‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 85 sur 102 · C. Larchier · texte numérisé non relu

C. Larchier

Sur le replis est escrit :

Les Chiefs Trésorier Gnral et Commis des Finances du Roy consentent et accordent en tant qu'en Eux est, que le contenu au blanc de cette soit fourny et accomply tout ainsi en la mesme forme et manière que sa Mal0 le mande et veut estre fait parlceluybianq. Fait à Bruxelles au bureau des dites Finances soubs le signe manuel des dits Chiefs Trésorier gVral et Commis, le septième jour de Février lan de grâce Mil six cent vingt cinq soubscript.

Ch. Compgny. R. Comte de Warfbzé.

F. Kinschots. J. B. Maes.

J. Chochaertz.

Ooltationné avec son original scele d'un grand sceau en cire vermeille a double queue de parchemin y pendant et y trouué concorder de mot à autre, par moy soubsigné Clerc juré de la Ville et Preuosté d'Arlon.

J. Hargardt. 1675. (Archives de VÊlat à Arlon).

Les RR. PP. Capucins construisirent leur couvent tel qu'il subsiste encore aujourd'hui.

La première pierre a été posée en grande cérémonie par le comte de Berlaymont, gouverneur du duché de Luxembourg, le jour de la Pentecôte, le 16 mai 1626. Ce millésime, incrusté sur une pierre de taille, se lit sur une porte d'entrée du couvent.

J'emprunte les faits suivants à une brochure imprimée à Luxembourg en 1739 et qui a pour titre : Eclaircissement sur V origine du culte qu'on rend à la sainte Vierge dans l'église des RR. PP. Capucins d'Arlon {i).

(i) Éclaircissement sur ? origine du culte qu'où rent à la sainte Vierge, dans l'Église des RR. PP. Capucins d'Arlon : Et du Chemin Royal de la Croix orné des Stations de la Passion de Nôtre Seigneur Jésus- Christ, qui conduit à la même Église. Divisé en

c La pierre du prétendu autel de la Lune ayant été renvoyée à Arlon d'où elle avait été tirée du temps de Mansfeld, toute la ville souhaita passionnément que le culte de la sainte Vierge fût établi avec éclat sur les ruines de l'idolâtrie et qu'on y élevât dans la chapelle l'Image de la sainte Vierge, foulant la Lune à ses pieds et sous le nom d'Ara Mariœ, a6n que ce qui avaif été autel des démons par le culte superstitieux qu'on rendait à la Lune profane, fut changé en l'autel de la Lune mystique sous l'invocation de la sainte Vierge.

c Les Révére.ids Pères Capucins remplirent si bien les souhaits de toute la ville d'Arlon, que, l'an 1654, le 8 de septembre, après avoir placé la pierre en question sous le grand chandelier devant la chapelle, on fit la solemnilé de l'établissement de la dévotion à la sainte Vierge, foulant la Lune à ses pieds, Luna sub pedibut ejus.

c Jamais on ne vit à Àrlon une affluence plus prodigieuse de personnes de tout âge, sexe et condition qui vinrent de toutes parts. Celte sol^mnité dura trois jours de suite à raison des prières de 40 heures en forme de Jubilé que l'on y institua pour cette fêle. Tout le monde voulut se signaler par quelque présent particulier à cette Auguste Vierge qui fut reconnue dès lors pour la Dame et Princesse d'Arlon.

c Les femmes mariées apportèrent en offrande un gros cierge du poids de quarante livres, orné de fleurs et de figures.

deux Parties, enrichies de quantité de belles Prières et Pratiques de dévotion sur l'un et F autre sujet y avec une courte Instruction sur les points les plus importants de la Religion.

A Luxembourg, chez André Chevalier, imprimeur de Sa Maj. Imp. et Cat/i.yet marchand libraire 1 7 *»g.

Avec Permission des Supérieurs.

L'avertissement est ainsi conçu :

11 y a si long leras que l'on souhaite de voir au jour un Livre de l'Histoire de Notre- Dame d'Arlon, que déjà sur la fin du siècle passé, un zélé Ecclésiastique, natif d'Arlon, entreprit cet ouvrage, et obtint pour cet effet des Révérends Pères Capucins d'Arlon, tous les mémoires qui pouvoient y contribuer : sur quoi il composa un volume en Latin, divisé en trois Parties, qui avoit pour titre :

Lunœ mUticœ AHunensis Domina Mariale in très partes divisum.

La première Partie conteuoit en abiégé l'Histoire de la ville d'Arlon, le Culte qu'elle rendoit à la lune du tems des Pavens, et la glorieuse succession de la Lune mistiqueà la Lune profane.

La seconde Partie rouloit sur ces paroles de l'Apocalipse : Signum magnum quod apparu! t in cœlot mulier arnicta Sole, et Luna sub pedibus ejus, et in capite ejus corona Stella mm duodecim. Desquelles paroles il faisoit dans chaque Chapitre une application très-juste à Notre-Dame d'Arlon, dont le Culte a été établi sous cette idée.

La troisième Partie exprimoit toutes les excellences de Nôtre-Dame d'Arlon parles douze Etoiles de sa Couronne. Chaque étoile faisoit une Excellence de Marie, tirée des sentiments des saints Pères; et comme une Etoile a cinq rayons, ces rayons se partageoient en cinq vertus particulières de la sainte Vierge.

11 ajouta une quatrième partie qui renferment les Cantiques, les Hymnes, et autres pièces de dévotion que l'on chantoit dans ce tems-là à l'honneur de Notre-Dame a? Arlon.

c Les jeunes filles vinrent en procession publique avec un cierge pareil, pour le présenter à la sainte Vierge comme une marque de leur plus parfait dévouement.

c Tous les militaires en corps voulurent aussi se mettre sous sa puissante protection, en présentant un cierge du même poids artistement travaillé.

c Une dame très-riche, qui avait payé les frais de la décoration de la chapelle de cette sainte Vierge, lui présenta aussi un cierge plus considérable; et il n'y eut point jusqu'au moindre particulier qui ne voulut donner des marques de sa dévotion par différents petits luminaires ornés de fleurs et de figures. Voici le Chronodistique qui fixe l'époque de cet établissement de dévotion :

LVXIt Vt oCtaVo septeMbrI ïn VIrgInb phoebVs, arlVnI HifiC, CoepIt VIrgo peraLta CoLl.

c Cela veut dire que, comme le soleil parcourant son zodiaque, brilla au signe de la Vierge le 8 de septembre, de même Tan 1634, le 8 de septembre, cette Auguste Vierge commença d'élre révérée avec éclat à Arlon.

t C'est en cette mémoire et depuis ce temps-là qu'avec l'agrément de Monseigneur le suffragant de Trêves, la sainte Vierge, sous le titre de la Nativité, est devenue Patronne titulaire de l'église des Révérends Pères Capucins, et que tous les ans, à pareil jour, on y fait l'office de première classe, avec indulgence plénière.

c Dans le même esprit, les dits Révérends Pères Capucins, du consentement de leur provincial leR. P. Gilles de Bavay, prirent pour le cachet du couvent la figure de Notre-Dame d'Arlon avec cette inscription : Sigillum Capucinorum Conventus Arœ Lunœ9 qui est celui que l'on reconnaît à présent dans tout l'Ordre pour le véritable cachet de leur couvent rangé sous la protection spéciale de la sainte Vierge.

c On exposa en même temps dans deux cartouches aux deux côtés de la chapelle, six distiques en vers latins, pour servir de monument perpétuel de l'établissement du culte de la sainte Vierge sur les débris du culte profane de la Lune.

c Le cartouche du côté de l'évangile, contient les vers suivants :

Ara fuit Lunœ, quœ nunc est ara Mariœ;

Virginis intactes, simbola Luna refert.

Sic Vrbs Arlunum, quœ Lunœ diceris Ara,

Arluni Dominant, verè vocatris eam.

Nomen et à sacra jam jure resumito Lunâ,

Arlunum, Lunœ quoi dédit Ara Deœ.

418 HISTOIRE D'AMiON.

f Celui du côté de répitre renferme ces trois autres distiques :

Veslra ferunt Lunam Arluni monumenta profanam,

Turmatim populos hic coluisse Deam.

Mistica Luna pari per vos celebretur in Arâf

Quœ Virgo vobis ara salulis erit.

Hue ergo celerale pedem, juvenesque senesque,

Audiet una pias mistica Luna preces (i).

c La dévotion envers Notre-Dame d'Arlon s'augmenta alors d'une manière prodigieuse ; on ne voyait que processions qui venaient de la Ville et de la Campagne à cette Lune mistique, pour l'honorer et lui demander, tantôt de la pluie, tantôt du beau temps, tantôt du secours dans quelque calamité, et l'effet suivoit la demande. Ou n'entendoit partout que de sacrés cantiques à son honneur qui étoient remplis d'onction et de sentiments les plus tendres : Pulchra Luna, Luna sub pedibus ejus, étoient les expressions ordinaires des chants mélodieux, cl il n'étoit personne depuis le premier jusqu'au dernier,

(i) TRADUCTION.

Du edié de t Evangile.

A la Lune un Autel autrefois dédié,

A Marie a présent se trouve consacré.

La Lune est pour certain Sirabole incontestable

De la Virginité en tout inviolable.

D'un méprisable Autel, jadis Ville d'Arlon,

A la lune sacré tu recevois ton nom,

Qui en représentant une très- belle femme,

Semblois être obligé de l'appeler ta Dame.

C'est avec plus de droit que maintenant d'Arlon,

Et plus heureusement tu conserves le nom :

Dès que tu as quitté tout ce Culte profane,

Et reconnu Marie pour véritable Dame.

Du côté de i'Epitre.

Arlon, le plus ancien de tous les monumens,

Nous aprend qu'autrefois avec empressemens

Tes peuples accouroient par troupes et en nombre,

Pour adorer la Lune, et ainsi se confondre.

A Marie à présent, cette Lune mistique,

Rends les plus saints devoirs, sans craindre la critique :

Elle sera pour toi dans le plus haut du Ciel,

Un Gage très-certain du Salut éternel.

Vous tous hâtez- vous donc, accourez à Marie,

Le port très-assuré, ce gage de la vie,

Du Paradis sur vous jettera ses doux yeux,

Et au trône de Dieu adressera vos vœux.

HlfiTOIM RELIGIEUSE. 419

qui oe se falsoit an devoir de venir tous les jours sur cette montagne pour rendre ses hommages à cette Auguste Vierge, foulant la Lune à ses pieds.

« On venoit même de Luxembourg en procession pendant les afflictions des guerres pour invoquer sa protection. Le gouverneur général, prince de Cbimayv y est arrivé accompagné de ses gens et de sa musique. On invoquoit la sainte Vierge d'Àrlon, sous le titre de Noire-Dame de la Paix.

c L'année suivante, le 29 janvier 1G55, le Suflraganl de Trêves, Monseigneur Ottho, évéque d'Azote, pour satisfaire à la dévotion du peuple, accorda des indulgences de 40 jours, par un octroi dont voici la teneur :

Dei et Apostolirse Sedis gratiâ Nos F. Ottho, Episcopus Azotensis, in Pontificalibus et Spiritualibus Vicarius Generalis Trevirensis, universis ac singulis présentes nostras visuris, lecluris, sive legi audiluris; salutem în Domino sempiternam.

Cum intellexerimus Imaginent Beatissimœ Virginis Mariœ in Convenlu Palrum Capucinorum, Arluni loco, utri aliàs tempore Genlilium Ara Lunœ erecta fuit, in magna veneratione haberi; nos devotionem Fidelium in quantum possumus ae debemus promovere volenies, omnibus ac singulis Chrisli Fidelibus qui anle dictam Imaginera très Pater et Ave, devotèpro cxallatione Sanctœ Matris Ecclesiœ, exlirpatione Hœresum, et Catholicorum Principum concordia oraverinl9 quadraginta dierum Indulgentias in forma Ecclesiœ consuetâ, in Domino concessimus et concedimus. In cujus fidem hascepropriâ manu subscriptas Sigillo noslro corroborari fecimus.

Terviris, die 20 Januarii 1655 (1).

c Ce qui contribua beaucoup à augmenter la dévotion envers la sainte Vierge, ce fut lorsque le magistrat d'Arlon la prit pour Patrone spéciale de la ville, le 1er de mai 4655. Voici ce qui en fut l'occasion.

(i) TRADUCTION.,

Nous frère Otthon, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evéque d'Azote, Vicaire Général de Trêves pour le Spirituel, à toits et un chacun qui les nôtres présentes verront, liront, vu entendront lire, salut éternel en Notre Seigneur.

Comme nous avons appris que l'Image de ia très-heureuse Vierge Marie est en grau de vénération au Couvent des Pères Capucins à Arlon, dans le lieu où autrefois du tems des Gentils F Autel de la Lune fut dressé ; Nous, voulans avancer la dévotion des Fidèles autant qu'il est en nôtre pouvoir et en nôtre devoir, avons accordé, et accordons en Notre Seigneur selon la forme accoutumée de l'Eglise, quarante jours d'Indulgence a tous et un chacun des Fidèles de Jésus-Christ qui reciteront dévotement devant ladite Image trois Pater et Ave, pour l'exaltation de Nôtre Mère la Sainte Eglise, l'extirpation des Hérésies, la concorde et l'union des Princes Chrétiens. Eu foi de quoi nous avons soussigné les présentes de nôtre propre main, et fait munir de nôtre Cachet.

A Trêves , le ag* Jour de janvier i655»

c La guerre étant alors allumée entre la France et l'Espagne, le duché de Luxembourg souffroit beaucoup dans le Plat-Pays des courses de l'ennemi qui s'étoit déjà emparé de Mantille. Op se croyoit tous les jours à Àrlon à la veille d'un siège ou d'un saccagement. Messieurs du magistrat dans cette conjoncture critique, délibérèrent sur les moyens qu'il convenoit de prendre pour se mettre à l'abri du danger dont on se sentoit menacé ; et après avoir tout considéré, ils jugèrent que le plus prompt et le plus sûr étoit de s'abandonner entre les mains de la Providence et d'attendre ce secours d'en haut en se mettant sous l'ombre de la protection de la sainte Vierge, la choisissant pour Patrone spéciale de la ville d'Àrlon.

Ce fut en conséquence de cette délibération que, d'un commun consentement, tout le clergé, le magistrat et le peuple, vinrent en procession solennelle avec? un cierge blanc du poids de 50 livres, orné de fleurs, de Bgures et d'un travail très-curieux, rendre leurs hommages ù la sainte Vierge et la reconnaître pour Dame et Patronne spéciale de la ville d'Arlon. On portoit avec ce cierge les armes de la ville et l'inscription suivante :

Civilas Arlunensis Mariam Lunam Sacram, Lunœ Simulachri Solio gloriosè succedentem, Dominant ac Palronam suam speciali voto agnoscil, ab eademque nomen Arlunum ialo Cerei hujus p ignore solemniler resumit Kalendis mat 1655 (1).

c Ce dévouement de la ville d'Arlon sous la protection de la sainte Vierge, lui attira beaucoup de grâces et de bénédictions du ciel ; elle ne fut ni assiégée, ni saccagée comme aux guerres précédentes, et elle résista au passage du vicomte de Turenne, qui, à la léte d'une armée considérable, la fit inutilement sommer de se rendre.

c Sur la grande porte d'entrée du monastère, on lisoit le chronogramme suivant :

ImtroItVs rbLIgIosàe nobIs rbDVX sVb CaroLo VI (1736).

Ce fut à l'occasion de l'établissement des stations. •

Voici également ce que la brochure dit de ces stations.

c La situation du couvent des Révérends Pères Capucins d'Arlon étant sur une hauteur, on ne pouvoit trouver une idée plus juste que d'établir un chemin

(i) TRADUCTION.

La Ville d'Arlon reconnaissant Marie comme une Lune sacrJe qui succède avec gloire au Trône de l'Idole de la Lune, la choisit par un vœu spécial, pour sa Dame et sa Patronne; et présentant ce Cierge en hommage et en gage de son dévouement, elle reprend de cette Vierge solennellement le nom A9 Arlon, le premier de mai i655.

du Calvaire pont monter à leur église. Tout semblait être propre à cela ; mais pour le mieux comprendre, il fuut savoir qu'avant Tan 4681, on alloit ù l'église des Révérends Pères Capucins par une montée royale, qu'un ingénieur Espagnol avoit dirigée. Cette montée commençoit au bas de la rué et alloit par arcades en droiture à la porte de l'église. Elle étoit travaillée en escaliers et en plates-formes jusqu'à la cour devant l'église. Au milieu de chaque plateforme, il y avoit un grand arbre qui la couvroit de ses branches ; ensuite trois escaliers de pierre de taille et puis une plate-forme; et toujours ainsi jusqu'en haut.

c Comme il y avoit par différents étages sept plates-formes et sept grands arbres, ou érigea aussi sept stations de la Passion de Notre Seigneur Jésus- Christ, qui représentoient les douleurs, les opprobres, les ignominies qu'il avoit soufferts, au jardin des Olives, au Prétoire de Pilate et sur la montagne du Calvaire. On 1 rouvoit sous chaque arbre, une station pour y faire une pause en montant ou descendant, et méditer chaque mystère douloureux ; une belle prière étoit attachée à chaque représentation. On entroit dans cette montée Royale par une grande porte sur le frontispice de laquelle il y avoit, du côté de la rue, une statue de saint François dans une niche, et en dedans, du côté de la montée, un tableau de Notre-Dame de sept douleurs. Ces deux pièces ont été et sont encore en vénération au sujet du grand feu qui brûla presque toute la ville d'Arlon l'an 4660, et dont les flammes s'arrêtèrent dans cet endroit.

f On ne saurait exprimer la dévotion que tout le peuple portoit à ces stations qui formaient le chemin du Calvaire, surtout après l'établissement solemnel du culte de Notre-Dame d'Arlon ; ce qui engagea Monseigneur le suffragant de Trêves d'y appliquer aussi des indulgences de 40 jours par un octroi du mois de mai 4655 :

Nos F. Ottbo, Dei et Apostolicse Sedis gratiâ Episcopus Azotensis, ac Suffraganeus Trevirensis etc.

Ai augendam erga Chrisli Passionem Fideiium devotionem, sepletn Staiiones in gradibus pro ascensu ad templum Beatœ Mariœ Virginis Arluwnsis FF. Minorum Capucinorum eredas, gratiis spirilualibus cohonestare vo tentes, omnibus ac sin* gulis Ma? visitanttbus, nec non anle unamquamque earum orattonem ipsi affixam, vel Pater et Ave semel, pro exallationc Mat ris Ecclesiœ, exlirpalione haere&um, ac unione Principum Catholicorum orantibus, îndulgenlias quadraginla dierum in forma Eccksiœ consuetd impertimur vigore prœsentium. In cujus rei fidem prœsentes sigillo nosiro munitas propriâ manu subscripsimus. Die Maii 1655 (4).

(i) TRADUCTION.

Nous Frère Otthony par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Epique cPAzotte, et Suffragant de Trêves etc*

V&L HISTOIRE D'àRLON.

Cette dévotion du chemin du Calvaire fnt troublée Fan 1684, lorsque les Français entrant dans Arlon, s'avisèrent de fortifier le couvent des Révérends Pères Capucins pour leur servir de retraite en cas de besoin et abattirent pour cet effet la montée royale avec les arbres et les stations. Mais le couvent et la montée ayant repris une autre forme environ cinquante ans après, on ressuscita solemnellement cette ancienne dévotion avec les mêmes indulgences. On planta, à côté de la montée, une rangée d'arbres en ligne droite, et entre chaque arbre on plaça une station de la passion de Notre Seigneur.

c Ce fut Tan 1735, le 12 de juillet, qu'on fit la cérémonie de bénir lesdites stations, immédiatement après la bénédiction du très-saint Sacrement.

c Le rétablissement de cette dévotion ancienne donna un grand contentement à toute la ville d'Arlon ; on vil dès le lendemain à quatre heures do matin, toute la montée couverte de personnes de toute condition qui faisaient leurs prières aux Stations; et depuis ce lemps-là, on continua et l'on continue encore à les visiter ainsi presqu'à toute heure du jour, mais principalement le matin et le soir. C'est aussi pour nourrir cette tendre et fructueuse dévotion que, durant le Carême, on tient dans l'église des révérends Pères Capucins, un petit discours d'un quart d'heure sur chaque station, les dimanches en allemand et les mardis en français, immédiatement après la bénédiction du trèssaint Sacrement. »

Je rapporterai quelques autres faits qui se rattachent également a l'église des Capucins.

La pierre romaine, prétendument Vara Lunœ, qui avait été emportée ï Luxembourg par le comte de MansfeLI, et fut restituée au magistrat d'Arlon par le duc de Havre, faisait partie de l'autel de la chapelle de la Ste. Vierge.

Cet autel fut, lors de l'arrivée des Français dans la province, en 1794, arraché de l'endroit où il était conservé et brisé.

Le calvaire tel qu'il existait en 1739, n'avait pas conservé cette forme jusqu'en 1830, cela est présumable, à cause du long espace de temps. La différence de niveau pour, de la rue, atteindre la terrasse de l'église, est considérable. Le développement du chemin n'est pas en rapport avec cette

<* Afin d'augmenter la dévotion des Fidèles envers la Passion de Jésus-Chris t, et voua tant pour cet effet, enrichir de grâces spirituelles les sept Stations qui sont érigées sur « les escaliers pour monter à l'Eglise de Notre-Dame d'Arlon des FF. Mineurs Capuo cins ; Nous accordons en vertu des présentes, selon la forme usitée de l'Eglise, 4o «jours d'Indulgences à tous et un chacun qui les visiteront, et qui diront devant cfca- <r cune desdites Stations lu Prière qui lui est attachée, ou un Pater et Avey pour l'exal- <s talion de nôtre Mère la sainte Vierge, l'extirpation des Hérésies, et l'union des Princes î Catholiques. En foi de quoi nous avons soussigné de nôtre propre main les présentes a munies de nôtre cachet. Le jour de Mai i655.

HISTOIRE KELTGTED8E. 426

élévation : aossi est-il très-rapide, soutenu par de hautes murailles ; avant d'aborder le terre-plein de l'église, on passe encore sur plusieurs arcades servant de passage pour descendre dans un quartier de la ville.

J'avais besoin de cette description pour expliquer la catastrophe arrivée en cet endroit en 1830.

C'était le deuxième dimanche de juillet, le jour de la fête de saint Donat. Oo sait quel concours de monde cette fête attire annuellement à Àrlon. Le chemin de la croix en était rempli et les pèlerins plus nombreux encore se pressaient dans la cour de l'église et sur les arcades qui la précèdent. Les murailles étaient très-anciennes, et la veille, on avait cru qu'il suffisait d'une restauration sommaire, d'un simple récrépissage. - Tout-à-coup, les murailles fléchissent, les voûtes cèdent et tout s'abat au milieu d'un effroyable pèle-mèle et des cris déchirants des mourants et des blessés.

Lorsque, après quelques moments d'une inexprimable anxiété, on put reprendre ses esprits, on reconnut qu'une vingtaine de persones avaient péri, écrasées par les débris de maçonneries, ou étouffées sous les corps qui les ensevelissaient vivantes ; un plus grand nombre étaient blessées, quelques-unes grièvement.

Cet événement eut alors beaucoup de retentissement et fut regardé comme une calamité publique.

On s'occupa bientôt de réparer les dégâts, et la montée vers l'église des Capucins fut rétablie avec ses arcades et une série de terrasses en pente auxquelles conduisaient successivement des escaliers composés de deux ou trois marches, quelquefois de quatre.

Les réparations de 1830, peu solides à ce qu'il parait, ne durèrent que vingt et un ans. Au commencement de 4851, les voûtes des arcades cédèrent de nouveau sans accident pour personne, cette fois, et pendant qu'on s'occupait de les réparer, une haute muraille du côté de la ville s'écroula tout à coup, en écrasant une maison du voisinage, heureusement inoccupée en ce moment.

La restauration complète du Calvaire devenait nécessaire. Elle eut lieu en 1851. Éclairé par l'expérience de deux catastrophes, on mit dans cette restauration tout le soin possible. La disposition précédente fut changée. Aujourd'hui, on monte d'abord un escalier d'une dizaine de marches, puis vient une rampe assez longue et rapide qui conduit au niveau du pied des arcades ; — de là on s'élève par une suite de petites terrasses en pente

414 HISTOIRE D'ARLONè

séparées par une, deux ou trois marches. — L'ancienne porte conservée en 4830, a disparu avec la restauration de 1851.

Les* stations n'existaient plus depuis la reconstruction du calvaire en 1830. Deux encadrements assez élevés et assez larges en pierres ciselées, renfermant chacun une scène religieuse à plusieurs personnages, et conservés dans une encognure à gauche de l'entrée de l'église des Capucins, c'est là, croit-on, tout ce qui restait des stations de 1739.

Le Calvaire des Capucins était donc, depuis un certain nombre d'années, vide de ses stations. — Cependant, des personnes pieuses s'occupaient de leur rétablissement, qui eut lieu au mois de juin 1846. Le nouveau chemin de la croix se compose de quatorze croix en pierre d'une forme élégante élevées k droite du Calvaire, sur autant de pilastres. — Un filet doré sur un fond noir indique une croix en bois intérieure et des inscriptions en lettres d'or marquent le sujet de chaque station.

Le placement de ce chemin de la croix à l'extérieur de l'église des Capucins a été autorisé par un bref de Notre Saint Père le Pape du 13 septembre 1845 (1).

(i). Voici les actes qui ont été posés en cette circonstance :

FACCLTAS

erigendi XIV statioues S. Vise Crucis sub Galvario S. Donati Arluni.

Ex Àudientia SSmi.

SSinus Dnus Nost. Gregorius P. P. XVI, R. D. Raths pastoris ecclesiaead Sanctum Doiiatum Arluni supplication! annuens, R. D. Carolo Tedesco sacerdoti ac in seminario dioecesis Naïuurcensis professori, bénigne concessit facilita te m erigendi quatuordecim Stationes S. Vis Crucis in Calvariœ loco ante praefatam ecclesiam situ, pràevia tamen ordiuarii licentia, sicque quatuordecim cruecs ligneas benedicendi, et easdem in totidein cruces lapideas intigendi atquc his station i bus applicandi consuetas S. Via? Crucis indulgentias.

Datum Roms i3 septembr. i845.

Gard. La bris S. Congregat. Indulgent, prsfectus.

Licentia ordinarii.

Vidimus supra memoratam facultatem eamque exécution i mandari permittimus. Namur, 28 septerobris i845.

t NICOLAUS JOSEPHUS, episc. Namurc.

ACTUS testimonialis erectionis instttutionis Ganonics Vis Crucis, in monte Calvariœ extra Eccle, siam parocbialem ad S. Donatum immédiate sita Arluni, \\ Junii i846.

Extractus.

In nomme patris et fiiii et spiritus sancti, ad laudem et gloriam Jesu-Christt crucinxi-

piamque veneratiouem ejus passionis, et mortis, ac sanctissîms Malris ejus dolorum.

HISTOÎBE RELIGIEUSE. «MB

Le trésor de l'Église des Capucins d'Arlon renferme plusieurs pieuses reliques :

4° Une relique de Saint Donat ;

2° Un morceau de la sainte Croix donné, en 1844, par Monseigneur de Hesselle, évêque de Namur ;

3° Une relique de Saint- Bernard rapportée de Rome en 185f.

Pourquoi cette relique de Saint-Bernard prétérablement à toute autre ? C'est que déjà l'église des Capucins possédait de ce grand Saint, qui fut en même temps un grand homme selon le monde, quelques objets vénérables, une chasuble, une manipule et une étole, qui, s'ils sont authentiques, comme nous le croyons, doivent être respectables pour, tout archéologue, comme ils le sont pour tout chrétien.

Saint-Bernard n'est pas étranger au Luxembourg — on lui doit la restauration de l'abbaye d'Orval : en 1131, il y établit l'ordre de Citeaux. (1).

Ego infra scriptus Confessariiis, verbi Deî praedicator approbatus ac in seminario parvo Basloniensi professer, légitime in scriptis co mm Issus a summo ponlitice Gregorio XVI, Rom aï die i3* septemb. 1 845, et de I Je en lia ReverendJssimi Dominî Nibolaï-Josepbi Debesselle, liujus diœcesis Namurcensis Episcopi, in serrptis obtentà die 28' Sep tem bris i845, et ad boc specialiter rogatus a Reverendo Domino Malhia Ratbs, parocho Ecclesiœ ad S. Donat 11 m Arluni, débita pracdïeatioue et instructione populo ad boc rongregalo factâ, bodie horâ qtiarla pomeridianâ die 1" junii i846lin preniemoralo Calvariœ monte Arluni extra Ecclcsiam parocbialem ad S. Donat u m silo, benedixi quatuordecim cruces ligneas, iraaginibus Domini nostri Jesti-Cbristi m imitas, représentantes qualuordecim stationes Calvarii, scilicet a prœtorio Pilali us que ad sepulchrum Christî ; eas in dicto Calvariœ monte cruciùus lapide is affixi, et sic canonice erexi, sive canonice erectam et in perpetuum institutam declaravi, prout per présentes deelaro viam crucis seu quatuordecein stationes Calvarii, cum omnibus gratiis, privilegiis ac indulgcntii» a Romanis pontiticibus ipsis annexis, ab omnibus Christi fidelibus utriusque sexus, eas dovole visitantibus, lucraudas, servalis a jure servandis, in cujus (idem lioc teslimonium reliquJ/ a me et a Reverendo Domino parocho bujus Ecclesiaesignatum.

Dalum Arluni bac l' junii i846.

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