ANTIQUITÉ
époque très-reculée, cependant nous ne voulons pas rien en inférer témérairement. > (i)
Bertds ajoute que, suivant des auteurs, le temple de la Lune à Arlon remonterait à la même époque que le monument d'Igel près de Trêves f car les sculptures et les inscriptions sont les mêmes que celles des pierres antiques trouvées à Arlon. Or il y en a qui pensent que le monument d'Igel fut construit peu de temps après la fondation de Trêves. De là il peut apparaître aussi que l'antiquité d'Arlon pourrait remonter aux environs du temps du patriarche Abraham (2).
Bertels a bien raison de douter de la fondation d'Arlon au temps d'Abraham. Voici ce qu'en pense Wilh. Wilheim^ disquisitiones, lib. 2, cap. XI: A/^'&A'iivx*
• $ 3. Quand et par qui la ville d'Arlon fut-elle fondée? Cela est tout à fait obscur. Car si Berlels, au lieu cité page 150, dit que les arlonnais reculent l'origine de leur patrie jusqu'au temps d'Abraham, ce qu'il avait déjà exprimé luimême à la page 148, cependant ceux, qui sont de son avis se trompent et sont condamnés par leurs propres arguments. En effet, ils affirment que le monu-
(i) Bertels, de oppido Arlunensî, historia Luxemburgensis, p. 246.
Quaodo vere et a qui bu* prima oppidihujus et castri ineoinclusi procesicrit origo (ut ingénue fatear] mihi licet studiosè admodùm perquirenli, nequaqttam ci-iie innotuil. Eruti quîdem et ex fundamentis antiquorum isthic loci structuraruin, mco tempo i e ex* tractî fuere lapides ingentis magnitudinis, ac iî pêne omnes forma? quadriijgularis, quorum sculptural, modus et inscriptiones verborum, summam sibi pntferebant antiquitatem, utpotè uo raina habentes expresse Aventini, Secundini, Felicis, Modesti et Modestii; sed cum horum omnium estâtes ex annalibus expiscari minime nobis licuerit, nolumus temerè quidquam indè definire.
(a) Geterum probabile admodum eràtîmo fanum hoc Luna», omnium suo temporegen* tiiitatis shnulacrorura, quœ per circuitum valde erant frequentia, fuisse pêne amplissimum juxta, ac celeberrimum, quo etiam e longinquo populi istius raodi deinentia capti, ad Lunam ritu idolatrico colendum confluere catervatira assolebant, unde elîam adeo su • perbum et tara magnifias a édifiais ornatum istud evaserit templum, cujus post tôt sœ. culorum circulas et clades îngentes, quas nonsemel perpessa sunt haec loca, ac denique studiosè ab iniquinilis fani et aras factœ demolitiones tam insignes ta raque notabiles hue usque remanserunt reliquiœ, quarum quasdaro ad ornatum palatii Mansfeldicr.... vidimus communîcatas et don o transmisses* Denique et illud veruin reor, quod fanum hoc Lunœ deœ sacrum prkna m originem îisdem acceptam référât auctoribus quibus suam refert acceptam insigne illud nonnroentura quodinpagolgel. .Treverim versus extremo habetur, quippe quorum sculpture» artificium non admodum est dissiraile et pleraque inscription um vocabula eadem ulrobique existant. Sunt porro qui monumentum istud pego Igel non multopost Trevirensis civitatis conditionem constructum esse arbitrât! tu r ; bu quoapparere potest Arlunum cujus antiquitatem in praesenti docere contendimus, circa Abrahss patrîarchae tempera înitîum habursse.
ment que Ton voit à Igel est du même travail et montre les mêmes noms que les vieux monuments antiques naguère déterrés à Arlon, ces pierres colossales et massives et presque toutes carrées. Dans les inscriptions qui les couvrent, on voit càetlà gravés les noms d'Avenlinus, Secundinus, Félix, Jucundus, Modestus, Modeslius. Comme, d'après eux, le monument d'Igel rapporterait son origine aux premiers fondateurs de Trêves, à Trcbeta, il faudrait aussi reporter à ce temps la fondation d'Arlon. Mais combien sont téméraires ces archéologues qui, de toute antiquité, placent dos noms romains à l'extrémité des Gaules, savoir les Avenlin, les Serundtn les Félix, etc.
Ces noms ne sont ni gaulois ni grecs, mais entièrement romains et alors que personne ne pouvait même songer aux premiers commencements de Rome. Oui, cela est exact : les pierres d'Arlon et les pierres d'Igel sont d'un même travail et ont été élevées peut-être par les anciens maîtres ; mais il n'est permis en aucune manière d'en reculer l'existence à une époque antérieure à l'arrivée des Romains dans les Gaules. (1)
Passons le Déluge et Abraham et arrivons à des temps plus rapprochés de nous, quoique bien reculés encore.
Qu'Arion ait été une localité romaine, cela est certain, car cela est attesté par le passage suivant de Yltinerarium Anloninù qui doit trouver ici sa place (2) :
Iter a Durocortoro (Rheims) Treviros usque.
A Durocortoro leugas XCIX.
Vongo (Voncq) XXII.
(i) Quaiidooatii, a qtiibusdain Oiulauuuiii condiluiu ? plané la Ici. Et si euira Berlclius, locoritato, p. i5o, civitim Arlunensium nonnemo patriae suae originero ad Abrabami tempora referai, idemque seiitîat ipse Bertelius page i48. tamen falluntur opinor et vd suopote arguinento jugulautur. Asserunt tnitn monimeo'.um illud, quod ad Aquilas i Igel) cernitur, ejusdem esse oinninè operîs et fere iisdeni cousignatiun noniinibus, quibtit prisca antiquitalis tnouîmenta Arluoi nuper eruta, saia îngentis inagnitudinis et qua drata penè,in quorum inscriptiooibus ex pressa passim nomma avektinï, sbci/koini,
FELICES, JUCUNOr, MODESTE, MOOESTII.
Proindè cum roonimentum ad Aquilas sua m referet origioem ad primos Treviroruin coodîtores et Trebetaro, et etîam référendum erît Orolaunum • Sed nîmiutn stiot audaces isti anlîquîtarii, qui etiam Roman os in Galliam extreraam advocant, Aventino* scibcet, Secundinos, Felices etc., non gallica, non grœca, sed romana plané nomîna, cum necdùm prima roroanai urbîs quisquam meminisset incunabula. Itaque et saxa illa Arlunensîa, et illa în Igel ejusdem sînt operîs, et ab îisdem forte erecta domînîs, at nullo modo Romanorum în Galliam adventum extitisse permittendum.
i »> On prétend que cet itinéraire a reçu son nom d'un officier îomain qui le publia. Suivant d'autres auteurs, l'itinéraire aurait été édité sous les Antonins de 1 36 a 261, puis sous Constantin le Grand) de 3o6 à 337, enfin, celui qu'on possède, dans la deuxième moitié du iv0 siècle. Cest un livre de poste qui a eu plusieurs éditions.