‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 25 sur 102 · AVE. VALE · texte numérisé non relu

AVE. VALE

Ave est une salutation matinale et vale une salutation du soir. Ce qui indique la brièveté de la vie.

VI. La femme est stolata et l'homme togatus, couvert, en outre, du bardo^ucullus. La femme porte la fiole funéraire. L'homme a en mains locutos sans tablettes ni rôle. Il s'agit d'un négociant ou d'un marchand.

VIL La pierre représente une femme stolatam et un homme togatum. Celui-ci porte loculos, ce qui indique un commerçant ; dans la main de la femme est une boite destinée à renfermer des objets de toilette : il y a absence de toute fiole ou urne, donc pas de signe funéraire.

Les figures de ces quatre monuments, comme de tous les autres au surplus, manquent dans le manuscrit de Wilh. Wiltheim, que j'ai consulté.

On ne peut donc reconnaître la position des personnages à droite ou k gauche, le manuscrit n'en disant rien. Il faut s'en rapporter k la règle générale : malronae dextrae honos.

B. (Luxemburgum romanum d'Aï. Wiltheim).

N° 94, pi. 9. Une couple d'époux dans une pierre carrée taillée en forme de niche. L'homme est vêtu de la tunique à franges et de la casaque (penula); la femme d'une loge ou stola longue h manches et a franges. L'homme tient une bourse remplie de monnaies, marque du commerce et du négoce. La femme porte dans la main droite une bouteille, signe de deuil, et dans la main gauche les sponsalia. Elle est à droite et l'homme à gauche. C'est la tombe d'un homme dont la femme survit. Les époux sont placés dans un encadrement ornementé. Au coin supérieur gauche, on remarque une tête assez informe.

N° 108, pi. 12. Le personnage est assis ; la tunique descendant seulement jusqu'aux jambes indique un homme. Le vase qui est sur la table est une petite tasse k deux anses. Dans la main droite de l'homme est un rouleau. Derrière le personnage, dans un encadrement, une femme debout tient une écharpe. Quelle est le sens de cette sculpture?

N° 114, pi. 16. Au côté droit de la pierre, on voit ciselé un joug de bœufs labourant sous le fouet agité par un paysan. La pierre est petite et le travail artistique informe; serait-ce la tombe d'un simple cultivateur?

N° 127, pi. 17. On voit les vestiges, d'un côté, d'une femme assise, de l'autre côté, d'une servante. Entre deux, il y avait un homme couché sur un lit, mais le temps l'a enlevé; sans cela, on aurait vu aussi le lit, et avant le lit, pendrait la couverture frangée.

N° 130, pi. 18. Un fragment indiquant en partie une charrette et son conducteur. La queue du cheval est liée par le milieu. Est-ce la tombe d'un voiturier?

N° 131, pi. 18. Couple de deux époux à demi-corps. La femme tient un petit livre dans la main droite. Sont-ce les tablettes nuptiales? Le mari occupe la gauche et la femme la droite. L'inscription indique que la tombe est élevée à uxori, une épouse :

D. M. 1VRC1NIVS INDO. ET. CALEN AGAT1LLUS. VXO RI. F. C.

N° 118, pi. 15. Une tombe carrée surmontée d'une pierre oblongue ornementée. Sur la face, dans un cartouche, une sorte de manteau soutenu par deux boutons. Dans le haut, au-dessus du manteau, le dessin Ae Vascia dont on voit la partie supérieure.

Je viens d'écrire le mot ascia. Qu'est-ce que Vascia ? De nombreuses explications ont été fournies a ce sujet sur lequel, aujourd'hui, on n'est pas encore bien d'accord. Il me suffit de constater que, sur plusieurs inscriptions, on lit : AD ASC1AM DEDICATVM POSVERVNT. - SVB ASCIA DEDICAVERVNT. - SVB ASCIA D. On voit qu'on faisait la dédicace d'une tombe sous Vascia. Quel était précisément l'instrument appelé ascia ? Quelles formes observait-on pour la consécration sub ascia ? Peu importe, nous savons que cette consécration recommandait la tombe comme un objet à respecter (1).

(i) Je me borne à donner en note l'opinion de deux auteurs.

Mémoires de F Académie impériale de Metz, xxxvi" année, i855.

Notice archéologique de Metz et ses environs par M. Victor Simon :

P. 578. La présence de plusieurs bacbes trouvées réunies dans une sépulture pourrait indique** que plusieurs personnes auraient contribué a élever le monument et auraient pris l'engagement de veiller à sa conservation.

P. 579. Voilà peut-être aussi l'explication des mots sub ascia qui ne seraient qu'une dédicace avec l'engagement de veiller sur un tombeau et de l'entretenir. 11 est à remarquer que la forme donnée à Vascia dessinée sur des tombeaux a une grande ressemblance avec un instrument dont on se sert de nos jours pour repiquer les meules.

Aatiquitates sacrœ et civiles Romanorurn explicatœ, page 293, planches 76 et 77.

Je dirai quelque chose touchant la coutume de dédier les sépultures sub ascia. Il faut donc savoir que ces mots sub ascia dedicare ont toujours embarrassé les antiquaires, soit parce qu'ils traduisaient le mot ascia par celui de hache, selon la signification ancienne ti ascia, soit parce qu'il était défendu par une loi des douze tables de polir avec une bâche le bois des bûchers, rogma ascia ne polito. Ces difficultés ont fait prendre à quelques-uns le parti de changer ascia en aoxta, sans ombre. Ainsi ils entendent par cette phrase : sub ascia dedicare ^ dédier en plein air, parce que les tombeaux étaient placés dans les grands chemins cl couverts de pierres sur lesquelles on faisait des libations et des sacrifices aux dieux mânes, afin d'attirer aux demeures des morts la vénération des hommes et d'arrêter la fureur sacrilège des voleurs et des ennemis. Mais ces savants ont été trompés faute de savoir que ascia signifie une truelle, ainsi qu'il paraît par ces mots de Vitruve, macerata calx ascia dolatur% où certainement il faut prendre ascia pour une truelle et uon pour une bâche, puisqu'on ne polit point la chaux humide avec une hache. Voici donc l'origine de cette expression consacrée sub ascia dedicare. Cétail la coutume que celui qui dédiait une sépulture aux dieux mânes prît un peu de chaux sur une truelle et la jetât dans les fondements du tombeau ; ce qui ressemble à l'usage établi parmi nous, où c'est un honneur de placer la première pierre dans un édifice public et de la sceller avec de la chaux qu'un ouvrier présente sur une truelle d'argent. On appelait cette cérémonie sub ascia dedicare. Cest le sentiment de l'auteur de l'histoire consulaire de Lyon. Ce savant en apporte pour preuves, premièrement ce passage de l'épître douzième du

8t HISTOIRE D'ARLON.

3° Jardin du collège des Jésuites.

N° 133, pi. 20. Deux époux k demi-corps, la partie inférieure manquant, se donnent la main. La femme est k droite vêtue de la stola distincte, manuelata^ cum amiculo subjeclo; l'homme a paenulam cuculatam sur la tunique ; dans la main droite de' l'homme est un libellas, ce qui indique un écrivain. La femme porte un rouleau dans la main droite, les sponsalia (1).

Du côté de l'homme, l'encadrement est ornementé : dans un cartouche, on voit un personnage debout, couvert de vêtements justes avec une robe courte tombant k la moitié des cuisses, les jambes nues sont chaussées dans des espèces de brodequins ; il joue de la flûte. Les pieds reposent sur un socle que soutient la tête d'une autre figure. De pareilles sculptures devaient exister de l'autre côté, qui est détruit.

N° 135, pi. 22. Exornala sepulchrali leclisternio. Un homme k demicorps est assis de face ; derrière lui est une draperie élégante soutenue par deux nœuds; au-dessus un portrait porté par deux génies. Ce n'est que la moitié du monument, car l'homme se penche un peu k droite pour recevoir ce que lui présente une femme assise dont on ne voit qu'une partie et que le temps a très-endommagée. A la gauche de l'homme, dans un cartouche et comme ornement, figure un homme debout, la main droite levée.

N° 137. Un chasseur k cheval court armé de la haste ; un valet le suit k pied en soufflant dans une corne. Il s'agit évidemment d'une scène de chasse.

N° 138, pi. 24. Couple d'époux. La matrone est k droite vêtue d'une robe longue k manches ornée de dessins et frangée ; elle porte un manteau sur les épaules et une petite bouteille dans la main gauche. Le mari k gauche est revêtu d'une tunique k manches, ornée de dessins, tombant jusqu'aux jarrets: au-dessus une casaque k capuchon. Il tient une bourse, signe du négoce. C'est une tombe élevée par une veuve a son mari défunt.

troisième livre de Sidonius : ut locum auderent tanquam vacantem corporièus bajuli autrh funeribus impiare ; et en second lieu, la forme des asciœ, qui assurément diffère beaucoup d'une hache. Au reste, il faut observer que la ligure de Vascia se trouve presque dans tous les tombeaux antiques du Lyonnais.

(i) Les spoH8*li*t ou le contrat de mariage, étaient rédigés au moment des fiançailles ; après les avoir signés, les fiancés mettaient la main dans la main, et s'engageaient ainsi l'un à l'autre,- ils devenaient alors sponsus et sponsa. La femme une fois mariée était alors ftopta (Anthony Rich, au mot spons*).

N° 139, pi. 25 fc. Un homme et une femme, celle-ci à droite comme d'ordinaire. Mêmes habillements que d'habitude. La femme tient un objet carré qui pourrait être un coffret ou une bouteille, ou bien un vase funéraire quelconque. Le mari, dit l'auteur du Luxemburgum r orna nu m, porte une boite carrée suspendue à des cordons ; mais le temps a dû l'enlever, car, sur la gravure, on ne la voit point.

N° 141, pi. 25 a. Un triangle inscrit dans un autre triangle garni de feuilles de palmier superposées. Inscription :

ATTIANl

MEMMIOLI.

Aux deux côtés, la tête d'un lion ; ce qui est un signe de la bravoure du défunt Memmiolus.

Ce Memmiolus était-il un légionnaire? Aurait-on mis, sur la tombe d'un simple bourgeois, un signe public de bravoure ?

N° 112, pi. 26. Une pierre dont le cadre est ornementé. Le mari, au milieu, est couché sur un lit ; il tient à la main droite une serviette qui pend des épaules. La femme & droite est assise sur une chaise. Devant le mari, une petite table en forme de trépied, est couverte de mets. Les cheveux trop abondants de la femme sont réunis par derrière dans une vessie. Derrière la femme est une servante. A côté du mari, k gauche, une autre servante portant un vase et une petite cruche. A l'extrême gauche de la scène, un homme qui joue de la flûte, est très-remarquable par une bosse et un nez difforme. Celui-ci appartiendrait-il à un masque?

Est-ce la représentation d'un repas funéraire ?

N° 143, pi. 27a. La femme, à droite, vêtue de la stole et du mantelet, a dans la main droite les tablettes nuptiales et dans la main gauche la fiole lacrymatoire. Le mari est vêtu de la tunique k manches. Entre deux est le génie nuptial. En-dessous, dans un cartouche, une homme attaque un sanglier. Est-ce la fible de Méléagre ? Ou bien a-t-on voulu représenter la manière dont le défunt a péri ?

N° 144, pi. 276. Lu femme est a droite. L'homme ne porte pas de paenula. Ils se présentent mutuellement un pain, ce qui est un signe de vie commune (1).

(i) Ici encore, le texte est en opposition avec le dessin ; celui-ci doit être rectifié*

N° 151, pi. 25a. Un cartouche élégant renferme un portrait porté par deux figures en pied et nues. On voit au-dessus un autre portrait ou un masque.

N° 158, pi. 29, et n° 159, pi. 31. Entre deux tonneaux (158) sur lesquels sont inscrites les lettres funéraires D. M., et dans un cane, deux personnages sont assis séparés par une table. Celui de gauche lit des tablettes et celui de droite tient une bouteille qu'il est occupé à porter k la bouche.

Que signifient ces tonneaux et ces personnages ? S'agit-il d'un lieu où l'on vend k boire et du mémoire de ce que doit un consommateur au cabaretier ?

Par derrière, l'inscription suivante :

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