‹ Histoire d'Argentan et ses environs comprenant des recherches historiques episodes de la domination des Celtes, des premiers Gaulois, des Romains, des Franks & des Normands dans les GaulesChapitre 19 sur 30 · MOI · texte numérisé non relu

MOI

Le monde a des temps de calamités pendant lesquels il semble appartenir au génie du mal.

(F ,c * civils de la France.)

OMMAÏRE. Règne de Louis XI.— Guerre du bien public. — La Normandie est réunie à la couronne. — Institution de l'ordre de St-Michel. — Louis Xl en Normandie. — Mort du frère du roi. — Le duc de Bourgogne en Picardie. — Jeanne Hachette. — Mort du duc d'Alençon. — Mort du duc de Bourgogne. — Insanic de Louis xi.— Sa retraite. — Ses massacres. — Ses terreurs. — Mort do Louis xi. — Charles vin. — Guerre en Bretagne. — Mouvements populaires en Normandie, Séez et Argentan. — Alain-Rouxel, seigneur d'Argentan. — Guerre ét paix avec l'Angleterre. — Charles vin en Italie — Bataille de Fornoue. — Lois organiques. — Mort de Charles vui. — Louis xh. — Ses sages prescriptions à la magistrature. — Conquête du Milanais et du royaume

do Naples. — Bataille de Seminarc et de Ccriguolcs. — Prospérité de la Normandie.— Angofde^Dicppc. — Fondation du Havre. — Guerre contre les Vénitiens. — Bayard. — Georges Rouxel de Méduvid.— 2* mariage de Louis xii. — Sa mort.

4461 à 1463. — Il y avait treize ans que le Dauphin était éloigné de la cour. Charles vu disait, au sujet de la retraite que donnait à son fils le duc de Bourgogne, le duc nourrit un renard qui dans ta suite mangera ses poules. Aussitôt que Louis xi fut informé de la mort de son- père, il vint à Rheims où il fut sacré, le 15 août 1464, par Jean Juvenal des Ursins. Quinze jours après , il fit son entrée dans Paris.

Son premier soin fut de faire une réforme générale dans l'armée et les administrations. 11 donna le Berry en apanage à son frère, mit en liberté le duc d'Alençon et le comte de Dammartin à la Bastille; chargea le peuple d'exactions ; dépouilla les grands et offensa le clergé; il attaqua la féodalité qui fit tousses efforts pour résister en levant l'élendarl de la révolte. Charles de Berri, son frère t et plusieurs seigneurs qu'il avait fait dépouiller , lui livrèrent la bataille do Montlhery. La victoire fut indécise. Ce combat fut suivi de la paix de Conflans. Louis xi promit beaucoup, se réservant inpelto de ne rien tenir. 1466. Une épidémie désole Paris; le roi y ouvre un asile aux malfaiteurs pour repeupler la ville.

Ayant manqué d'argent , Louis xi fit un emprunt sur les offices de la vénalité des charges. Il pourvut à la sûreté de Paris; vint en Normandie faire des troupes et de l'argent,

1467. — Louis xi marche contre les Liégeois révoltés; il est retenu par le duc de Bourgogne auquel il s'était imprudemment livré jusqu'à la paix. Peu de temps après , les princes reprirent la guerre du bien public. Ils tenaient presque toute la Basse- Normandie. Le roi fit descendre son armée dans le Perche, mit dans ses intérêts René, comte du Perche, fils du duc d'Alençon.

qui, trahissant sou propre père, lui livra le château d'Aleoçou. Louis xi reprit quelques places qui s'étaient soulevées contre son autorité, toiles que Argentan, Exmes,Falaise, Caen, Evreux, Verr non, Louviers et Dieppe ; puis il députa vers son frère le légat du pape, pour lui proposer de remettre leur différend aux états généraux qui furent convoqués à Tours, a cet effet, le l" avril

1468. La Normandie fu^ déclarée inséparable de la couronne ; mais on accorda au frère du roi 72,000 livres, pour lui tenir lieu d'apanage. Cette décision adoptée causa la dissolution de la ligue.

1469. Louis xi institua l'ordre de St-Miçbel. Le cardinal Delàbalue* convaincu d'avoir eu des intelligences avec les ennemis de l'Etat, fut enfermé dans une cage en fer; son affidé, Guillaume de Harancourt, fut enfermé à la Bastille où, il demeura pendant unie ans. 1470. Les ducs de Warwick et de Clarence ayant éprouvé un échec contre Edouard d'Angleterre, demandent des secours à Louis xi, qui leur en promet et leur assigne pour résidence St-Lo et Valognes , et il vient visiter la Basse-Normandie. 1472. Le roi devait donner à son frère, par le traité de Pé- Tonne, les comtés de Champagne et de Brie; mais pour l'éloigner du duc de Bourgogne, il lui propose la Guyenne et la Rochelle; cet échange donne lieu a de violents débats qui déterminent le duc de Bourgogne à venir en Normandie, d'où il fut chassé. Le frère du roi fut empoisonné dans l'intervalle. Les soupçons se portèrent sur Louis xi, coutumier dépareille gentille induttrie (Brantôme), et sur un moine bénédictin* Bommé Jean Favre Versois, qui aurait été gagné par le roi. Ce moine fut emprisonné, mais on le trouva mort dans son cachot, le visage meurtri, la langue hors la bouche et le corps tout noir. On publia, pour apaiser le peuple, que lo diable avait prévenu In justice en l'étranglant.

4475,— Le duc de Bourgogne voulut venger cettemort précipitée. Il entre en Picardie Ja torche et le fer a la main. 11 vient

échouer devant Beau vais où les femmes,ayant à leur téte Jeanne Hachette, aident à le repousser. Il passe en Normandie où il commet quelques dévastations; il est repoussé et revient en Flandre. Enfin il accepte une trêve. Le duc d'Alençon , soupçonné d'avoir en des intelligences avec le duc de Bourgogne durant son invasion , est conduit au Louvre. Louis XI vint en personne prendre possession du duché d'Alençon; il passa par Argentan et Garrouges. On voit encore la cbambie qu'il occupa dans le château de Garrouges. Le parlement lui fit son procès et il fut condamné à mort. Le roi. qui était son parrain, commua sa peine en une prison perpétuelle. Dix-sept mois après, il le fit sortir. Il jouit peu de cette faveur, car sa mort suivit de près son élargissement. 1475. La guerre recommence entre la France et la Bourgogne. 1476. Le duc de Bourgogne porta le théâtre de la guerre chez les Suisses, alliés de Louis xi. Son armée fut mise en déroute aux batailles de Grandsen et Moral. Le duc périt à la dernière affaire. Louis xi refusa la main de l'héritière de Bourgogne pour le Dauphin. Elle épousa Maximilien d'Autriche.Le roi d'Angleterre se préparait à la guerre contre la France: il mourut subitement. L'Angleterre fut replongée dans les guerres civiles. La duchesse de Bourgogne mourut aussi d'une chute de cheval. La mort avait délivré Louis xi de tous ses ennemis ; mais il ne jouit pas du repos que lui procuraient ces événements; les attaques d'épilepsie auxquelles il élait sujet , devenaient plus fréquentes avec l'âge. Un soir il lui prit une convulsion si violente , qu'il fut une semaine entière sans voir , entendre ni parler.

La terreur de la mort s'empara de l'âme de ce despote ; il ne voyait autour de lui que des mains vengeresses; les mânes de ses victimes erraient à ses côtés ; enfin il se dérobe à tons les regards, comme s'il ne devait plus rencontrer que des assassins, et se retire dans le château de PIessis-les~Tours , où l'on entrait

par un guichet. Les murailles sont hérissées de pieux de fer; sans cesse il regarde par les lucarnes ceux qui passent dans les environs. Le moindre bruit est un signal de révolte ; toujours armé d'une hallebarde ou d'une épée, il est prêt à percer le premier inconnu qui se place sur son passage. Quatre cents archers, dans desguériles de fer, veillen tau tour de cette prison .Trois fois par heure, leurs voix avertissent l'infortuné monarque de leur fidélité et redoublent sa terreur. A la moindre négligence qu'ils commettent, des gibets sont dressés. Son satellite, le prévôt Tristan, exécuteur infatigable, erre de tous côtés pour rencontrer des victimes.

Tandis que des ordres sanguinaires répandent l'effroi de tous côtés, le pauvre Louis xi est soumis comme un esclave à son médecin; il l'invoque à genoux, il le supplie de le faire vivre. Disons à quel point cet affreux Esculape outrageait à la fois la saine physique et l'humanité.

Humano sanguine quem ex aliquot infantibus tumpium hauiit êalutem eomparare vehementer optabat (Gaguin, cap. 33).

Vainement il crut régéoer son sang aduste par cet exécrable moyen; les remèdes étant inefficaces, il s'environna de reliques, ordonna des prières, processions, vœux et pèlerinages. Pour dissiper ses ennuis, on rassemble les bergers et bergères du Poitou qui chantent et dansent au son des instruments.

Jamais criminel ne se troubla autant aux approches de la mort, ne fit plus de vœux pour l'écarter. Il expira dans les angoisses delà terreur et de la superstition , le 30 août 1483 , fut enterré à Notre-Dame de Cléry. Il était âgé de soixante-deux ans , en avait régné vingt-deux et un mois.

Louis xi épousa deux femmes, savoir: Marguerite, fille de Jacques, premier roi d'Ecosse, cl Charlotte, fille de Louis , duc de Savoie. 11 n'aima pas la première, que l'histoire disait être disgraciée de la nature. Il n'eut pas d'enfants. Il n'aima pas beaucoup plus la seconde; cependant il on eut six enfants,

trois garçons et trois filles. Les deux premiers garçons moururent en bas âge; le troisième, que les historiens soupçonnent avoir été* supposé, se nommait Charles, et il monta sur le trône de France.

1483-1498. — Charles vin, fils de Louis Xi , étaït entré dans sa quatorzième année à la mort de son père; suivant les lois , h* était majeur. Cependant, Louis d'Orléans et le due de Bourbon prétendaient que l'Etat avait besoin d'un régent, et ils avaient tous deux la prétention de l'être. N'ayant pu parvenir à s'entendre , le différent fut remis aux états généraux et le sacre dn roi à Tannée suivante. Les états assemblés a Tours, au mois de janvier 1484, déclarèrent le roi majeur. Les travaux des états furent remarquables et utiles. Le roi fut ensuite sacre à Rbeims par l'archevêque. 1845» Quelques différents étant survenus entre Anne de France, damedeBeaujeu,et le duc d'Orléans, ce dernier et le comte de Dunois se retirèrent en Bretagne. 1486. Le roi porta la guerre dans cette contrée et prit plusieurs villes. Cette guerre languit. Enfin Charles Tni livra la bataille de St-Ànbîn, où commandait LaTrimouille. Le duc d'Orléans y fut fait prisonnier. Le duc de Bretagne mourut ne laissant que des filles, dont l'une épousa le roi de France. Quelques mouvements populaires se firent sentir en Normandie, particulièrement à Argentan et Séez, où se trouvait Alain Rouxel, fils aîné de Jean et de Marie Larçonneur , seigneur d'Argentan et de RoisvtMe. Allai n Rouxel s'étant jeté dans le parti du duc de Bretagne, Charles n», par ses lettres du 24 novembre 1487, confisqua tous ses biens en faveur d'Antoine Martel. Il paraît que ces lettres ne reçurent pas d'exécution. Dans le mouvement qui fut excité à Seex , le page d'un sieur Lebouteiller, favorisé par Alain Rouxel , tua dans la mêlée l'official de Séez. Alain Rouxel fut poursuivi , mais il obtint des lettres de rémission datées de 1491.

lie roi d'Angleterre, Henri vu, à l'occasion du mariage de

Çharles vju,qui augmentait sa puissance,* int assiéger Boulogne. Rappelé dans ses états a cause des troubles qui y étaient survenus, il conclut la paix.

i493.— Charles vin s'empare de l'Italie et do la Sicile. Six mois suffirent aux Français pour faire ces conquêtes ; mais uno coalition entre le pape, l'empereur Maxirailien , Parcbiduc Philippe, le roi d'Arragoo,le roi d'Angleterre, Ludovic Sforce et les Vénitiens. fut conclue pour chasser les Français d'Italie* Les con fédérés avaient quarante mille combattants; l'armée française était réduite à neuf mille hommes.Le duc de Mantoue, qui commandait les alliés, attendit les Français a la descente de l'Apennin, près du village de Fornoue. On en vint aux mains le 6 juillet 1495* En moins d'un quart d'heure, les ennemis furent enfoncés avec perte de trois mille hommes. Charles vw resta maître du champ de bataille et ne perdit que quatre-vingts hommes. On fit une trêve. On voulut engager le roi de France à recommencer la guerre; mais sa santé chancelante s'y opposa, de sorte qu'il ne s'occupa plus que de lois organiques. Il écouta les plaintes de ses sujets, déposa les agents incapables et les mauvais juges qui déshonoraient la magistrature, il médita les moyens de diminuer les taxes. Ces réflexions étaient tardives, car il n'était plus en état de les exécuter. Il résidait dans son cbâteau d'Ani boise, où il faisait talir. Le 6 avril 1498, sur les deux heures après midi, étant à la fenêtre donnant sur un jeu de paume, il fut frappé d'apoplexie et mourut à once heures du soir, A l'instant , ses officiera le quittèrent pour aller à Bloîs informer le duc d'Orléans, son successeur. Plusieurs ont pensé qu'il avait été empoisonné dans une orange; d'autres, qu'ayant beaucoup aimé les dames, la main du plaisir avait creusé son tombeau,

Charles vméUitâgé de vingt-huit ans, il enavait régnéquinee. De la reine Anne de Bretagne, il avait eu quatro enfants, tons morts en bas âge. En lui finit la ligne directe de Valois.

Charles vin, petit homme de corps et peu entendu, dit Commine, était si bon qu'il n'esi pas possible de voir meilleure créature.

1498-1515.— Louis xu était pelit-fils de ce Louis, duc d'Orléans, que le duc de Bourgogne fit assassiner sur le pont de Montereau, arrière petit-fils du roi de France, Charles v.

Il parvint à la couronne à l'âge de trente-six ans; d'un naturel doux, humain et équitable, il mit en pratique la maxime de l'oubli généreux des injures. Le roi de France, dit-il, ne venge pas les injures du duc d'Orléans.

Il fut sacré et couronné à Rheims le 27 mai 1498. À son titre de roi de France, il joignit celui de roi des Deux-Siciles et de duc de Milan. Il commença par diminuer les tailles, supprima beaucoup d'impôts , voulut des magistrats qui puissent apprécier l'importance et la sainteté de leurs fonctions. Il ne revêtit de la magistrature que des hommes dignes par leurs vertus et leurs talents. Il est à regretter que ses idées sublimes ne se soient pas perpétuées chez ses successeurs ; la magistrature en eût reçu un lustre plus éclatant, et de grandes injustices eussent été prévenues; Ton n'aurait pas eu l'occasion de déplorer la présence sur les sièges d'individus étonnés eux-mêmes de leur élévation qu'ils savaient être une injure pour la nation. Louis xii avait été gouverneur de la Normandie; il lui conserva sur le trône son attachement. Il érigea l'échiquier normand en cour souveraine et le rendit sédentaire; il améliora les lois, les formes de la procédure; il enjoignit aux magistrats de ne suivre que la loi, malgré les ordres contrairesà la loi que l'importunité pourrait arracher du monarque; il fit de belles ordonnances pour l'abréviation des procès et protégea le faible contre le fort.

En l'année 1499, Louis xu épousa Anne de Bretagne , veuve de Charles vin. Voulant user de ses droits sur le Mitonnais, il en fit la conquête en vingt jours. 1501. Louis xn et Ferdinand le Catholique font, en moins de quatre mois , (a conquête du

royaume de Naples. Des difficultés pour le paitage brouillent les conquérants entre eux. Les Français, sous les ordres du capitaine d'Aubigné , sont défaits à la bataille de Seminare en Calabre. Le 2ff avril 1503 , ils furent encore battus à Cerignolles* dans la Pouille, par Gonsalve de Cordoue. Le duc de Nemours fut tué dans ce combat, après lequel il nous fallut évacuer le royaume de Naples.

Sous le règne de Louis xii, l'industrie et le commerce de la Normandie s'élevèrent à un dégré de prospérité que cette terre de production et de grandes entreprises n'avait pas encore connu.

L'armateur Angot, de Dieppe , équippe , à ses frais , des escadres; couvre les mers de ses bâtiments et châtie les rois qui ©sent insulter son pavillon.

Le capitaine Cbichot Paumier de Gonneville, part en 1502 du port de Honneur, et le premier des Français pénètre dans les mers de l'Inde, découvre Madagascar et les terres australes*

Les mariniers de Dieppe . de Honneur, Cherbourg et Grand ville, font la pèche de la morue au banc de Terre-Neuve, découvert en 1504 par des capitaines dieppois et malouins.

1508. — Louis xii jette les fondements de la ville du Havre. Par un traité fait à Blois, il accorde sa fille en mariage à Philippe avec un tiers de la France pour dot. Les états, convoqués à Tours, s'opposent à ce traité. Le roi fut néanmoins choisi pour tuteur de l'archiduc Charles d'Autriche. Il se coalise avec le pape, Ferdinand et Maximilien , pour marcher contrôles Vénitiens. A la tète de quarante mille hommes, il atteignit l'ennemi à la Gierra d'Adde, près du village Daignadel, défit son infanterie et fit prisonnier Aviane, son général. 1510. Louis xii inspire des craintes à ses aliés, qui tournent leur armes contre lui.Bayard, à la journée de la Bastide, défait les

les tronpes confédérées. Malgré ces succès, ta Français sont forcés d'évacuer l'Italie. 1513. Louis xn reprend le Mitannais pour la troisième fois. Les armées alliées mettent le siège devant Tbérouenne. L'armée française parvient à jeter des vivres et des munitions dans la place; mais, au retour, elle fut attaquée près de Guinegasle et mise en déroute. Ce combat fut appelé la Journée des éperons, parce que, selon Mézeray , les Français en usèrent mieux que de leurs épées. Néanmoins les plus braves, au nombre desquels on cite Georges Rouxel de Médavid; lieutenant-général, capitaine des francs-archers du duché d'Alençon , comte du Perche, Vire et Mortain, périr* nt dans celte action. Longueville et Bayard, faits prisonniers, furent conduits en Angleterre.

La reine Anne décéda le 9 janvier 4514. Elle n'avait pas en d'enfants, Louis xn, désirant avoir un héritier, résolut de convoler en deuxième noces. Il demanda la main de la princesse Marie, sœur do roi d'Angleterre. Ce prince victorieux rompt avec ses alliés, fait la paix avec Louis xu, et cimente cette alliance par l'hymen de Marie. Trop de complaisances pour sa jeune épouse (dît Mercier) , altérèrent la santé de Louis xn, et le conduisirent au tombeau. Il mourut deux mois après son mariage, loi" Janvier 45d5,danssoa hôtel des Tournelles, âgé de cioquante trois ans: il en avait régné dix-sept. Jamais roi ne fut plus regretté; il avait aboli les asiles ou droits de franchises des églises. La découverte des Indes avait répandu beaucoup d'or en France. Les fermages des terres furent plus que doublés. La noblesse se crut plus riche et se livra à des dépenses excessives qui l'exilèrent de ses propriétés. Elle apprit le chemin de la cour, l'art d'implorer des grâces et d'obtenir des faveurs. La dépense en chevaux et en équipages de chasse devint une épidémie, ce qui faisait dire a. Louis xu : La pluspart dts gentilshommes de mon royaume scni comme

Action e4 Diomède mangés p&r leurs ehevaux si par leur* chiens. La justice, sous ce régne, était presque gratuite : Que Us temps sont changes l Chaque expédition coûtait trois sols; les arrêts se délivraient gratis ; les greffiers de ce temps ne venaient pas du Bocage et recevaient des appointements Axes du trésor* Une circonstance nécessita de foire payer aux parties les frais de leurs procès ; de la les épices. C'était, dans l'origine v une rétribution volontaire qui fut convertie en un droit onéreux, toujours croissant et capable d'épouvanter aujourd'hui les plus téméraires plaideurs. C'est sous le règne de Louis soi M ^ \x\ 1 «&C £00 coq* 1 fïjço tc^i rc dos t>i£iu€â ô l^t c^rro d i^*>

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