autre conseil aûprès du roi et le rétablissement de leurs
Edouard vi, 349 anciennes céréaaionies religieuses. Un tanneur , nommé Ket , s'était approprié une autorité absolue sur eux; il avait élevé son tribunal près de Norwich , sous un vieux chêne qui depuis fut nommé le chêne de la réforme. Après avoir, faàt le siège de Norwich, qui finit par se rendre, il emprisonna le maire et plusieurs citoyens dé la ville; le marquis de Northampton , qui avait été envc^é contre lui, fut d'abord repoussé; mais le comte de Warwîch, qui arriva bientôt après, à la tète de six mille hommes , en vint à une attaque générale et les mit entièrement en déroute. Deux mille hommes périrent,: tant dans le combat que dans la poursuite ; Ket fut pendu au château de Norwich , et neuf de ses complice^ le ferrent aux branches du chêne de la réforme. Cette insurrection , la dernière d^ toutes , en faveur du papisnae, jut totalement disperi^. ,
Quoique le calme actuel parût être d'un augure favorable pour les intérêts du protecteur, cependant l'autorité que le ceinte de Warwick venait d'acquérir, en réprùnant l'inwrrection de Norfolk, décida la* ruine de Somerset. De tous les ministres de ce tems^ Dudeley , comte de Warwick , était le . plus ambitieixx , le plus artificieux et le plus immoral. Résolu, à quelque prix que ce fût, de s'emparer du premiér rang après le roi, il s'inquiéta peu des moyens qui lui étaient nécessaires, pour parvenir à ses fins. Cependant, ne voulant pas jeter le masque, il couvrit ses projets ambitieux des apparences les plus belles, et s'étant
35o HISTOIRE d'an GLBTEERE.
lié intimenieiit a?ee le comte de Soutkanipton , il su forma dans le conseil v^û: parti puissant, déierminé à s'affranchir de l'esdavage que leur avait inùposé. le protecteur. Ce seigneur était devenu à ce«:e époque* l'objet de la haine de la majeur partie dit rof^aume. Il étaif bai des nobles ^ pour la su^ périk3iril?é son rang et l'autorité absolue dont il jouissait; il était délesté de» catboKqnes, par rap^ port â sa prédSilection pour la religion réforînée ; et un grand lion^re^le s^s partisane s'était éloigné dehti, dépôts qu'il avait agi avçc tant de cruauté à l'égard de son frèire. iVaitteurs , le grand état de maison qu'il tenait aux dépens de l'Église et de ht couronne, le réndfeiit odieux à tous^. Le palais qu'il fîdsait bâtir alors dans le Strand^ contribuait encore à augmenter la haine générale, par SSL HMg^ficence et plus èricore pÉ^ les n^oy^ds injustes qu'il avait pris pour le fairè élever, La paroisse de Sainte^Marie trois maBonst épiscopétes avàîefiti été détnolies, pour fournir du terrain e* des matériaux à la stnictere de ce noi*veau ^édafe. Plusieurs autre» é^ses avaient été détruites également, aèn que les pierres pussent servir au lïiême dessein; mais les habitans de la paroisse Sainte-Miargtieirité =''S^étaieî>t rassemblés tumultueusement et s'étaient opposas èt ce que leur église fàt ^êmoHe à so» tour.
Toutes ces imprudences ne manquèrent pas (Fêtre exagérées et envenimées pat* les, ennemis de
* Quartier de Londres. A. M.
* Dans Westtninster , quartier central de Londres. A. M.
EDOUARD VI. 35l
Somerisçt II3 le représentèrent comme un pârricii^^^tiD tyrw aacrilége, un usurpateur de^privU^/^a du conseil et des droits du roi. ]Sn cotiséqueute, le lord Saint-John, président du ^nsèi),
qomtes de Warwich, d)e Southampton et d'ArufKMU <)ue cinq conseiller^, rasseth*
blèreul; k jEly-House, et s'eiftpcirèrent de toute l'autonté; ils commencèrent a agi|^ sans k participl^ltiofi du protecteur^qji'ils peignirent comme Fauteur d^ tous les maux 'pubU(^ Ih écrivire^^t auit grands et k toute la noblesse àe TAngleterre, âfth d^ le^ informer de ce qui se passait et <fe leur dé*m^ilid^r leur àppui. U firent mander le mâire et |e$ âtdernaen de Londres et leur enjoignirent dé cctncpurir a leurs projets qui pouvaient seuls sauter te ndUon. Le jour suivant^ fAi^ieurs autres membres du con»ell se joignirent à eux, ét le protecteur commença alors à praindre, nmi-seulement pour son autorité , mais encore pour ^
Dè^ qu'il fut informé de ce q«i se tramait contre lui , ii envoya le roî à Windsor et mit sous les armes les habitans de Uaxnptbn et de Windsor;
TéWirquant qu'aucun individu de marqtiè, eijaep^^ GrajMuer ^ Paget , ne lui restait fidèle , qq^ le p€^uple ne ûiisait aucun mouvment en sa fay^ur , que tout le monde enfin paraissait i'abandouuer, U rQcounutque désormais toute résistance était inutile, et, oubliant son caractère, il se déteri|ùua/à solliciter l'indulgence de ses ennemis. Cette démarche vile accrut considérablement la
' Magistrats ou commissaires de police. A. M.
35a HISTOIRE d'anglèterae.
Éorcé et la confiance du parti de Warwich ; le nouveau conseil^ après avoir envoyé au roi les plus humbles protestations de son obéissance, l'informa (|Ue son seul but était d'exécuter la volonté du roi ion père, en rétablissant les choses sur l'ancien pied , et en ôtant l'autorité des mains d'un homme qui s'était approprié à lui seul toute la puissance royale. Le roi, qui avait peu d'estime pour Somerset, consentit sans peine^^la requête du conseil, et le protecteur fut envoyé à la Tbur, ainsi que quelques-uns de ses partisans. Six lords furent nommés pour remplir près du roi les- fonctions de gouverneurs , deux à la fois seulement devant se trouver de service. Ge^ fut alors que l'ambition du comte *de Warwidi se développa dans toute son étendue ; dis ce moment, il ne chercha plus k dissimuler qu'il était lé principal auteur de la ruine de Somerset , et il s'empara , sans la moindre opposition, des rênes du gouvernement.
Le d^tin de Somei^t ftit fixé dès ce moment, ses ennemis étaient nombreux et avaient juré sa perte; le principal article de l'accusation dirigée contra lui était d'avoir usurpé le gouvernement et de s'être emparé de.tôute la puissance; plusieurs autres accusations furent ajoutées à celle-ci; ntiais ai^cune ne put être régardée comme crime de haute trahison. La chambre haute ne lança pas moins contre lui le bill d'attainder ' ; mais Somerset, afin d'éluder la rigueur de la sentence, eut la bassesse d'avouer à gènoux , en présence du conseil , qu'il
* An de J. C. , i55o.
Edouard vi* 353 rééoDnaiiisait la vérité de l'accusation portée contre lui : cet aVeu^ signé de sa propre main , fut lu en pleine 'chambre ; 4e parlement lui envoya deman* der si cette confession était volontairè ou extorquée: Soïqerset^ après les afvoir remerciés de leur franchise , réponcJit qu'il l'avait faite volontairement;, mais il soutint fortement que jamais il n'a** vait conçu une seule pensée contraire aux intérêts du roi ou de la nation. D'après cet âveu^ il fut dé* pouillé de toutes ses charges ainsi qiie d'une grande partie de ses biens qui furent confisqués au profit de la couronne^ Cependant le roi remit f amende à Somerset^ etv contre l'attente de chacun^ il recouvra la liberté; il fut même réintégré dans le conseil. Heureux pour liii, s'il se fût contenté d'une vie tranquille!, mais son ambition^ qui u'étaitqu'assoupîe,;sé réveilla, dès qu'il futà l'abri de tout danger. N
Les catholiques, qui 'désiraient ardemiiient la chute du protecteur , commencèrent à espérer une révolution. favorable à leur religion; mais ils se trompèrent sur les motifs de la conduite de Warwichy dont une ambition démesurée était lé" seul but : il leur prouva bientôt combien peu il était disposé à les favorise)*, eïi ^faisant su};)ir à âârdiner la peine infligée au cnn;ie de désobéissance envers le roi. Lui et plusieurs autres prélats, quoique se CQnfomiant en apparence à la nouvelle doctrine^ n'étaient pas moins restés fidèles à leur ancienne religion^ On résolut, en conséquence, de les dépouiller de leurs sièges, et l'on trouva convenable 11. , a3
S54 HISTOIIIE B'AK&L^f ERRK.
de commencer p^r Gardiner^ àfin d'mftpirer ptcis de terreiir aux autres.
. Gomme il étaîten prison depuis deux ans , pour avoir refusé de prêcher sur i'obéissànce due au roi, pendant sa minorité y le, conseil profita de celte circon^nee pour lui envoyer à signer plu$ieurs tirticles qui' consistment à reconnaître la jusiicô de son emprisonnement, à avouer que le roi était le chef suprême de l'Église; que le pouvoir de créer et de supprimer les jouf» de féte était une partie de sa prérogative, et que la forme du rituel était convenable. Gardiner consentit à signer lous^ des articles^ eicepté l'aveu de sa culpabilité, et, s'apercevàntque le but de ses ennemis était de le^ perdre et de le déshonorer, il soutint avec persévérance qu'il était innocent. On le dépouilla de Son évéché, pour le punir de cette résistance^ et oti le renferma plus étroitement que jamais; ses livres lui furent otéa , ainsi que les plumes ef le papier , toute communication lui fut interdite et ces mesures sévères j«tôtifi^i^t, sous quelques rapports, cdles que plus tard il prit à aon tour, lorsque le pouvoir tomba entre seB mains'. . ,
Les i^^ormés ne s'en tinrent pas là : les courtisans avides, cherchant à couvrir leurs vues ambi^ tieuse^d'uiie apparence de zèk religieux, dépouil- }èrentégalementDay,évéque4eChich^ter, Heath^ évéque ée Wbroester , ^t Vesey, évéque d'Éteter. CeaiQids Llat^daff , de Salisbury et de Coventry trouvèrent le moyen de se tiref. d'affaire, eii sacri*
' An de J. C, i55i.
iDOUARD VI. 355
fiànt la mdjeure partie de leurs revenus. Les bibliothèques subirent à leui^ tour un examen sévère : celles de Westminster et d'Oxfôrd furent pu|rgées des missels romains, des légendes et de toute espèce de livres superstitieux. Cette recherche dôima lieu à une sorte de dévastation dans la littérature. Plusieurs Volumes garnis d'argent furent détruits , à cause de leur riche reliure. Plusieurs ouvrages sur la: géométfie et l'astronomie' passèrent pour des livres de magie et n'obtinrent aucuhe jiitié. L'université, incapable d'arrêter la fureur de ces barbares, contemplait en silence ce pillage insensé , «t tremblait pour sa propre sjureté. ^
Warwick cherchait à flatter la noblesse, en humiliant le clergé ; remarquant que lé roi tenait fortement aux principes de la réforme , il pensa que , le plu3 sûr moyen de lui plaire était de paraître le' .2élé défenseur de sa- cause. Mais bientôt le désir d'augmenter sa puissance l'occupa plùs que tout le reste. Comme le dernier comte de Northqnliberland était mort sans enfans, Warwick eut l'adresse de s'emparer de ses bieds immenses, et obtint aussi le titre de duc de Northumbèrland. Somerset était maintenant, la seule personne qui lui portât ombrage. Quoique la faiblesse de sa conduite l'eût &it déchoir considérablement dans l'opinion publique^ ce|>endant il possédait encore un reste d'influence qui le rendait redoutable k son àmbitîeux rival. L^imprudent Somerset n'était pas toujours en
' L'astronomie et la géométrie accusées de magie ! quel délire dans un aiècte déjà si éclairé I A. M.
356 HISTOIRE d'aJIGLETERRE.
garde contre les artifices de Northumberland , et souvent il ne pouvait s*empêcher de laisser échapper des murmures et des menaces <)ui étaient promp^^ tement rapportés à son ennemi. Somerset, continuellement entouré de créatures qui ne manquaient pds de rtendre coiiipte au nouveau duc de ses plans de vengeance, ne tarda point à ressentir les^fiets de la haine de son rival. U fut'arrêté par Tordre de Northumberland , ainsi que différente^ personnes accusées d'être ses partisans. Lui ét la duchesse ^a femme furent jètés en prison, et Somerset fut accusé d'avoir cherché à exciter une insurrection dans le nord , afin d'attaquer lés gens d'armes un jour de revue, de s'emparer delà Tour et d'exciter une révolte dàiis la ville de Londres II repoussa avec force cette accusation , mais il en avoua une d'une nature odieuse et qui devait le perdre : c'était d'avoir tramé le complot d'assassiner Northuinberland^ Northamptôn et Pembroke^ à un bànquet qui devait être donné chez le lord Paget. Il fiit jugé devant un tribunal composé du marquis de Winchester, qui siégeait, en cette circonstance, comme grand-maître de l'Angleterre, èt de vingt-sept p^irs , dans le nombrè desquels se trouvaient Northumberland, Pembroke et Northamptôn^ touf à la fois ses juges et ses accusateurs. Il se défendit d'avoir voulut s'emparer de la personne du roi et de l'administration des afiaîres , et il fut acquitté à cet égard ; mais ayant été convainai d'avoir conspiré la mort d'un conseiller privé, crime capital,' depuis le règne de Henri Vil, il fut condamné à mort.
, , éj>oqARD vj. 357 , La populace , en le voyant recoi:iduir« à \à. Tour, sans qu^on portât la hache devant lui, s'imagina quil avait été acquitté entièrement, et manifesta sa joie par de bruyantes acclamations qui cessèrent bientôt, lorsqu'elle fut informée xlu destin de Somerset. On avait eu soin de donner au jeune roi des impres3ion$ dé£aiyor2^1e$ sur son oncle,. et de peur qu'il ne finit par s'attendrir sur son çorf ^ on avait défendu tout accès près de lui aux amis de Somerset ^ et pour éloigner de l'esprit du prinpô toute, réflexion à cet égard , on l'avait entouré de distinctions et d'amusemens.
Le prisonnier fut conduira l'écha&ud , au milieu d'une foule de spectateurs doi\t l'attachanent pour lui était réel. Sa contenance était cahne^ i} leur parla avec douceur et résignation ; il protesta que , dan^ toutes les actions de sa vie , il ayait tout jours eu en vue lès intérêts du roi et de la véritable religion. Le peuple, vivement ému v exprima par de bruyantes acclan^tions, combien il était convaincu de l'innocence de Somerset: « Rieû n'est * plus vrai , s'écrierent-ils. » Un tumulte générai commençait à s'élever , mais le duc, 3'efiforçant les calmer^ les pria de ne plus troubler ses derr nières ipéditations et de se réunir plutôt à lui dans les prières qu'il allait adresser au ciel. Après quelques minutes de, recueillement, Somerset courba ^ téte sous la haChe et reçut le coup &Jtal'.
' An de J. G. , 1 55i: Sons \b protectorat de Somerset, «'était 4ia- |i^)ie la réforme firéparée j>ar Henri VIII. U y aura ensuite une réaction cathoUqaejoas le rèjgne de Marie , et Élisabeth rétoufTera en asseyant pour^^ jours TEglise anglicane. A. M.
Sir Ralph Yane, et sir Miles Partridge (urênt pendus ; sir Michel Stanhope èt sir Thomas Arund^l eurent, ainsi que Somerset , la téte tranehée.
Quoique sa vie ne soit point exempte de reproches , on doit cependant reconnaître avec justice qu'il eut toujours en vue le bien du peuple. Rien n'était donc plus impobtique que sa mort. La chambre des communes lui était fort attachée , ce qui déplaisait extrêmement à Northumberlànd ; aussi conseilla- t-il au roi de dissoudre le parlement, et d'en former un autre , qui fàt plus disposé à se soumettre à sa volonté. Édouard, incapable de résistance , se laissa persuader d'écrire à tous les shérifs des lettres circulaires^ par lesquelles iHeur enjoignait de choisir des hommes que lui ét le conseil privé lui rècommandaient« Les shérifs s'empressèrent d'obéir à cet ordre despotique , et les nouveaux membres répondirent à l'attente de Northumberlànd. Depuis long-tems il visait à une autorité sans bornes, èt la faible santé, du roi semblait favoriser ses projets ambitieux ' . U représenta biehtQt au jeûne prince que. ses sœurs Marie et Élisabeth^ appelées à la succession, par le testament de Henri, dans le cas où il n'y aurait pas d'héritier direct , avaient été déclarées illégitimes par le parlement; que la reipe d'Écosse, comme étrangère, perdait toute espèce de droit à la couronne qu'ainsi , les trois princesses étânt exclues j^idiquement, la succession^ devait être dévolue à la nièce de Henri, la marquise de Dorset, dont
Vïiàépitière était lady Jeaope Gray ♦ iemm^ dput 1q$ Yfrti,i$, l'esprit et le mérite égalaient Vétoumnt^ beauté. J> roi , soumis depuis long-tiems aux^vuc^ politîqvte^ de son a4roit ministre , ço^entit peipe k I3e que l'ordrie de la çuccfs^^on fj^jt eiar miné par h conseil que Northqmberîgpd espérait influenper aisémept.
A m0sijre qu/s la isanté àn rpj déclinait, le tq^ini»tre ambitieux traviaillait à ^ugp^pter m piii^anct. Son premier soin ftit d'as;5urer, les droits du mar^ quis de Dprset , pçre de J^y Jeanne Qr^y , en lui faisait ^corder titre de duc de 3uffolk, qui était éteint depuis peu. Dès qu'il lui eut obtenu Cfttte feveur, il proposa uu mariage entre son qu^r trième lils, lord Guilford Dudley et lady Jeapne Orey, dopt il avait embrassé si cbaudemeptlesinr téréts ; et, pour acbever de donner à son pouvoir tôute l'étepdue possible, il maria sa fille à lord HastiAgs. Ces mariages furent célébrés avec une pompe et; une ipagnificepce extrêmes , tandis quç la santé du roi devenait de jour en jour plus laur glûssante. Pe^ symptômes de copspniption com^ meuçaient à paraître; cépep^lant ^ jew^*e et boppe constitutioQ faisaient espérer, eiûicpre qu'il se rétablirait, et Tamour que^Qe jeupe pripce avait inspiré à ses sujets leur faisait rj^pusser^avec 4?fifroi l'idée de son danger.
Plusieurs person»es avaient observé avec ipquiétude qu« depuis que les Dudley entouraient le roi, sa sa^té avait décliné à vue d'oeil. Le caractèi*e de Northumberlapd et le soin qu'il avait pris d'é-
36o HISTOIRE d'aNOLETERIIC.
loigner du jeune monarque tous ses anciens ser* viteurs , pouvaient justifier de tek soupçons ■ et augmenter la haine du peuple; aussi ne la caohait-il point ; mais Northumberland , paraissant s^inquiéter fort peu des murmures excités par sa conduite , ne continuait pas moins à être aussi assidu près dù roi , et, tôut en hii témoignant les plus vives inquiétudes sur sa santé, il poursuivait avec ardeur son plan favori, qui était de faire transporter la succession sur la téte de sabelle^lle. Cependaïkt, les ju^es désignés pour dresser la lettre patenté k ce sujet , monti'èrent une répugnance extrême à céder à une telle mesure ^ et portèrent leux raison devant le conseil. Ils dénmndèrent que le parlement fut convoquç , et' ils déclarèrent que la patente que l'on exigeait d'eux , serait nulle ^t exposerait aux peines dues au crime de trahison , non*seulement les juges qui la dresseraient^ mais encqjre^es conseillers qui la signeraient. Northumberland ^itica^ pable de supporter une telle opposition , les mer naça de ^on autorité , et s'emporta jusqu'au point d'àppeler traître l'un d'eux ; il jura qu'il était préf à combattre avec qui que ce fut^ pour soutenir des droits aussi justes que ceux de lady Jeanne Orey. On trouva enfin un expédient pour mettre les juges à Tabrr de tout (langer dans l'avenir : ce fut de leur accorder des lettres de; grâce pour le changement qu'ils allaient faire; et, apr^s bien des délibérations et des rèfus, la patente qui diangeaît l'ordre de la succession , fiit dressée; à la grande satisÊictiqn de Northumberland.
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Marie et Elisabeth furent donc dépouillées dt leu^s droits légitimes, qui passèrent aux héritiers de la duchesse de Suffolk; quant à elle, elle avait renoncé '^à toute prétention à cet égard.
Tout ayant réussi selon les désirs de Tambitieux ministre, il prélendit que les secours dje la faculté étaient désormais inutiles au roi. Oô congédia les médecins, et l'on remit Edouard entre les mains d'une femme ignorante qui entreprit secrètement de le guérir; mais le roi n'eut pas plutôt fait usage de ses remèdes, que tous les symptômes reparu* rent plus effrayans que jamais; sa langue s'embarrassa, sa respiration dei^int pénible , son pouls s'at faiblit ; tout en&ii annonça sa ûû prochaine. Ce fut à Greenwich qu'il rendit le dernier soupir^ ; il était dans sa seizième année , et d^ns la septième de son règne.
Édouard fut vivetnent regretté de tous ses sujets, car ses vertus précoces annonçaient un règne fortuné ; peut- être le tem;9 aurait -il justifié de si belles espérances. La culture de son esprit était suiprenante, si nous devons en croire lés historiens du tems : il savait, dit-on, le grec, le latih, le français, l'italien et l'espagnol ; il était habile eiî * logique , en musique , en physique et en théologie. Cardan , l'un, des savatis et des médecins les plus célèbres de ce siècle, étant venu visiter!^ côur de Londres, fut tellement étonné dè l'instruction du jeune prince, qu'il le regarda comme un prodige. Malheureusement, il est probabl(> qué le
' Le 6 juillet i553.