CHAPITRE III
Importance d'Arlon sous les Romains.
Nous ne savons pas précisément ce qu'était Arlon avant les Romains. Des Celtes, il ne reste qu'un nom; encore, est-ce contesté.
Pour Arlon, comme localité romaine, les vestiges, les souvenirs sont nombreux : ils ont même été retrouvés de notre temps.
Quelle était l'importance d'Arlon sous les Romains (1)?
C'est d'abord une question de savoir si Orolaunum était une cité, civitas ou une ville, urbs. La solution dépend du point de vue auquel on entend se placer.
Suivant quelques auteurs, c'était une cité, civitas. Selon toute apparence, ils s'exprimaient dans un sens restreint : ils entendaient parler d'une simple réunion d'habitations (2).
( i) On peut recourir avec une certaine confiance aux ouvrages des Frères Willàeim, jésuites a Luxemlioiirg; ce sont d'excellents guidés pour tout ce qui concerne nos anti» quités provinciales, quoique leur savoir ne dépassât point en général les écrivains de la haute et de la basse latinité.
(i) Nunc ingens et ambîtiosa quœstio, fueritne Orolaunum civitas? Alberieuê haud dubîtavit. Memorans quippè Orolaunum, seu ùt appelât ipse, Castrum de Etions, inox addit : « Quod tempore paganorum fuit civitas. » Sed multô luculentiùs Codex aotiquus Cœnobiî D. Hubertî in Arduennâ : « Videns abbas copia m magnorum lapidum, in (undamento veteris quondam ci vi ta lis, nunc autein pro Castelli mœnibus abbreviatis.. . »
H is auctorihus, Orolaunum in sensum civitatum recipilur; nec pugnem ego si lato sîgnificatu locuti sunt. Civitas enim est, ût summus loquendi mugis 1er Cicero : « Conventiculum seu cœtus bominum jure sociatus... At civitatis arc dus est, contractiusque vocabulum, ut ait urbs moeiiibusmurisqueclausa,vîcisetplateisdistincta,qualè an Orolaunum ?
(AI. Wiltheim, Luxemburgum Romanum, lit». G, cap. 6. pag,, 127).
Cest une grande et ambitieuse question de savoir si Arlon fut une ville ? Albericus n'en doute pas. Faisant mention à* Orolaunum ou, comme il l'appelle, du château de Er lonê t bientôt il ajoute : ce fut une ville du temps du paganisme. Mais |e Cantatoire de l'antique monastère de St- Hubert s'exprime plu? particulièrement : s L'abbé voyant Une
30 BUTOIRS D'ARLON.
De nos jours, nous confondons k peu près dans la même signification les mots cités, villes : il s'agit d'une réunion plus ou moins considérable de maisons habitées, ordinairement fermée de remparts ou de murs et distincte des bourgs et des villages.
Quelles étaient les divisions du Pays sous les Romains ?
Les lettres du Sénat s'adressaient ainsi : Senatus Populusque Romanus Prœconsulibus, Prœsidibus, Legatis, Ducibus, Tribunis, Magistratibus ac singulis Civilatibus et Oppidis et Vicis et CastelUs, salutem.
On trouve encore dans le codÔSfhéodosien, au livre X: C i vitales , munû cipia, vici, castella.
Qu'était-ce que la cité, civitas? La cité était une grande étendue de pays avec une métropole.
La Belgique première en comprenait quatre :
Metropolis civitas Treverorum, Trêves ;
Civitas Mediomatricorum Mettis, Metz ;
Civitas Leucorum Tullo, Toul ;
Civitas Virodunensium, Verdun (1).
Dans la cité étaient renfermés les colonies, les municipes, les via, les castella et les villages (2).
Dans l'itinéraire d'Anton in, Orolaunum est appelé Viens. OroJaunum n'était donc pas une cité, mais il était compris dans une cité, celle de Trêves.
Orolaunum était donc un vicus, c'est-k-dire un endroit composé d'habitations plus ou moins nombreuses, sans murs, sans fortifications, avec un territoire étendu qui lui était soumis (3) ; avec une magistrature, des fonc-
quantité de grosses pierres servant de fondement à ce qui fut autrefois l'antique cité, aujourd'hui étroitement renfermée dans les murs d'une forteresse... .
Selon ces auteurs, Orolaunum doit être considéré comme une ville. Je n'y fais pas opposition si ces auteurs se sont exprimés dans un sens large. Car comme le dit le maître de l'éloquence Cicéron : une ville est une réunion ou assemblée d'hommes soumis à une règle commune.
Mais le mot cité ou ville a une signification plus étroite, plus resserrée. Ainsi serait une ville renfermée dans des murailles, partagée en rues et en places ; en serait-il ainsi d'Orolaunum ?
(i) Libellus provinciarum Imperii Romani.
(ai Quomodo coïonias, municipia, vicos, castella et pagos in civitatibus conttneri, rectè traditum ab Isidoro, accepte sic quoque in eorum numéro Orolauno (Al. Wiltheim, ibid).
(3) Vicum ergô intelligo plurium conjoncttonem œdium absque mûris aut mœnibus. ....Tantia auctoritatibus Orolaunum non est civitas, sed vicus. (Al. Wiltheim, ibid p. 3281.
IMPORTANCE SOU» UK MMIA1NS. 8*
ttonnaires, des employés, peut-être avec de* école». Du moins devait-il y «voir de l'instruction, y briller un certain culte des arts, ce qui est attesté par les figures, les scènes et les inscriptions de ses monuments. Ces monuments antiques du Peuple romain si importants et si nombreux prouvaient qu'Arlon l'emportait de toutes manières sur les autres vki de \% province, tels que Yvoix, Anlwen, Buda (1).
L'Arlon du moyen-àge, Gamme l'Arlon moderne* était circonscrit dans une enceinte fortifiée ; mais YOrolaunum viens se développait en-dehors de cette enceinte; c'est ce qui sera établi plus loin. U s'agissait dooe d'une réunion d'habitations assez considérable, et comme tel, Orofaunum> selon toute apparence, était administré k l'instar de tous, les municipes romains.
La Curie, formée de tous les habitants, soit qu'ils fussent nés dans l'endroit, soit qu'ils fussent venus s'y établir, possédant une propriété foncière de 25 arpents, et n'appartenant pas à la classe des privilégiés, nommait les officiers municipaux locaux, savoir :
1° Magistratus, ceux qui avaient une certaine juridiction et jouissaient de certains honneurs, tels que :
a) Duumvi*, dictator, prœtor, qui présidait la Curie et dirigeait l'administration générale des affaires locales ;
b) Aedilis, qui était chargé de l'inspection des édifices, des rues, des approvisionnements de grains* des poids et mesures ;
c) Curatori à qui l'administration financière du municipe était confiée ; 2° Munera* les employés sans juridiction,, sans dignité. On y comprenait :
Susceptor, le percepteur des impôts ;
Irenarchœ, les commissaires de police ;
Curatores, les employés chargés de tel ou. tel service municipal en particulier ;
Scribce, tes employés subalternes dans les divers offices, parmi lesquels Tabettiones, ceux qui remplissaient les fonctions de notaire de notre temps.
li) His universira de vicorum conditioue disputa lis, nunc îpse perse legentis animus,- Orolauno vico singula, haud operosè accommadaverit. Fuisse nimirum caput région ia cir ctitnjecUe, cura suo magîstratu et lit ter arum magîsterio. Quae et in ceteros Proviuciœ nostrae vicos, Epofesum, Andethannara, Bedam, portionc valent. Orolauni ta m en praecipua supra bos omnes clarilas, indicio tôt veterum populi Romani monimentorum. (AT. Willheim. Lux. Rom., ,ltb. 6, cap. 6, pag. 329).
Sur la fin de l'empire, on créa, en outre, la charge de Defensor, pour défendre le peuple contre l'oppression et l'injustice des officiers impériaui et de leurs employés. Son importance et ses attributions surpassaient celles des autres officiers municipaux (i). Les évéques remplirent ces fonctions; ce qui leur donna beaucoup de crédit.
Les fonctions municipales ne consistaient pas seulement à administrer les affaires du municipe, ses revenus, ses dépenses, k répondre de la gestion personnelle et des besoins de la localité auxquels les curiales étaient obligés de pourvoir eux-mêmes, en cas d'insuffisance des ressources; mais encore à percevoir les impôts publics, sous la responsabilité des biens propres des curiales, en cas de non recouvrement.
Déjà l'importance de l'Arlon romain se révèle par son étendue, par ses fonctionnaires locaux, par leurs attributions. Orolaunum était, en outre, une station sur la voie consulaire ou impériale de Reims k Trêves.
Etait-ce une mansio ou une mutatio, ou toutes les deux k la fois ? Les Romains appelaient mansio l'endroit où l'on passait la nuit ; mulatio, l'endroit où l'on changeait de bétes de transport (2).
Orolaunum était k la fois une mutation et une mansion, relai et étape.
La raison qu'en donne AL Wiltheim, c'est que, entre Reims et Trêves, la distance est trop grande, pour qu'on fasse le voyage sans passer la nuit dans un ou plusieurs endroits. Ces endroits sont indiqués dans l'itinéraire d'Antonin : Voncq, Yvoix, ArUm, Antwcn. Il fallait un jour pour franchir la distance qui séparait ces localités. Entre ces mansiones, il y avait les mulationes ou relais de chevaux, de mulets ou de bœufs. Un de ces relais existait k Etalle (Stabulum).
Quel était alors le développement de l'administration des transports publics? Quels en étaient les directeurs, les employés?
Ici, je suivrai pas k pas l'auteur du Luxemburgum Romanum.
c On trouvait dans les maniions les édifices etJes lieux publics suivants: c Des auberges et des écuries pour ceux qui voyageaient à cheval ou en voiture; des greniers pour conserver les récoltes et les fourrages; des celliers pour renfermer les liquides, des offices ou magasins pour recevoir les mar-
(i) M. Guizot. Essai sur l'histoire de France. Premier essai.
(2) Cujus modi Consularis vie statio fuerit Orolaunum, an mansio, an mutatiOf an utrumque? tum quis ibi esset publiai cursus apparatus, qui prsefecti, quîve ininistri? -- Mansionem dixére Romani ubi ad pernoctandum, mutationem ubi mutanda jumenta. Cum Orolaunum fuerit vieus, praebuisse et mansionem et mutationem (Al. Wiltheira, ibid. Lîb. 6, cap. 9, p. a4o et a4i).
chandises ou deorées. En effet, dans les mangions, toutes espèces de vivres étaient réunies, aux frais du trésor public, pour être distribuées aux militaires, aux magistrats ou aux fonctionnaires, et à toutes les autres personnes auxquelles le Prince avait accordé le pouvoir de voyager publiquement par des lettres de transport, Iractorias, comme on les appelait. Ces lettres indiquaient tout ce qu'il était juste que le porteur reçut dans les Mansions. Aussi, voyaiton dans ces endroits, surtout dans les plus célèbres, de vastes et somptueux édifices, sans compter les habitations des magistrats de la poste publique et celles de leurs serviteurs ou aides.
c De ces magistrats, de ces serviteurs, il y avait plusieurs classes.
c Les principaux fonctionnaires des postes dans les stations ou les mansions, étaient appelés Présidents, parce que la direction et le soin des affaires des transports sur la route leur avait été adjugés par un acte public. Ils présidaient, en effet, aux voyageurs publics que les affaires amenaient par leur résidence, veillant à ce que le voyageur ne dépassât pas le genre de transport qui lui était accordé ; à ce que personne ne dérobât les bêles de transport, à ce que le fourrage ne manquât pas à celles-ci, à ce qu'elles fussent achetées et préparées en nombre suffisant.
c Or, ces directeurs étaient pris quelquefois (sans doute suivant l'importance de la localité) parmi les personnes qui, après avoir obtenu les honneurs de comte, de gouverneur ou d'autres offices publics, se trouvaient affranchies, par lettre ou par codicile, de toute charge civile locale. Quelquefois aussi, le Proconsul les désignait parmi le corps de ses employés et les gratifiait ainsi d'une mission dont il les jugeait dignes. Enfin, à défaut d'autres personnes, on choisissait ces directeurs parmi les juges et les magistrats civils des villes et des municipes. 11 était défendu aux directeurs curiales, sous des peines pour les délinquants, de s'absenter des mansions au-delà de trente jours. La durée de leurs fonctions était de cinq ans. Alors, devenus perfectisnme$t ils étaient classés parmi les ctarissimes et les privilégiés, et gratifiés de l'immunité de toutes charges publiques (i).
(i) Pour comprendre ce passage de l'auteur, il convient d'indiquer ceui qui, depuis Dioclélîen jusqu'à la chute de l'empire romain, payaient les impôts publics et les charges locales et ceux qui en étaient dispensés. Nous extrayons ce qui suit des Essais sur t histoire de France par M. Guizot, premier essai.
Les propriétés des municipes avaient été confisquées au profit de l'Empereur, les charges municipales restèrent les mêmes. La Curie, les décurions étaient tenus d'y pourvoir sur leurs propriétés personnelles, ils étaient déplus percepteurs des impôts publics et responsables de celte perception ; leurs biens propres suppléaient à l'insolvabilité des contribuables envers l'Etat. La qualité de décurion fut la plus onéreuse de toutes les conditions sociales ; c'était celle de tous les habita nls aisés de tous les municipes de l'empire.
L'exemption des fonctions curiales fut un privilège concédé par l'Empereur. A mesure que les privilèges étaient accordés, les charges des décurions augmentaient. Aussi, essayait-
84 BUTOIR» d'ahlon.
• Outre les directeurs* il y avait les entrepreneurs de la poste et des transports militaires, ainsi que des préposés aux voitures.
c A ces fonctionnaires étaient attachés des gens de toutes sortes: des eonrriers, des écuyers (c'est-à-dire ceux qui soignaient les écuries), des cdressters fabricants de voitures ; des charretiers parcourant les routes, soit à ckevaft, soit en voiture, étaient employés à diverses occupations ; etf outre* dos palfre* niers et des muletiers qui avaient soin, ceux-ci des mulets, ceux-là des chevaux j enfin, les médecins de mulets, connus seulement sous ce nom* quoiqu'ils s'occupassent aussi de guérir les chevaux - >
i Les bêtes de transports dans les mansions étaient de presque toute! les espèces, quarante chevaux, des âne», des mulets, des bœufs j»
c Aux fonction naires qui résidaient dans les mansions* il faut ajouter les collecteurs, $uêceptores. Leurs fonctions consistaient à recevoir des contribuables et des receveurs de province, l'argent, les denrées, les épiées, à les conserver dans des magasins et à les distribuer aux soldats. A cet effet, une loi de Valentinien les obligeait à avoir, dans les mansions, des mesures d'airain, de pierres* avec des setiers et des poids. Us exerçaient cet emploi pendant un an ; il y en avait deux pour chaque province, et afin que, selon le besoin, ils pussent agir à la fois, dans les villes, les forteresses et les endroits où existaient des mansions, ils y avaient des suppléants de leurs offices (des délégués)*»
c Tels étaient dans les mansions, les magistrats, les fonctionnaires. >
c A côté d'eux, on trouvait encore les entrepreneurs chargés de lf entretien et du pavage de la route, et leurs ouvriers. En outre, l'opportunité d'une grande route engageait à se livrer,, dans les mansions, au commence des marchandises et au négoce en général. »
• D'après l'énumération de tontes ces choses, on peut comprendre le bel aspect que présentaient les mansions» ainsi que le concours si l'afflueric* des personnes, à canse tânf de lai grandeur des édifices publies, de l'élévation- (tes magistratures et du nombre des employés et des serviteurs; Maintenait, <
on d'en sortir, maisdes lois nombreuses enfermaient chaque décuriun daossa curie, comme daos une prison. Us ne pouvaient s'absenter au-delà d'un terme fixé, se réfugier h k campagne, entrer dans l'armée, ni se faire clerc, lorsque la religion chrétienne fut celle de l'Etat.
Les exemptions des fonctions et des charges municipales étaient accordées : à l'armée toute entière; —au corps entier du clergé; — aux sénateurs et aux claritoimes, qui comprenaient tous les fonctionnaires publics de quelque importance, tous nommés et révocables par l'Empereur.
Pour un curiale, il fallait passer par toutes les fonctions municipales, depuis celle de simple membre de la curie jusqu'aux premières magistratures de la cité. Alors seulement,, les décurions pouvaient devenir militaires, clercs, fonctionnaires publics et sénateurs.
une mmsion était en même temps un vicus, tout cela avait beaucoup plus d'importance, et l'esprit peut facilement &e représenter le simulacre de ce que étaient autrefois les vici de notre province : Arlon, Yvoùc, Anlwen, Beda, Au- $wq9 encore bien qu'on ne trouvât pas dans tous, ni la même, ni une égale splendeur des habitations et des habitants ; c'est ce que les ruines et les vestiges découverts semblent dénoncer. Beaucoup de débris ont été rencontrés à Anlwen, mais la plus grande masse en a été mise au jour à Arlon (1). >
(1} Fuôre in mansionibus «dificta locave publies haec]: Stabula seu diversoria, iterequo aut vehjculfs facjputium ; horrea servaodo frumento et pabulo ; celles liquoribus oustodieadîs ; apotbecae speciebus recipiendis, quando genus omne victûs in mansionibus, sumplu publîco habebatur, eroganduro militi, magislratibus, cae te risque quibus â principe public! cursus concessa potestas, lilteris quas tractorias dixêre. Id his scriptum quid quemqye in mansionibus accipere jus tu m essai* Hînc efficitur mansiopuns amplas fuisse operosasque aedificationes, maxime celehriorum ; ne jam commémorera habitacula Magis Ira tu u in publie! cursus atqueministrorum. Horummulla gênera: prœcipui mancîpes, stationum noansioQumvc praesides dicti, quod publiée tîs elocata rei itinerariœ curatio. Itaque cursui publîco, quâ suas sedes cootingebat prœtervehi, pracerant videntes, ne roo dam cursus viator excederet, ne auimalia quis subduceret, hisne pabulum deesset, coemptaque et preeparala ut esseut. Sumpti porro mancîpes inlerdùm ex iis, qui per epistolas seu codicillos, impetrato honore comitivae aut praesidiatûs aut ration um, ab oroni se civilî muoere removerant. Interdùm ex offîcio seu corpore ministrorum Proconsulis ; nimirum a Proconsulibus missione donati, idoneique eo munere habiti. Interdùm, si deessent alii, ex aurialibus, hoc est Judicibus Magistratibusve civilibus urbium atque municipiorum. Maocipibus nefas ultra trigesimum diem mansionibus abesse, delinqnentibus poenâ constituai. Munetis tempus quinquennium. Turo facti perfectissimi, hoc est, clarissimîs et speclabilibus medii, immunitate donabantur.
Prœter mancîpes fiuVe procura tores cursus, clabulares (qui tardior) et prsefecti vehiculorum.
Horum ownjum diyersœ familiœ, in qui h us verbedarii, stra tores (stabutî magtstros diceret noster usus), carpenlarii, qui carpenta faciebant, catabulenses , qui per iter equis atque vebiculis in complura obsequia aderant; adhœc bippocomi et mu lio Des,, quorum, illis cura equoruro, il lis mulionum ; denique inuloraedici, ipso nominis argumenta notum geous ; quanquam et equis medebantur.
Jumenta porro in mansionibus erant omnis propè generis ; equi XL^asîni, mules, boves.
Mansîonuro quoque muoiis addendi susceptores. Munus eorum. a provincialibtis, pas* sessoribusque pecunias. annonas, species suscipere, servare susceptas, militique erogare ; lege a Valentinianolata, ut ei rei in mansionibus modiiaerei,lapideivecum sextariis atque ponderibus baberentur. Magistratum anno uno peragebant, bini in unâquaque Provincia nec supra eum numerum; ut fuerit eis discursu opus per ci vitales, cas tel la, vicos, ubi raansiones, nisî vicarîos h.Jmére muneris. Et bi mansionum Magistratus, baec minîtleria.
Proximum eorum geoeri, Negotiantes vise stratœ, quorum in Interamnatesaxo memorîa, quosque interpréter in linnc sententiam, ut fuerint quibus visa publicae opportunités, mercimioniis et negoliationi gerendae, per mansiones degere suadebat...»
Quas cuncta ad bue enumerata, speciem praebenl mansionum fréquent iœ et celebritatis, tum aedificiorum publicorum ampliludine,tum Magistratuum dignitate, ministeriorumque numéro. Nunc, quando mansioues fuére vici, in hoa eadem omnia asstiniatione trabenda ; ut jam tandem aliquando vicorum Provinciœ nostrae veteruin simulachra fuère quaadam,
Aussi, peut-on dire, non sans quelque raison, qu'après la métropole de Trêves, Arlon était la localité la plus considérable, la plus importante de la cité Trévirienne, sous les Romains.
Les faits eux-mêmes ne laissent aucune incertitude sur l'importance d' Arlon, vers cette époque.
Je veux parler des vestiges des fortifications romaines du castrum Orolauni retrouvés en 1671.
En cette année, après l'évacuation du Luxembourg par les Français, on mit en délibération si l'on achèverait de faire d' Arlon une forteresse régulière, ou si l'on raserait au niveau du sol les remparts qui en faisaient une place fermée. Le dernier parti l'emporta ; les vieilles murailles arlonnaises furent abattues (i). Al. Wiltheim en fut témoin. Voici ce qu'il raconte :
c Au milieu du rempart était caché cl comme enseveli un mur d'une si grande dureté que, à l'instar d'un rocher solide, il pouvait difficilement être rompu avec des pinces et des marteaux; il fallut des coins enchâssés par intervalles et de la poudre mise par places, pour l'arracher de ses fondements et le renverser. J'ai vu alors gisantssur le sol d'immenses fragments de murailles, tandis qu'une partie entière restait encore debout. Comme celle-ci était endehors de l'enceinte et offrait dans le terrain une forme recourbée, j'ai compris que les fortifications d'Arlon présentaient une promenade circulaire. L'épaisseur de la muraille était si grande qu'elle pouvait permettre à un char de passer. Dans l'intérieur et à des distances égales, on remarquait certaines projections circulaires en forme de petites tours, si ce n'est qu'en dedans, il n'y avait rien de creux ; c'était au contraire un seul et antique travail de maçonnerie avec le reste de la muraille, pour renforcer et soutenir tout l'ouvrage. >
• Dès que les débris du mur furent couchés parterre, on vit que, pour fondement, on avait amoncelé d'immenses blocs de pierres, les unes carrées, les autres triangulaires, d'autres sous des formes différentes, toutes remarquables
fas sit animo concipere, Andethannœ, Orolauni, EpoHssi, Bedae Ausavœ. Quanquàm non omnibus eadem, nec par ubique habitaculorum atque incolarum splenclor, quod reliquias protiteri videntur. Cùmenim cœterorum tantœ non sint, magnas supersunt Andethannae, maximse Orolauni ut jam dicluro, fusiusque posthac comprobabitur. Bedae etiam et Epoïssî nonnulla dignitatis aestimatio, quod et vicus in castra, seu oppida evaserint, de quibus suo loco deiuceps agendum.
{AL Wiltheim. Luxemburgum romanum. Lib. 6. cap. X. p. a4i).
(i) Prîdem senatus noster bellicus, incertâ délibéra lio ne pependerat, operibusne Orolaunum ad justes munition is formant circumdaret, an autem solo aequatis, quae erant qualiacumque, mœnibus, nudumapertumque nlinqueret. In diuturno sententiarum certamine vteit posterîor {AL Wiltheim, Lux. Rom. lib. 6, cap. X, p. 24a).
par des inscriptions, par des figures entières, ou par des troncs ou parties de personnages en relief, et entre ces pierres de nombreux et de grands fragments de corniches, de frises, de chapiteaux et de piliers ou colonnes; toutes étaient couchées les unes sur les autres, tellement pressées et justes, qu'elles présentaient l'apparence d'une autre muraille, mais sans chaux; en effet, par leur propre poids, elles reposaient immobiles. >
c Dès que, avec les plus grands efforts, elles furent déplacées et séparées, elles tinrent les yeux de tous dans une incroyable admiration.
c L'ensemble de tout l'ouvrage était-celui-ci : une partie de la ville d'Àrlon repose sur le roc ; dans l'autre partie, il n'y a pas de pierres, mais seulement un sable grossier. Au-dessus de celui-ci on avait entassé une forte couche de gravier de rivière ; au-dessus de ce gravier, de grosses pierres longues et larges, en les ajustant très-épaisses les unes au-dessus des autres. Le mur était construit sur les pierres. A l'extérieur de la ville et à partir du sable, une couche d'argile s'élevait, tellement épaisse qu'elle formait un lit au gravier et anx grosses pierres jusqu'au mur maçonné. On voulait sans doute que l'eau qni découlait de l'intérieur de la montagne ne pût délayer et entraîner le sable avec elle, ce qui arrivant, tout l'ouvrage risquait de s'écrouler. >
t Au surplus, dans les premiers moments de la découverte, les dires et les opinions furent divers. Suivant l'interprétation des uns, ces pierres étaient les restes d'un temple magnifique, et même du temple de la Lune, dans lequel était placé l'autel de cette déesse, et qu'enfin aujourd'hui, il n'était plus possible de contester que c'était bien de cet autel qu'autrefois le nom de la ville avait pris naissance. Les autres voulaient que ce fussent les ruines d'un grand palais d'une vaste et magnifique structure. Mais les objets eux-mêmes repoussaient ces conjectures. En effet» ces masses de pierres n'étaient pas autre chose qu'une réunion de monuments sépulchraux (i). •
(l) Cœptum ergo opus, et primùm diruta val la nostrae el superioris mémorise, tam quse saxo, quàm quse terreno opère seu aggere constatant. La te bat ahditus în medîo aggere mur us tant» firroitatîs, ut cura vectîbus et malleis, rupis instar solides, aegrè diffringi possel, subjeetîs per inlervalla cunîculis, inditoque nitrato pulvere, ab ipsis fundamenlis revulsus fuerit. Vidi dejecla solo immania murorum fragmenta, subîndè adhuc stante parte intégra. Ex hâc, ut erat foras et inagrum reçu r va, întelligebam inorbein circumambulasseorolaunensia raœnîa. Crassitudo porro mûri ta nia, quse currum transeumtem caperet. Interiùs per aequalia spatia, projecturis quibusdam semicircularibus protuberabat, parvarum modo turrium, nîsî quod uihil inlùs cavum, sed unum soiidumque cum reliquo muro coementitiura opus, credo ad firmamenlum sustentaculumque operis. At ubî ruinas mûri procubuerant, ibi pro fuml.nnenlo substrats erant iramensœ saxorum moles, în quadrum aliae, alise in triangulum, aliter alias efformatœ, omues scripturis atque simulachris aut semulachrorum ingentium truncis notatas, et inter hase subîndè corouidum, zophororum epistîlîorum, pilarumque benè magna fragmenta. Incumbebant haec cuncta sîbi invicem, ita dense aplèque, ut alterius mûri speciem praeberent,sed absquecalce, quippesuâ mole immobiliter cubantie. Summo tamen labore sejuncta atque evoluta, oculos omnium in
36 HISTOIRE ft'ARLON.
Les fondements des fortifications d'Arlon se composaient donc de fragments de monuments nombreux, grands et magnifiques, entassés les uns sur les autres. Pourquoi avait-on détruit ces monuments et les avait-on employés de cette manière ?
Les Romains, voulaient, dit-on, fortifier Arlon que sa position y rendait très-propre. On était pressé par les Barbares qui accouraient en foule se ruant sur les Gaules. On prit les matériaux qu'on avait sous la main. Les blocs étaient tout façonnés, il suffisait de les entasser, de les monter, et on acheva d'établir la muraille au-dessus.
Comment s'y dé terminait- on, malgré le respect des Romains pour les morts, alors qu'autrefois c'était un grand crime que la violation des tout beaux.
D'abord, on y Ait contraint par la nécessité. Ensuite, & ce moment, Arlon comptait déjà des chrétiens (i). La destruction des monuments de l'idolâtrie, prescrite d'ailleurs par les édits des empereurs, était un acte dans les idées nouvelles, auquel on put se prêter facilement (2).
Quelle était l'étendue habitée àelOrolaunum viens ï Le Ca^/rum ne comprenait pas toute cette étendue : on n'en avait enfermé qu'une partie entre des murailles, la partie la plus élevée.
Le CanUUorium de St-Hubert raconte, §. 28, qu'en 1065, lors de la visite de l'abbé Thierry I à la comtesse Adèle d'Arlon, il y avait, en-dehors
incredibili adxniratione tenuerunt. Operis porrô compactera lise : Orolauni, quâ parle à Luciliburgo ulterius pergittir rupes ; ab altéra verù nullae, sed tantum sabulo. Huic impositum atramentiim glaresc fluvialis, durura admodùm, suprà hoc magni lapides série longâ et la ta, sibi invicem densissimè iocum bénies j suprà lapides tnurus erat. Extra urbem argilla e sabulo ascendebat, ita aggesta, ut accu m béret lateraliter glaress et magnis saxis, usquè ad murum : .ne scilicet aqua interiùs ex monte fiuens diluerct, secumque aveheret sabulum ; qno facto cuticta corruissent. Cetcrum, ad rei novitatem, multus secotus est serrao, varia opinantium. Erant qui templi magnifie! reliquias interpréta* rentur, et adèo si superis placet, illud î.unœ saerum. Proindè in eo stetisse aram illam et nunc demùm extra controversiam esse, ab eâ arâ quondam oppido partum nomen^ Alii relîquias ingeutis esse palatii, structura vasti atque magnifici volebant. Sed contra liant res ipsss, dim aliud nihil faerît moles ista saxea quàm congesta sepulchralia monimenta.
{AL Wiïtkeim, lux* Rom. Ub. 6, cap. X, p. a4a.)
(i) On a constaté des traces du christianisme dans le Luxembourg, qui remonteraient au deuxième siècle. Saint Maximal, évêque de Trêves, mort en 55 1, se rendant dans sa chrétienté d'Ivoix, passait a Arlon et devait y exercer les actes de son saint ministère.
(2) Mûris circumplexum, substratis fundamenti, loco sepulchrorum iminanîbus allis tôt saxis, sacrosanctis quidem olira, nec nisi sine îngenti crimîne violandis, sed tune irreligiosis, îmè profanîs, et plané detes tandis, legede Arts (qualesinter easaxa plurims) svbruendis latâ, consulat» Philippi et Bassi. (Al. Wiilheim. Lux. Rom. lib. 6, cap. XIV,
des murailles, de grosses pierres provenant des constructions de l'ancienne ville, jadis plus étendue que la forteresse.
Ces habitations renversées de l'ancienne ville, en-dehors des murailles du Castrum, qui n'avaient jamais été réédifiées, c'était, selon toute probabilité, les invasions successives des Barbares qui les avaient ruinées, notamment celle des Huns en 451 . Leur passage à Arlon semble rappelé par le Hunebour, la fontaine des Huns, située k droite de la route de Guirsch, à la sortie de la ville.
UOrolaunum-romanum s'étendait donc au-delà de l' Arlon actuel. Les limites au nord et au midi peuvent être assez facilement déterminées.
Dans la propriété de M. Sancy, sur le chemin d'Arlon & Vieille (au nord d' Arlon), en 1842 et 1844, en creusant les fondements de la maison et plus tard, dans le jardin, en établissant un plant d'asperges, on a mis au jour une partie d'un cimetière romain. Un chemin venant d'Arlon 5 conduisait; il a conservé le nom de chemin des morts (Todenweg).
A l'opposite, au midi, k l'encoignure des routes de Luxembourg et de Longwy vers Arlon, en creusant les fondements d'une maison, on a découvert, en 1849, un second cimetière romain.
Si VOrolaunum romain pouvait s'étendre jusqu'à ces deux points extrêmes, certes il ne les dépassait pas, car la loi des XII tables défendait d'enterrer les morts dans l'enceinte des habitations.
Selon toute apparence, Orolaunum occupait également une partie des prairies k l'occident d'Arlon. Car on a trouvé, vers 1841, sur le chemin allant k Sesselig, dans les prés, les ruines d'un vaste bâtiment : murs épais, débris de toute espèce, briques, tuiles, etc.
Entre ce chemin et la route de Virton, il existait également une autre ruine importante. Tout cela est effacé aujourd'hui, mais j'ai, comme beaucoup d'autres, vu et reconnu les emplacements de ces anciennes constructions et j'en ai recueilli des débris.
Depuis, il y a quelques années, dans les prés, du même Côté, appartenant à M. Hollenfeltz, on a trouvé des monnaies romaines de plusieurs empereurs.
Lors de l'établissement de la station du chemin de fer, dans la même direction, on a déterré des débris romains : des poteries, des vases en verre, qui appartiennent évidemment & l'existence ménagère.
Voici une question que je me suis souvent adressée :
L' Arlon romain, station remarquable, mutatio et mansio, était a cheval
sur une route importante, celle de Reims à Trêves, à laquelle s'embranchait la voie venant de Namur et de Bavay.
Le passage devait être considérable. Quelle était la direction de la voie impériale qui^ traversait Orolaunum ?
On peut en suivre le tracé depuis Etalle (Stabulitm) jusqu'à la grande route en deçà de Stockcm vers Arion ; on la retrouve, dans la direction de Luxembourg, vers Autelbas. Il n'y en a pas de vestiges dans la partie intermédiaire.
Devons-nous en conclure que la voie romaine allant vers Trêves, suivait la route venant de Heinsch en deçà de Stockent, ou bien se dirigeait en ligne droite sur Viville, pour de là aboutir à Arlon, en remontant par la rue des Faubourgs, côtoyant toute la côte et sortant de la ville par la porte de Luxembourg? Ou bien, venant de Viville, passait-elle dans le fond des prairies pour aboutir à l'ancienne ville en dehors de la forteresse et remonter ensuite dans la direction de Luxembourg ?
Pour ceux qui font d' Arlon un caslrum, un prœsidium sous les Romains, les conjectures sont en faveur du tracé de la route impériale par le Castrutn Orolauncnse, parce que le but de la forteresse était précisément de couper le passage aux Barbares et par conséquent de barrer la route.
Ce qui prouve encore l'importance d'Arlon, sous les Romains, ce sont les établissements des environs dont les vestiges ont été retrouvés. Ainsi :
A la descente de la côte de la Geichel, route d'Arlon à Sœul, à gauche, en 1850, on a découvert des ruines d'une construction importante. On y a trouvé des chambres avec des peintures, des salles de bains, un hypocauste et des vases, des briques, des tuiles, des monnaies.
Lischert, village à une lieue et demie d'Arlon, vers le nord, avait aussi un établissement romain considérable, placé sur le plateau au-dessus du village, abrité par des côtes boisées, non loin de la Montagne blanche fWeisenberg), où l'on a découvert plusieurs tombes romaines; tous les objets mis au jour ont été dispersés, même à l'étranger; la province n'en a rien conservé. Aujourd'hui encore, la place est semée de débris ; la charrue du laboureur remue, tous les ans, des morceaux de briques et de tuiles.
En septembre 1851, à Freylange, au lieu dit Auf der Iloshrt (1), dans un champ appartenant à Henri Hesse, on a découvert des substructions, des
(i) Hostert, mot significatif, indique une maison en ruines, II y avait donc là d'anciennes constructions dont le souvenir s'est perpétué en uu lieu dit.
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briques, des cendres, des fibules, des monnaies, parmi lesquelles un petit bronze de Viclorinus avec Salus Augusti. Les constructions se continuaient dans le champ voisin.
N'oublions pas non plus la découverte de Tannée 1856 sur le ,Hirtzenberg, ces quatre mille petits bronzes dans une grande urne, aux effigies de Gallienus, Salonina, Yalerianus, Poslumus, Lœlianvs, Victorinus, Marins, TetricuSj Claudius-Gothicus, Quiniillus et Aurelianus.
Dans le même village de Freylaoge, dans l'hiver de 1851, au lieu dit Auf dem Lœser, dans un jardin appartenant h Gilles Weyland, on a trouvé plusieurs tombes construites en pierres blanches étrangères à la localité, et renfermant des urnes brisées, des ossements, des crânes, l'intérieur paraissait brûlé.
Une de ces tombes avait un mètre soixante centimètres de longueur, sur un mètre de largeur. Sur le crâne était un anneau en bronze en forme d'anneau de rideau.
Enfin, ce qui achève de démontrer avec le plus 'd'évidence ce qu'était YOrolaunum romanum, ce sont les monuments nombreux qui y ont été découverts, restes qui indiquent les constructions les plus considérables, qu'ils appartiennent soit k des tombes, soit a des édifices d'un tout autre genre. Voici ce qu'en dit un bon juge en cette matière :
c Les siècles passés nous avaient enlevé Arlon presque entier ; mais le temps a restitué Arlon presque entier aussi, sinon en réalité, du moins par des appréciations considérables. En effet, la quantité des pierres et des tombes ornementées qu'on a découvertes récemment est si grande, leurs dimensions, leur splendeur sont telles que, par elles seules, on peut, quoique tardivement, ap<précier quel fut Orolaunum, le nombre de ses habitants et l'éclat des ouvrages. Après Trêves, dans cette province, et peut-être dans toute la Belgique première, c'était certainement l'endroit le plus remarquable que les Romains s'étaient plu à embellir avec magnificence (1). »
Je dirai dans le chapitre suivant quels furent ces monuments.
(i) Orolaunum peuè lolum eripuerant nobis prscterita saectila: nunc teinpus Orolaunum, si non reîpsâ, saltem îngenli acstimalione penè Lolum reddidit. Ea enîm saxorum et sîrnulacbrorum nuper îbi înven lorum est copia, ea magnitudo, îs splendor, ut jam ex lis vel sert* intellîgatur fuisse Orolaunum fréquent iâ vicanorum et claritudine operum,post Trevîros in bac provinciâ spectatissimum, ne dicam iuter prima Belgicœ primas loca, â Romanis magnifiée excultuin.
[Ai. Wiltheim, Lux, Rom. lib, 6, cap, X,p. a42.)