LE PORTRAIT DE PANKASTE 8D
c'était grandeur d'àme, » écrit M. Beulé. Le sentiment qui porta Alexandre à donner Pankasté à Apelles tenait sans doute un peu de tous ces sentiments, mais était-ii aussi désintéressé qu'il le, paraît? Peut-être fut-ce une demande impérative, une condition absolue que posa Apelles, menaçant de retourner en Grèce.
a Quelques-uns, dit Pline, pensent que cette Pankasté lui servit de modèle pour peindre la Vénus Anadyomène (1). » Cette croyance, quoique différant entièrement au premier abord du récit d'Athénée (2), qui affirme que son modèle fut la courtisane Phryné, peut cependant, à la grande rigueur, s'accorder avec lui. Phryné, l'hétaïre athénienne, sortant nue des flots de la baie d'Eleusis, inspira à Apelles le sujet de la Kypris Anadyomène ; Pankasté, la compagne d' Apelles, put lui servir de modèle pour l'exécution du tableau.
Les moralistes reprocheront toujours à Apelles d'avoir accepté pour sa compagne celle qui fut la maîtresse d'Alexandre; les historiens l'absolvent sans cesse en montrant les mœurs dissolues et les insouciances morales de la Grèce antique. Sans
(1) Sunt qui Venerem Anadyomenen iUo piciam eœemplari futant. Pline, iib. XIII, cap. 10.
(2) Alhénée, Iib. XIU, cap. 6.
3oa HISTOIRE d'apelles
doute, si nous croyons Pline, Apelles garda môme Pankasté jusqu'en Grèce ; elle ne fut pas un caprice d'un jour» Interrompons cô chapitre, car ici ce ne .sont plus de puissantes hypothèses s' appuyant sur des faits reconnus vrais ou consolidées par dos œuvres palpables, telles que des tableaux ou des statues; ce sont de frivoles conjectures qui s'approchent du domaine du Roman,