‹ Histoire d'Angleterre, Volume 2Chapitre 6 sur 31 · EDOUARD III · texte numérisé non relu

EDOUARD III

mée; mais les victoires brillantes du continent et l'esprit de chevalerie qui régnait alors , enflammaient les femmes mêmes d'une ardeur martiale : Philippa, femme d'Édouard, s'empara du commandement de l'armée, et se prépara elle-même à repousser Peilnemii

Après avoir nommé lord Percy général en chef sous son commandement, elle alla joindre les Écossais à un endroit appelé Neville's-Cross % près de Durham, et leur livra /^bataille. Le roi d'Écosse, impatient d'engager le combat, s'imaginait qu'il triompherait facilement jd'une armée mal disciplinée et commandée par une femme: Il se trompa complètement ; son armée fut promptement mise en déroute et repoussée du champ de bataille; quinze mille Écossais furent massacrés ; le roi fut fait prisonnier avec une grande partie de sa noblesse et de ses chevaliers ; on les conduisit à Lour dres en tridinphe.

Cette victoire répandit une joie universelle dans le royaume : un roi captif était un objet digne de flatter l'orgueil dés Anglais qui eurent bientôt d'autres motifs de se réjouir. Philippe , qui avait été surnommé le Fortuné à son avènement au trône, mourut accablé d'infortune ^. Son fils Jean hérita d'un royaume qu'il gouvernà encore plus mal que son père. Ce prince faible, quoique ver- 4ueux , se trouvait à la tête d'une nation épuisée et d'une noblesse factieuse. La France , à cette

' La croix de Neville.

' An de J. C, i3So.

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époque , ressemblait à ce qu'avait été TAngleteiTe^ autrefois, sous le règne d'un prince du même nom Le parlement était composé de seigneurs despoti-? ques et fiers de leurs possessions héréditaires. Us obligèrent Jean à signer une charte presque setn^ t>lab}e à la magna çharta qui avait été donnée jadis à rAngleterre par le roi I^n

Les ressources militaires de la France et de TAngleterre étaient donc fort différentes à cette, époque. Jean avait à gouverfaer une noblesse qui ne connaissait aucune espèce de subordination : les bsupons orgueilleux et BVitins conduisaient kurs vassaux ibu combat, et n'obéissaient eux-mêmes à lemrs ch^efe qu'autant qu'ils trouvaient dans leurs intérêts de le faire. Aussi le roi était-il souvent en opposition avec un nombre infini de petites ar* mées conàmaiidées chacune par différens seigneurs; tandis qu'il aurait dû s'attendre à gouverner un royaume dont tous leà membres réunissant leurs ^ïbrts, contribueraient de concert au bien général. ,

Les barons finançais payaient eux - mêmes leuri soldats, punisssdent leurs Ëtutes et récompensaient leur fidélité. Les forces militaires de l'Ajigleterre étaient organisées d'une manière bien différente. Le cbrps principal de l'armée anglaise était coinposé de soldats pris indistinctement dans la nation, soldés par le roi; et habitués à le regarder comme le seul dispensateur des récompenses et des punirions. Au Ueu de fournir des secours d'hommes, la noblesse donnait des subsides en argent , et il

' l^ais left Français ne surent pas la faire maintenir. C Y.

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n'y avait dam l'armée que des nobles dignes d'entretenir dans Faipe du soldat l'aipour du devoir et de rhonneur^ et non de donner l'exemple du mé* . pris pour la subordination militaire.

Ce fut dans cet état de choses que la trêve qrn avait été convemie entre Edouard et Philippe fut rompue par la mort de ce dernier. Édouard apprit avec plaisir que les factions déchiraient la France ; iï résolut de saisir l'occasion , et d'aogmt^ter ^core les troubles qui y r^naienf. En conséquence^ le Prince Nofir fut envoyé çn France avec une armée et une flotte de deux cents voiles Il aborda en Gascogne et porta la dévastation dai^s le centre^de ce pays, jyunç autre part, Édouard, à la tete d'une nombreuse; armée 7. fit une irruption du côté de Calais , et dévasta toute la campagne.

Jean , qui n'était pas préparé à repousser les progrès de l'ennemi,, continua quelque tems à rester tranquille spectateur de. ces insultes^ Ce ne fut que ^ l'été suivant qu'il se détermina à attaquer le tAfa^ Koîl^^dont l'armée n^était plus réduite alors qii'à un corps^ d© douze mille homiues environ. Avec cette faible armée, le jeune guerrier se haisarda.à pénétrer au cœur de la France, dans l'intention de réunir ses trouj^s à cdles du comte de Lancastre. Mais U nç tarda pas à s'apercevoir que son projet était impraticable; le pays, où il voulait passer était trop bien gardé pour qu'il lui fut possible d'avaucer, et tous les ponts avaient été rompus derrière lui, ce qui lui coupait tput moyen de re-

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traite. L'embarras de sa situation augmenta en« core, en apprenant que le roi de France se dirigeait vers lui , à la tête de soixante mille hommes. Ne voyant aucun moyen de- se retirer, il se détermina tranquiUement à attendre l'approche de l'ennemi et à lui tenir tête à tout hasard. . '

Ce fut à Maupertuis, près de Poitiers, que les deux armées se rencontrèrent: Le roi de France aursiit pu facilement réduire l'armée anglaise par la faniine et lui imposer les conditions, qu'il aurait jugées convenables. Mais telle était l'ardeOT.imp^i* tiei^te de la noblesse française^ que rien* ne put la modérer; les généraux savaient une telle certitude de succès, qu'il eût été même dangereux dp tenter de réprinaer cet élan. Les deux armée;s rangées en bataille attendaient avec impatiencè le signal du combat, lorsqu'il fut suspendp, tout-àrcoup, par l'arrivée du cardinal de Périgqrd qui essaya d'être médiateur entre les deux partis. Mais le roi de France, qui se croyait sûr de la victoire, ne voulut ^ écouter aucune proposition, à moins q]itk>M n# c|[tA sentit à reînettre Calais aux Français. Le Prince Noir ayant rejeté cette demande avec dédain, la bataille fut remise au lendemain matin ; et chacun, brûlant d'ardeur , attendit le moment désiré d'en venir aux mains. .

Pendant cet intervalle, le jeune prince de Galles se montra digne de vaincre , par les préparatifs prudei^s qu'il fit faire : il fortifia ses postes par de nouveaux retrancheimens ; il plaça trois cents hom»mes en embuscade et autant d'archers qui furent

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