‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 84 sur 102 · SECTION III · texte numérisé non relu

SECTION III

Le couvent des Capucins et la paroisse de Saint-Donat.

J'ai dk que le couvent des Carmes n'était plus qu'un souvenir dans la / mémoire des Arlonnais. Il n'en est pas ainsi du couvent de* Capociw ;

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noos le voyons encore debout, après quelques vicissitudes, mais sa destination a .été changée.

En voici l'origine :

L'an 4630, Pierre Ernest de Cobreville, seigneur de Ghirche, ayant fait olfre aux RR. PP. Capucins de la province wallonne des Paya-Bas, d'un terrain à lui appartenant, situé entre les RR. PP. Carmes et l'ancien château d'Arlon, pour y bâtir un couvent de leur ordre, lesdits Capucins vinrent chez lui cette année là et munis de lettres patentes de la sénérissime infante Isabelle, du sérénissime électeur et archevêque de Trêves, du consentement des Messieurs du magistrat et autres de la ville d'Arlon, ils plantèrent la croix pour leur établissement sur ledit terrain avec les cérémonies usitées en pareil cas, le 4" d'octobre 1631 et logèrent pendant sept ans chez Monsieur de Cobreville, dans un petit quartier de sa maison, laquelle subsiste encore aujourd'hui ; mais la Providence, qui avait ses desseins, fit naître une occasion qui les empêcha de bâtir sur la dite place et leur procura l'octroi de la sérérissimé infante et de Sa Majesté catholique Philippe IV, de bâtir leur couvent à la place de l'ancien château, dont la première pierre fut mise avec les cérémonies accoutumées, le propre jour de la Pentecôte, 19 mai 1625, par le comte dé Berlaymont, gouverneur général de la province de Luxembourg, député à cet effet de la sérénissime infante (1).

J'aborde les pièces authentiques.

1 ° Philippe par la grâce de Dieu, Roi de Castille, d'Aragon, de Léon, et*., etc., à Tous ceux que ces pûtes verront Salut;

Scauoir que de la parte de RR. PP. Capucins nous a esté exposé que passé quelque temps on leur auroit fait offrir une place en nre ville d'Arlon au duché de Luxemborg, pour y bastir un cloistre de leur Ordre. Àquoy tant «Seul do Magistrat que les communs habitants dlcelle Ville, leurs en auroient enuoyé lettres d'admission comme auroit ausy fait l'Archeuesqs de Treues dioecèsin du dit Arlon, et en cette qualité par ses lettres, exhorte les dits exposants de se vouloir placer en la dte ville pour le plus grand bien consolaon et salut des âmes, d'autant plus quil ny at en icelte Ville autres religieux que des Carmes, lesquels ne s'opposeront a l'accès des Capucins. Ce pourquoy ils se sont retirés vers nous suppliants en toute humilité que pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes, Il nous pleut leur accorder et faire dépescher, a ces fins nos lettres d'octroye et consentement en forme convenable. Pour ce est- il,

Que nous ce que dessus considéré et veu en nre Conseil priué les lettres

(i) Extrait des mémoires de Û archive des Capucins.

d'admission tant de l'Euesque diocésain, que de ceux du Magistrat et Manants du dit Arlon y mentionnées, Inclinans fauorabiement à la supplication et requeste des dts Pères suppliants, leurs auons à la déliberaon de Madame la serme nre très cbere et bonne Tante, permis et Octroyé, permettons et Octroyons de grâce espéciale par ces pntes de bastir et instituer un nouveau cloistre et couuent que leur a esté accordé a ces fins en nre Ville d'Arlon pour y viure désormais religieusemnt suiuant les reîgles de leur ordre, avec la mesure, franchise, exemption, et priuileges, dont iouyssent partout, tous autres religieux du mesrae ordre, ez Pays de nre Obeyss" par de za. Les recepuans a cet Effect en nre Protection et sauvegarde espéciale, ensemble leur cloistre et héritage en dépendant. Si donnons en Mandement a nos très chers et Féaui les chefs Président et Gens de nos Priué et Grand Conseils, Gouverneur, Président et Gens de nre Conseil Provincial de Luxemburg, ensemble au dit du Magistrat d'Arlon et a tous autre, nos Justiciers, Officiers et subiets qui se peut ou pourra toucher et regarder que de nre pnte Grâce Permission cl Octroyé, en la forme et manière que dit est, ilsfacent, souffrent et laissent les dits Pères Capucins supplnts, et leurs successeurs au dit Couuent plaineront paisiblemnl iouyr et user cessant touts empêchements a ce contre car ainsy nous plaist-il.

En temoing de ce, nous auons fait mettre a ces pntes le grand seel dont les Ser"" Archiducques nos oncle et Tante ont usé par deza iusques apnt et nous userons tant que Le nre soit paracheué.

Donné en nre Ville de Bruxelles le dix-huitième de Septembre, Fan de grâce Mil six cent vingt et un de nos règnes L pr (par. M. V. T.) sur le plis est

Par le Roy en son Conseil, Signé.

De Bbbur.

Collationné avec son Original scelé du grand seel wermeille a double queux de parchemin y pendant et y trouvé concorder de mot à autre par moy soubscript Clerc Juré la Ville et Prévôté d'Arlon.

J. Hargardt (Archives de l'État à Arlon).

2° Madame ma bonne tante. De la part des Pères Capucins de ma ville d'Arlon m'at este représente qne le lieu ou fond de terre a eux assigne en la ditte ville pour y battir et dresser leur monastère ne seroit a ce propre ny suffisant, me suppliant partant qu'il me pleusl d'y adiouster et leur accorder pour Dieu et en aumosne audit effect certaine pieche de terre y contigùe a moy appartenante, et laquelle ne m'auroit este en plusieurs années ny a l'advenir me seroit d'aucun prouffit, corne Vostre Alteze pourra veoir plus amplement par leur requeste allante cy iointe. Quoy considéré, mesme ce que Vre Alteze m'en at escript, et y inclinant de tant plus volontiers, pour estre chose pieuse,

HISTOIRE RELIGIEUSE. Ai 3

leur ay accordé et accorde par cette la ditte pieche de terre, ou la partd'icelle que Vre Aitcze trouvera qu'ils auront de besoing a l'effect susdit, me reseruant la propriété a cause que les dits suppliants ne sont capables de l'avoir. Dont je prie Vre Àlteze leur faire donner en mon nom les despéches nécessaires. A tant Madame ma bonne Tante, je prie Dien vouloir conseruer Vre Àlteze en parfaicte sancté a longues années. De Madrid le iS du mois de décembre Tan de grâce 1624. Signé Philippe. (Archives de VÊlal à Arlon.)

3° Philippe par la grâce de Dieu Roy de Castille, de Léon, d'Arragon, des deux Sicilles, de Jérusalem, de Portugal, de Nauarre, de Grenade, de Spolete, de Vallence, de Gallice, de Maillorque, de Seuille, de Sardaignes, de Cordube, de Corsugue, etc. Archiducque d'Autriche, Ducque de Bourgoigne, de Lothier, deBrabant, de Limbourg, deLuiemburg, de Gueldreet de Milan ect. Comte de Habsbourg, de Flandre etc. etc., de Holande, de Zélande, de Namur ect. ect. ect.... a tous ceux que ces pntes verront Salut.

Reçu auous l'humble supplication des Pères Capucins de nre ville d'Arlon, en nre Pays et Duché de Luxembourg contenante que nous ayant pleut les admettre en nre ditte ville passé deux ans pour y bastir, et ériger un couvent de leur Ordre, et qu'en suite de ce, ils ont mis la Croix en certain lieu a eux désigné par le Sr de Cobreville et y venu fixer résidence au grand contentement, prouffitte et utilité des Manants et des Inhabitants, tant de nre ville que preuosté d'Arlon, même que passé un an, le P. P. Proal du dit Ordre at fait visiter le dit lieu par diuers architectes et mres ouuriers pour recognoislre s'il seroit capable a y bastir Couuent et Eglise, selon l'institut de leur ordre, mais qu'ils ont trouué le dit lieu mal propre a leur usage, sinon qu'ils fussent assistez et secourus d'un autre lieu et place y-iointe, a nous appartenant, laquelle en plusieurs ans, n'at rendu ni rendra aucun prouflit, a cause que passé 100 et vingt ans, ou environ, auroit esté bruslé par les François ne restant que aucuns panls de vielles murailles brûlées, qui ne font qu'enlaidir et rendre la dite Ville difforme, nous suppliant partant humblemnt qu'il nous pleut leur accorder la dite place pour y* bastir un Couvent et Eglise selon leur modèle fait par leur architecte réservant néantmoins a nous la propriété acause que les dits Suppliants ne sont capables de posséder heri» tage conforme a leur réigle, d'autant qua nre dite Ville ny at autre place plus capable pour bastir leur dit couvent qu'iceile autmnt contraints seroient d'abandonner la dite Ville et sur ce leur faire depescher nos lettres patentes, en tel cas pertinentes, scavoir faisons que les choses susdites considérées et sur ce en l'advis de nos très chers et féaux les Chiefs thresorier gnral et Commis de nos domaines et finances, Nous pour ces causes et autres a ce nous mouuanls, inclinant fauorablement a la supplicaon intention et requeste des dits Pères Capucins de nre dite Ville d'Arlon suppliants, Leur

4U HISTOIRE D'âBLON.

auons par la délibéraôn de nre très chère et très aymée bonne Tante Madame Isabelle Clara Eugénia par la grâce de Dieu Infante d'Espaigne, cédé transporté et accordé, cédons, transportons et accordons, de grâce espéciale, ponr Dieu et en aumôsne, par ces psntes la dte place ruines et pièce de terre, contenants le pourpris de la maison et vielles murailles dn Marquis d'Arlon avec petits jardins abboutissants d'un costé iusques aux rempars de la Tille, tirants iusques aux Tillieux, de l'autre costé iusqua la maison de la Poste d'illecque et ainsy en circuit d'autres maisons et ainsi et selon quil se pourra trouuer auoir anciennement appartenu au dit Marquis tant par les registres quautres documents que les dits pères pourront trouuer, pour y bastir et dresser leur couvent et église, et jardin, selon leur instituton et reigle, a nous réseruants néanlmoins la propriété dicelle, a cause que les dits suppliants ne sont capables de l'avoir... Sy donnons en mandemnt, à nos très chers et féaux les Chiefs Prcsidens et gens de nos priué et grand conseil, a nos Président et gens de nre Conseil proal de Luxembourg, ausdts de nos Finances, Président et gens de nre Chambre des Comptes en cette ville de Bruxelles et a tous autres nos Justiciers et Officiers et subiets qui ce regardera que de cette nre pnte grâce cession, et transport, Ils facent, souffrent et laissent les dits suppliants plainemnt et paisiblement et perpétuellemnt iouyr et user, sans leur faire, mettre ou donner, ny souffrir être fait, mis ou donné, ores, ny en temps avenir, aucun trouble, destourbier ou empêchement au contraire, en procédant par les dts de nos finances, et de nos Comptes a Bruxelles la vérificaon et interinement de ces dtes Pntes, selon leur forme et teneure. Car ainsy nous plait-il.

Nonobstant que par les ordonnances cy deuant faites, sur la conduite de nos Domaines et Finances, soit en autre chose défendu et interdit de ne faire telles et semblables cessions et transport, sous les peines et astriclions contenues ez dtes Ordonnances et les serments faits sur l'observation d' icelles...

Ce que nous voulons au cas présent auculnement preiudicier ausdts suppliants, ains les en auons releué et releuons par ces dites pntes et par icelles déchargé les dts de nos finances, et de nos Comptes à Bruxelles et a tous autres nos Justiciers et Officiers et subiets qui ce regardera, des serments par eux respectivement faits sur l'entretenemnl et obseruations des Ordonnances susdites, detnrnts Icelles autmnt en tous autres points et articles en leur plaine force et vigeur.

Nonobstant aussy quelconques autres nos ordonnances, restrictions, mandements, ou deffences a ce contraires. En témoing de ce nous auons fait mettre nostre scel a ces pntes.

Donné en nre Ville de Bruxelles le vingt huitiesme de Januier lan de grâce mil six cent vingt et cineque et de nos règnes le qtiatriesme (Paraphé Ma. V. T.) sur le ply estoit écrit coe sensuit.

HISTOIRE REUOIBOSE. 415

Par le roy Madame l'Infante, les Comtes de Compigny et de Vafuzez, Chefs, François Kinchsots Trésorier gnral, Messire Jean BapteMaes Chlr Gaespar Cochaertz Commis des Finances et autres présents signé.

Wereyken.

Ces préntes Lettre3 d'Octroie ont estées venes en la Chambre des Comptes a Bruxelles et suiuant le contenu d'icelles illecque înterinées et enregistrées au Registre des Chartres de la dte Chambre commençant Tan seize cent dix-huit marqués des lettres h. h. folio C. L. xxiy6 et verso, le septième de feburier m. vie. vingt cinque soubscript.

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