‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 31 sur 102 · ET SIBI VIVOS FECIT · texte numérisé non relu

ET SIBI VIVOS FECIT

3° Antres débris encastrés dans les murailles du jardin, derrière les treillis sur lesquels les arbres fruitiers sont attachés :

a) Fragment d'un bas-relief :

Renommée dont il reste le bras, la main et la tête, sonnant d'une double trompette. Au-dessus, une tête d'homme couronnée.

b) La tête d'un faune reconnaissable à ses petites cornes de bouc et à un petit bout d'oreille.

c) Une tête d'Hermès.

d) Une autre tête fantastique et grimacière.

e) Quelques têtes d'animaux.

Je continue.

Autre fait. En 1805, chez le Sr André, boucher, dans la maison faisant l'encoignure de la place du marché et de la ruelle appelée la brique, le pont (Brûck), parce que l'égout des eaux supérieures de la ville passe sous une voûte, on s'occupa de coustruire ou de réparer un bâtiment dans une cour de derrière. On dut démolir d'anciens remparts. On y trouva, dans le bas, des pierres de taille dont plusieurs portaient des figures et des ornements. On n'y fit aucune attention, les pierres furent employées dans la construction nouvelle. Le fait seul est resté dans la mémoire d'un des fils de la maison, H. André, curé à Tontelange, qui me l'a rapporté.

Pendant quelques années antérieures k 1847, c'est-à-dire avant l'établissement de la Société archéologique d'Arlon, dans les jardins situés au pied des remparts de la ville qui font face aux Capucins, du côté de la campagne, à l'emplacement occupé aujourd'hui par une petite fabrique de savon, on déblaya le terrain, on rencontra un très-grand nombre de débris de construction, de grosses pierres de taille brutes, d'autres ornementées, des chapiteaux, des fûts de pilastres canelés, etc. Quelques-unes de ces pierres étaient de forte dimension. On parla, dans ces temps, de la décou-

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verte des ruines d'un temple romain. Toutes ces pierres ont été vendues par le propriétaire ; elles ont servi en partie aux constructions des maisons de la rue de Si- Jean qui venait d'être créée dans les environs.

Ces mêmes déblais de terre ont été continués dans un terrain voisin et des masses de pierres furent encore mises au jour. C'étaient toujours des pierres brutes de toutes dimensions, plusieurs étaient couvertes de sculptures de toute espèce. Nous avons pris des arrangements pour la conservation de ceux de ces débris qui pouvaient présenter de l'intérêt. L'un d'eux est un bloc énorme triangulaire, avec une inscription bien conservée.

Un peu plus loin, toujours du même côté de la ville, dans un jardin de M. Hollenfellz, bourgmestre, on a trouvé une monnaie romaine en argent à l'effigie de Marcus Aurelins. M. Hollenfellz en a fait don à la Société archéologique.

Dans le jardin des enfants Hollenfeltz, à côté des écoles communales, converties aujourd'hui en hospice, on a mis au jour, il y a assez longtemps aussi, plusieurs colonnes k côté de leurs bases. Ces colonnes ont été sciées pour servir de pied aux supports du toit d'un hangar.

Que peuvent signifier ces colonnes placées les unes à côté des autres, sur un point élevé d'Arlon, regardant la campagne? C'est une situation bien choisie pour un édifice public, par exemple, un temple. Ce n'est là qu'une conjecture, mais ce qui suit peut y donner quelque vraisemblance.

Plus on approche des remparts actuels, construits, assure-t-on, en 1681, sur les dessins de Vauban, plus la masse de ces débris romains augmente, et c'est précisément non loin du plateau soutenu par ces remparts, que Ton a rencontré les pierres monumentales remises à M. Résibois et les colonnes du jardin Hollenfeltz.

Quel rapport peut-il y avoir entre ces découvertes et ces points rapprochés?

A quelle occasion tous ces débris ont-ils été renversés au pied des remparts d'Arlon regardant au nord, sans aucun ordre et pèle mêle ? Ces débris existaient sans doute lors de la construction du rempart Yauban, qui a été élevé avec une partie de ces matériaux. Des terres ayant ensuite recouvert ces ruines, ont été postérieurement cultivées en jardin. Peut-être le recouvrement par des terres date-l-il d'une époque antérieure, car la forteresse d'Arlon a été plusieurs fois détruite et rétablie.

Je poursuis.

En 1841, dans la maison du notaire Breyer, grand-rue, on s'occupa d'agrandir la cour ; on démolit un ancien mur, toujours dans la ligne des

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remparts de la cour du vieux château d'Arlon, et Ton rencontra plusieurs grosses pierres sculptées, jetées sans ordre. Deux de ces pierres furent extraites. Pour obtenir les autres, il aurait fallu déblayer tout le terrain de la place du marché, et sous des maisons ; l'opération présentait des dangers, on dut cesser les fouilles.

Ces pierres sont deux fragments d'un même monument dont le surplus reste encore enfoui : elles sont toutes deux circulaires et de même volume à peu près.

Aux deux extrémités, des trous carrés ont été taillés, a6n d'y introduire un fer qui retint à la fois deux pierres.

Ces pierres ont une base et une corniche taillées. Le milieu est sculpté : l'une représente deux chiens en course ; l'autre un personnage dans une voiture attelée et marchant avec vitesse.

D'après la courbure donnée aux pierres, le monument entier devait avoir un diamètre d'environ quinze pieds. C'est colossal, si l'on ajoute la base et le faite. Est-ce simplement la base d'un monument supérieur? Je pense que ces pierres devaient être exhaussées, mais que, au-dessus, il devait y avoir un monument quelconque.

S'agit-il d'un monument funéraire ? Quelques-uns l'affirment, parce que, je le répèle, on ne veut voir que des monuments funéraires dans tous les débris antiques d'Arlon, quelles qu'en soient les dimensions ou les sculptures.

D'autres, se rappelant que Para de Diane, l'ara lunœ, lors de sa destruction par les Arlunois, dans des temps reculés, avait été jetée dans le revers de la montagne, croient que ces deux pierres seraient peut-être deux débris de ce fameux autel. Ce qui pourrait faire incliner vers cette opinion, c'est la forme circulaire du monument qui se prête à un autel ; ce sont ensuite les sujets indiqués dans les sculptures qu'on y rencontre et qui se rapportent k la chasse. Ces pierres, considérées simplement comme base du monument, auraient servi à supporter l'autel lui-même.

Je ne me prononce point sur ces conjectures hasardées ; je ne fais que les indiquer.

En 1846, en construisant l'hôtel du Gouvernement provincial, on a rencontré des puits d'uà l'on a extrait une meule romaine, d'une matière inconnue sonnant le fer, et un morceau de table d'une pierre totalement étrangère au pays.

Quelque temps après, en élevant le mur de soutènement du parc, on a trouvé également, dans les déblais des fondations, plusieurs débris ro-

mains qui ont été remis k notre société : objets en bronze, tuiles et autres antiquités.

Je néglige quelques découvertes moins importantes pour arriver k celle de 1854 dans la maison Hanff, grand'rue.

On me permettra de répéter ici ce que j'ai dit ailleurs des circonstances dans lesquelles cette découverte s'est produite (Annales de la société archéologique de la province de Luxembourg, rapport général des travaux de la société pendant Tannée 1854-1855, tome 4, page 15).

En septembre 1854, des travaux de construction étaient effectués dans la cour d'une maison située k Arlon, grand'rue, appartenant alors k un Sieur Gérard. Pour exécuter ces travaux, on avait dû achever d'abattre une partie des remparts que l'on croit avoir appartenu k la cour de l'ancien château, et qui s'était écroulée en partie. Cette démolition a fait voir des pierres de taille superposées sans ciment ; l'une d'elles était en forme de tombe et portait quelques caractères. Le dessin planche I, 2e série, représente exactement l'aspect de cet entassement au moment de la découverte. Appelé sur les lieux, je me rappelai ce qui s'était déjà passé à Arlon, en 1671, lors de la démolition des fortifications de cette place, et je reconnus qu'on était sur la trace de monuments romains.

Après une conférence avec M. le Gouverneur de la province qui avait bien voulu visiter les lieux, il fut convenu que nous ferions opérer des fouilles, afin de retirer ces pierres, pour en reconnaître mieux le caractère et l'origine.

Nous devions d'abord nous concerter avec les propriétaires, afin d'obtenir qu'abandon nous serait fait gratuitement de toutes les pierres avec inscriptions, figures ou reliefs, ainsi que des blocs bruts qui serviraient k rétablir les monuments dans leur ensemble. Nous avons dû consentir k nous charger de toutes les dépenses des fouilles et du rétablissement des lieux dans leur état primitif; ce qui devait entraîner une reconstruction dans quelques parties; en outre, nous devions payer des indemnités pour le temps d'interruption des travaux du Sieur Gérard et pour les dégâts occasionnés k sa maison par le passage et le transport des blocs de pierre.

Le consentement du propriétaire aux travaux des fouilles et l'abandon k la société des objets découverts furent stipulés sous la condition expresse que tous ces objets, donnés au Musée provincial, y resteraient sans pouvoir être déplacés. Ce qui fut accepté.

On procéda donc k l'enlèvement de la première assise de pierres de taille, ce qui exigea la démolition du restant du mur du rempart, qui cachait

cette première assise. Ce travail mit au jour, outre plusieurs pierres brutes, le dessus d'une corniche avec entablement ornementé, quelques blocs avec figures et une grande pierre tombale portant une inscription parfaitement intacte de quatorze lignes.

Derrière la première assise enlevée, il y avait d'autres pierres ; il y en avait à droite, à gaucbe, sous les propriétés voisines ; plusieurs étaient sculptées. Je prescrivis la continuation des fouilles en prenant toutes les précautions voulues pour la sûreté des ouvriers. Après quinze jours d'un travail assidu et lent, qui avait exigé un étançonnage assez coûteux, précaution superflue à cause de la dureté de la muraille, mais que commandait la prévoyance d'événements possibles, nous avons enlevé un certain nombre de pierres, plusieurs brutes, plusieurs sculptées, et cependant d'autres pierres apparaissaient toujours sur le devant et sur les côtés. Nos recherches ont été continuées pendant un mois encore et toujours couronnées de succès. Nous les avons cessées, parce que la saison devenait mauvaise, parce qu'il ne cous restait plus que le temps de réédifier ce qui avait été démoli, et parce que nous ne pouvions plus, sans danger réel, opérer des recherches en-dessous d'une muraille servant de support k des maisons construites au-dessus.

Ce que nous avons mis ainsi au jour se compose : 1° de seize blocs informes et carrés de pierre de taille ; 2° de quatorze pierres de diverses dimensions avec des inscriptions, des personnages ou des ornements. J'en ferai plus loin la description.

Cette découverte confirmait tout ce que nous savions de l'histoire d'Àrlon, de son importance sous les Romains, des pierres emportées d'Arlon en 1065 par l'abbé Thierry de Saint-Hubert, et plus tard, pour la décoration des jardins de Mansfeld, a Luxembourg, sans oublier la démolition des fortifications d'Àrlon en 1671.

Nous avons vu qu'Arlon avait été dépouillé de ses vieux monuments au profit de Luxembourg qui les perdit à son tour en très-grande partie, ceux réunis dans les jardins de Clausen ayant été dispersés. Ceux si péniblement amassés par les frères de Wiltheim dans l'enceinte du couvent des Jésuites à Luxembourg, furent également perdus pour Àrlon.

Il en était peu demeuré et aujourd'hui, ils se trouvent encastrés dans quelques constructions à Luxembourg, ou déposés au musée de Metz, de sorte que ce qui pouvait encore rester du vieil Àrlon, je le répète, se trouvait tout autre part qu'à Àrlon même. Il ne devait plus en être ainsi : la

découverte de 1854, ainsi que celle de 1804, a remis au jour une partie de VOrolaunum romain ; sous ce rapport elle est très-importante. Ces fractions de monuments ont été rencontrées dans les mêmes circonstances qui s'étaient produites lors de la démolition de 1671, c'est~k*<lire qu'ils étaient placés dans les fondations d'une muraille très-ancienne, ce qui indiquerait que cette muraille remonterait à la même époque que les fortifications déjk démolies (1).

M. le Gouverneur de la province avait bien voulu attirer tout spécialement l'attention de M. le Ministre de l'Intérieur sur l'importance des fouilles que faisait exécuter la société archéologique d'Arlon et demander la visite des lieux par des personnes que M. le Ministre désignerait.

La dépêche de M. le Gouverneur et le rapport de la société archéologique furent adressés par le Département de l'Intérieur k Y Académie royale de Belgique ; celle-ci délégua deux de ses membres, MM. Roulez, professeur d'archéologie à l'université de Gand et Schayes, directeur du musée d'antiques de l'État à Bruxelles. Des retards furent apportés au voyage de ces Messieurs dans le Luxembourg ; lorsqu'ils vinrent à Àrlon, les travaux de reconstruction dans la cour du Sr Gérard étaient presque terminés, l'ouverture immense pratiquée par les fouilles était comblée et fermée, mais il purent examiner les monuments découverts : ils le firent en détail el avec le plus grand intérêt.

Ces Messieurs, de retour à Bruxelles, adressèrent un rapport à l'Académie. La société archéologique d'Arlon en ignora le contenu, mais elle reçut de M. le Ministre de l'Intérieur des subsides qui lui permirent de payer toutes ses dépenses.

Pourrait-on continuer les fouilles d'Arlon avec quelque succès? Oui, mais avec de grands obstacles : le manque de ressources et des travaux considérables.

La partie des anciens remparts dans laquelle on venait de fouiller soutient un jardin en terrasse, donc avec un espace libre au-dessus. Pour continuer les fouilles, cette circonstance favorable ne se présentera plus; dans les parties où ces fouilles pourraient être entreprises de nouveau, on ne rencontrerait plus le vide au-dessus de la muraille : celle-ci sert de fondement à des constructions, à des maisons d'habitation. D'abord, les propriétaires consentiraient-ils ? Ensuite, les difficultés des fouilles augmenteraient ; avec de grandes précautions, la chose ne serait pas impossible, mais la dépense

(i) Voir le chapitre précédent.

devrait s'accroître considérablement. Où trouver les fonds ? Et puis, le résultat définitif, intéressant sans doute au point de vue archéologique, serait-il un dédommagement de la dépense ?

On a donc dft cesser les recherches, s'en remettant à des circonstances fortuites, pour des découvertes nouvelles.

Le dieu Hasard a été favorable; car en fait d'antiquités, la ville d'Ârlon nous a ménagé plus d'une Surprise.

En reconstruisant, en 1856, le mur des remparts dans la cour de l'athénée d'Arlon, on a retrouvé au pied de ces remparts, des blocs de pierres, celles-ci posées comme je l'ai dit pour la découverte de 1854, les unes brutes, les autres couvertes d'inscriptions. Aucune n'était ornementée, aucune ne portait en relief des personnages.

On a rencontré, en outre, les traces d'un canal de décharge des eaux supérieures établi par les Romains et composé de grosses pierres laissant entre elles un vide carré.

On a eu de la peine & extraire les blocs, tellement ils étaient adhérents au blocage de pierres et de chaux qui les entourait et qui, derrière les pierres de parement, composait la muraille, comme le restant de l'enceinte subsistant encore : mais, dans cette partie, elle avait fini par être ruinée par les eaux souterraines venant de la montagne.

Si l'on avait continué la reconstruction de la muraille du côté gauche, on aurait encore extrait des pierres monumentales romaines, elles élaient visibles ; mais on a craint une trop grande dépense pour un avantage incertain. La muraille est vieille et suplombe ; on sera dans la nécessité de la reconstruire dans quelques années. Une société, qui est chargée de collectionner les débris des anciens tempâ, est patiente ; elle sait attendre. Ce que je consigne ici est un avertissement pour un événement k venir.

En déblayant, en 1862, le terrain situé entre les remparts et la caserne Léopold, on a rencontré une masse de pierres de toutes dimensions, taillées, renversées sans ordre, les unes sur les autres et près de murs encore maçonnés. Le ciment était d'une grande dureté et ressemblait au ciment des constructions romaines.

Plusieurs de ces pierres étaient sculptées et ornementées, quelques-unes avec des personnages : elles font partie des collections du Musée provincial. D'autres très-nombreuses étaient de simples blocs plus ou moins massifs ; elles ont été employées par la ville d'Arlon à laquelle elles appartenaient, dans la construction du pensionnat de l'athénée royal.

Ces murs, récemment détruits, avec leurs nombreux contreforts, appartenaient-ils k l'enceinte de l'oppidum romain et les pierres jetées sans ordre k une profondeur quelquefois considérable, proviennent-elles de la démolition des remparts d'Arlon, vers 1761, lorsque le Conseil souverain de Belgique se décida k les raser ?

Il est douteux que ces contreforts, partant de l'enceinte fortifiée et attendant au dehors, aient appartenu k Y oppidum Orolaunum : ils étaient nombreux et très-rapprochés ; ils ont dû servir k la construction de voûtes et selon toute apparence, ils ont dû faire partie de fortifications postérieures aux Romains et même aux comtes d'Arlon, afin de défendre les approches de la ville du côté où elle se trouvait le plus accessible ; toutefois ces fortifications étaient antérieures a Louis XIV, k qui on attribue l'enceinte bastionnée, dont il ne reste déjk plus que quelques parties et qui, k son tour, finira par disparaître entièrement.

Autre découverte intéressante. En 1862 également, on reconstruisait la maison Gebhardt et le grand égoût dans la ruelle la Brick ; on découvrit trois pierres sculptées : Tune est un corps de cheval marin ; l'autre représente le haut d'un monument funéraire composé d'un chapiteau triangulaire avec une statue de chaque côté et k la partie supérieure une pierre plate destinée k recevoir une autre statue ou un ornement quelconque. Sur les côtés on voit la moitié d'un chapiteau triangulaire, car on ne possède qu'une partie supérieure du monument. Selon toute apparence, celui-ci était carré et avait deux autres statuettes aux deux derniers coins.

La troisième pierre porte une inscription funéraire.

Ces trois pierres ont été extraites, comme les autres, sur la ligne des remparts de la deuxième enceinte des fortifications. #Lk où elles ont été détachées, il y en a d'autres, comme il s'en est rencontré sur la même ligne dans le pourtour d'Arlon : elles servent d'assises et de fondement aux habitations ; il est impossible de les enlever.

En 1865, dans les jardins situés entre la caserne et les remparts, on a trouvé une pierre assez remarquable, avec des sculptures. J'en donnerai la description plus loin.

Cette pierre, par suite de quelques circonstances particulières ignorées, avait été remise k l'établissement des R. P. Jésuites d'Arlon. Ceux-ci, après quelques années de possession, en ont fait don au Musée provincial, avec un autre monument plus petit provenant de la même découverte. Ces Mes* Meurs ont droit k tous nos remerclments*

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Vers le milieu de 1866, on achevait de déblayer et de niveler la place entre les remparts et la caserne, pour y installer l'exposition provinciale d'agriculture ; on retira des terres, au pied des remparts, de nouvelles pierres de taille, dont une sculptée représentait une vache marine. On reconnut aussi un égoût construit en pierres, venant du haut et passant sous les remparts. A quelle époque cet égoût remonte-t-il ? Servait-il à déverser le trop plein des eaux du ciel qui s'infiltraient dans la montagne?

En 1867, un Sieur Masson fit déblayer une partie de terrain situé toujours du même côté des remparts d'Arlon, à gauche du chemin allant de l'hôpital à la caserne et le long du chemin vers la Porte neuve. Il découvrit plusieurs pierres dont trois ornementées, savoir l'une le faite carré d'une colonne, et les deux autres un morceau d'entablement ou de corniche, toutes avec moulures. Le déblai, commencé vers la rue, doit s'étendre plus haut, du côté des remparts, et là, comme ailleurs, de nouvelles découvertes sont espérées.

En 1869, en retournant une pierre de taille provenant du dessous des remparts d'Arlon, vis-à-vis de la caserne Léopold, on reconnut qu'elle était sculptée et représentait deux cavaliers romains armés de la lance et luttant contre un ennemi que devait montrer une autre pierre absente. Ce débris a été, comme beaucoup d'autres, donné par la ville au Musée provincial.

Enfin, au mois de mai 1870, dans la rue des Capucins, presque vis-à-vis de la maison Martha, les travaux de déblai exécutés pour la pose des tuyaux destinés à l'éclairage au gaz, ont fait découvrir de nouveau débris romains, toujours à peu près dans la direction des murailles de la deuxième enceinte.

Ces débris sont an nombre de quatre.

L'un est un morceau de corniche de grande dimension avec des ornements.

Sur l'autre pierre sont figurées les griffes d'un oiseau de forte taille.

La troisième pierre représente, dans une niche, un homme vêtu du bardo-cucullus, appuyé sur un bâton et buvant dans un vase qu'il tient de la main gauche.

Enfin, sur un quatrième fragment très-petit, on lit quelques mots d'une inscription funéraire tronquée.

La ville d'Arlon avait promis de faire don de ces débris antiques au Musée de l'État, à Bruxelles ; mais le Musée ne les a pas réclamés. La ville

les a remis au Musée provincial. J'en donnerai plus loin une plus ample description.

Surprise nouvelle ! En 1871 , vers la fin de juillet, on enlevait des terres dans ce même emplacement appartenant au S* Masson, rue de la caserne, où l'on avait trouvé, en 1867, des restes de corniches, emplacement quj appartient aujourd'hui à un Sieur Piroux ; quatre débris romains ont été déterrés.

Le premier est formé de deux morceaux de pierre qui, rapprochés, fournissent les fragments d'une inscription :

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