RELATION FRANÇAISE
Extrait du Moniteur Universel du 21 avril 1794. 2 floréal an 2. Rapport du général Jourdan au comité du salut public.
Au quartier général d'Arlon, le 29 germinal an 2.
Àrldn est à la république ; deux jours de marche et de combats en ont chassé l'ennemi, fort de treize mille hommes d'infaoterie et de trois mille de cavalerie, dont les positions formidables et une artillerie nombreuse paraissait défier nos bayonnettes. Tous les obstacles ont été vaincus. L'ennemi, voyant nos dispositions et notre audace à le poursuivre, a pris le parti de faire promptement sa retraite. Nous n'avons pas perdu de temps à le poursuivre ; les troupes légères, tant à pied qu'ù cheval, et la brave artillerie légère l'ont harcelé et fait replier plus vite qu'il ne le voulait, puisqu'il a été obligé de nous abandonner trois caissons et des chevaux.
Je ne saurais donner trop d'éloges à l'avant-garde et particulièrement aux intrépides canonniers à cheval commandés par l'adjudant général Debelle. Six de leurs bouches ù feu se sont battues, le premier jour de l'attaque, pendant quatre heures, contre vingt-deux pièces de gros calibre, que le général Beaulieu, qui commandait dans cette partie, avait.fait porter sur notre avant-garde, trouvant sans doute qu'elle allait coucher trop près de lui.
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Nous avons à regretter très-pea de monde ; là perte de l'ennemi n'est pas non plus très -considérable, parce qu'il a bien voulu nous céder proroptement le champ de bataille. Nous lui avons fait quelques prisonniers. Nos troupes onl marché au son d'une musique guerrière et dans un ordre vrai ment admirable.
Les généraux de division Hatry, Lefebvre, M or lot f Championnet, et tous les généraux de brigade, se sont montrés en chefs habiles et en vaillants soldats.
Us ont exécuté avec précision et intelligence les ordres qui leur étaient confiés ; en un mot, chacun a fait son devoir ; le représentant du peuple Gillety qui a. toujours marché à la télé des troupes, peut en rendre témoignage. Le citoyen Chasseloup, chef de bataillon dans l'arme du génie, qui était Tannée dernière à la bataille qui a eu lieu sur le même terrain, qui avait acquis une connaissance exacte du pays, a rendu des services importants.
Voilà donc vos vues remplies, citoyens représentants.
Le général Halry commande le corps d'armée qui prend aujourd'hui une position respectable devant Arlon. Je vais lui donner des ordres et des instructions pour qu'il s'oppose au passage entre le pays de Namur et celui du Luxembourg, en un mot pour qu'il intercepte le mieux possible toutes les communications de ces deux provinces. Je me porterai dès demain à la droite de l'armée pour y tenter quelque chose, suivant que les circonstances me le permettront, et pour y presser l'arrivée des effets d'habillement, de campement et d'armement, dont nous avons an besoin urgent.
Salut et fraternité.
Extrait du Moniteur universel du 22 avril 1794, 3 florial an % GILLET, représentant du peuple, à la convention nationale le 29 germinal, Tan 2.
Citoyens collègues, je m'empresse de vous annoncer notre entrée à Arlon. Le corps d'armée qui avait été chargé de cette expédition, contrarié d'abord par le mauvais temps, se mit hier en marche du camp sous Longwy* On connaît l'importance que les Autrichiens attachent à la conservation de ce poste, qui coupe la communication de Luxembourg avec les Pays-Bas ; ils y avaient, en ce moment, selon tous les rapports, environ quatorze mille hommes. La journée d'hier se passa en attaques de postes, et le soir, une forte canonnade s'engagea avec notre avant-garde, près la Chapelle dite de Sainte-Croix. Le combat a recommencé ce matin avec vigueur; les ennemis ont annoncé une résistance opiniâtre ; et ils étaient favorisés par l'avantage de la position que donnent les hauteurs £ Arlon et par une artillerie et une cavalerie nombreuses; mais ils n'ont pu tenir au courage des soldats républicains, et ils ont pris la fuite au moment où ils se sont aperçus que l'armée se disposait à les charger à la baïonnette.
On ne saurait donner trop d'éloges à la valeur des troupes, aux sages dispo-
FAITS HISTOttIQttÊS POèfÊMttJRS k 4309. ftfr
sitions ûû général eu chef Joutian et & la précision aveé laquelle elles ont été exécutées par les officiers généraux à ses ordres. Témoin de leur conduite, je dois vous dire que tous ont rempli leur devoir ; les jeunes gens de la première réquisition se sont battus comme de vienx soldats.
L'artillerie légère et les troupes légères, tant à pied qu'à cheval, ont particulièrement contribué au succès de cette bataille.
(Suit le récit de quelques traits particuliers de courage) (1).