‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 70 sur 102 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Faits historiques postérieurs à 1309.

ÉPHEMEIUDES.

J'ai dît que, par le mariage de Waleran avec Ermesindt», le marquisat d'Arlon fut réuni au comlé de Luxembourg et n'en fut plus séparé. L'histoire du comté devient celle du marquisat. Je ne ferai pas l'bistoire du comté et du duché de Luxembourg ; j'en extrairai quelques faits plus particuliers au marquisat et k la ville d'Arlon, tout en les rattachant k quelques points de l'histoire générale du pays ; autrement, on ne les comprendrait pas. Sur les faits généraux, je serai très-bref.

Règne de Jean l9Aveugle. 1310-1346.

1310. De juin à juillet, l'empereur Henri Vil cède k son fils Jean, les comtés de Luxembourg et de Laroche et le marquisat d'Arlon.

1313. Mort de l'empereur Henri Vil. II laisse pour héritier Jean, comte de Luxembourg, de Laroche et marquis d'Arlon, roi de Bohême et de Pologne. Celui-ci avait épousé, en premières noces, Elisabeth, fille de Wenceslas, roi de Bohême, laquelle décéda le 20 septembre 1330, et en deuxièmes noces, Béatrix de Bourbon.

Jean avait été nommé roi de Bohême et de Pologne le 30 août 1310, et couronné k Prague le 5 février 1311.

1314. Gilman Jean-Baptiste de Kœrich, chevalier, reprit la chatellenie d'Arlon de Jean l'Aveugle.

1336. Réunion des États pour approuver le mariage de Jean, de Bohême avec Béatrix de Bourbon.

Jean prit part k différentes guerres et commença la série des emprunts qui, sous ses successeurs, amenèrentHant de troubles dans le Luxembourg.

1346, 26 août. Il fut tué a la bataille de Crécy ; il voulut férir un coup malgré sa cécité, et après s'être fait enchaîner avec ses fidèles luxembourgeois, il se porta en avant et périt avec tous ses compagnons au milieu des ennemis.

Il laissa : 1° d'Elisabeth, sa première femme, Wenceslas, élu empereur sous le nom de Charles IV, couronné k Aix-la-Chapelle, le 3 février 1354;

2° De Béatrix de Bourbon, sa deuxième femme, Wenceslas, k qui par testament du 9 septembre 1340, il avait légué le comté de Luxembourg et le marquisat d'Arlon, avec leurs dépendances.

Administration de Charles /V, empereur. 1346-1352.

Wenceslas n'ayant que neuf ans k la mort de son père, l'empereur Charles IV s'empara du gouvernement du comté de Luxembourg et du marquisat d'Arlon.

Sous cette administration se continuèrent les emprunts les plus onéreux, pour satisfaire aux prodigalités de l'empire d'Allemagne, et se perpétuèrent ces engagères qui mirent, pendant tant d'années, l'ancien patrimoine de la maison de Luxembourg entre des mains étrangères.

Un exemple entre tous qui concerne Arnould d'Arlon, conseiller et receveur de l'empereur :

1346, 2 octobre. Charles IV emprunte k Arnould 937 écus d'or pour le transport a Luxembourg du corps de son père Jean l'Aveugle, tué a la bataille de Crécy.

% 3 octobre. Charles IV engage a Arnould la chatellerie et la prévôté de Durbuy pour 2500 écus florins réauls. Il reconnaît lui devoir 677 florins pour les frais de son séjour k Arlon et ceux des funérailles de son père.

4 octobre. Charles IV abandonne k son conseiller Arnould d'Arlon les revenus de la prévôté de Thionville jusqu'au remboursement de la somme de 1000 livres de monnaie.

5 octobre. Il se reconnaît redevable k Arnould de 600 florins k toucher sur les revenus du comté de Luxembourg.

Î2 novembre. Il déclare être débiteur envers Arnould de 1782 florins k récupérer sur les revenus du comté.

Des sommes immenses avaient été empruntées par Charles IV k son oncle Baudouin, archevêque de Trêves, tant pour acheter son élection k l'empire d'Allemagne, que pour soutenir l'éclat de la couronne impériale. Pour garantie de ces emprunts, il lui engagea, les uns après les autres, l'admi-

FAITS HIST0M0W8 P08T**HWB8 A 1809. MB

mstfaUoB et les revenus de villes, de chatelleries, de seigneuries, de prévôtés, et finit par lui remettre le gouvernement de tout le comté de Luxembourg et du marquisat d'Arlon.

Règne de Wenceslas 1. 1352*4383.

En 1352, Wenceslas administra loi-même le comté de Luxembourg et ses dépendances, avec le marquisat d'Arlon.

En mars de cette année, il épousa Jeanne de Brabant.

1354, 13 mars. Le comté de Luxembourg fut érigé en duché par l'empereur Charles IV.

Wenceslas s'occupa de mettre de l'ordre dans l'administration du duché : il paya les dettes de son père et de son frère et fit le retrait des terres aliénées sous les règnes précédents.

1360. Les villes de Luxembourg, d'Arion, de Thionville, d'Echternach et de Bitbourg accordèrent pendant trois ans, une aide au duc de Luxembourg pour subvenir aux frais de la guerre contre l'évêque de Verdun.

1364. Achat du comté de Chiny par le duc Wenceslas. Déjà les souverains de Luxembourg avaient acquis des comtes de Chiny, en 1840, Yvoix, Virton et la Ferté; en 1342, les fiefs et arrière-fiefs de Chiny, deMentmédy et d'Etalle.

1378. 8 février. Les villes de Luxembourg, d'Arfon, d'Echternach, de Thionville, de Marche, d'Yvoix, de Bastogae, de Laroche, de Virton et de Manille, réunies k la noblesse, reconnaissent la disposition testamentaire de Wenceslas, d'après laquelle, s'il venait k mourir sans héritier direct, elles passeraient avec le duché de Luxembourg, k la couronne de Bohème.

1383, 8 décembre. Décès de Wenceslas I.

Règne de Wenceslas II. 1383-1419.

Par son testament du 30 janvier 1378, Wenceslas I avait donc institué son héritier au duché de Luxembourg, son frère l'empereur Charles IV, et k défaut, son neveu Wepceslas, fils de Charles IV.

Charles IV étant venu k décéder le 29 novembre 1378, son fils Wenceslas, k la mort de son oncle, en 1383, fut reconnu comme duc de Luxembourg, comte de Chiny et marquis d'Arlon.

1386, 15 août. Wenceslas nomma son frère Jean, duc de Gorlitz, son lieutenant au pays de Luxembourg. Jean fut le père d'Elisabeth de Gorlitz.

1388, 26 février. Après le décès de Jean de Gorlilz, Wenceslas céda l'administration du duché k Josse de Moravie, fils de Jean.

1401. Wenceslas, qui était débiteur de Louis d'Orléans, lui engagea le duché de Luxembourg et le comté de Chiny.

1402. Josse céda le Gouvernement du duché au duc d'Orléans qui on prit possession le 15 septembre.

II le garda jusqu'en 1407, époque où il fut assassiné k Paris. 1#07. Josse de Moravie reprit alors l'administration du duché.

1409. Antoine, duc de Brabant, épousa Elisabeth de Gorlitz. Wenceslas constitua k sa nièce une dot de 120,000 florins, et donna aux époux le Luxembourg en engagère jusqu'au paiement de cette somme et d'autres sommes qui pourraient encore être dues.

1410. 15 décembre. Assemblée des nobles et des villes k Arlon, au sujet de la prétention d'Elisabeth de Gorlitz et d'Antoine de Brabant, de se mettre en possession du duché de Luxembourg et du comté de Chiny.

Les villes décidèrent qu'elles recevraient Elisabeth et Antoine, après qu'ils auraient juré de les maintenir dans leurs droits, coutumes et privilèges.

Les nobles ne voulurent pas les reconnaître avant d'avoir conféré avec le roi Wenceslas, duc de Luxembourg, et reçu de lui la dispense de leur serment et de leur foi et hommage.

1411. Trois actes. Wenceslas, roi des Romains et de Bohême, déclare qu'il a donné en dot 120,000 florins sur le duché de Luxembourg et le comté de Chiny, a Elisabeth de Gorlitz et il lui accorde la possession de ces pays sa vie durant, sauf le château et la ville de Laroche qu'il réserve, et il mande aux nobles, aux prélats et aux villes du pays de Luxembourg, qu'ils doivent jurer foi et hommage k Elisabeth et k son mari Antoine, jusqu'au rachat*

1412. Réunion des Etats k Bastogne. Antoine, duc du Brabant et Elisabeth de Gorlitz, prennent possession du duché de Luxembourg et du comté de Chiny.

Ils jurent de maintenir les privilèges des villes.

1412. Huart d'Autel refuse de les reconnaître. De 1k une guerre.

1412, 11 mars. Apud Arlunum. Traité entre Antoine, duc de Brabant et Huart d'Autel, au sujet de l'occupation de certaines villes du duché.

1412, 8 avril. Sigismond, roi des Romains et de Hongrie, fait défense de prêter foi et hommage k Elisabeth de Gorlitz et k Antoine de Bour-

gogne, auxquels son frère Wenceslas a engagé les pays, contrairement aux droits de la maison royale de Bohême.

1412, Juin. Arrivée du duc Antoine k Arlon avec une armée. Accord entre le duc Antoine et Huart d'Autel.

1412, Octobre. Wenceslas, roi des Romains et de Bohême, confirme les lettres patentes par lesquelles il a donné en engagère le duché de Luxembourg et le comté de Chiny k Elisabeth de Gorlilz sa nièce et k Antoine, duc de Brabant, et il invite les nobles, les officiers, les magistrats et les vassaux du duché de Luxembourg k leur prêter serment de fidélité, comme possesseurs par engagère du dit duché.

1412, Fin de l'année. Lettres du roi Wenceslas au duc Antoine de Brabant. Conseil tenu k l'occasion de ces lettres. Diète convoquée b Arlon. Edouard de Dynter est envoyé k Arlon pour y lire les lettres de Wenceslas. Arrivée de Dynter a Durbuy. Le prévôt de Durbuy est chargé d'escorter Dynter k Arlon et de le reconduire k Durbuy. Escorte de 44 hommes ; on prend des chemins écartés pour éviter les ennemis. Dynter donne k Arlon lecture des lettres de Wenceslas. Huart d'Autel, avec ses adhérents, persiste dans sa rébellion en invoquant les ordres de Sigismond. Dévastation du pays. Départ de Dynter; son escorte s'empare, chemin faisant, des châteaux de Rollé et de Soie et les met a sac.

1413. Troisième expédition d'Antoine, duc de Brabant, contre Huart d'Autel et ses adhérents.

1413, Septembre. Huart d'Autel et son parti s'adressent au roi Sigismond, frère de Wenceslas, pour qu'il prenne leur défense contre le duc Antoine, qu'ils accusent de vouloir usurper le pays de Luxembourg.

1413, 7 septembre. Sigismond, en sa qualité d'héritier de la couronne de Bohême et du duché de Luxembourg, invite les habitants du duché k prêter aide k Huart d'Autel, pour y défendre ses droits contre Antoine de Brabant.

1413. octobre et novembre. Wenceslas confirme de nouveau l'engagère et il ordonne de faire hommage k Elisabeth et k Antoine.

1414. Conférences diverses avec l'empereur Sigismond, qui n'aboutissent pas.

1415. Continuation des conférences.

1415, 25 octobre. Antoine est tué k la bataille d'Azincourt. Elisabeth prend les rênes du gouvernement du duché de Luxembourg et du comté de Chiny.

388 HISTOIRE B'ARfcON.

1415, 30 octobre. Le seigneur de Heyntzberg est nommé capitaine du pays de Luxembourg. Le magistrat de Luxembourg se rend k Arlon k sa rencontre.

1416, 13 juillet. Wenceslas donne pleins pouvoirs k son frère, te roi Sigismond, pour revendiquer, dans le duché de Luxembourg, tous les droits appartenant à sa maison et à la couronne de Bohême et pour s'en remettre en possession.

1417, 13 janvier. Sigismond étant k Luxembourg, prend des dispositions pour la paix entre les deux partis.

1417, 16 septembre. Sigismond donne en mariage sa nièce Elisabeth de Gorlitz k Jean de Bavière, avec les droits d'Elisabeth sur les pays de Luxembourg, conformément aux lettres données par Wenceslas. Les époux posséderont le pays jusqu'au rachat k faire par Sigismond ou ses successeurs.

1418, 28 janvier. La duchesse Elisabeth de Gorlitz séjourne k Arl$n. Le 6 février, elle est k Luxembourg.

1419, Fin mai. Mariage d'Elisabeth de Gorlitz avec Jean de Bavière. 1419, 9 juin. Les prélats, les comtes, les barons, les chevaliers et les

villes du duché de Luxembourg et du comté de Chiny, prêtent hommage k Jean de Bavière et k Elisabeth, sa femme.

1419, 16 août. Décès de Wenceslas, roi de Bohème, duc de Luxembourg.

Je termine ces faits du règne de Wenceslas II par quelques réflexions.

Wenceslas II était maître souverain du duché de Luxembourg, du marquisat d'Arlon et du comté de Chiny ; il maria sa nièce Elisabeth de Gorlitz au due Antoine de Brabant ; il promit aux époux une dot de 120,000 florins, et il engagea au paiement de cette somme l'administration et les revenus du duché* du marquisat et du comté ; il en avait le droit, cela est incontestable. Il écrivit k la noblesse et aux villes de reconnaître l'engagère faite k Elisabeth et k Antoine et de leur prêter foi et hommage. Les villes obéirent, la noblesse s'y refusa et chercha un appui dans l'empereur Sigismond qui soutint la révolte, sous prétexte de maintenir les droits de la maison de Bohême. Cependant Sigismond renouvella, vis-k-vis d'Elisabeth de Gorlitz et de son second mari Jean de Bavière, la constitution de la dot de 120,000 florins et l'engagère du duché de Luxembourg, du marquisat d'Arlon et du comté de Chiny. La noblesse, avec les villes, reconnurent alors Elisabeth et Jean de Bavière et leur prêtèrent foi et hommage.

FAITS HISTORIQUES P08TÉRIHCRS A 4309. 3S9

Qu'y avait-il donc de changé ? Jean de Bavière substitué à Antoine de Brabant. Le droit était le même aux mains de Wenceslas II, comme en celles de Sigismond. Quelle comédie, pourrais-je dire, si elle n'avait pas été accompagnée d'une sanglante tragédie dans les luttes suscitées par une noblesse jalouse et turbulente, qui n'a eu, pour prétexte futile de sa rébellion, que la haine d'un nom, celui d'Antoine de Brabant et de Bourgogne.

Règne de Sigismond* 16 août 1419-9 décembre 1437.

Wenceslas II étant mort sans enfants, le duché de Luxembourg revint a son irère, l'empereur Sigismond, élu définitivement le 21 juillet 1411.

1420, 30 janvier. Réunion des députés des villes à Luxembourg.

1424, 6 janvier. Décès de Jean de Bavière. Sa veuve, Elisabeth de Gorlilz, continue l'administration du duché de Luxembourg.

1426, 27 maris. Incendie d'Arlon.

Chronique de Jean de Slavelot. Bruxelles, 1861, p. 235. L'an MCCCC et XXYI, le merquedy del peneuse semayne, par nuyt, avient elle ducbeit de Lucemborch, en une bonne ville qui soie fait appelleir Eirlon, une grant mechief. Ilh y avoit uus riche hom cuy ons nommeit Johans de Waubair, eskuwier, lyqueis avoit pluseurs compagnons que jouoient a deis celle dit nuyt. hy waite délie vilhe estoit monteit par waitier la wilhe ; se veiit dou feu oussi gros que le tieste d'one homme yssir four délie maison dédit eskuwier, et salhit lydis feu sor le chasteal, et de chasteal sour l'abbie en la vilhe de Eirlon ; et furent tantoist tous plains de feu, si que le chasteal et l'abbie et la vilhe furent toutes ars sens remeide, et y furent ars environ de XII personnes, hommes et femmes, et n'y demoroit que une petite maison et toutes les biesles qui y estoient furent toutes ars (1).

1427, le 10 avril. Nouvel incendie à Arlon (Bertholet, VIII, 62). 1430, 13 août. Elisabeth de Gorlitz réunit à Arlon les États du duché. 1436. Une fille, se disant la pucelle d'Orléans, parut aux environs de

Metz et fut reconnue par ses frères et d'autres gentilhommes.

c Et quant elle volt partir, plusieurs de Metz l'allont veoir à la dite Marieulle et ly donnont plusieurs juels, et la recongnurent-ils que c'estoit proprement Jehanne la pucelle de France et Adam ly donnoit Joffroy dex

(i) (M. Wurlh-Puijuct. Règne de Sigismond, no i34. Bertholet, tome VII, page 44a, dit que cet incendie de i4a6 fut produit par la foudre. C'est une erreur).

ung cheval, et puis s'en alloit à Arelont, une ville qui est en la duchié de Luxembourg.

« Item quand elle fut a Arelont, elle estoit toujours de costé Madame de Lucembourg (Elisabeth de Gorlitz), et y fut grand pièce jusques à tant le fils du comte de Warnenbourg l'emmoinoit à Golillongne de costé son père, le comte de Warnenbourg, et Taymoit le dit comte très-fort, et tant que quant elle en volt venir, il ly fist faire une très-belle curesse, pour elle armer et puis s'en vint à la dite Arelont, et là fust faict le mariage de Messire Robert des Hermoises, chevalier et de la dite Jehanne, la pucelle ; et puis après s'en vint lidit siour des Hermoises avec sa femme, la pucelle, demourer en maison le dit sire Robert, qu'il avoit devant Ste. Segolene (à Metz) et se tinrent là jusques tant qu'il lors plaisit (1).»

Cette pucelle était une aventurière. Jeanne d'Arc avait été réellement suppliciée à Rouen par les Anglais le 30 mars 1430. Son procès fut, à la demande de sa famille, revisé en 1456 et le jugement de condamnation

Le passage de l'aventurière à la cour d'Elisabeth de Gorlitz k Arlon et son mariage avec Robert des Armoises paraissent certains (2).

1437, 9 décembre. Mort de l'empereur Sigismond. Ce fut le dernier mâle de la maison de Luxembourg qui fut revêtu de la haute dignité impériale. ,

Sans doute, ce fut un grand honneur pour les comtes et les ducs de Luxembourg, d'être élus successivement empereurs d'Allemagne. Les historiens se sont plu à exalter le lustre qui en rejaillit sur la maison de Luxembourg; ils ne voyaient que l'illustration des souverains régnants;

(i) v Chronique de S1- Thibaut de Metz apud Dom Cal mot, histoire de Lorraine, tome 1er, preuves, p. I.XXI. )

(2) V. Dom Calmet, histoire de Lorraine, tome 111, 556. M. Wurth-Paquet. Règne de Sigismond, n° 371. V. aussi Devienne, Plaucy, lettre au sujet de la pucelle d'Orléans, et dictionnaire de Moreri, V° Jeanne d'Arc.

Le Musée des familles , année 1870, page 339 et suivantes, a publié sur l'apparition de la fausse Jeanne d'Arc aux environs de Metz et h Arlon, une relation romantique dans laquelle, sur un fond vrai, on a brode une série de scènes émouvantes, empruntées à rimagîuatiou de l'auteur.

On a intercallé, dans celte relation, page 345, un dessin de la ville d' Arlon également de pure fantaisie. Le dessinateur n'a pas su que l'ancienne forteresse avait sts murailles arrondies avec des tours de distance en distance ; il la représente fortifiée à la moderne, hérissée comme un porc-épic.

On n'aperr.oit point non plus, sur le point culminant l'antique château des comtes d' Arlon, avec ses hautes tours, résidence des souverains.

l'histoire alors ne se composait presque que de leurs faits et gestes et de ceux de leur entourage. Mais le comté, le duché, enfin le peuple en général, que lui en revint-il ? L'empire absorbait toute la pensée des empereurs luxembourgeois, le comté, le duché étaient relégués a l'arrière plan, ou plutôt, il n'était échu ë ces pays qu'un rôle, celui de suppléer aux fastueuses dépenses de la couronne impériale. Cette couronne, il avait fallu d'abord l'acheter à chers deniers ; puis, pour la conserver, payer les dépenses de guerres dont le Luxembourg ne profitait pas. De là ces emprunts ruineux pour le pays, l'administration et les revenus du duché et du comté remis en mains tierces, enfin ces engagères qui, successivement, ont été, pendant longtemps, la cause de luttes intestines, de divisions dans le pays, de guerres sacrilèges, ayant porté partout la ruine et la désolation.

Voilà ce que le peuple a récolté de plus clair de l'élévation des comtes et des ducs luxembourgeois à la couronne impériale d'Allemagne et à la royauté de Pologne et de Bohême.

Administration d'Elisabeth de Gortitz et de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne.

1426. Arlon est réduit en cendres par accident fortuit.

1438, Albert, archiduc d'Autriche, qui avait épousé Elisabeth, fille de Sigismond, fut élu empereur.

1439, 27 octobre. Mort de l'empereur Albert. Sa veuve transporta à sa fille Anne, épouse de Guillaume de Saxe, tous ses droits au duché de Luxembourg, sauf les droits de l'enfant dont elle était enceinte.

1440, 22 février. L'impératrice Elisabeth mit au monde un fils connu sous le nom de Ladislas.

10 août. Notification aux Etats de la cession faite au duc de Saxe et à sa femme.

1441, 5 mars. Elisabeth de Gorlitz se sentant trop faible au milieu de ces complications, nomma Mambourg ou Gouverneur du pays, Philippe-le- Bon, duc de Bourgogne, son parent et allié.

De là une guerre entre le duc de Saxe et le duc de Bourgogne.

1442, Les seigneurs attachés au parti bourguignon et à celui d'Elisabeth, ranimèrent tous leur courage à la vue de cette lettre (celle du duc de Bourgogne). Ayant assemblé quelques troupes, ils concertèrent entre eux des

moyens de s'emparer de la ville d*ArIoo, et îts la surprirent par escalade; après quoi ils délibérèrent s'ils ne mettraient pas le siège devant Tbionville. Mais le comte de Click, informé de ce qui se tratnoit, sortit pendant la nnit de Luxembourg et parut au point du jour devant Arlon, dans l'espérance de s'en rendre le maître par force ou par trahison. Les bourgeois, au bruit de son arrivée, prirent les armes, se joignirent à la garnison et parurent déterminés à faire ferme, s'il entreprenoit de les forcer. Voilà ce qui fut cause qu'il changea de dessein et qu'il forma une espèce de blocus, ayant fait camper son monde dans différents quartiers, aux environs. Mais les Arlunois, impatients de se voir brider de la sorte, firent de fréquentes sorties et harcelèrent tellement le comte de Click, qu'ils le contraignirent à la fin de décamper et de retourner avec honte à Luxembourg (1).

1443. Le duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon, séjourne à Arlon. J'extrais ce qui suit des mémoires de messire Olivier de la Marche :

c Durant le temps de celui siège (celui de Villy), le duc tira avant an pays et prit son chemin par Marvilie et par Vierton, et de lu en une ville désamparée, que l'on nomme Ais, et passa par Harlon, et par tous ces lieux ne trouva résistance, que petite ou nulle ; et les principaux lieux du pays, qui faisoyent la guerre, et ou estoit le fort des gens d'armes, ennemis du duc, c'estoit la ville de Luxembourg, et celle de Thionville, qui sont deux bonnes villes et puissantes; et estoient garnies de soudoyers de guerre, BebaignonsetZassons, et auentureux, sans les communes des villes, qui sont tous gens armez et nourris à leur auentnre, et au meslier de la guerre; et estoit chefdeceste compagnie, et lieutenant pour les ducs des Zasses, au pays de Luxembourg et comté de Chiny, le comte de Click : et à la vérité, les dicts Zaasona $e conduisoient en leurs courses tressageroent, et s'aueoturoyent pour gaigner, par bonne façon, voire jusqu'à gaigner et emmener de nos gens, et pris et créancez jusques auprès des portes d'Arlon, où estoit le duc en personne. Hardiment s'auenturoyent les Zassons, à dix ou à douze chevaux ensemble, et non pas en compagnie pour faire rencontre digne de mémoire, et bien le pouvoyent faire, car en nostre compagnie estoient plusieurs allemands ; ansquels les Bourgougnons, Picards, Hannuyers et Namurois, n'auoyent nulle communication de language, pour la différence des langues, par quoy les dicts Zassons, comme alemans, pouuoyent fort approcher nos gens et les prendre d'aguet, pourtant que l'on ne scauuoit s'ils estoyent amis ou ennemis, iusque à ce qu'ils le monstroyent par effect, et portoyent leurs cranequios bandez, et le trait dessus, et encloyoient un homme ou deux, s'ils les trou-

(i) Bertliolet. VII, p. 583 et 384.

uoyent à part ; et premier que remède y fut mis ils lui faisoyent dire le mot comme ils firent au Martre, un archer du chancelier de Bourgogne, bel homme, vaillant et renommé, et qui depuis fut archer du corps du duc, lequel Martre pour ce que l'abreuuoir estoit hors de la ville d'Arlon, et doutoit de perdre son cheval, lui mesme l'alla abreuver, et trouva en l'abreuoir deux cranequiniers, qui desia tenoyent manière d'abreuuer. Si cuida le dit archer que ce fussent de nos aleinans, et les cranequiniers luy firent courtoisement place entre eux deux, et tantost en reuint deux autres à la queue, et tous quatre monstrèrent le vireton sur la corde à l'archer, lequel se trouua dépourveu, et Le créancèrent et l'emmenèrent à Luxembourg, et de là en auant fut ordonné que gens d'armes garderoyent l'abreuoir à l'heure d'abreuer les cheuaux, et sçai bien que quand nous autres pages alions à l'eaue auec les cheuaux du duc, dix ù douze lances estoyent ordonnées pour nous conuoyer (I).

1443. Après la prise de Luxembourg, dans la nuit du H nc/anbre, Phihppe-Ie-Bon quitta Arlon, arriva à la hâte à Luxembourg et donna des ordres pour le pillage de la ville et le partage du butin.

Voici comment Olivier de la Marche raconte ce départ d'Arlbn [?^ :

Prestement que les eschelleurs furent entrez (à Luxembourg), on enuoya messages au duc de Bourgongne (qui estoit en la ville d'Arlon a cinq lieues loin de Luxembourg) et depuis qu'ils se trouuèrent en la ville autre message, et ainsi par message sur autre, sceut le duc que Luxembourg estoit gaigné par luy et fut enuiron deux heures auant le jour. Si fut sonné pour mettre selles, et s'arma et prépara chascun, et le duc s'arma de toutes pL:s. et \;int à la messe, et ouyt ses messes, et dict ses heures et son ordinaire, aussi froidement qu'il auoit accoustumé : et depuis tout ouy et tout adieu; , #|î,,t certaines grâces en son oratoire qui durèrent assez longuement : et me sou.3*. . * d nous ses pages estions a cheval, et ouyons les gens d'armes, qui disoyent ei murmuroyent, que longuement faisoit le duc, et qu'une autrefois il pouuoit bien recouurer à dire patrenostres : et tellement que Jehan de Cbaumergy (qui estoit premier escuyer d'Escuyrie) le dict au duc, qui lui répondit : c Si Dieu m'a donné victoire, il la me gardera et peut autant faire a ma requeste (s'il lui plaît m'eslre misericors) qu'il fera à l'aide de toute ma cbeualerie. En la compaignie des conquereurs sont mes neveux et mon Bastard, et si bon nombre de mes sujets et seruiteurs, qu'a l'ayde de Dieu ils soutiendront bien jusques ù ma venue. > Ainsi parla le bon duc, et paracheua ses oraisons, et a

;i) Mémoires de messire Olivier de la Marche, Bruxelles, 1616, livre 1er, p. ai'i. (2) Mémoires de messire Olivier de la Marche, livre 1er, p. 339 et subs.

la vérité ce fut un prince constant, et qui ne se mouuait de chose qui lui aduiot et fut au jour quand il monta ù cheval et prestement se mit sa compagnie aux champs.

1443. En moins de quatre mois, le duc de Bourgogne acheva la conquête du duché de Luxembourg et du comté de Chiny et la duchesse de Gorlitz fit sa rentrée h Luxembourg.

1444, 19 déc. Traité de paix. Moyennant le paiement de certaines sommes, le duc de Bourgogne acquiert la propriété du duché de Luxembourg et du comté de Chiny, sous réserve des droits de la duchesse Elisabeth de Gorlitz.

La duchesse avait cédé à Philippe tous ses droits au duché de Luxembourg et au comté de Chiny, moyennant une pension. Elle se retira à Trêves, où elle est décédée le 3 août 1451.

1451 , 25 octobre. Assemblée des États à Luxembourg. Philippe-le-bon fut reconnu comme duc de Luxembourg.

Ladislas éleva des prétentions à la propriété du duché de Luxembourg et du comté de Chiny. Une guerre s'en suivit. Pendant les préliminaires de la paix, Ladislas mourut, le 23 novembre 1457.

Le décès de Ladislas réveilla les prétentions du duc de Saxe et de Anne, sa femme. Eu 1459, ils vendirent leurs droits au roi de France Charles Vil. Louis XI, son successeur, renonça à cette vente en faveur du duc de Bourgogne. Une nouvelle vente fut consentie, le 3 septembre 1462, à Philippe-le-bon.

C'est ainsi que le Luxembourg, le marquisat d'Aï Ion et le comté de Chiny furent définitivement acquis a la maison de Bourgogne. De là ces pays passèrent sous la domination de l'Autriche, puis de l'Espagne, pour revenir à la maison d'Autriche, qui les possédait encore vers la fin du xviii6 siècle.

Je relaterai quelques faits concernant uniquement la ville d'Arion, sous ces diverses dominations.

1474. Charles-le-téméraire vient k Arlon.

1483. Les Justiciers et Échevins des villes de Luxembourg, à9 Arlon et de Thionville entrent dans la confédération d'une partie des nobles du pays de Luxembourg pour défendre leur patrie et Maximilien, archiduc, leur souverain, contre la France (Bertholet t. VIII, n° 9 et 10).

1500. Philippe, archiduc d'Autriche, étant à Arlon, confirma les privilèges du métier des drapiers.

1542. Le duc d'Orléans, fils du roi de France, a pris la ville d'Arlon et ne l'a quittée qu'après l'avoir saccagée et brûlée (1).

Les Français furent repoussés par les armées de Charles-Quint et la ville put se rétablir pendant quelques années de paix (Bertholet, VII, 19).

4558. Les Français, sous le commandement du duc de Guise, avec le duc d'Orléans en tête, s'emparèrent de nouveau de la ville d'Arlon, qui fut derechef saccagée et incendiée. Ce qui restait de l'antique château des comtes d'Arlon fut abattu avec la vieille chapelle de S'-Blaise. Le feu détruisit l'église paroissiale, celle des Carmes avec le couvent ; les halles et d'autres édifices, tant publics que privés, furent détruits de fond en comble. Après avoir complètement pillé la ville, le duc de Guise fit abattre les portes et raser les murailles par quatre mille pionniers venus de France (2).

Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici le récit d'un contemporain sur la prise d'Arlon en 1558 (3).

Trois jours après la prinse de Thionuille, l'armée marcha droit à Arlon qui

est une petite ville, fort belle, de ce qu'elle contient Mais de se reposer

après une prinse, et perdre le temps tant petit soit-il, cela est fort preiudiable au service de vostre Majesté. Je campai tout à l'enlour de la dicte ville auecques nos gens de pied François. Monsieur de Gui6e campa vn quart de lieue

(i) Composition et emplacement des corps de troupes du ao juin i5ia : il y avait à Arlon ioo chevaux et 200 piétons. ,

On lit dans la Notice sur Mariembourg, par M Albert de Robaulx de Souraoy :

« Le duc d'Orléans marcha pour aller devant Luxembourg, prenant sou chemin par Arlon, ]ietKc ville à quatre lieues cn-deca du dit Luxembourg, sur une montagne, mais non fortifié*-. La ville se rendit, mais quelques pillards, cherchant quelque butin, mirent le feu à une partie de la villa, tellement que hien à peine peut-on faire retirer le bagage qu'il n'y en eust de brûlé » {Martin du Belloy: p. 718).

12) Voila ce que racontent des historiens.

Si les fortifications d'Arlon furent alors rasées, elles ne l'ont point été complètement : car comment expliquer la destruction des murailles d'Arlon en 1671 et 167a, qui, dans l'intervalle, avaient été seulement restaurées.

(3) Commentaire de Messirc Biaise de Montluc, maréchal de France, où sont descrits les combats, rencontres, escarmouches, batailles, sièges, assauts, escalades, prinses ou surprinses des villes et places fortes, deffense des assaillies et assiégées, avecques plusieurs autres faits de guerre signalez et remarquables, esquels ce grand el renommé guerrier s'est trouvé durant cinquante ou soixante ans, qu'il a porté les armes ; ensemble diu erses instructions, qui ne doiuent estre ignorées de ceux qui veulent paruenir par les armes à qnelqu'honneur et sagement conduire tous exploicts de guerre. — Petit in-8°, à Paris, par François Carroy, imprimeur, demeurant rue des Amandiers à la Belle Branche, MDCVll.tome t*r, page 458.

Je dois la communication de cet ouvrage à M. Clément Ma us, ingénieur des. ponts et chaussées, résidant alors à Huy, membre effectif de notre Institut archéologique.

en arrière : et me dit qu'il estoit tout assoupy d'ecuiede dormir, car il n'auoil dormy depuis le commencement du siège, ce qu'il auoît accoustumé de dormir en vne nuict (et moy encorcs moins) me priant de faire les approches ceste nuicl là : et qu'il m'enuoiroit les commissaires de l'artillerie avecque quatre canos pour aduiser là où il les faudrait mettre : et qu'il vouloit donner ceste ville à sac aux soldats en récompense de Thionuille : et se relira dans des logis couuerts de paille, où il se logeoit. Il y auoit dans la ville .cent cinquante allemands et quatre cents Wallons. Les allemans gardoient vne porte et les Vvallons l'autre. Et comme feus mis les sentinelles et les corps-de-garde bien près les vns des autres, pource que Ton disoil, qu'il y entreroit des gès ceste nuit là, ils faisoient fort bonne mine là dedans. Ce qui nous faisoit penser, qu'ils esperoient secours. le commençay à faire faire l'esplanade par les jardins pour mener l'artillerie. Et vonloîs faire la batterie par la porte et vn peu à main gauche pour m'ayder à l'assaut auecques des cschellcs d'vne petite bresche qu'ils auoient fait, pour porter la terre sur la terrace, qu'ils faisoient en cest endroit là. Ils avoient fait des degrez dans la terre mesme à la descente du fossé, et pareillement à la montée, Jusque sur le terrain. Je m'approchay iusques auprès du fossé de la ville et iusques à vn petit fossé, qu'il y auoit près du chemin, lequel je fisrecognoistre par vn soldat. J'auois trois ou quatre capitaines auecques moy, dans ce petit fossé. Le soldat trouua ces degrez, dans lesquels il descendit, puis en monta trois ou quatre autres de ceux qui montofent sur le terre-plein : et làs'arresta sans estre apperçeu. Et comme il y auoit eut demeuré vu peu, il retourne à moy, et me dit, qu'il n'y auoit point de sentinelle par le terre-plein : et qu'il pensoit que silon s'alloit ietter à coup perdu sur le terre-plein, que nous emporterions la ville. Je fis approcher vn corps-de-garde qui estoit fort, plus que les autres : à cause que ie voulois qu'il servist de garder l'artillerie : et faisois venir ie ventre en terre les soldats se mettre dans le fossé. Puis fis retourner le soldat au fossé et trois ou quatre arquebuziers, et deux capitaines auecques les rondelles, dont monsieur de Goas en estoît vn. La nuit estoit obscure si fort, qu'on ne voyoit pas à un pas l'un de l'autre, ce soldat estoit flaman. Il descendit ait fossé, les capitaines après luy, et trois ou quatre arquebuziers après. Et comme ils estoient dans le fossé, ils se mettoient contre Je bord d'iceluy deuers la ville et au plus près des degrez. Les ennemis entendirent le brnlt et commencèrent à crier waer iar, c'est à dire qui va là. Ce soldat leur répondit, en leur langage frind% frind, amis, amis : et lui demandèrent qu'il estoit, il leur dict qu'il estoit flama, et qu'il regrettoit, pour estre de leur pays, leur perte, et qu'au point du jour toute l'artillerie qu'auoit M. de Guise, seroit en batterie, et qu'il ne falloit point qu'ils se fiassent aux alternas, qu'ils auoieat auec eux : car ils estoient assurez de n'auoir aucun mal, et de n'estre aucune*

ment offensez par les nostres, corne desia ils leur auoieni promis» et qu'un allemand estoy sorly à l'entrée de la ntiict, pour aller parler aux nostres : de façon que tout le meurtre tomberoit sur eux, s'ils ne se rendoient, et qu'il ne serait pas temps quand l'artillerie auroit lire. Ils enuoyerent incontinent au quartier des allemans, et trouuerent qu'vn soldat, qui parloit allemand, près là où ils estoient, parloit aux leurs. Et comme leur messager fut deretour, ce soldat entendit qu'ils estoient en garbouil là dedans : et commença à leur dire, s'ils luy vouloit donner à boire. Us luy dirent qu'oui, et montast sur leur foy, et à fiance. J'oyois tout cecy ; car ie n'estois pas à six pas du bord du fossé, et puis trois ou quatre sergents auecques des hallebardes. Ce soldat monta les degrez iusques à ce qu'il fusl sur le bord du terreplein, et parloit à eux, disant que monsieur de Guise auoit fait bonne guerre à ceux de Tionuille, et qu'il la feroit à eux ; et les a mu soit lousiours de parolles. Ils luy firent porter à boire. Monsieur de Goas estoit après le soldat, et trois arquebuziers après luy, les uns après les autres; car ils n'y pouuoient monter que l'un après l'autre. Ce soldat les couuroit de sorte qu'ils ne pouuoient voir au long du degré de la montée. L'autre capitaine se mit .après les trois arquebuziers, les sergens après, de sorte que tout ce degré jusques au haut fut plein. Et comme monteur de Goas vid qu'ils estoient tant, poussa le soldat qui estoit deuant luy sur le terreplein et l'autre capitaine poussa les trois arquebuziers. Ce soldat comence à crier goull krich, c'est à dire bonne guerre. Les arquebuziers tirèrent : les capitainos se ietterent sur la contr'escarpe, et tout le monde après : et ces panures gens s'enfuirent tous à leurs logis, les soldats les couraient par les rues. Je me jetlai dans le fossé auecques tout le demeurant, montant les soldats les vus après les autres. Les allemans qui se virent prins par derrière, à la requête de ce soldat, qui parloit allemand, ils ouurirent vne fauce porte : et se donnèrent à la mercy des soldats, qui fut vn acte digne d'estre loué aux nostres, et que l'on peut bien cognoistre à cela qu'ils estoient vieux soldats. Car il ne se trouua pas quatre hommes de morts : ains eux mêmes menoient les nostres faire butfn par les maisons. Voyla comment la ville fut prinse.

Monsieur de Guise, qui auoit défendu, qu'on ne l'esueillast point, mais qu'on le laissast dormir à son aise ceste nuict là n'en sçeut rien, iusques au poinct du iour qu'il demanda, si l'artillerie auoit encore commencé à tirer ; et on lui respondil que la ville estoit desia prinse dès la minuit; et que l'on auOit retourné l'artillerie en son lieu, ce qui luy fit faire le signe de la croix disant c'est allé bien viste. Le dit seigneur monta à cheval et vint nous trouuer. Or par malheur le feu se print en deux ou trois maisons, à cause de la poudre que Ion y trouua ; et en la prenait le feu s'y mit et brusla quatre ou cinq soldats. Ceste ville là estoit presque pleine de lin prests à estre filez; le vêt estoit grand ; et n'y sçeut on iamais donner ordre que plus de la moitié de la

ville ne se brulast, qui fut cause que les soldats ne gaignerent pas tant comme ils eussent fait. Le lendemain, Monsieur de Guise marcha avec tout le camp : et ne s'arresta, iusques à ce qu'il fust à Pierrepont (1).

1562. Les Français de nouveau prennent et saccagent Arlon.

1563. À peine remise du désastre de 1558, la ville est brûlée en partie, le feu ayant pris par accident chez un drapier nommé Jacqnemin.

1568. Sac d'Arlon par les Français.

1568. A la fin de cette année et au commencement de 1569, résidence temporaire à Arlon du conseil provincial, à cause d'une maladie contagieuse qui avait éclaté à Luxembourg (arch. de Lux. Enregist. E, 116V

1569. La ville est derechef incendiée, le feu ayant pris, par infortune, chez Michel Warck et Glaus Kerschen, de sorte, disent quelques notes manuscrites, qu'elle a été brûlée et entièrement ruinée quatre fois en l'espace de 27 ans.

1601. La paix ayant été signée entre la France et l'Espagne, la ville d'Arlon s'était relevée de ses ruines, elle avait reconstruit ses maisons, ses édifices publics ; son industrie, son commerce étaient devenus florissants, lorsque, en 1604, un corps de cavalerie hollandaise, commandé par le comte de Hollacb, partit de Nimègue, s'avança h marche forcée jusqu'à Etlclbruck, où ces maraudeurs fourragèrent. De là ils se dirigèrent sur Arlon : ils s'emparèrent d'abord des portes et se répandirent ensuite par toute la ville, pillant et saccageant tout ce qu'ils rencontraient. Ils emmenèrent environ trois cents prisonniers, parmi lesquels se trouvait le curé de Saint Martin, ce qui arriva le jour de la Saint-Martin et pendant qu'on célébrait cette fête.

1627. Ravages par la foudre.

1636. La peste, qui régnait dans tout le Luxembourg, désola également la ville d'Arlon et y dura près de deux ans.

La prévôté d'Arlon est pillée et ravagée par les Croates.

1640. Tremblement de terre k Arlon.

1647, Septembre. Le maréchal de Turenne met le siège devant Arlon, mais il se retire à l'approche du duc de Lorraine.

1651. La ville d'Arlon fut de nouveau saccagée par les Français.

(i) Il n'est question, dans ce passage, ni de la destruction du château, ni de la démolition des remparts d'Arlon. Cependant, des historiens, écrivant un peu moins d'un siècle après, en. parlent positivement. A quelle époque précise cetle destruction eut-elle lieu? Peu de temps sans doute après la conquête d'Arlon par les Français.

Les chances de la guerre furent cruelles pour celle ville. Car dans le siècle précédent, elle fut souvent renversée, au point qu'il est surprenant que, aujourd'hui, elle ait pu revenir à presque son ancienne prospérité.

L'an 1542, elle fut prise et ruinée entièrement par Charles, fils de François, roi des Français. Àrlon, dit Jurius dans ses commentaires, fut une ville très-célèbre autant par la magnificence de ses édifices, que par le nombre de ses habitants et leurs richesses, et lorsque ses citoyens se furent rendus à de cruels ennemis, les Français la détruisirent de fond en comble. Mais la même année, h l'approche de l'armée de Charles Y, les Français ayant été repoussés, les habitants purent jouir ouvertement de quelque sécurité, jusqu'à ce que, l'an 4558, la ville d'Arlon fut de nouveau occupée par les Français, sous le commandement du duc de Guise et subit à la fois le fer et l'incendie, et dans ce désastre, le château, la chapelle de Saint-Biaise, le couvent des Carmes et d'autres édifices tant publics que privés, pillés et renversés d'abord, furent après détruits jusqu'aux premiers fondements comme le rapporte Jurius. Mais derechef la ville ayant été recouvrée par les troupes impériales, à peine de récents édifices s'élevaient-ils, lorsque se déclarèrent de nouveaux incendies, cette fois par suite de négligence ou d'infortune; par ces incendies, l'année 1562 et encore en 1568, la ville fut misérablement déformée. Ensuite, la paix

Multam morlis subivit îsta civitas aleuui ; nam vel superiori sœculo saepius eversa est, ut mirum sit ad pristinum prope florem posfliminiohodie iterum rediissc. Anno C. 1542 a Carolo filio Francisci régis Gallorum capta et prostrala cbt. Arlunutn, inquit Jurius in comment, cum œdificiorum magniftcenlia, lum civium freqwntia et opibus percelebre oppidum, cum se cives sœvis corporibus dédissent, Franci fundUus diruunL Sed eodem anno a Carolo V cœsaris exercitu, ejectis inde gallis, serenitas aliqua affulsit; donec anno C. 4558 duce Guisio a Gallis iterum occupatur, et simul ferrum et incendium subit, et illud exitium, quo et castrum et S.

Blasii templum et monasterium Carmelitarum, aliaque publica et privata aedificia fœdata et convulsa prius, funditus primum subruta sunt, ut inquit Jurius. Sed ab Imperatoriis iterum recuperata, vix nova consurgebant aedificia, cum nova ingruunt incendia, ex negligentia et infortunio profecta, quibus Ârlunum iterum anno 4562 et iterum 1568 misère deformalum ; ex inde pace inler Gallum et Hispanum confirmata, iterum increscit urbs sedificiis et commerças, et usque in banc diem incolumis floret, nisi quod anno 4604, die S.

Martini qua solemnes illic nundinae celebrantur, ab Hollachio comité et Batavo equitalu, quem ducebat Neomago, dolo interceptum et spoliatum fuerit, hoste eodem die, quo praedam stratagemate nequisiverat, magno captivorura numéro ad suos cum proliis

ayant été confirmée entre l'Espagne et la France, la villedenouveau s'accrut en édifices et en commerce et devenait entièrement florissante, lorsque, en Tannée 1604, le jour de Saint- Martin, dont la foire est célèbre et très-fréqoentée, la ville d'Arlon fut surprise et dépouillée par le comte Hollach et des cavaliers hollandais qu'il conduisait à Nimègue. Le même jour, l'ennemi, qui, par violence et non par ruse, avait acquis du butin, retourna vers les siens avec de nombreux prisonniers et des dépouilles.

C'est ainsi que, par incurie et la confiance née d'une précédente sécurité, il survient toujours une catastrophe inattendue, et ce n'est que lorsque la blessure est faite, que l'indolence devient vigilante.

récurrente Ita incuria et securitatis praefidenlia inopinatos semper peperit clades, et nisi accepto vulnere evigilat socordia (4).

1660, le 24 mai, le feu ayant pris par accident h la maison d'un bourgeois nommé Nicolas Boucher, à une heure environ après minuit, toute l'église paroissiale, le couvent des RR. PP. Carmes, l'hôpital, la halle des bouchers et la plus grande partie des maisons de la ville d'Arlon (140), furent brûlés sans qu'on y pût mettre remède. Le feu s'arrêta à la partie des montées duvcouvenl des RR. PP. Capucins, et c'est là un fait attesté par les plus anciens bourgeois d'Arlon, qui en ont été témoins oculaires, que la statue de S1 François, qui était au-dessus de la dite porto, s'étant tournée à droite vers la croix, le feu cessa aussitôt et que le tableau de Notre Dame des douleurs qui était en dedans de la porte, fut conservé dans son entier au milieu des flammes (2).

1671 et 1672. Les fortifications d'Arlon sont rasées par ordre du Gouvernement central.

1676 ou 77. Quinze à vingt maisons ont été brûlées au mois de mars, vers les dix heures du matin, près de la porte de Bastogne, à Arlon.

(i) Disquisitiones. Wilh. Wiltheim. Lib. a, cap. XI, % 8. Ms.

(2) Extrait de l'archive des Capucins d'Arlon. Notes de M. Merjay, ms. de la société archéologique de Luxembourg.

1680. À peine la paix de Nimègue fut-elle conclue, que la France s'appliqua k s'emparer des pays de son voisinage, sans dépense et sans danger. Elle créa une chambre des réunions k Metz pour juger souverainement de toutes les demandes qu'elle avait dessein de faire aux puissances voisines. Elle prétendait que tout ce qui avait élé autrefois des annexes ou des dépendances des pays, fiefs et domaines qu'elle avait conquis ou qui lui avaient été cédés et qui, de quelque manière que ce fût, y avait été une fois incorporé, devait y être réuni et censé cédé par les traités qui la rendait alors maîtresse d'une partie de ces pays. En conséquence de cette nouvelle prétention, il y eut plusieurs princes souverains, des magistrats, des villes libres, des seigneurs de bourgs et fiefs, des abbés et couvents, qui furent assignés par devant la chambre des réunions et condamnés par des juges, tous sujets du roi de France et établis de sa seule autorité.

La chambre de Metz adjugea à la France tout le Luxembourg k l'exception de sa capitale, sous prétexte que toutes les villes et les seigneuries de celte province appartenaient ou avaient appartenu au comté de Cbiny et autres places, villes et terres cédées k la France par le traité des Pyrénées.

Les protestations ne servirent k rien et n'empêchèrent pas la France d'entrer à main armée dans la province, de s'emparer d'une partie en 1681 et du tout en 1683 et 1684 (1).

1681, le jour de la St-Laurent, les Français entrèrent k Arlon (quoique marquisat k part), sous prétexte de prendre possession du comté de Chiny qu'ils prétendaient leur avoir été cédé ; ils firent de nouvelles murailles k l'entour de la ville pour la renfermer et fortifièrent le couvent des Capucins en forme de citadelle.

1683. Le 6 août, vers les deux heures de l'après midi, dans la Helschengas, le feu a pris par une écurie, et quinze k vingt maisons ont été réduites en cendres avec les halles (2).

1697. A la paix de Riswick, Arlon fit retour k la couronne d'Espagne.

1707. La foudre mit le feu au clocher de l'église des Capucins, renversa quatre religieux et laissa quelques marques sur leurs corps.

1708. La foudre en tombant sur les Capucins, écrasa un religieux. 1719, 18 oct. Vers les trois heures de l'après-midi, une nuée épaisse cou-

(i) Manuscrit de Pierrct.

(a) Manuscrit de Pierret.

352 HISTOIRE D'ARLOlf.

vrit tout à coup l'horizon et outre qu'il eu sortait de continuels éclairs, le tonnerre qui grondait avec un fracas horrible, épouvanta tellement tout le monde, que plusieurs se réfugièrent dans le couloir des Capucins, comme dans un asile assuré. Cependant la foudre y entra et se fit passage par le seuil de la porte, serpenta quelque temps dans le cloître et puis alla mettre le feu k l'église paroissiale.

1764. Le 30 octobre, vers les quatre heures après-midi, le feu prit k la maison d'Antoine Winkers, située entre celle de l'échevin iiemsonnet et Nicolas Lucas, elle a été entièrement consumée ; les maisons des deux voisins furent endommagées seulement ; ce fut par la grâce de Dieu et la multitude de personnes dont Dieu a béni l'ouvrage, parce que presque toute la ville aurait été réduite en cendres (1).

1785. Le 11 mai, à huit heures du matin, pendant un temps beau et sec, le vent nord-est étant violent, on brûlait dans la cour des Cannes des cordes de houblon ; un petit bâtiment couvert en pannes de bois presque pourries par le temps, qui servait de remise, prit feu, et l'incendie se propagea avec une telle violence que, à quatre heures de relevée, 380 maisons étaient réduites en cendres. Une seule maison, près du corps-degarde, sur la route de Luxembourg, fut préservée. C'est la maison Noël; elle appartenait k la famille Schwartz-Printz.

Voici quelques détails sur cet incendie.

Extrait d'une lettre d'Àrlon, 14 mai. Mercredi, 11 mai, entre neuf et dix heures du malin, le feu a pris dans une espèce de chaumière près des pères Carmes; quelques étincelles entrèrent par une lucarne dans la brasserie des religieux, d'où le feu se répandit avec de si rapides progrès, qu'en moins de trois heures* toute la ville était en flammes. Le vent du nord était très-violent, l'eau manquait, de façon que nous n'avons presque rien arraché à la voracité du feu, et le peu que nous pensions avoir conservé nous a été enlevé en bonne partie par des personnes officieuses qui craignaient que nous ne fussions trop chargés pour aller chercher un asyle ailleurs. Il n'y a que douze à quatorze, maisonnettes qui n'ont pas été la proie des flammes- Les couvents des Carmes, des Capucins et l'hôpital ont eu le même bonheur. Ceux qui demeuraient près du marché, avaient déposé leurs effets au milieu de la place ; le feu y a pris et tout a été réduit en cendres. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que le feo a presque fait tout le tour de la ville contre le vent. Nous sommes campés dans les jardins. Tous les jours il vient grand nombre de voitures pour trans-

(i) Manuscrit de Pierret.

porter dans les villages voisins nos malheureux incendiés avec les débris de leur fortune. Les religieux d'Orval, toujours extrêmement prompts dans ces sortes d'occasions, nous ont d'abord envoyé plusieurs voitures chargées de pain. Peu de temps après, nous reçûmes une somme de 8000 florins de la part de LL. AA. RR. nos gouverneurs généraux ; un grand nombre d'habitants de Luxembourg de tout rang se Sont empressés de nous envoyer des comestibles. Les officiers du régiment de Latermann ont cédé leur pain d'un mois. Des charpentiers, tant militaires que bourgeois, qu'on nous a envoyés de Luxembourg» se sont occupés à nous dresser des baraques (1).

Extrait d'une antre lettre du 18 mai 1785 :

La plupart des maisons sont écroulées. On n'ose presque pas entrer en ville. Hier, un homme et une femme ont été tués par des pierres qui se sont détachées d'une cheminée. Le gouvernement a ordonné aux Carmes et aux Capucins d'envoyer la plus grande partie de leurs religieux dans d'autres couvents et de recevoir chez eux et même dans leurs églises, tous ceux qui n'ont point trouvé d'asile (2).

Un grand nombre des habitants d'Arlon se retirent à Luxembourg et y sont reçus avec la charité que leur situation réclame (3).

Les papiers, procès, etc», de la maison de ville, ont été la proie des flammes. Les papiers du greffe ont été préservés de l'incendie par les soins et la vigilance du premier échevin, du greffier Kiellesetdeson clerc nommé Schmit (4).

Le 22 juin 1785, Sa Majesté a nommé le conseiller- maître de Berg pour colliger des notions sur le fatal incendie de la ville d'Arlon (Arch. de Luxemb. Enreg. MM. 32).

Diverses mesures réparatrices ont été proposées et adoptées. J'en rendrai compte dans des chapitres subséquents ; entre autres : nne ordonnance du 18 juillet 1785 prescrit, pour la conservation de la ville d'Arlon et pour éviter la fréquence des incendies, que toutes les maisons soient couvertes en ardoises (Arch. de Lux. Or don. du C. prov. 4000 n° 48).

J'arrive aux événements qui ont mis fin à la domination autrichienne dans le Luxembourg.

(i) De Ferler, journal historique et littéraire, i" juin 1785, p. 237. (a) (Jour*. Aùt. et titt., 1" juin 1785, p. 249.) (5) {Idem, iS juin 1785, p. 329.) iï).Id*m.

Lès français sont arrivés la première fois à Arlon, le 9 juin 4798 et sont restés jusqu'au 42, du dimanche au mercredi, après avoir forcé le générai Schroeder à se retirer. De là vient le boulet de canon au mur du presbytère d'Arlon. Le 17 avril 4794, affaire avec le général Beaulieu, et jeudi saint, ils sont rentrés jusqu'au 30. Enfin, l'armée française est arrivée le 24 mai et resta jusqu'au 28, et le 21 novembre suivant, elle commença le blocus de Luxembourg (4).

Aucun historien, si ce n'est l'auteur des Victoires et conquêtes, n'a parlé des combats d'Arlon en 4793 et 4794 : on les a jugés trop peu importants dans les faits généraux et si marquants de l'histoire de la révolution française; on s'est trompé peut-être, maïs certes, ces combats appartiennent k une histoire locale, comme celle d'Arlon, et ils ne peuvent être passés sous silence.

J'emprunte à des documents officiels de l'époque, les détails de ces deux rencontres entfc les Français et les Autrichiens. Je mets ainsi sous les yeux du lecteur la relation fournie par chaque parti/ les deux récits aideront à démêler la vérité ; on y verra d'ailleurs sous quelles impressions vives de ce temps les sentiments se sont produits des deux côtés, c'est la physionomie de l'époque, d'une époque célèbre dans les annales des peuples.

Ces relations remettent les faits sous nos yeux; nous connaissoqp les lieux où ifs se passent, ils sont aux portes d'Arlon, l'intérêt pour nous s'en accroît d'autant.

Page 1