‹ Histoire d'Angleterre, Volume 3Chapitre 2 sur 21 · J^AN · texte numérisé non relu

J^AN

larume 9 comte de Boulogne , s*étaient réuoisaux forces aoglaisjes qoe eammaadait le coooLte de Sallâfaury 9 et marchaient rapidemeat à latête de plus de cent mille hommes pour envahir le territoire français. Philippe ne put opposer à ce torrent qu'une arpiée de moitié plus faible ; mais Tardeur et la brayouie de ses compagnons ^ la fleur de la chevalerie française 9 suppléèrent à la ^ différence du nombre. Les armées se rencontrèrent à BouTinos , petit village sur la rivière de Marque 9 entre Lille et Teurnay. ( 27 juillet. ) Je 00 pféteodls pas donner les détails de la bataille qui ^vit9 si fatale aux projets de Jean , si flatteuse pour la vanité de Philippe ; mais quelques aneo-* dotes sur les prmcipaux chefs intéresseront peutêtre le kcteor. i<^ Philippe se trouva un moment dans Je plus émioeat danger. Se confiant à la trempe de soa armure 9 il s'était précipité hardi-.

il s'opposa aux droits de Philippe, duc de Souabe , frère du prince défant. Après une guerre sans succès , la main d'un assassin le» délivra de son compétiteur, et il obtint la couronne impériale. £n reprodubant des prétentions qu'il avait autrefois abandonnées , il encourut le ressentiment d'Inno> cent, son ancien protecteur. U lut excommunié. Innocent et Je ro» de France se lignèrent en faveur de Frédéric , fils de Henri YI, qui fut couronné par le pontife. Othon, dans Vim' possibilité de s'opposer à son rival , se retira dans ses propriétés patrimoniales â Brunswick, et entra de grand cœur dans la ligue formée contre son ennemi le roi de France.

( Note du traducteur, )

6a HISTOIRE D'ANGLETERRE.

ment au milieu des combattants. Un fantassin allemand , cherchant une ouverture entre le casque et la cuirasse du prince , lui donna , avec sa lance barbelée , un coup terrible à la gorge. 11 manqua son but; mais le crochet saisit la courroie du heaume , et le roi fut jeté à bas de son cheval. Quoique le soldat n*eût point lâché prise, Philippe se remit sur pied. Othon se hâta pour accabler son ennemi , tandis que les chevaliers français s'élaneèrent pour délivrerleur souverain. Après un combat terrible , on le dégagea ; il remonta à cheval et continua la bataille, a* L'empereur put se faire gloire d'avoir échappé à un pareil danger. Il tenait dé ses deux mains une épée à un seul tranchant, d'un poids énorme , et , à ciiaque coup , il assommait ou démontait un adversaire. Pendant la bataille , il eut trois chevaux tués sous lui. Dans l'une de ces occasions , Du Barré , chevalier d'une force athlétique , le saisit à travers le corps , et chercha à l'emporter : ce ne fut pas sans peine que les efforts de ses gardeis parvinrent à le délivrer. Dans une autre, il reçut sur la poitrine un coup de hache qui fut repoussé parla force de sa cuirasse. Un second coup blessa son cheval à la tête ,. et l'animal, poussé par la douleur, fît volte-face, et l'emporta hors du champ de bataille. 3* Le comte de Salisbury rencontra par hasard l'évêque de Beauvais. La captivité de ce prélat n'avait pas.

\ JEAN. 6l

^affaibli sa passion pour les combats ; mais il ne ise servait que d*une massue, afm, disait--il, de ne pas violer les canons de l'église en versant le «ang humain. D'un seul coup , il précipita le <;omtesurla terre et le fit prisonnier. 4'' Le comte jdeJBoulogne, plein de respect pour le dimanche., avait proposé de remettre la bataille au lendemain, et 9 pour ce bon avis, on l'avait appelé <traitre et couard. Quand ses compagnons prirent }a fuite, il refusa de les suivre , combattit jusqu'à -ce que son cheval fût tué, et enfin , dans l'impossibilité de se relever, se rendit à Guérin, évêque iélu de Senlis, qui.avait refusé de porter les armes, .mais qui s'était chargé , à la requête dp Philippe, -de, ranger l'armée et de diriger ses mouvements. 5'' Mais l'homme dont la captivité causa le plus «de plaisir au roi fut le comte de Flandre, son ennemi invétéré. Il fut blessé et pris. Philippe le conduisit à Paris, l'exposa à la dérision des citoyens , et le tint enfermé dans un cachot pendant tout le reste de son règne (i).

La défaite de Bouvinçs rompit toutes les mesures de Jean , qui sollicita et obtint de Philippe une trêve de cinq ans , et qui abandonna la JPrance, après u«e campagne sans gloire, pour retourner en Angleterre soutenir une lutte encore

(i) Voyez Paria, !iii. Westoii, 273.Rigord,6i , 63. Guill. le Breton , Philip, 1. x , xi.

Digitizec^by VjOOQIC

6â HISTOIRE io'angleterre.

plud honteuse. Le âo iiovembre , ]esl)afoijs s'assemblèrent à rabbatye dé Saint ^Ëdmofid^ sous prétexte de célébrer la fête patronale dé -te saint : leur objet réel était de mûrir leplan deletirs futures opérations, sans éveillerles soupçons de leur sou- Terailî- Plusieurs réunions secrètes eurent lieu: on y définît exactement les diverses 'franchises ou libertés sur lesquelles on derâit ' discuter (20 ndTembre.); et l'on résolut d'en former un seul cèrps dé demande quand le roi tiendrait sa cour, aux fêtes de Noël. Avànt'de se séparer, ils montèrent l'un après l'autre au maîtré-au^el, et s-en- , gagèrent par ser'ment solennel à reiioiîceir à leiir allégeance, si Jean repoussait leurs réciàtnations, et à lui faire la guerre jusqu'à ce qu^fl y eût ac*cédé. A Noël, il se trouvait à Woreester; maïs, soit qu'il eût reçu quelque avis de leur projet, ou qu'il fût alarmé de la solitude desa fcour, il partit soudainement le jour isuivant, se rendit à Londres et s'enferma dans le temple. (laiS^ôjativier.) Les confédérés lé suivirent en gra&d nombre , et présentèrent leurs demandes à la fête de l'Épiplianie. Le roi prit d'abord un air de supériorité, et insista non seulement pour qu'ils se désistassent de pareilles prétentions , mais pour qu'ils lui donnassent l'assurance , par un écrit revêtu de leurs signatures et scellé de leurs sceaux., qu'As ne les repréduiraient jamais* L'^vèque de Winchester, le comte de Cbertér et le lord

JBAN. 63

GuiU*<Hifne Brewer y consentirent ; les autres s'j refoséreot obstinément. Il eut alors recours à un délai, fk offiît, sous la caution de Tarche-* Yêque de €anterbury, de rérêque d'Ély et du eomte de Pembroke^ de leur donner une réponse satisfaisante aux prochaines fête* de Pâques. Cette proposition fut acceptée après une courte hésitation (i).

Le roi employa cet intervalle à chercber les moyens de se fortifier contre cette formidable conspiration. Il octroya ' au clergé une charte d'élection libre, <]ui établissait que la garde ou curatelle de toute cathédrale, église collégiale ou conventuelle, quand elles (^^viendraient vacantes, serait » comme d'usage , confiée à la cou^ lionne; que toutes les fois qu'on demanderait une licenee royale pour élire un nouveau prélat,, elle serait immédiateoient accordée, et que, 31 en la refusait, il serait néanmoins légal de pro-» céder à l'élection ; qu'aucune influence ne serait eaiployée pour empêcher les électeurs de choisir la personne qui leur conviendrait ; et que lorsque le prélat élu serait présenté au roi, il ne pour-^ rait lui refuser son approbation , à moins d'assi-

• (i) Comparez Paris, ai 3, 2x3, avec la lettre dans Rymer, i^ iS4, i85. Par quelque inëprise, elle est placée parmi ies acte* de l'année iai4 9 mais «lie appartient ëTidemment aux trans:actknisde xaiS.

gner des raisons légitimes de son refUs. (a février,) Ayant ainsi, comme il l'espérait, adouci le clergé, il ordonna, aux shérifs d'asseocibler les hommes libres des différents comtés , et de leur déférer le serment d'allégeance; et, pour s'assurer à luimême toute la sécurité que l'église accordait aux croisés , il prit la croix , et s'engagea par un yœu à faire la guerre aux infidèles (i).

Les deux partis avaient envoyé des messagers

(i) Paris, 9i3, 231. Ryni. i, 198. «Taurais dû peut-être faire mention , dans une occasion précédente , des privilèges dont jouissaient les croise's. Le premier était une exemption de Tobligation de faire les pénitences canoniques : le pèlerinage de Jérusalem était considéré comme une commutation. If 9is cette indulgence , ainsi qu'on l'appelait , se bornait au seul cas d'une expédition entreprise par un motif de piété. Si le pèlerin avait en vue l'intérêt ou la gloire, on l'avertissait qu'il restait toujours sujet à l'ancienne discipline. Quicunque pro solâ devotione , non pro honoris aut pecuniœ adeptione, ad liberandam ecclesiamPei Hierusalem profectus fuerit, iter illud pro omni pœnitentiâ ei reputelur. Con. Claramon. can. Le second privilège était que , jusqu'à leur retour , leur personne , leurs mobiliers et leurs terres étaient j>lacés soiis la protection de l'église. Il était convenable à la vérité que les individus qui exposaient leur vie pour une cause regardée comme la cause de toute la chrétienté fussent exempts d'exactions vexatoires pendant leur absence : mais il était cruel de priver ceux qui avaient de justes réclamations à faire contre les croisés , de la poursuite de leurs droits pendant le même temps. Grand nombre ne prirent la croix que dans le but d'éludor les poursuites de leurs créanciers, ou pour suspendre les procès commencés contre eux.

JEAK. ^

à Rooie , pour soUiciterla proflectîon de leur su* périeur féodal, Mai$ ce fut en vain que les harous en appelèrent à la reconnaissance d'Innocent ; il jugea de son intéiêt et de son devoir de soU' tenir la cause de son vassal. ( 19 mars. ) Dans une lettre à Langton^il déclama contre l'injus* tice de refuser à Jean les droUs que la coiji^^no^ avait paisiblement possédés sous les règnes de son père et de son frère { U insinua que rarch^evéque lui-même était accusé de fomenter ces troubles , et lui ordonna d'employer son autorité pour rétablir Tharmonie entre le roi et ses vassaux. Dans une autre lettre aux baronsi, il leur reprocbait de vouloir arracher par la violence cç qu'ils auraient dû demander comme une faveur; et promettait , s'ils voulaient se conduire avec tdodéra^tionethumiltté, d'interposer ses bons offices pour obteairdufoi, en leur faveur, tout ce qu'ils pouvaient raisonnablement en attendre^ Dans toutes les deux, il annulait, de sa propre autorité , toutes les confédérations formées de*puis la pacification de Douvres, et défendait , sous peine d'excommunication, d'en former de pareilles à Vavenîr (i).

Dans la semaine de Pâques, les barons s'asr semblèrent à Stamford , et avec deux mille chevaliers, leurs écuyers et leur suite, ils se

(i)Rym. I, x84, igÔ, 197.

Page 1