RELATION AUTRICHIENNE
Gazette politique et Ulléraire de Luxembourg > N° 33 du mercredi 16 avril 1794, p. 80.
Luxembourg, le 16 ami 1794. Au moment de l'impression de cette feuille, nous apprenons qu'une partie de l'armée du général Beautieu est aux mains
(i) Histoire et conquêtes des Français, tom. Il p. ai 6.
Combat et prise d'Arlon, 17 et 18 avril 1794.
Le général Beau lieu commandait une forte division de l'armée autrichienne dans te duché de Luxembourg ; il occupait la position d'Arlon que les Français avaient abandonnée. Le général Jourdan crut devoir enlever ce poste important aux Autrichiens qui s'y trouvaient réunis au nombre de douze mille hommes ; il fit attaquer, le 17 avril, les hauteurs de Mertzig par la division du général Vincent. Ce poste fut enlevé après un léger combat. Le mouvement avait pour but d'attirer sur ce point une partie des forces autrichiennes qui se trouvaient aux environs de Luxembonrg et d'empêcher ces derniers de secourir Arlon que le général Jourdan allait attaquer en personne.
Parties le 17 de Longwy, par un temps affreux, les troupes commandées par Jourdan arrivèrent en présence de l'ennemi à deux heures de l'après-midi. Les Autrichiens occupaient en avant d'Arlon une ligne de retranchement garnie d'une nombreuse artillerie. L'avant-garde française, soutenue par une batterie d'jrtillerie légère, attaqua de suite les retranchements ennemis, mais ne put les emporter, malgré toute l'impétuosité des soldats et le feu bien dirigé de l'artillerie légère, commandée par l'adjudant général DeôcIIe. Les pièces des batteries autrichiennes, plus nombreuses et d'un calibre plus fort, ripostèrent avec avantage et la nuit mit fin à un combat trop légèrement engagé. Le chef de bataillon Chasseloup, de l'arme du génie, avait assisté l'année précédente a la première attaque d' 'Arlon. La connaissance parfaite qu'il avait acquise du terrain, fut d'un grand secours au général Jourdan dans les dispositions que ce dernier fit pour l'attaque du lendemain. Le corps d'armée composé des divisions Championnct, Mortot, JLefebvrt et Hatry % était réuni, et le 18, à la pointe du jeur, une attaque générale eut lieu sur toute la ligne autrichienne. I<e choc ne fut pas aussi long qu'on pouvait le supposer par la résistance de la veille : les retranchements furent emportes avec la plus grande vivacité, le général Boaulieu se retira derrière Arlon, laissant une partie de son artillerie au pouvoir des Français ; la cavalerie poursuivit les Autrichiens jusqu'à deux lieues d'Arlon.
Le général Hatry fut laissé par le général Jourdan dans Arlon pour y commander. Hatry plaça sa division dans des postes à l'abri de l'insulte et prit toutes les précautions nécessaires pour empêcher les Autrichiens de communiquer avec le comté de Namur, où le général Jourdan se porta bientôt avec son armée. L'expédition d'Arlon fut le premier résultat du plan de campagne arrêté par le comité de salut public pour attaquer simultanément les atlliés en Flandre, sur la Sambre, la Meuse et la Moselle, «fût d'envahir de nouveau la Belgique et forcer l'ennemi à repasser le Rhin.
368 HI8T01M D'àRLON,
avec les Carmagnols au-delà d'Arlon ; qu'on leur a déjà pris un canon et tué considérablement du monde.
IBID. No 34 du samedi 19 avril 1794.
Luxembourg, 19 avril 1794. Depuis longtemps les ennemis menaçoient notre province d'une invasion : les nombreux rassemblements qu'ils faisoient sur la frontière ne laissoient plus douter depuis quelques jours qu'elle alloit avoir lieu avec des forces infiniment supérieures. Ce jour leur attaque fut impétueuse ; ils furent repoussés avec une assez grande perte.
Le lendemain, ils sont revenus à la charge sur sis à sept colonnes, dont chacune surpassait la totalité des Autrichiens. Le général Beaulieu soutint le choc avec son intrépidité connue, et ne voulant pas compromettre évidemment le sort de ses braves soldats» il ordonna la retraite qui eut lieu sur trois colonnes, dont deux se réunirent à Marner sur la route df Ar Ion b Luxembourg; la troisième se dirigea par te fond de Mertch. Cette marche exécutée au pas, dans le plus grand ordre, devant un ennemi dont les forces étaient innombrables, et qui se trouvait soutenu d'une artillerie immense, ressemblait plus à une manœuvre d'agrément ou d'instruction en pleine paix, qu'à une opération militaire en campagne. Elle n'a pas accru la réputation faite depuis si longtemps du général qui la dirigeait, mais elle l'a soutenue.
La perte des Autrichiens est très peu considérable, les détails n'en sont point encore connus, mais ils ont conservé toute leur artillerie, tous leurs caissons, tous leurs bagages.
11 est fâcheux que cette retraite forcée laisse cette partie de notre province ouverte aux incursions des Tartares soldés par Robespierre, qui y portent la désolation, le ravage et la mort. On ne peut rendre les dégâts qu'ils y commettent. Ils exercent leur rage sur des victimes de tout âge et de tout sexe ; ils ne respectent pas même les femmes enceintes qu'ils égorgent avec barbarie. Ils portent partout les lumières de leur philosophie ; c'est à la lueur des incendies qu^ls prêchent l'athéisme et leur féroce système. Les mêmes jours, ils ont tenté différentes attaques sur les postes du général Mêlas près de la Moselle et de la Sarre ; on sait que ce général a dû céder d'abord à la nombreuse artillerie des Carmagnols et se retirer jusqu'à Motzkirchen, pays de Trêves, mais que, dans cette position, il les a battus le lendemain et rechassés jusque dans leurs anciens postes avec une perte de plus de mille hommes.
Gaz. pol. et litt. de Luxembourg, N° 35 du mercredi 23 avril 1794. Relation précise de l'affaire d'Arlon des 16 et i 7 de ce mois.
Le 16 de ce mois, l'ennemi fort de 30,000 hommes et soutenu par une artillerie formidable, fit de plusieurs côtés une attaque générale sur la ville d'Arlon.
Le combat s'engagea vers le midi et dura jusqu'au soir ; l'ennemi fut battu de toutes parts et la nuit qui survint, empêcha que la victoire ne fut une des plus complètes. Les fuyards, à la faveur de l'obscurité, se retirèrent dans les bois, ce qui empêcha nos troupes à les poursuivre. Mais l'ennemi, ayant reçu, pendant la nuit, un renfort de 40,000 hommes et plusieurs bouches à feu, réitéra son attaque, le 47 vers onze heures du matin, avec environ 40,000 hommes et 60 canons, nombre que plusieurs déserteurs ont rapporté et que l'on a pu distinguer pendant l'action. Vers trois heures de l'après-midi, il avança tellement de toutes parts sur le corps commandé par le général feldmaréchal lieutenant baron de Beaulieu, fort d'environ 8000 hommes, qu'il était impossible de résister à des forces aussi supérieures. La prudence ayant exigé de se retirer, M. le général Beaulieu fit battre la retraite et l'effectua avec honneur et gloire. L'ennemi le poursuivit jusqu'au-delà de Steinfort, et malgré sa supériorité, il n'osa s'approcher de cette colonne qui se retira à pas lents et dans le meilleur ordre, mais il se contenta de faire de loin un feu terrible à boulets et à mitraille. Il est étonnant que la plus grande partie de ce corps n'ait point été écrasée ; et cependant il ne compte que 150 à 160 tant tués que blessés, prisonniers et ignorés. Parmi les premiers se trouve le lieutenant Thill, du régiment d'Alton infanterie. La perte de l'ennemi n'est point encore connue.
Toute la troupe a montré un courage sans exemple et s'est conduite avec ordre et prudence. Le régiment de Y archiduc François, cuirassiers, sous la conduite de son digne colonel, le comte de Nobili, faisant l'arrière-garde, s'est particulièrement distingué à cette occasion. Par ses habiles manœuvres près de Sleinfort, ce régiment a tenu en échec toute la force de l'ennemi assez longtemps pour donner le temps à toute l'infanterie de défiler dans le plus grand ordre ; il ne compte cependant qu'un homme et cinq chevaux tués en cette occasion.
L'aile droite de notre corps, commandée par le général Baron de Welsch ayant été coupée par l'ennemi, s'est retirée parle fond de Mersch. Cette retraite se fit aussi avec ordre et une prudence étonnante. A cette aile s'est particulièrement distingué le capitaine Baron de Sniegel,du régiment de François Kin$ky9 infanterie ; ce brave officier attaqua volontairement, avec sa compagnie, l'ennemi qui avait pris poste dans le bois qui se trouve à gauche en avant du Hirsehberg, l'en délogea, repoussa les renforts ennemis et garda sa position avantageuse jusqu'à ce que toute la troupe avait défilé ; il a infiniment contribué à faciliter la retraite du corps de l'aile droite.
L'aile droite du corps d'armée du général baron de Beaulieu est actuellement à EiUlbrUek et le reste à Mersch. Toute la troupe ne désire que le moment de recommencer le combat.
610 ttist OlftB n'moitf.
Gaz. pol. et litt. de Luxembourg \ N° 36 du samedi 26 avril 1704, p. 123.
Nous avons déjà parlé dans nos deux derniers numéros, mais seulement d'après des avis indirects, de la retraite du général baron de Beaulieu ; elle est arrivée officiellement. Nous croyons obliger nos lecteurs en la donnant en entier, avec toutes les circonstances qui l'ont accompagnée.
Le général baron de Beaulieu n'avait en forces réelles tant en infanterie et cavalerie à opposer à l'ennemi qu'environ six mille huit cents hommes ; c'est avec ce faible corps qu'il se soutint fort longtemps et arrêta près de Longwy et Montmédy, pendant 22 jours, des armées très-considérables, qui venoient des bords du Rhin, de la Moselle et des Ardennes, dont quelques troupes passoient à la vérité au Nord, mais elles étoient aussitôt remplacées par d'autres venant de l'intérieur. Les garnisons de Metz, de Longwy et de Mofittnêdy se réunirent près de Longwy pour renforcer encore l'ennemi. Ce fut ce corps que l'on croyoit d'abord destiné pour le Nord, mais qui s'arrêta près de MonU mèdy, de sorte que le tout réuni faisoit juger l'armée ennemie forte de 40 à 50 mille hommes, commandée suivant les rapports des prisonniers et des déserteurs, par te général Morlot ayant Olivier sous lui. Le général Beaulieu s'aperçut bien que dans peu il seroit attaqué; il ne s'attendoit cependant pas à la jonction des garnisons de Carignan, de Montmédy et des troupes du camp près dé cette dernière ville avec l'armée de Longwy ; il croyoit cette partie destinée à se porter ailleurs. Cependant il fit ses dispositions en faisant rentrer ses avantpostes et arriver (opte son artillerie de réserve ; son corps étoit campé sur le Hirschberg avec la droite. Comme il avoit peu de troupes, il ne put garnir cette hauteur que faiblement, mais cependant il y plaça quatre pièces de canon de 12, denx obus et quatre pièces de six. Vu l'étendue du terrain qu'il dévoit nécessairement tenir, il avoit laissé au village de Heischling deux compagnie* d'infanterie sur une belle hauteur pour occuper un peu i'etmemf au cas qu'un corps quelconque se présentât pour tourner ïa droite ; il laissa aussi un poste d'avis à Vance et un poste d'avis dans le bois de la Glande, toujours pour lui annoncer à temps la marche de F ennemi vers son flanc droit, car les bois empôchrotent de ce côté de voir les manœuvres ennemies. La gauche dû général Beaulieu s'étendoit jusqu'à une censé, nommée Bûrehhoff, ayant Arlon à dos. Ainsi Tornick étoit devant le Hirschberg et Sessetig et Weiler étoit devant le vrai front ; il avoit placé en outre quatre compagnies de François Kmsky et trois pelotons de François Mayland cuirassiers, avec une pièce de canon de douze et deux de six et un obus, commandés par le lieutenant-colonel A'Âuffenberg sur la hauteur du Wolsberg, ayant Nieder-EUern devant le front. Ces dispositions étant ainsi prises, il avoit des avant-postes dont un commençant par la droite depuis Vance, Chàtillon, tirant sur Messancy, Gerlingen, Nieder et Ober-Kerschen, sur Dalhem, Garnich ; la garnison de Luxembourg] avoit des
hussards de Wurmer et un peu d'infanterie à Dippach; il y avoituo petit corps détaché d'une aile de hussards de Wurmer avec le capitaine Frimont et cent commandés d'infanterie dans les environs de Neufchdleau qu'il y laissa, auquel il envoya cependant ordre de se replier jusqu'à Habay. Ce fut dans cet état de choses que, le 46 avril, à la pointe du jour„ trois fortes colonnes ennemies s'avancèrent sur les avant-postes, qui avoient, dans un semblable cas, ordre de se replier doucement vers lui, mais en occupant continuellement l'ennemi pour le bien voir. La colonne droite de l'ennemi vers la gauche du général Beaulieu, alla occuper les hauteurs entre Ckmency et Selingen; la colonne du centre s'avança par Messancy jusqu'à la Chapelle de S16 Croix sur la chaussée de Longwy à Arlon; la colonne de gauche s'étendoit sur toutes les hauteurs depuis Habergy jusqu'au bois de Ghâtillon. Une quatrième colonne venue plus tard des environs de Longuyon et de Manille, arriva vers S1 Léger, après avoir mis le feu à plusieurs maisons. Une cinquième colonne venue de Montmédy avec tout ce qui s'y étoit joint des frontières de Carignan et de Sedan, arriva par divers chemins dans le bois de Virton, dirigeant sa route vers Vance. Le général Beaulieu ne reçut avis de l'arrivée de ces deux dernières colonnes que dans l'action du 17. Les postes d'avis à Vance et au pont de La Glande ayant été poursuivis et presque coupés, ne lui firent aucun rapport ; les deux compagnies de Kinsky qu'il avait laissées à Heischling, vinrent joindre la droite, en rencontrant l'extrême colonne qui la tournait.
Vers les quatre heures de l'après-midi, ayant bien observé la position de leur colonne du centre qui était poussée jusqu'à la chapelle de Sainte-Croix sur la chaussée et qui étendait la gauche entre Wolkringen et Buvange, et la droite vers Hondelange, quoiqu'elle ne s'y appuyait pas tout à fait, le général Beaulieu crut qu'il battrait l'ennemi dans ces contrées, avant que les colonnes de droite et de gauche pussent le soutenir. A cet effet, il fit avancer le bataillon général de François Kinsky, deux escadrons des hussards de Léopold avec deux pièces de douze, un obus, une pièce de six, outre l'artillerie du bataillon ; les hussards eurent aussi avec eux une pièce de cavalerie. Cette colonne descendit sans être vue dans Weyler et alla tourner un bois devant la chapelle de Saiule-Croùç où étoient les chasseurs ennemis ; une deuxième colonne composée du troisième bataillon d'Alton, un escadron de cuirassiers, deux pièces de douze, un obus, deux pièces de cavalerie et le canon du bataiUoi), marcha en avant sur la chaussée, très bien à couvert, parce qu'elle avoit aussi marché par Weyler; et comme il se trouvoit là en avant up escadron de Wurmeer, un demi escadron de cuirassiers et un demi de Léopold, il fit déboucher tout à coup la colonne de dessus la chaussée. L'ennemi fortement occupé de cette attaque subite, voulut se porter en avant, mais alors la colonne de la gauche venant du bois dans son flanc droit, mit un peu la con-
fusion dans Tordre de l'ennemi ; alors le général pressa vivement l'attaque avec le bataillon d'Alton, auquel il ordonna d'avancer à pas redoublés, tambours battant, les canons toujours en avant, et comme une compagnie des Croates se trouvoit dans un petit bois à côté, il la fit avancer. Ces Croates passèrent dans Wolkringen, et soutenus de quelques hussards, ils attaquèrent le flanc gauche de l'ennemi h Buvange, qui se battit toujours en retraite et enfin il fut vivement poussé et forcé de se retirer sur Messancy par le pont de Tirpingen. Nos canonniers tirant toujours vers ce point, l'ennemi y perdit considérablement, comme les déserteurs l'ont rapporté ; mais la nuit étant survenue, le général autrichien dut faire arrêter la poursuite. Si elle eut encore pu durer mille pas, on eut pris trois pièces de canon démontées. L'ennemi laissa cependant un caisson et neuf canoniers tués ou blessés et quantité d'autres soldats, ainsi que beaucoup de chevaux. Après quoi, le général BeauUeu fit rentrer les troupes dans leur première position en attendant une attaque des ennemis qui, étant les plus forts, firent penser que leurs manœuvres avoient pour objet de se porter en avant.
Le 17, du moment qu'on put remarquer les ennemis, on les vit en mouvement en tous sens ; ils renforcèrent de tous côtés leur centre, qui avait été maltraité la veille et ce centre devint si formidable, qu'il dépassa de beaucoup les forces totales de la division du générât.
La position du centre autrichien, et l'artillerie toute prête de croiser l'attaque ennemie, tranquillisoit le général Beaulieu pour ce centre, quoiqu'il, n'avoit que trois bataillons et cinq escadrons pour soutenir cette artillerie.
L'ennemi se montra d'abord près du village de Tornich, en grandes forces, au point qu'on demanda déjà au général du secours de son centre. Bientôt, une autre colonne ennemie sortant du bois par le chemin de Chdtillon, attaqua le flanc de la montagne du Hirschberg ; dans ce moment, le centre de l'ennemi et la colonne de droite sur la gauche du général autrichien, attaquèrent les quatre compagnies de François Kinsky sur le Wolsberg. L'ennemi fit jouer tous ses canons le long de la ligne autrichienne. Tout était engagé, lorsque le général Welsch, qui était sur le Hirschberg , à la droite, fit dire au général BeauUeu que, s'il ne lui envoyoit pas d'abord du secours, il seroit obligé de se» retirer, parce qu'une colonne ennemie le prenoit à dos et montoit avec cavalerie et infanterie (cette cinquième colonne avoit tourné le bois de Vance et avoit passé entre.le bois et le village de Heischling); il lui fit répondre de tout tenter pour se soutenir, et qu'il arrivoit avec un bataillon et un escadron à son secours. En effet, il prit le bataillon d'Alton avec le lieutenant-colonel Retzret, un escadron et marcha lui-même pour soutenir celte droite. Il n'avoit pas fait deux cents pas qu'on lui fit remarquer que nos canons et nos troupes se retiroient du Hirschberg. Alors le général Beaulieu proposa de recommencer l'attaqué avec ce qu'il amenoit, lorsque plusieurs boulets tirés par l'ennemi du Hirsch-
FAITS HISTORIQUES P08TÉRIBDRS A 4809. 373
berg, tombèrent à côté de lui et du bataillon qu'il conduisoit ; il vit par là que l'ennemi était sur toute l'éminence de la montagne : il fit halte pour se recueillir. Alors le général Welsch lui fit demander où il devoit se retirer et qu'il s'en alloit avec la droite vers Arlon. Le général Beaulieu lui fit répondre : droit sur Mersck. En même temps, voyant toute sa ligne enfilée par l'artillerie ennemie qui se multipliait sur le Hirsckberg, il prit sans balancer la résolution de la retraite, dit au bataillon d'Alton de faire son arrière-garde, ordonna au major Neu de l'artillerie de faire joindre l'artillerie de réserve aux caissons de réserve et marcha droit sur Luxembourg par la chaussée. Il ordonna aussi à l'artillerie de ligne de rentrer à ses bataillons, à François Kinsky de suivre, à sa cavalerie de former l'arrière-garde avec les pièces d'artillerie de cavalerie, sous l'appui de quatre compagnies de Ktnsky et de leurs canons qu'il avait placés sur le Wolsberg, avec trois pelotons de François cuirassiers, commandés par le lieutenant-colonel ô'Avffenberg, outre une compagnie de Croates avec encore une pièce de canon de douze et un demi-escadron de Wurmser qu'il avoit envoyé avec le capitaine Maelcamp, son adjudant. Celui-ci étoit accouru les demander, et jusque-là il avoit aidé le lieutenant-colonel d'Auffenberg; ils se sont toujours battus victorieusement. Le général lui envoya de nouveau une seconde compagnie de Croates avec le major de Stoichevich. Ces six compagnies se disliqguèrent tellement, que la retraite autrichienne fut complètement assurée, filles gagnèrent, avec cinq pelotons de cavalerie, de montagne en montagne, de Wolsberg sur celle de Sterpenick, de là vers Hagen, toujours combattant la colonne ennemie qui auroit voulu pénétrer pour entamer la marche des Autrichiens sur la chaussée où marchaient plus de 33 pièces de canon et plus de cent chariots de munitions, tous les bagages étant allés sur Mersch. Dès que les troupes autrichiennes eurent passé les fonds de Steinfort ou le Kalenbach, leur retraite devint d'autant plus sûre, que le capitaine Maelcamp prit une partie de cavalerie et marcha sur Kaier; alors l'ennemi crut qu'on vouloit le tourner et n'avança plus.
Toute la cavalerie, qui fit l'arrière-garde sur la chaussée, fut constamment, pendant la marche, formée en bataille et fit une retraite dans toutes les règles. L'ennemi n'osa poursuivre que de très-loin, et il fut forcé de se contenter d'envoyer des boulets qui tuèrent quelques chevaux. Le colonel NobUi commandoit cette cavalerie.
Le lieutenant général baron de Beaulieu ne sauroit exprimer les services éminents que lui rendit dans cette journée le capitaine Mœlcamp de son régiment et son adjudant, ainsi que le lieutenant-colonnel é*Auffenbach de Fran* fois Kinsky et le major Stoichemh des Croates.
Le capitaine Jimmer de l'état de quartier-mattre général l'aida dans ces affaires difficiles d'une manière dont il ne pourroit trop marquer sa reconnaissance ;
HISTOIRE P'àRLON,
le lieutenant Dreux de François Kintky s'est de nouveau rendu extrêmement recommandable.
La retraite fut une véritable marche d'exercice : on arriva pas à pas à Stras* sm% où les Autrichiens bivouaquèrent.
Le général de Beaulieu ne perdit pas la moindre chose de son artillerie, hors trois caissons détruits et sautés, ainsi qu'un avant train cassé. L'ennemi ne trouva à Arlon ni foin, ni pain ni farines appartenant à S, M., tout étoit transporté.
(Suit la liste des morts, des blessés et des disparus).
Somme en tués, blessés et égarés 20 1 hommes. En chevaux d'artillerie et de cavalerie 49.
Le lendemain 18, le général baron de Beaulieu partit de Slrassen et alla camper à Merfch avec son corps, dans l'intention de garder la communication avec Luxembourg, d'observer Grevenmacher, de conserver la communication avec les Pays-Bas et de se procurer les vivres qui auroient pu lui être coppés, s'il s'étoit adossé à la forteresse de Luxembourg.
Le général de Beaulieu a détaché le général brigadier Wekeh à Etklbruck avec sa brigade, afin d'y assurer les passages et il établit une chaîne d'avant postes depuis Sleinsel dans le fond de Mersch, passant par Keispell, Brouck, Bevingen, Platen, Holtz, Martelange, pour observer l'intention de l'ennemi.
Les paysans et prisonniers nous assurent que l'ennemi à son approche a beaucoup perdu et surtout le 46 devant Messancy,
Quelle différence dans les relations française et autrichienne?