‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 51 sur 102 · Barvaux, inter Busin et Barevel · texte numérisé non relu

Barvaux, inter Busin et Barevel

Somme, 0911a suminara.

Le Condroz du moyen-âge n'a jamais dépassé l'Emblève et l'Ourth, du moins en parlant du point de jonction de ces rivières. Au midi était l'Ardenne .

Au surplus, voyons comment Bertholet lui-même délimite les différents pagif tome 2, pages 9 à 14 :

Le duché de Mosellane s'étendait de Metz à Coblentz et comprenait toutes las terres entre la Moselle et la Sftre, où sont situées les prévôtés de Thioiwille, de Remich, de Grevenmacher, avec les seigneuries de Roussy, de Syrck, de Sarrebourg et les territoires voisins ; il ne s'éloignait guère des rives de la Moselle.

Le pays de Biedbourg, pagus Bedenm, renfermait les prévotés â'Epternach et de Biedbourg, Wittlich, Schoneck, Manderscheidt et tout ce qui est arrosé par la Kill9 la Nims, la Pruim* la Salm et la Léser.

Le pagus Wabrensis, le pays de Voivre ou de Wavre, occupait les environs de la Chière, où sont les villes de Longwy, Longuyon, Montmédy, Yvoix, Marville, Dampviliers, Juvigny, avec divers cantons dans les diocèses de Metz, de Toul et de Yerdun.

Le pagus arduennensis comprenait le marquisat ffArlon, la prévôté de Luxembourg et toutes les terres situées aux environs de Y Elis, de la Willz, de VOuren, de YOurt, de YEmblèvef de la Semois, de la Lesse et d'une partie de la Sûre.

Je suis assez d'accord avec Bertholet, à l'exception que le Wabrensie ou le Metingowe occupait une partie assez notable de la prévoté de Luxembourg, tout ce qui est à l'Ouest.

Arlon et YAger orolaunensis n'étaient pas compris dans la Mosellane, puisque entre la Mosellane et l'Ager, on trouve un autre comté ou pagus : le Wabrensis d'abord, le Metingowensis ensuite, appartenant à un autre seigneur que Sigefroy, à son frère Godefroy, au fils ou au petit-fils de Qe dernier.

VAger Orolaunensis était-il compris dans l'Ardenne, comme l'indique Bertholet?

itt HISTOIRE D'ARLON.

Le partage de 870 parle de TArdenne et d'Arlon, en les distinguant, ainsi que du pays de Wawre :

Arduenna, Arlon, Waurense, Comitatus duo....

Al. Wiltheim pencherait plutôt pour la séparation de l'Àger arlunensis de l'Ardenne. Mais lors même qu'il appartiendrait à l'Ardenne, à quelle partie de l'Ardenne? — L'Ardenne a été attribuée à deux fils de Ricuin, à Gozelin ou Godefroy, et à Gilbert ou Gislebert. — Selon toute apparence, Gozlin eut l'Ouest, puisque Longlier est dans le comté de son fils Godefroid et Giskbert eut l'Est. En 903 et en 996, Henri, fils de Sigefroy, régit le comté d'Ardenne, dont Mersch fait partie.

D'un autre côté, nous verrons bientôt que Frédéric de Luxembourg, duc de Basse-Lorraine, petit fils de Sigefroy et fils de Frédéric, comte de Luxembourg, possédait une vaste contrée du côté du Pays de Liège, qu'il donna à sa fille Judith, mariée à Waleran II, comte d'Arlon, nommé Waleran-Udon, celui qui bâtit le château de Limbourg.

Sigefroy possédait-il une partie de l'Ardenne concurremment avec ses frères Gilbert et Godefroy ? Les chartes n'en disent pas un mot, et ce que les auteurs ont écrit au sujet du partage de 941 y est contraire. — Ou bien ses fils Henri et Frédéric héritèrent-ils de leur oncle Gilbert, mort sans enfants et partagèrent-ils son héritage? Gela est plus probable (1).

VAger orolaunensis ne serait donc pas tombé dans la partie de l'Ardenne échue à Gilbert par le partage de 941.

Etait-il dans le pagus Wabrensis, qui appartenait à Gozlin ou Godefroy, si Ton en excepte le Chiniacensis attribué à Mathilde, épouse d'Arnoux, 1er comte de Chiny?

On trouve dans les Marches de l'Ardenne et des Woèpres, par H. Jeantin, tome lf page 188, en note, que VAger orolaunensis était dans les Woëpres. Charte de Rothbert de Trêves de l'an 938 : in villa Erlont in pago Wabrensi.

Toutes les conjectures sont en faveur de l'indication de cette charte. Car l'Ardenne, par la nature du sol et par des limites naturelles, de vastes forêts, des rivières et des crêtes, n'a jamais pu dépasser les arrondissements actuels de Neufchâteau et de Bastogne.

Arlon, s'il n'était pas un territoire indépendant, avait été attribué plutôt au Wabrensis ensuite au Metingowensis et était entré dans la part de Gozelin, fils de Ricuin et plus tard de ses enfants.

(i) Ce qui semble prouver que l'Ardenne de l'Est, qui prit le nom d'Ardenne mosellanique ou confinant à la Mosellane, appartenait à Gisilbert, c'est que, par une charte de 916, il donne à l'archevêque de Trêves un domaine à Burtz (Bourcy) in pago tt comitatu arduenaense. Or Bourcy appartenait à l'Ardenue de l'Est»

TBRltlTOtM kV HOTOW-AOE, 101

Tout cela est un peu vague sans doute ; mais je crois que ce sont encore les conjectures les moins hasardées.

11 se présente néanmoins une objection assez spécieuse»

D'après toutes les traditions, Sigefroy possédait un domaine appelé Guerrium, qui aurait été le berceau de sa maison, ce qui néanmoins est contesté par Bertholet.

Ceux qui admettent ces traditions, sont assez d'accord que Guerrium est Kœrich, entre Luxembourg et Arlon, à une lieue et demie de cette dernière tille (1).

Kœrich est un endroit dont on recommande la visite à cause de ses châteaux en ruines et de son église d'une architecture moderne, placée sur une hauteur où elle produit un très-bel effet.

L'un des châteaux est encore debout, mais inhabité et en très-mauvais état.

Du plus ancien castel, il ne reste qu'une tour très-remarquable par l'épaisseur des murailles, la dureté et la cohésion de la maçonnerie. On fait même remonter la construction de cette tour aux Romains.

Quoi qu'il en soit, on croit qu'elle faisait partie du château de Kœrich, qui aurait appartenu à Sigefroy.

Kœrich a-t-il été une dépendance du comté ou du marquisat d'Arlon ?

Dans l'état des revenus du château d'Arlon en 1309, nous voyons figurer une localité appelée Guerry. C'est apparemment Kœrich. Nous retrouvons Kœrich parmi les fiefs du marquisat d'Arlon en 1480.

Comment et à quel titre Sigefroy aurait-il anciennement possédé Kœrich ?

Et de la possession de Kœrich, devrait-on conclure celle de YAger arhmensis ?

(i) Guerrii autem plerique scriptorum omnes constant! affirmant assertione, illud esse perantiquum castrum, quod bodieque in rerum natura constitit et Curich corn mu ni appel la tio ne vulgo designatur, cujus possessiones per circuitum pro eo quidem tempore longe lateque patebant, omnes ad Sigefridum comitera supremo jure spectantes (Bertcls, historia Luxemburgeusis, page 97, édition de Luxembourg de i856).

Dans la cbarte d'acquisition du château de Luxembourg, il est dit : Sigefridus de Guerrii Habiliter natus, et Bertels en conclut que le château de Guerri ou Kœrich avait dévastes possessions, que Sigefroy, en achetant Luxembourg, a voulu substituer le comté de Luxembourg au comté de Guerri, dont le nom a fini par se perdre à peu près.

En admettant que le château de Kœrich fût le berceau primitif de la famille des comtes de Luxembourg, il ne s'en suivrait pas forcément que, par le partage de Rîcuin de 94*, Kœrich fût tombé dans le lot de Sigefroy. Le contraire est plutôt établi.

19S HISTOIRE D'àHLOW,

La conclusion ne serait pas rigoureuse et ne pourrait être admise sans autre preuve.

Et puis, pour la possession de Kœrich, serait-ce comme une dépendance du pagus mosellensis, et ce pagus s'étendait-il jusqu'aux limites de YAger Orolaunensis ?

Peut-être serait-on disposé à accorder un certain crédit à cette opinion, si, d'un autre côté, on n'apercevait pas Sigefroy posséder Feulen dans YArdenne, soumise à Giselbert, qu'il échange, en 963, avec les moines de Saint-Maximin de Trêves, pour acquérir le château de Luxembourg, situé lui-même dans le Metingawe, comté régi par son arrière neveu Godefroy.

On voit ici doublement que Sigefroy était propriétaire de domaines dans des pagi soumis à d'autres comtes.

Il a pu en être ainsi de Koerich, qui, évidemment, par sa position, et par ce qu'on sait des limites extrêmes des pagi, appartenait au Wabrensis et plus tard au Meihingowensis.

Conclusion : l'Àger arlunensis semble n'avoir pas été 'sous la mouvance de Sigefroy, duc de Mosellane.

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