CHAPITRE XX
ERE CHRETIENNE
J*ai vu les citoyens, troublés par la furie, Se déchirer Pun l'autre au nom de la patrie ; Sur les débris épars, le prêtre chancelant , Une croix a la main maudire en immolant
iUgouvi.) j
SOMMAIRE.» Régne de Henri h.— Aulo-da-fédes calvinistes et des luthériens. — Abdication de Charles-Quint. — Bataille de St-Quenlin.— André Rouxel y est blessé. — Il fut enterré à Camembert. — Georges de Rouxel fut tué à la défaite du commandant de Thermes. — Paix de Cateau-Cambresis. -- Le roi est tué par Montgommery. — Yengeance de Catherine de Médicis. — Edit concernant les filles enceintes.
— François H sur le trône. — Création des chambres ardentes. — Persécution des protestants. — Ils prennent les armes, sont découverts et massacrés. — Les princes de Condé et Coligny sont arrêtés et condamnés. — Mort de François h.— La royauté ne meurt pas en France.— Catherine de Médicis, tutrice-récente. — Guerre contre les protestants.
— Bataille de Dreux.— Siège de Caen. — Le duc de Guise est tué par Poltrot de Méré. — Majorité de Charles ix. — Règlements organiques.
— Etablissement de sièges judiciaires pour les marchands. — Suite de la guerre contre les protestants. — Bataille de Jarnac. Assassinat du prince de Condé. — Bataille de Montconlour. — Paix de Si-Germainen-Laye. — Massacres de la St-Barthélemy. — Jacques de Rouxel, gouverneur d'Argentan, refuse de faire exécuter les ordres de la cour.
Maladie et mort de Charles IX. — Henri m continue la guerre.
Duels de Pierre de Rouxel. — Combat de Coutras. — Assassinat du duc de Guise. — Mort de Catherine. — Combat de Pierre-Fite. — Jacques Clément assassine Henri m.
1547-1559.— Henri ii, fils de François i er , est le cinquante-huitième roi de France. Il était âgé de vingt-neuf ans à la mort de son père; il fut sacré à Rheims le 25 juillet 1547. Il était grand, bien fait, d'un physique fort agréable; il avait beaucoup de force e t d'adresse pour les exercices gymnastique*; mais, sans énergie ni force de caractère, il fut dominé par ses ministres. Il aimait à entendre des vers lascifs, des chansons libres et dissolues.
Ses favoris, leconnétable de Montmorency, le comte d'Aumale qui fut duc de Guise, et Jacques d'Albon-St-André, qu'il fil maréchal de France, ployaient sous sa maîtresse, Diane de Poitiers, veuvede Louis Brezé, duchesse de Valentinois. Celle femme, qui avait quarante ans, avait été maîtresse de son père. Elle exerçait sur son esprit un empire absolu. 1548. Troubles en Angleterre et en Ecosse. On voulait y mettre fin par l'union de Marie Sluart avec Edouard m; mais Henri u la fit venir en France et épouser au Dauphin.
1549 (16 juin). — Entrée solennelle du roi dans Paris, fêtes à celte occasion. Il ordonna de punir de mort des calvinistes qui avaient élé arrêtés. Ils furent brûlés sur les places de Paris. Le roi manqua de dignité en assistant à l'un de ces speetacies. Il fut ému des cris de l'un de ces malheureux qui avait été son valet de chambre; mais il fut néanmoins trop faible pour empêcher le renouvellement de pareilles horreurs.
1550.— Paix avec l'Angleterre ; nouveaux édits conlre les luthériens. Henri u fait alliance avec les protestants d'Allemagne : il se Irouve en guerre avec l'empereur. Cette guerre continue jusqu'en 1556. Les deux souverains font une trêve de cinq ans; et, peu de jours après. Charles-Quint fit son abdication en faveur de son fils Philippe u et de son frère, roi des Romains. Il se retira dans un couvent de l'Andalousie. Vivant, il fil fiire ses obsèques auxquelles il assista. On affirme qu'il mourut d'un rhume qu'il avait contracte dans son cercueil pendant les longues heures
de la cérémonie. Henri h rompit la trêve faite avec l'empereur et dirigea deux corps d'armée, l'un, sous les ordres du ducjde Guise, sur l'Italie; l'autre, sous les ordres du connétable, sur la Flandre. Les deux généraux firent d'inutiles efforts. Le connétable perdit la bataille de Saint-Quentin et fut fait prisonnier avec d'Albon-Sawit-André et l'amiral de Coligny. René Rouxel , seigneur de Saint-Bazile , Démoda vid et tf'Aubry en Exraes. y fut grièvemeut blessé et mourut au mois de janvier suivant des suites de sa blessure , à Montrcuil, en Picardie. Il ordonna que son corps fût apporté à Camembert. Vers 1512, René Rouxel avait épousé Françoise Leviel veuve de Maurice Gouhier , écuyer , sieur de Fonlenay et des Charapeaux , qui était morte avant lui et avait été inhumée dans l'églisej'dc
Camembert. Il en avait eu un fils, qui mourut avant sa mère et fut inhumé à Camembert. L'épouse du sieur de Calménil ayant détruit les armoiries placées sur la tombe de cet enfant, il y eut procès, duquel il résulta que le seigneur de Rouxel préférait le seigneur de Calménil dans les honneurs de ladite église.
Georges de Rouxel, frère de René, seigneur de Pierre-Fife et du Mesnil-d'Occaignes , fut tué à la défaite du commandant de Thermes, en 1558. Le désastre de Saint-Quentin avait jeté la terreur en France. Le duc de Guise est rappelé avec son armée d'Italie ; il marche sur Calais, s'en empare, et chasse les Anglais de la France.
1559. — La paix est signée à Cateau -Cambrcsis. Elisabeth, fille de Henri h, épouse Philippe u. Marguerite, sœur du roi, épouse le duc de Savoie. Dans un tournoi , donné à l'occasion de ces mariages, le roi veut rompre une lance contre le comte de Montgommcri; ils coururent l'un contre l'autre; leurs lances se brisèrent; emporté par son cheval, Montgommcri donna du tronçon, qui lui restait à la main, dans l'œil droit du roi, qui
avait la visière levée. Le coup pénétra si avant que le crâne en fut offensé. Le blessé perdit connaissance sur-le-champ, et ne la recouvra plus. C'est donc par erreur qu'on a dit que le roi défendit de poursuivre le comte. Catherine de Médicis le poursuivit quinze ans avec rage. Le 9 mars 1574, il fut assiégé dans Domfront par Matignon. Il se défendit en homme de cœur et déterminé. Les assiégés se trouvant enfin réduits à quinze ou seize hommes, manquant de tout , Monlgommeri se rendit, le 26 mars , et eut la tête tranchée , à Paris, un mois après. Ses enfants furent dégradés de noblesse.
Sous le règne de Henri II, on perfectionna le jeu de l'artillerie et des bombes, et on se servit d» boulets rouges.
C'est Henri u qui donna l'édit par lequel il est enjoint aux filles enceintes d'aller se présenter devant le juge pour y déclarer leur grossesse. La honte l'emporta sur la loi; l'infanticide, qui était un crime rare, devint commun.
Henri u mourut le 10 juillet 1559. Il était âgé de quarante et un ans, et en avait régné treize. Il avait eu, de Catherine de Médicis, six enfants, trois garçons et trois filles.
1859-1560. — François H est le cinquante- neuvième roi de France ; il n'avait que seize ans lorqu'il monta sur le trône. La courte durée de son règne ne permet pas de le considérer comme ayant eu part aux événements qui se sont accomplis. Ses ministres de la guerre et des finances, François, duc de Guise, et le cardinal de Lorraine étaient chefs du parti catholique. Le prince de Condé et le roi de Navarre, Antoine de Bourbon, étaient chefs du parti protestant et aspiraient au pouvoir. Catherine de Médicis, mère du roi, femme cruelle et ambitieuse, tenait la balance entre les partis afin que leurs collisions sanglantes , les affaiblissant lour-à-tour , maintiennent le pouvoir en ses mains. On éloigna la duchesse de Valeotinois , en la confinant au château deChaumont, sur la Loire , après le sacre
du roi, qui eut lieu le 21 septembre 1559, et, sous de vains prétextes, on fit partir , pour l'Espagne, le prince de Coadé et le roi de Navarre. On rendit un édit qui révoquait toutes les aliénations du domaine. L'ordre de Saint-Michel fut tellement prodigué et avili que , semblable à des ordres de chevalerie de création plus moderne, également prodigués, on l'appela le collier à toute bête. On proscrivit le cumul, proscription sollicitée, mais inutilement, de nos jours.
Le jeune roi continua les persécutions contre Jes protestants, et créa, dans les parlements, des chambres ardentes, ainsi nommées parce qu'elles brûlaient sans preuves et sans miséricorde les accusés de calvinisme. Lassés de ces sanglantes exécutions, les calvinistes résolurent une prise d'armes. La conjuration, qui devait éclater à Amboise, fut découverte par l'indiscrétion du chef, nommé Du barri de la Renaudie, qui s'ouvrit, dans Paris, à un avocat protestant, Pierre Desavenelles , qui dévoila ce complot. Les insurgés furent impitoyablement massacrés, et l'édit de Romorantin attribue aux évéques la connaissance des crimes d'hérésie.
La conspiration découverte et punie ne servit qu'à augmenter le pouvoir de ceux qu'on avait voulu détruire. François de Guise eut la puissance des maires du palais, sous le titre de lieutenant-général du royaume.
1560. — Le roi convoque les états à Orléans. Le prince de Condé fut arrêté aussitôt qu'il fut arrivé. La dame de Roye, sa belle -mère , fut également arrêtée par Tannegui-Leveneur, de Carrouges , et conduite dans le château de Saint-Germain-en Laye. L'amiral de Coligny, au nom des protestants de Normandie , se jeta aux pieds du roi pour demander la liberté de conscience. Le parlement de Rouen répondit par des arrêts de mort et d'horribles exécutions. Le prince de Condé, comme chef d'une nouvelle conpiration , fut condamné à mort par un
tribunal exceptionnel , malgré le privilège des princes du sang de n'être jugés que dans la cour des pairs. Mais qu'est un privilège contre la force? Le prince de Coudé allait finir par la main d'un bourreau, lorsque le jeune François h meurt d'un abcès à l'oreille gauche. On soupçonna fou chirurgien Ambroise Paré, zélé calviniste , d'avoir empoisonné la plaie pour sauver Condé ; d'autres accusent Catherine de Médici?. Enfin le roi rendit le dernier soupir le 5 décembre 1560. Il était dgé de dixsept ans. Il n'eut pas d'enfants de la jeune et belle Marie Stuart , qui ne passait pas pour^étre insensible aux galanteries françaises. Ce n'est pas sans de vifs regrets qu'elle abandonna la cour de France pour retourner en Ecosse, pays semi-barbare. Le corps de François u fut porté à Saint-Denis , et son cœur demeura dans l'église Sainte-Croix d'Orléans.
La mort de François n fut le salut du prince de Condé; il fut renvoyé absous; il n'en conserva pas moins, dans son cœur, le souvenir de l'affront qu'il avait reçu et le désir de la vengeance.
1560-1574. — Les étals assemblés voulurent se dissoudre, considérant leurs pouvoirs expirés à la mort du roi; mais il fut décidé que la royauté ne mourait pas. Les partis étaient en présence et se disputaient le pouvoir. Le roi n'étant âgé que de dix ans et demi , Catherine de Médieis est chargée de la tutelle et de l'administration du royaume. Ou tint , a Orléans et à Pontoise, des étals- généra ux ; ils firent connaître combien l'administration du royaume était vicieuse. Le roi était endetté de quarante millions de livres; on manquait d'argent ; c'est là le véritable principe du bouleversement de la France. La reine tutrice admet la liberté de conscience. Le duc de Guise et ses partisans s'y opposent. Après le colloque de Poissy , les proiestants obtiennent un édit qui leur permet d'avoir des prêches hors des villes. Le duc de Guise, en passant auprès de Va^sy, en Champagne, trouva des calvinistes qui , à la faveur de l'édit,
chantaient leurs pseaumes dans une grange ; ses valets les insuf. lèrent et en luèrent une soixantaine, blessèrent et dissipèrent le reste; alors les protestants se soulevèrent dans presque tout le royaume. Chaque ville était une place de guerre, et le» rues des champs de bataille. Les princes d'Allemagne , sectateurs de la nouvelle religion, s*uni>sent au prince de Condé. Bientôt il se rend maître du Dauphiné, de la Guyenne et du Languedoc. Eu Normandie, il s'empare de Rouen. La reine d'Angleterre, sa co-religionnaire, lui envoie des troupes. Ils pénètrent plus avant dans la Normandie, prennent Caen , St-Lo , Vire, Falaise et Argentan. Us marquent leur passage par la dévastation et la mort. L'acharnement et la fureur n'ont pas de bornes. Le baron des Adrets, du côle des protestants dans la Saintonge ; Monlluc, du côté des catholiques, rivalisent à qui offrirait , à l'univers étonné, les tableaux d'une cruauté plus horrible et plus raffinée. Août 1502. Les armées royales mettent le siège devant Rouen. Le jeune Charles îx et sa mère, la cruelle Catherine de Médicis, assistent à ce siège. La ville est prise d'assaut le 2G octobre; le pillage dura huit jours. Le parlement poursuit le cours de ses vengeances et de ses atrocités. Les calvinistes, maîtres de Dieppe, usent de représailles.
La première bataille rangée qui se donna fut celle de Dreux. Celte journée fut unique par la prise des deux généraux. Le duc de Guise resta maître du champ de bataille; Coligny, lieutenant de Condé , sauva l'armée. Il laissa dans Orléans son frère Dandelau avec deux mille hommes bien armés, autant de bourgeois en état de prendre les armes et beaucoup de noblesse, repasse la Loire à Gergeau, vient assiéger Caen où étaient Delbœuf, frère du duc de Guise, et N. Bailleul-Renouard. Ils étaient prêts à te n ndre a discrétion, lorsque l'amiral apprit que le duc de Guise assiégeait Orléans, que déjà les faubourgs étaient emportés et que les assiégés avaient perdu huit cents
hommes. Il lève le siège de Caen et marche promptement au secours d'Orléans. Eo route il apprend que les Orléannais étaient sans espoir de salut, lorsqu'un gentilhomme, nommé Poil rot de Méré, voyant le duc de Guise peu accompagé, lui tira un coup de pistolet dans l'épaule dont il mourut six jours après. Un moment de paix succède à ces troubles.' Condé s'entend avec la cour; les catholiques et les protestants, réunis sous les ordres de Montmorency, chassent les Anglais.
Charles ix étant entré dans sa quatorzième année, le parlement déclare sa majorité, le 16 août 1563. La guerre recommence entre les catholiques et les protestants en 156*4.
Pendant la trêve, le chancelier faisait des règlements sur la police, la justice, les étapes ou stations militaires. Un édit ordonnait aux demandeurs en justice de consigner certaines sommes pour être reçus à plaider. Cet édit n'a pas été révoqué, mais il s'abolit par le non usage; cependant, aujourd'hui , les appelants de jugements de juridictions inférieures sont tenus de faire une consignation désignée sous le titre d'amende et d'en justifier avant l'appel des causes. Code de procéd, 374, 590, 479, 500 et 1029.
Un autre édit établissait un siège judiciaire pour les marchands , composé d'un juge et quatre consuls, choisis par le prévôt des marchands et les échevins entre cent bourgeois désignés. Ils jugeaient sur-le-champ et sans procédure les affaires commerciales; leur décision était souveraine jusqu'à cinq cents livres. Cet edit produisit les meilleurs effets; 1° parce qu'il r ognait les ongles à la justice qui , selon Mézeray , mourait d'envie de mettre la griffe sur un morceau aussi gras que le commerce; 2° parce qu'alors les juges étaient choisis dans l'élite descommerçants et qu'ils étaient pénétrés de leur mission, il est arrivé, plus tard, qu'on allait en tirer des derniers dégrés de l'échelle , sans égard & leur capacité ni à leurs droits à un pareil
emploi , ce qui a nécessité lo refus de commerçants honorables de siéger avec des hommes qui ne marchaient pas sur leur ligne. Celle institution utile a donc été corrompue ou méconnue. Les commerçants étaient en droit d'attendre mieux dans les siècles de progrès.
Dans le mois de décembre 1564 fut clos le concile de Trente. Un édit du môme temps ordonne que l'année qui , jusques-là, dans les affaires civiles , avait pris commencement à Pâques, le prendrait de là en avant au premier de janvier, suivant l'usage de l'église.
Und ernier édit porte que le palais des Tournelles serait abattu, la place vendue, sauf une partie donnée par la reine pour faire un marché aux chevaux. Des particuliers achetèrent le surplus pour bâtir ; et la reine commença l'édification du palais des Tuileries.
Nonobstant les articles du traité de paix , on maltraitait les protestants, feignant d'avoir à les redouter. La reine redevint catholique; et , pour suggérer au jeune roi de l'aversion contre eux, sous prétexte d'embrasser sa chère fille, Isabelle de la Paix , épouse de Philippe h, roi d'Espagne, elle lui fait traverser des provinces où les protestants avaient laissé des marques de leur fureur. Son but réel était de méditer, avec le cruel duc d'Albe, ministre de Philippe II, l'extinction de l'hérésie par des moyens violents et sanguinaires. Le duc d'Albe vint côtoyer les frontières de Champagne et de Picardie, lorsque six mille Suisses entraient d'un autre côté. Le prince de Condé et l'amiral de Coligny en conclurent qu'ils n'avaient rien à ménager. Ils projetèrent d'enlever le roi. La reine, à son retour de Bayonne, assembla les grands du royaume à Moulins pour aviser aux moyens de remédier aux désordres qui affligeaient le royaume. Dans son discours d'ouverture, le chancelier trouvait particulièrement utile de donner aux juges des gages assez
honorables pour qu'ils no prissent plus ni ôpices, ni vacations, ni présents, à peine de destitution; qu'ils ne soient nommés que pour irois ans, en chaque parlement, et avant que d'en sortir, qu'ils rendissent compte de leur conduite devant des censeurs nommés à cet effet. Il serait avantageux pour la société, que ces belles propositions soient exécutées de nos jours. Enfin, le 10 juillet 1366, parut le célèbre édit de Moulins en quatre-vingt six articles rélalife : 1° à J'cxerc ce de la contrainte par corps et à l'admission au bénéfice de cession (art. 41 ); 2° à la preuve par témoins qui , dans le civil , ne doit plus être reçue au-dessus de cent livres (art. 54); aux substitutions qui allaient à l'infini et sont prohibées au-delà du deuxième dégré (art. 37).
Le prince de Condé n'ayant pu réussir à enlever le roi, vint bloquer Paris. Les cris impérieux du peuple forcèrent le connétable de Montmorency à livrer bataille dans la plaine de St- Denis, en 1567. Le connétable fut tué d'un coup de pistolet dans les reins, que lui tira Robert Stuarl. La victoire reste incertaine, mais Dandeleau rallie ses troupes et réparait sous les murs de Paris. Cinq jours après, il y eut une suspension d'armes qui ne dura que six mois, parcequelle ne reposait sur aucune autre garantie que la parole de la Médicis. La guerre recommence avec plus de fureur que jamais. Les protestants s'étaient retirés à la Rochelle; Jeanned'Albret y conduisit son fils, depuis Henri iv. La reine d'Angleterre leur envoya de l'argent, de l'artillerie et des munitions. L'armée royale, commandée par le duc d'Anjou, et tes protestants par le prince de Condé, se rencontrèrent dans les plaines de Jarnac. Le prince de Condé tomba sous son cheval ; comme il avait la jambe fracassée , il présenta le gantelet à deux gentilshommes, Argence et Sl-Jean, qui le placèrent auprès d'un buisson. Arrive Montesquieu, capitaine des gardes du duc d'Anjou, qui, l'approchant par derrière, lui cassa la tôle d'un coup de pistolet. Ce lâche assassinat fut blâmé de toute l'armée. Les
huguenoU furent dispersés. Le roi fit chanter un Te Deuiri et envoya le collier de son ordre à Jacrf-ues Rouxcl , seigneur de Médavid, lesEssards, Blanchelande, Lebalu, les Grandes-Occaignes et le Menil-d'Occaignes, etc., etc., capitaine de cent arquebusiers, qui s'était distingué dans celte affaire. L'amiral fit succéder, au prince de Condé, Henry de Béarn. Les secours des protestants étrangers arrivèrent, et une nouvelle rencontre eut lieu dans les plaines de Mon (contour , où les protestants succombèrent. Aucunes de ces batailles n'étaient décisives; les secours des princes protestants se succédant toujours ,. la cour sentit la nécessité de faire la paix : die fut signée à St-Germain, le 15 août 1570.
« Quelle paix, juste Dieu, Dieu vengeur que f atteste : » Que de sang arrosa son olive funeste!