LA SECONDE KYPRIS ANADYOMENE
éteinte, mettant fin à sa vie et fin à son œuvre (!)• Il tuait doublement Apelles : il ne lui permettait même pas de survivre dans son dernier tableau, qui aurait été son chef-d'œuvre, et qu'il laissa inachevé, La Divinité par qui tombèrent les bras de la statue de Milo l'ordonnait ainsi, jalouse d'affirmer son commandement que la perfection n'est pas au pouvoir des hommes. Apelles l'aurait fait mentir.
Ce que l'on peut dire de certain sur la date de la mort d' Apelles, c'est qu'elle ne précéda pas la cent dix-neuvième olympiade, c'est-à-dire les années 30i, 303, 302, 301 avant l'ère chrétienne; car c'est dans le cours de cette olympiade qu'Antigone, maître de presque toute l'Asie Mineure depuis 307, visitant ses nouvelles possessions conquises par lui ou par son fils Démétrius, le Pre-
(1) Apelles incohaverat aliam Venerem Cois, superatvrus etiam suam illam priorem. Invidit mors, peracta parte, Pline, lib. XXXV, cap. 10. — Apelles Veneris caput et summa pecloris politissima jirte perfecit; reliquam artem corporis incohatam reliquit, Cicéron, ad Familiares, lib. I, epist. 9. — Summa pectoris expliquent oxépva jxovov ^aivoyoa (noontrant seulement son sein), de répigramme de Démokrile. (Voir Histoire d' Apelles, p. 353, 354.) Pourquoi Kypris nue ne montrait-elle que son sein? Démocrite a décrit non la première, mais la seconde Kypris Anadyoviène; et de celle-ci il voyait seulement 1« tête et le haut de la poitrine, puisque Apelles l'avait laissée inachevée.
neur de villes, et s' arrêtant dans Tlle de Kos, se fit peindre par Apelles, Ce ne put être plus tard, Antigone n}ourant en 801 à la bataille d'Ipsus. En admettant qu'Ai)elles fût né dans la cent troisième olympiade, il avait soixante-sept ans à la mort d' Antigone. On peut dater ainsi l'histoire d'Apelles : 11 naît dans la cent troisième olympiade; il entre à l'atelier d'Éphore dans la cent sixième, dans l'atelier de Pamphile dans la cent septième. Il séjourne à Éphèse durant les olympiades cent huit, cent neuf. Dans l'olympiade cent dix , il est en Macédoine. Dans les cent onzième et cent douzième olympiades , il voyage à la suite d'Alexandre. Depuis la cent treizième jusqu'à la cent quinzième, il séjourne à Éphèse. La cent seizième, c'est l'époque de son tour de Grèce; c'est Pergame, Smyrne, Athènes, qu'il voit tour à tour; la cent dix-septième et la cent dix-huitième, ce sont encore des voyages : l'île de Rhodes et l'Egypte. La cent dix-neuvième, c'est la dernière halte, c'est l'île de Kos.
Après la mort d'Apelles, les habitants de Kos cherchèrent un peintre pour achever la Kypris Anadyomène (elle était en partie ébauchée, et l'on n'avait qu'à suivre les traits de l' original qui se trouvait dans le temple d'^sklaepios, sur le pro-«