C. TEDESCO Confess. prof
Matbias RATHS Pastor.
(1) Voici ce qu'on lit dans le commencement d'un manuscrit intitulé : a Bibliothèque Notre Dame d'Orval. Catalogue ou liste des abbés d'Orval n° 2 3 »
« S. Bernard ns primo monaclius cisteriensïs, dein abbas claravallcnsis in Burgundiâ, uatus est anno 1091 ao aetatis aa° cislerium ingressus est. »
a ao 1 1 1 5 fundata est abbatia claravallcnsis. Primus ejusdem abbas fuit S. Bernardus.o
a Anno 1 1 53 obiit ao'augusti an nos nalus 63, postquam uiullis iu tocis Europae cura illius permulla ordinis cisterciensis monasteria aediûcata fuissent. »
« Inter haec annumerandum est Aureae Vallis monasterium in cotnitatu cbiniacensi. în quo personnaliter adfuit S. Bernardus ; Galix in quo sacra celebravit aevo uostro religiosè ibidem asservabatur. »
Qu'est devenu ce calice de saint Bernard, si bien conservé à Or val jusque dans les derniers temps ?
410 Bwwwi tfàmm*
Saint Bernard avait également fondé le monastère de Cambrons au diocèse de Cambrai, pays de Hainaut. Après la suppression de ce couvent, au commencement de la révolution française, les moines se dispersèrent, emportant divers objets qu'ils s'étaient partagés.
L'un deux, PLACIDE COLL1GNON, vint se réfugier à Àrlon, où il apporta les trois objets décrits dans le certificat suivant :
Nous soussignés Prieur et religieux de l'abbaïe supprimée de Cambron ordre de Cileaux, ci-devant d.iocèse de Cambrai, pays de Hainaut, déclarons et attestons que la chasuble de coton ou d'étoffe semblable, faite à la grecque, entourée sur le bord d'un reste de ruban rouge, ornée de deux rubans de la même couleur vers l'ouverture du haut, qui forment une espèce de croix sur le devant et le derrière, raccommodée d'une pièce sur la partie antérieure pour y avoir été brûlée par lé feu de l'encensoir le jour de St-Bernard ; item une manipule et une étole de soie tissue en bleu, blanc et rougeâtre, ornées de plusieurs figures représentant différents animaux; nous déclarons et attestons que, d'après une tradition constante de notre abbaïe, ces trois monuments d'antiquité présentement déposés par dom Placide Collîgnon religieux de Cambron à l'église de Saint-Donat à Àrlon, viennent véritablement de Saint-Bernard fondateur de la prédite abbaïe; qu'ils y ont toujours été considérés comme reliques de ce grand Saint, et conservées comme telles dans une boëte sous glace, que M. l'abbé de Cambron officiant pontificalement ne s'en servait que pour célébrer la messe le jour de la fête de Saint Bernard, et que, pour honorer la mémoire de ce grand Saint, plusieurs suffragants et archevêques de Cambrai, entre autres Monseigneur de Fleury, s'en sont servi à la messe étant dans ladite abbaïe de Cambron. En foi de quoi nous avons signé la présente et y apposé le cachet de notre maison. Fait à Wadecq, département de Gemmapes, le 7 décembre 1810.
t Signé. F. ROMAIN MÀLEINGREAU,
prieur de l'abbaïe de Cambron.
F. LÉOPOLD WAUCQUEZ^R. de Cambron.
F. PLACIDE COLLIGNON, Religieux de Cam- Cachet. bron et ensuite 4 " supérieur de la maison
de St-Donat à Arlon.
c Nons soussigné évéque de Metz, déclarons que la chasuble, l'étoile et la manipule dont est fait mention d'autre part, nous ont été présentés par le sieur Collignon, ancien religieux de Cambron, qui s'en trouve jusqu'à présent dépositaire, et que nous avons trouvé qu'ils étaient parfaitement conformes a la description qui en est faite. En foi de quoi nous avons signé la présente déclaration, attestons de plus que c'est véritablement la signature dadit
HISTOIRE RBuonun. 4tî
Sf Collignon, prêtre, aujourd'hui vicaire à Guirscb près d 'À ri on, qui se trouve au bas de la déclaration d'autre part. Fait à Guirsch, dans le Grand-Duché de Luxembourg, de notre diocèse, où nous nous trouvons en cours de visite, le trois septembre mil huit cent dix-neuf. »
f G. J. And. Jos. Evéque de Met? (I). Sceau de VÉréque.
(i ) Ce qui semble venir à l'appui de cette pièce, et prouver qu'elle n'est point écrite pour le besoin de la cause, c'est qu'il est fait mention de la chasuble, de l'étoic e¥de la manipule de Saint Bernard dans un livre imprimé il y a plus de deux siècles, et que possède également l'église de Saint-Donat. Ce livre est un petit in -8° qui a pour titre :
Div* Pirgo Camberoneusis ejusdemque Coenobii sancti quidam, ReUquiae plurimae% ab bâtes omîtes, Variiquc Magnâtes in eo sepulti.
Additur in fine e/usdem dives triumphum contra kostes anno i58i.
Petit mini magna qui potens est, Luc. I.
(Gravure représentant la S*'-Vierge et l'enfant Jésus.) Mort ti bus typis Joannis H avait, in plated nimianâ prope minimos. i63g.
Cura approbations A la page 4a on rencontre un chapitre ainsi conçu ;
Elogium quorumdam sanctorum abbatiœ Camberonensis ; ac prirnum sancti Bernfirdil abbatis in clara vallet dictae que Camberonensis abbatiae instituions. On lit page 45, l'auteur s'adresse a saint Bernard : Qua*» modo prodigio .divines Mains ubique Spledidat, ad que tua cas u la vice m une ris ampli Os tendit, gaudetque nouis imponere Myslis. Autre chapitre k la page 57, ainsi intitulé:
Camberonensis ecclesiae sacrarium déversas sanctorum reliauia* 1/4 se oontiaens. Page 61 : De Casuia S. Bernardi*
Purpura sit Régi decus, atque insigne décorum
Sit toga consul ibus, roilitibusque sagum. At sacra Bcrnardi ritu planeta vetusto
Presbyteris décor est, et decus illa facit. Illa que Cambroniis uno duntaxat in actu
Rite gerenda datur , dum sacra prima litant. De e/usdem Stola.
Divorum superesse stolas hinc inde nota m us,
Quae miserè affectis ferre probantur opem. Una Foranui sanctique notanter Huberti
A canibus raorsos alleviare solet.
Sed stola melli flui doctoris (ut altéra sancti
Folquiui) partum sepè innare solet.
Illa que Gubronio magnîs Do m inabus ab olim Sepè petebatur, sepè ferebat opem.
Nous avons vu ces vêtements sacerdotaux de saint Bernard ; ils sont d'une si np) ici té primitive - une pauvre étoffe blanche ornée de galon rouge pour la chasuble, et pour l'étolft et la manipule, un tissu de fil ou de soie de couleurs, peut-être l'une et l'autre» avec quelques dessins d'animaux ou d'ornements.
gitized by*
Tels sont les faits que j'ai cru devoir consigner ici, pour l'ancienne église des Capucins, en addition k ceux que relate l'ouvrage assez rare de
Je dirai maintenant quelques mots du culte que Ton rend particulièrement k Saint-Donat dans l'église des Capucins d'Àrlon.
La situation générale d'Arlon sur un point très-élevé, y attire fréquemment des orages ; en 4707, la foudre mit le feu au clocher de l'église des Capucins, renversa quatre religieux en laissant sur leurs corps quelques marques.
L'année suivante, elle tua le père Alexis Blanchard.
En 1719, le 18 octobre, une nuée épaisse couvrit tout à coup l'horizon; il en sortait des éclairs continuels et la foudre ne cessait de gronder avec un fracas horrible. Plusieurs habitants épouvantés se réfugièrent dans le parloir des Capucins. Le tonnerre y entra sous la forme d'une barre de fer embrasé, se fit passage par le seuil de la porte, serpenta quelque temps dans les cloîtres et alla mettre le feu k l'église paroissiale.
Ces accidents firent naître la pensée au magistrat et aux bourgeois d'Arlon de se mettre sous la protection de quelque saint ; et k ce dessein, ils choisirent Saint Donat, martyr dans les premiers siècles du christianisme. Enterré k Rome, son corps y fut découvert seulement en 1650 dans le cimetière de Sle Agnès. Le pape Innocent X le fit déposer chez les Jésuites où il demeura jusqu'en 1652; on le transporta alors de Rome a Munster-Eifel, au pays de Juliers, pour y être honoré dans l'église des pères Capucins.
La raison pour laquelle on invoquait S'-Donat préférablement a d'autres, pour patron contre la foudre, c'est que les habitants de l'archevêché de Cologne et des duchés de Juliers et de Bergh, avaient été délivrés des plus fréquents accidents en réclamant son intercession dans des temps d'orage. Le bruit s'en étant répandu dans le Luxembourg, les Arlonnais mirent de même en lui leur confiance, et exposèrent, en 1727, son image k la vénération publique. L'an 1738, k l'intercession du général de la Compagnie de Jésus, François Retz, on obtint pour Arlon un ossement de ce saint.
La relique de St-Donat fut exposée publiquement le second dimanche de juillet 1738.
On lui dédia le chronogramme suivant :
SanCtVs DonatVs fera fVLgVra frangere natVs SI patronVs erlt fVLgVre neMo périt.
t St-Donat a par naissance le pouvoir de briser les traits de la foudre,
t Sous son patronage, personne ne périt par la foudre.
En 1839, le 15 juillet au matin, pendant que l'on célébrait un service en l'honneur de St-Donat, a l'église des Capucins, la foudre y pénétra par le clocher, tomba sur l'autel, renversa les trois prêtres qui officiaient et frappa plusieurs autres personnes. Toutes en furent quittes pour quelques légères blessures, à l'exception du jeune Devrède, enfant de 12 ans, qui fut tué.
Je n'ai pas voulu interrompre le récit de tout ce qui appartient soit au chemin de la croix, soit k la dévotion à St-Donat. Je reviens aux faits purement historiques.
L'octroi de Philippe II était du 18 janvier 1625.
Le 26 octobre 1670, le justicier et les échevins d'Àrlon passèrent la déclaration suivante :
Les Justiciers et Echeuins de la ville d'Arlon ayans entendu ce que leur a esté collégealement proposé par Messire Claude de Humain, Conseiller et Procureur Général des Archiducques en leur Grand Conseil» touchant la réception des RR. PP. Capucins au dit Arlon, ont fait assembler ceiourdhui 26 octobre 1670, les centeniers, et tous les Mres de la dite ville et communauté, et par Robert Bock, Adam Menneragen et Pierre Diekirch, tous Echeuins de la dite ville députés a cet effet, ont déclaré que la dite communauté estoit fort contente de receuoir les dits RR. Pères en la dite ville.
Fait au dit Arlon le jour et an que dessus soubs la signature des dits Echeuins lesquels ont requis le clerc juré de la dite ville, de signer quant et Eux pour plus grande corroboration du Pnt. Act.
Estoient signés Robert Bock, Adam Menneragen, R. Greisch, Pierre Diekirch.
Collationné avec son original et y trouvé concorder de mot autre par moy clerc juré de la ville et preuosté d'Arlon.
J. Hargardt.
{Archives de l'Étal à Arlon.) ' 4670.
En 1671, lors de la démolition des remparts d'Arlon, le prince dé Chimay, gouverneur du duché, proposa de raser la montagne des Capucins et le couvent pour ne pas laisser à l'ennemi une position élevée dont il profiterait. M. de Montera, gouverneur général, accueillit la proposition, et insista, dans plusieurs lettres, sur cette démolition. Elle n'eut pas lieu, peut-être par considération pour les révérends pères dont l'octroi royal
480 HI8T6IIB dVbLOW.
remontait seulement à 1620, et sans doute davantage par l'impossibilité d'exécution. Mais les prévisions du gouvernement se réalisèrent : en 1681 , les Français firent du couvent une forteresse, en même temps qu'ils bâtirent l'enceinte fortifiée attribuée à Vauban.
Les Capucins obéirent également à l'ordre du Souverain du 14 juin 1675. Voici la lettre qu'ils écrivirent :