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CHAPITRE IV

LES TABLEACX d'aPKLLES A LA COUR DE PHILIPPE. — LE nÉWS NU» — LES MOURANTS

A la cour de Philippe, Apelles ne fut pas seulement portraitiste. Quoique le roi et toute sa suite lui fournissent asses de modèles» il trouva le temps de peindre deux tableaux, qui marquent bien les tendances réalistes qu'il avait prises à Técole de Sikyône : le Héros nu (1) et les Mourants (2)* Car c'est dans cette première période de la vie du grand peintre, pendant son séjour à Pella, du vivant de Philippe^ que nous n'hésitons pas à classer ces deux œuvres.

Apelles cherche encore le vrai ; et il le prend

(1) Apelles pinMi Hero^ nuiku\ eaqine fictwrm uaturum ipsaw provQcavit. Pline, lib.XXXV, cap. 10.

(2) Sunt inter opéra Apellis expirantium imagines. Pline, Ub. XXXV, cap. 10.

dans ses formes séduisantes comme dans ses formes odieuses. S'il a de beaux modèles : un homme dans toute la force et dans toute la splendeur de la jeunesse, — quelque jeune seigneur, quelque fameux guerrier macédonien, — une femme aux modelés moins accentués mais plus gracieux, aux contours plus souples, aux teintes plus douces, — certaines dames de la cour de Pella, — ou un cheval de haute stature, sillonné en tout sens par des veines fines, semblables à des cordelettôs, qui se gonflent sous le poil humide et collé, — un coursier quelconque du char de Philippe ou son cheval de bataille, — Apelles les copie, ces incarnations de la Beauté. Mais si le peintre a des modèles communs ou horribles : Philippe, quelque vieux général de ses bandes invincibles, des mourants qui, fiévreux, luttent affreusement contre la mort par des contorsions hideuses, ou abattus et découragés se laissent aller sans résistance à un sommeil lourd et oppressé, à un anéantissement étrange, avant-coureurs du sommeil éternel et de l'anéantissement complet dans les choses divines et humaines, l'implacable réaliste les copie aussi ces incarnations du Laid et de l'Horrible. C'est l'époque où il dépenserait autant de génie à peindre l'étal sanglant d'un boucher que les fleurs éclatantes de Glycère, à représenter la décrépi-

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