‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 12 sur 102 · ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ

Epoisso (Ivoix, Carignan) XXII.

Orolaunovico (Arlon) XX.

Andethaunovico (Antwen) XX.

Treveros civitas (Trêves) XV.

An besoin, les monuments nombreux et considérables, appartenant évidemment aux Romains, qui ont été découverts à Arlon, au xvie, au xvne siècles, et même tout récemment, protesteraient contre une prétention contraire.

Ce que l'on dénie, c'est l'origine celtique d' Arlon.

Il parait cependant établi qu'Arlon existait antérieurement aux Romains.

A cet égard, la tradition qui recule la fondation d'Arlon à la vocation d'Abraham, a une certaine signification.

Al. mitheim, Lux. Rom. lib. 6, cap. 7, s'adressant aux Arlonnâis leur dit :

t Vous brillez par votre propre illustration ; car, en regard de Luxembourg, vous avez la palme d'une antiquité celtique et romaine (1).

Et plus loin, lib. 6, cap. VIII, pag. 239 :

c Les Romains n'ont pas fondé Arlon, mais à leur arrivée, ils l'ont trouvé fondé, parce que Otolaunum est un mot celte auquel le langage romain a pu donner une forme latine, mais qu'il n'aurait jamais pu engendrer (2).

Déjà, au même chapitre VIII, page 239, le même auteur continuait ainsi :

• Les premiers qui possédèrent Arlon furent les Tréviriens, celtes de nation, sur le territoire desquels c'était un endroit. Les Romains habitèrent ensuite cette localité, engagés par sa position sur la route allant de Reims h Trêves, qui leur permettait de faire le voyagea des jours justement partagés, et puisque presque tous les écrivains sont d'accord pour reconnaître Auguste comme Fauteur des voies consulaires, il est à croire que cet empereur lui-même s'occupa d'arranger Arlon comme une station sur une voie publique (3).

(i) Vos luce propriâ corruscatis : prae Lucîliburgo v es Ira est celticic Roinanaque antiqoitatis pal ma.

(2) Orolaunum non condidère, sed conditum îeperère venientes Romani ; vel argumente celticî vocabuli, quod latînus sermo utcumque efferre, parère aulem haudquaquam poluit.

(3) Prîmî ergo habuére Celtarum natio et Treviri in quâ génie locus: coluere deîn Romani, ductu invitante viae, quâ Treviris Dtirocorlorum justis dierum in ter val lis, iter. agerent. El qoando Angustum, viarnm consularium auctorera, uno consens u omnes modo iitterarii faCentnr, îpse, opinor, Orolaunum ad stationem vise publierc adornavît.

26 HISTQIfiB P>R*.ON.

L'autorité des'Wiltheim en ce point est QMtfâtàQ At suivant des auteurs, rien ne prouverait l'existence d'Arlon antérieurement ï la daminatiM des Romains dans les Gaules (i).

Cette opposition h l'origine celtique d'Arlon eatreMe fondée?

Or* et lauwt)}, #r ou ar et toi sont des vocables celtiques que les Bpiuains ont trouvés et perpétués. Car, ainsi qu'pn Ta vu au chapitre précédent, cps vocables ce rencontrent 4*Q* des loealités purement celtiques de l'ancienne Gaule.

C'est ce qu'Ai. Wiltkeim avait déjà entrevu, Lux. Rom. lib. 6, cap. 6. page 887 :

• L'ancien et le véritable nom est Orq^num, ain^ lu dan? le çqfliî des voies romaines par <}e graves et très-savants auteurs, Hyejionimus Sujuta, m regio neapolitano, Blandinensi el Longoliano; Andréas Scholtus in Cmaraugustano et Valentino. 0rt il est certain que beaucoup de noms primitifs de villes et de peuples de la fiaqle et de Iq Germanie sont terminés en launum, tels que Durocofalaunî, Legauni, Veilmni, Vellaunoduuum, Segalauni ou Segovellauni, Bmlauni, Alaunia, et il est facile de conjecturer que le vocable lat^num est un vieux mot celtique ou teuton, quoique la signification en soit inconnue. On ne sait p^s davantage ce que veut dire le CQfpqaenpproent d'Orolaunum» bien que ce soif du vipu* celtique, pomme Je prouve le m^^ûromansac^ qui est celui d'un ancien peuple de la Belgique > (i).

y$ voçab|^ d'u$ nom fle Huglité (fons wtrç prince, qui ce nfltwuvent en nombre dans des pays évidemment et anciennement celtiques, cent celtiques de toute certitude. C'est alors le cas de dire : la langue, c'est la nation; le mot indique le peuple.

Àrlon est donc une localité celte antérieure & l'invasion romaine.

Tout semble confirmer cette assertion.

Sur les monuments funéraires antiques trouvés à Arlon, plusieurs personnages sont revêtus du bardo-çucullus et du sagum purement gaulois,

(i) V. M. Schayes. Les Pays-Bas avant et durant la domination romaine, 2 vol. in 8*, Bruxelles, 1837. a° partie, chap. XII.

(1) Vêtus verumque vocabulum est O minimum nique légère in îtinertun Rnmanorum codibus, graves doctissimique vin", Hierokimus Surit*, in regio Neapolitano, Blondiniensi et Longoliano ; Andréas Scholtus/// Cœsaraugustano et Valentino ; constat porro priscamultaGallin Germanîsque Urbium Populo ru in nomina eiiisse in launum , ut Durocatalauni% Legauni, Fellauni, VeUaunodunum, Segalauni vel Segovellauni> Benlottni, Alaunia, conjectura facilî velus esse celticum tetooicumve vocabulum launum, quanquim tncompertum quo significatu. Nec raagîs notum Orolauni principium etsî celticum vêtus es$t probent Oromansaçi, Belgii quondam populn

ANTIQUITÉ. Wl

ce qui indiquerait une population gauloise, c'est-à-dire germano-celte, ancienne sans aucun doute, qui s'était conservée pure et sans mélange du sang romain.

D'un autre côté, la cité de Trêves n'était pas un vaste désert dépeuplé, comme le prétendent quelques auteurs. D'où seraient donc venus les nombreux cavaliers et fantassins que les Tréviriens opposèrent à César, à plusieurs reprises? La Cité de Ttèves ne se composait pas seulement d'une population réunie dans un espace plus ou moins restreint, dans le genre d'une ville, mais également de plusieurs peuplades éparses sur un territoire étendu.

L'antiquité celtique d'àrlon parait donc à peu près certaine; à quelle époque doit-on placer sa fondation première. Lk est le doute, là sont des ténèbres où il est impossible de porter la lumière.

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