‹ Histoire d'Arlon (volume 2)Chapitre 88 sur 102 · SECTION IV · texte numérisé non relu

SECTION IV

L'Église de Saint-Martin d'Arlon.

Avant l'érection de la paroisse de Saint-Donat, l'église de Saint-Martin a été l'église paroissiale de toute la ville d'Arlon.

L'église paroissiale d'Arlon a-t-elle toujours occupé son emplacement actuel ? Le fait est contesté par l'auteur de la biographie Luxembourgeoise, articles Busleydtn Gilles et Eyschen Georges. Je cite textuellement.

c Busleyden Gilles habita d'abord Boulaide et vint ensuite s'établir à A ri on. Conseiller en 4484 en la chambre des comptes à Luxembourg, entre les années 1467 et 1473, il était prévôt d'Ailon et de son territoire, en même temps que propriétaire de la seigneurie de Guirsch dont le château touchait à la banlieue d'Arlon et lui offrait sans doute une habitation plus agréable que l'âpre climat des Ardennes. II a fait construire entre autres l'église paroissiale de S'-Martin à Arlon, et mourut vraisemblablement vers l'année 4490. >

c Voici du reste le passage du manuscrit des Viri illustres qui concerne ce personnage : • 4490. Aegidius de Bouschleiden quaestor generalis Ducatus c Luxemburgensis, et particularis Arlunensis, fundavil ecclesiam parocbialem c S'MKarlini ibidem et alias plures, pater Francisci et Hyeronimi. >.

f Nous pensons qu'il ne sera pas inutile de donner ici une explication destinée à éviter une erreur : l'église dite de St-Martin, paroisse d'Arlon, que Gilles de Busleyden avait fait construire^ n'est pas celle que l'on voit encore aujourd'hui. L'édifice de Busleyden est devenu la proie des flammes pendant un incendie et n'a pas été relevé de ses ruines, parce qu'on a utilisé à cet effet la chapelle dite du Rosaire bâtie en 4634 par Georges d'Eyschen. •

Article Eyschen Georges.

t A Arlon, son endroit natal, il fit construire la chapelle dite du Rosaire, pris de l'église paroissiale dans laquelle il avait reçu le baptême, et y institua une dévotion journalière en l'honneur de la Ste- Vierge, dite du Rosaire, en fondant une messe sur cet autel. Cette chapelle, sur la tour de laquelle on voit incrusté le millésime 4634, sert d'église paroissiale depuis l'incendie considérable qui a ruiné l'ancienne en 4660. •

L'auteur de la biographie Luxembourgeoise se fonderait encore sur ce passage de la notice consacrée k Georges d'Eyschen dans la bibliotheca coUmiensis de Hàrtzheim page 92.

HISTOIRE REMGIBU8E, 437

c Arœluni sacellum a Rosario in parochia ubi baptisatus fuerat, extruxit, i quotidiano concursu civium Dei param recilando Rosario honoranlium celéc berrimum adjeclo stipiendo sacerdoti in dies ad eam facturo. »

On traduit ainsi : Georges d'Eischen construisit à Arlon une chapelle en l'honneur du Saint Rosaire qui devait y être récité chaque jour. Or comme la fondation du Saint-Rosaire existe toujours dans l'église actuelle de Sl-Martiu, c'est celte église que Georges d'Eyschen construisit comme chapelle. On ajoute que l'église paroissiale devait être ailleurs, intra muro$, c'est-à-dire, dans le haut de la ville, dans l'enceinte des remparts. >

Nous avons mieux que ces citations :

Georges d'Eyschen avait fondé, le 1er mars 1639, à l'académie de Cologne, des bourses d'études en faveur des jeunes gens de la famille d'Eischen et, à leur défaut, en faveur des jeunes gens d'Arlon, à nommer, pour ces derniers, par le curé primaire de l'église d'Arlon ; il y est dit :

t Nominatio pênes D. Vicarium capellae sanctissimi Rosarii in Arluno, nec c non praefectum ejusdem confraternitatis, quam capellam ad Dei Deiqueparae c gloriam ego quoque a fundamentis extruxï et quotidiana missa dotavi. >

Ainsi, dans un acte public, Georges d'Eyschen déclare qu'il a érigé depuis ses fondements une chapelle à la gloire de Dieu et de la Sainte Vierge et qu'il l'a dotée d'une messe quotidienne.

Je ne saurais adopter l'opinion de l'auteur de la Biographie Luxembourgeoise et je vais en dire les raisons.

Tout est assez obscur dans l'histoire d'Arlon. Les archives ont été anéanties a diverses reprises, à la suite des ravages de la guerre et des incendies assez nombreux qui l'ont détruite en partie ou en totalité.

Quelques passages d'historiens, des documents authentiques, permettent cependant de reconstruire la série des faits concernant l'église paroissiale d'Arlon.

L'évangile était annoncé à Arlon dès le ive ou le Ve siècle ; il y avait déjà d'assez nombreux chrétiens en cette ville, lorsque les monuments romains funéraires furent détruits et servirent de fondement k la forteresse. C'est à cette époque que remonte la construction de l'église dédiée à St-Blaise et joignant le château.

Franchissons quelques siècles et voyons les actes postérieurs.

Dès 1263, Aricius est doyen de la chrétienté d'Arlon.

En 1267 et 1268, ce doyen est Conrardus qui figure h plusieurs actes concernant le couvent de Marienthal (1).

Dès cette époque, l'église de St-Martin existe comme paroisse d'Arlon. Voici mes preuves.

1271, février. Henri 11, comte de Luxembourg, déclare consentir à la donation du droit de patronage de l'église de St-Martin d'Arlon et de ses appartenances et chapelles, au couvent du Saint-Esprit à Luxembourg.

1276. Henri, seigneur de Laroche, fils de Henri, corcte de Luxembourg et marquis d'Arlon, déclare consentir à la donation du droit de patronage de l'église de St-Martin à Arlon et des appartenances avec chapelle au couvent du St-Esprit à Luxembourg.

1279. Ratification par le pape Nicolas III.

La donation avait été faite par Aleide, veuve de Wiric, seigneur de Kœrich, par Jeannette» fille de Wiric et Aleide, du consentement de Jofroid de Bertringea.

1289. Confirmation nouvelle par le pape Nicolas IV.

En 1305, Jean est recteur de l'église d'Arlon.

On lit dans le Cartulaire de Munster (archives de Luxembourg) fol. 61 :

1331. Testamept d'Adeleyde de Bereldange :

t Do et lego ad ecclesiam sancti Marliny in Arluno quinque solidos. • Je donne et lègue quinze sols à l'église de Saint-Martin d'Arlon.

11 y avait donc à Arlon, de toute certitude, dès le milieu du xtn6 siècle, une église dédiée à Saint-Martin.

Je reprends les passages de la biographie luxembourgeoise.

« 1490. Aegidius de Bousleiden, disent les Fût illustres , fimdavît eedesiam parochialem sancti Martini et alias plures. *

c Aegide de Busleiden fonda l'église paroissiale de StrMartin et plusieurs autres. »

Busleyden Gilles ne pouvait pas avoir construit entièrement, en 1490, tane église paroissiale de St-Martin à Arlon, qui existait au moins dès 1276, k moins de supposer que, par un événement dont on n'a pas gardé la mémoire, l'église du milieu du xinc siècle ait été détruite et que Gilles Busleyden l'ait rétablie à la fin du XVe.

L'auteur de la Biographie luxembourgeoise traduit fundetvit par a fait construire. Je crois cette traduction inexacte ; car selon les Firt illustres,

(i) Cartulaire de Marienthal, 8, 32 et 54, arch. de Lux.

HISTOIBE RELIGIEUSE.

Gilles Busleyden attrait construit non-seulement l'église paroissiale d'Arlon, sed alias plures, mais encore plusieurs autres. J'admets très-difficilement Gilles Busleyden constructeur de plusieurs églises ; mais fundavit n'a-t-il pas une autre signification que a fait construire ? de fundare on a tiré fonder, fondation, et il est très-croyable, il est presque certain que Giltes Busleyden a doté l'église de St-Martin d'Arlon et plusieurs autres et en a ainsi affermi l'existence (1).

Quoi qu'il en soit, construite, réparée ou dotée en 1490, quelle était cette église de Saint-Martin à Arlon ? Où était-elle située ?

La question est résolue dans les deux passages ci-après cités.

Le monastère des sœurs Therapiennes, qui soignent les malades, détruit par les guerres, les incendies et d'autres calamités, fut converti en paroisse dédiée à St-Marc et à St-Marlin, en place de la première et ancienne paroisse que les habitants possédaient en dehors des murs de la ville.

11 y eut autrefois à Arlon, un petit monastère occupé par des vierges qui, pour l'amour de Dieu, avaient pour mission d'assister et de soigner avec zèle les malades ; maïs à cause de la pénurie des choses les plus nécessaires amenée parles désastres de la guerre, elles furent obligées de l'abandonner.

Dans la suite des temps, les Arlonnaîs ayant reconnu qu'il était très-pénible anx gens faibles et surtout aux vieillards et infirmes de se rendre, en temps d'hiver, à l'église paroissiale assez élégante qu'ils avaient a quelque distance, en dehors de la ville, obtinrent qu'on leur fit don de ce couvent abandonné pour y établir la paroisse,

Monasterium sororum Therapoenorum quse aegris inserviunf, bellis, incendiis, aliisque calamitatibus eversum, in parochiales aedes, S. S. Marco et Martino sacras, conversnm est, licet primam et velerem habeant cives parochiam ante moenia civitalis.

(Wilh. Wiltheim, Disquisiliones, lib.

2, cap. XI, § 7).

Fuit etiam olim Arluni monasterio- Ium quoddam eju9 generts virginum, qoaepropter Deum infirmis sedolo assistera et ministrare profitentar, quod ob rerum necessarîamm penuriam, ex frequentibus bcllorum molestiis immtssam, desercre et vacuum diraittere tandem compulsae sunl. Unde successu temporis, cum grave foret Arlunensibuscivibus debilibus, prseserfim senio aut infirmitalc confectis,hiemale tempore parochralem ecclesiam, quam extra oppidum salis elegantem paulo remolius habcbanl, adiré, hoc a monîalibus prrdem dimîssum coenobium ad parochiam constituendam sibf doftari oblinueront ; quo sub dWorum Marci

(i) On assure que, dans le droit canon, le mot fundare ne signifie pas construire une église, mais la fonder, c'est-à-dire 1» doter, lui donner des revenus»

et en cet endroit ils ont construit et et Martini patrocinio et hodie eum io

achevé aujourd'hui une église sous le finem utentes, laboribus longiorîs ili-

patronage de St-Marc et St-Marlin, neris parcunt, manente nihilominus

s'évitant ainsi beaucoup de peine et priori Ma ccclesia una cum adjunclo

un long détour. Ils ont néanmoins coemiterio, ut plurimura civibus Àrlu-

conservc l'église primitive en y ajou- nensibus, aut aliis sepullurse locum

tant un cimetière pouvant servir de subminlslranie (Ber tels, hxsloriuluxem-

sépulture à la plupart des Àrlonnais burgensis, p. 251). ou à d'autres personnes.

c M. Barthel, dans son histoire de la province de Luxembourg, dit qu'il y avait aussi autrefois à Arlon un pelit couvent de filles destinées à aller servir les malades, mais qu'elles ont été obligées de l'abandonner à cause des pertes qu'elles avaient faites pendant les guerres. Ce couvent était à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'église paroissiale, afin de n'élre plus obligé d'aller à la vieille paroisse hors de la ville, qui est présentement un hermilage et un cimetière dans lequel on enterre ceux de la ville comme auparavant (4).

Il résulte de ces trois citations que la vieille paroisse d'Arlon se trouvait en-dehors des murs de la ville : elle était établie dans l'ancien cimetière du Sud-Est, à droite de la route d'Arlon à Luxembourg. Les églises étaient autrefois construites au milieu des cimetières qui en formaient la cour. Le très-ancien Arlon s'étendait au pied de la montagne dans la vallée arrosée par la Semois.

Les deux auteurs latins racontent que les Arlonnais, trouvant pénible pour les vieillards, les infirmes et les enfants, surtout en hiver, de se rendre à l'ancienne paroisse hors des murs, obtinrent d'établir une paroisse nouvelle dans l'enceinte intérieure de la ville.

A quelle occasion et à quelle époque peut-on placer cette translation?

En 1558, lorsque le duc de Guise s'empara d'Arlon, il saccagea et brûla toute la ville, y compris l'église paroissiale, l'ancienne située dans le cimetière.

C'est lorsqu'il s'agissait de reconstruire l'église paroissiale ruinée, que les habitants d'Arlon obtinrent qu'il en fût érigé une autre dans l'intérieur de la ville.

Ici, je dois expliquer ce que l'on devait entendre par l'intérieur de la ville. Les fortifications d'Arlon, qu'elles remontent aux Romains ou qu'elles

(i) Extrait des mémoires des archives des Capucins.

HÎ8T0IRE RELIGIEUSE. 441

soient dues aux Comtes d'Arlon, offraient deux enceintes, non compris le cbàteau : celle qui subsiste encore en partie et qui sépare la ville haute de la ville basse, et celle plus large détruite en 1671 par les ordres du Gouvernement. Cette dernière enceinte englobait toute la ville basse, s'étendait même au-delà des ouvrages de Vauban construits en 1681, et renfermait par conséquent l'église actuelle de St-Martin.

Suivons toujours nos deux auteurs.

Il 5 avait autrefois à Arlon, un petit couvent de filles destinées à servir les malades, mais elles furent obligées de l'abandonner k cause des pertes qu'elles avaient subies pendant les guerres. Ce couvent était à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'église paroissiale. Les Àrlonnais obtinrent cet emplacement et y construisirent la nouvelle église. Ce qui restait de l'ancienne fut maintenu comme chapelle ou hermitage, et on conserva le cimetière ; ce qui a été observé jusqu'à nos jours.

Voilà ce que racontent Bertels, décédé en 1607 et Wilhelm Willheim, terminant en 1630 ses Disquisitiones, c'est-à-dire des hommes contemporains de l'événement ou à peu près.

Comment Buslejden aurait-il pu construire en 1490, dans l'intérieur de la ville, une église paroissiale qui n'y a été transférée et bâtie que vers 1571 ?

Le document suivant ne permet plus le doute. 11 est extrait d'un manuscrit du notaire Pierret d'Arlon découvert il y a quelques années et qui appartient aux archives de la cour supérieure de justice de Luxembourg.

1571, 9 janvier. Style de Trêves. La ville d'Arlon avait eu des difficultés avec Jean de Landtschadt Von Steinach, seigneur de Koerich, collateur de l'église paroissiale de St-Martin à Arlon. Cette église située en dehors d'Arlon devait être reconstruite. Intervint une transaction par laquelle le dit seigneur de Koerich donne à la ville une somme de cent écus. L'église de l'hôpital, sise dans la ville même, devait être l'église paroissiale (1).

(i) Voici la pièce extraite du manuscrit de Pierret d'Arlon et traduite de l'allemand en français :

« Translation du service qui devait se faire à l'église de St-Martin et qui doit dès maintenant être célébré à l'église de l'hospice.

« Nous justicier, échevins et centenier avec tous les habitants et paroissiens d'Arlon, faisons savoir et reconnaissons par la présente qu'après avoir eu désaccord et difficultés avec très-noble et très-digne Jean Landschadt de Steinach, seigneur de Koetich, en sa qualité de collateur des droits de l'église paroissiale à propos de la construction de l'église de la susdite ville d'Arlon et de l'achat des ornements nécessaires, nous avons, sur l'avis de quelques conseillers du conseil de Lutzembourg, arrangé cette affaire de la manière suivante. Dans la suite le susdénommé Landschadt de Steinach, seigneur de Koerich et ses héritiers survenant, en vertu de la translation, au lieu d'avoir le jus pa trôna lus et con-

Quelle était cette église de l'hâptfui/ Où était-elle située? Ici, on peut invoquer ce que rapportent Bertels et W. Willheim, qui vivaient à l'époque où la translation de l'église paroissiale a été effectuée.

En 1509, cette église de l'hôpital existait déjà. On lit, en effet, dans le synode d'Arlon de cette date, que le doyen d'Àrlon, avec son chapitre, occupait l'église de l'hôpital.

L'hôpital, c'est l'ancien couvent abandonné par les sœurs ; leur petite église devint celle encore dédiée à St-Marc et k St-Martin. Cette église a été reconstruite et agrandie, ce qui eut lieu en 1571 et 1573.

Quel autre emplacement pourrait-on donner à l'église paroissiale transférée dans l'intérieur d'Arlon après 1{S58 et construite vers 1572? Où le trouver dans la seconde enceinte des murailles ? Sera-ce sur la place du marché dans la ville haute ? Mais cette place était occupée par les halle* qui s'y trouvaient dès 1309. Ce qui semble plus vrai, c'est que l'église de St-Martin a toujours occupé l'emplacement actuel, depuis son établissement en 1572.

L'extrait que j'ai donné de la Bibliotheca oolonienm n'indique pas l'époque de la création à Àrlon d'une chapelle du Saint-Rosaire par Georges d'Eyschen. Elle est postérieure à la construction de l'église de St-Martin, dès 1572.

En effet, Georges d'Eyschen est né en 1592, vingt ans après.

Par un acte du 15 mars 1725, une demoiselle de Bettenhoven institue \ine messe journalière du saint Rosaire, on y lit :

c Laquelle demoiselle ayant déclaré par des témoignages et titres authentiques qu'aux instantes prières de MM. du magistrat d'Arlon pour les raisons y déterminées, on a établi la confrérie du saint Rosaire dans cette paroisse d'Arlon, au mois de mars 1628 et par après confirmée et approuvée par sa sainteté le Pape Innocent X de pieuse mémoire. %

ferendi sur l'église St-Martin sise en dehors de la ville, ils auront dorénavant ces droits sur F église de F hospice sise dans F intérieur de cette pille et doivent par conséquent pour entretien, bâtisses et fouruiture d'ornements ordinaires, payer cent thaï ers, chacun compté a 3o sols de Brabant, tout sur la présentation du susdit acte. En vertu de la susdite convention, nous reconnaissons que la susdite somme de 100 écus argent comptant a été payée par les susdits dénommés Damoiseaux et nous donnons pour ceci quittance aux susdits ainsi qu'a tous autres ayant besoin de quittance comme signe du paiement de celle somme pour construction et ornements comme il est dit plus haut.

a En foi et reconnaissance de ceci, nous avons fait signei cette quittance par notre secrétaire communal et y fait apposer les sceaux de la ville. »

a Donné & Arlon, le g janvier 1671. »

N. Warck.

HWTOIBB BUiKUNSB. 448

Et plus loin : c en Fan 1885, le révérend Georges ab Eyschen, né b Àrlon, licencié en théologie et chanoine en la métropolitaine de Cologne, avait fait ériger une chapelle et autel en cette dite église, à l'honneur de la très-sainte Vierge, mère de Dieu, patrône singulière de la dite confrérie où Ton célébrait le saint sacrifice des messes et faisait les services divins accoutumés et ordonnés par les statuts de la dite confrérie, avec grande édification et dévotion particulière du peuple ; mais comme cette chapelle et autel, même l'église paroissiale entière ont été consumés par le feu de l'embrasement arrivé le 2 mai 1660 et à cause d'autres subséquentes guerres, les paroissiens ont été hors d'état de rétablir la dite chapelle et autel etc. »

Je dois conclure de ces passages :

Que, dès 1628, il existait dans l'église paroissiale d' Arlon, une confrérie du saint Rosaire ;

Qu'en 1635, le chanoine Georges d'Eyschen avait fait ériger une chapelle et un autel, près ou dans l'église paroissiale, en l'honneur de la très-sainte Vierge du Rosaire ;

Qu'en 1660, la chapelle du saint Rosaire a été consumée par les flammes avec l'église paroissiale.

On peut admettre comme exact le fait de la construction d'une chapelle du saint Rosaire par le chanoine Eyschen ; mais il ne faut pas le séparer de cet autre fait que la chapelle et l'autel étaient établis près ou dans l'église paroissiale ou plutôt y faisait un hors-d'œuvre. Ce hors-d'œuvre est inconciliable avec la structure de l'église actuelle ; soit.

Mais l'ancienne église paroissiale construite en 1571 dans l'intérieur de la villa, aurait été totalement consumée par l'incendie de 1660 ; connait-on le plan de cette ancienne église ? Ne peut-on pas admettre une chapelle latérale construite en entier par Georges d'Eyschen ? On concilierait ainsi toutes les difficultés ; tous les faits concorderaient et il n'y aurait plus de contradiction.

Autre fait : on voit aux pieds de la sainte Vierge, qui se trouve au portail, cette mention : 1634. Est-ce bien 1634? Que peut signifier cette indication ? Est-ce la date d'un achèvement d'édifice, d'une restauration quelconque ? Ou bien est-ce la date de la construction par le chanoine Georges d'Eyschen de la chapelle dédiée à la sainte Vierge du Rosaire ? Cela peut être, mais il n'en résulterait qu'une chose, c'est que, dans la reconstruction de l'église après l'incendie de 1660, on aurait voulu con-

server un souvenir de la chapelle, en le faisant entrer dans la décoration du portail de l'église actuelle.

Je cite maintenant un document qui a quelque valeur : .

Extrait de l'archive de Nothomb, n° 169 :

30 nov. 164 1. Adjudication par la coofrairie de St-Martin à Arlon d'un jardin situé près de l'église de St-Martin adjugé à Bievcr, échevin d'Àrlon.

Il y avait donc alors une église St-Martin bien distincte de la chapelle du saint Rosaire construite depuis dix ans par le chanoine Eyschen à côté de l'église paroissiale, selon une version, ou dans l'église même, suivant une autre version.

Voici ce qui me paraît donc clairement résulter de tout ce qui précède :

L'ancienne église paroissiale d'Arlon se trouvait dans le cimetière hors des murs.

Elle fut détruite en 1558. Les habitants d'Arlon demandèrent que la nouvelle église fût construite dans l'intérieur de la ville. On leur abandonna, à cet effet, un ancien couvent dit l'hôpital. La reconstruction de l'église du couvent commença en 1571 et fut achevée en quelques années; elle occupa l'emplacement de l'église paroissiale actuelle. En 1634 ou 1635, M. Georges d'Eyschen érigea une chapelle avec un autel à la sainte Vierge, dans l'église paroissiale, selon des documents, en dehors, selon d'autres. Ce qui n'est pas inconciliable, parce que la chapelle pouvait avoir été ' établie en hors-d'œuvrc et on y entrait par l'intérieur de l'église. L'église actuelle, qui remplace la paroisse brûlée en 1660, aurait dû être construite sur un plan différent, car il n'y a plus de chapelle extérieure.

Je n'ai pas voulu interrompre la série des faits et les conséquences que j'en ai tirées ; cependant quelques observations doivent trouver ici leur place.

Suivant M. Neyen, la chapelle du saint Rosaire construite par Eyschen en 1634, l'avait été près de V église paroissiale où il avait été baptisé.

Il y avait donc l'église paroissiale et à côté la chapelle du Rosaire, c'està-dire deux édifices religieux. Dans un autre passage, le Sacellum a Bosario est construit dans l'église paroissiale elle-même. Quelle contradiction !

L'église paroissiale est brûlée entièrement en 1660, mais la chapelle du saint Rosaire, telle que nous la verrions aujourd'hui, aurait été préservée de l'incendie. Est-ce bien possible et ne peut-on pas admettre plutôt que les deux édifices ont été dévorés par les flammes? C'est ce que déclare

positivement l'acte du 15 mars 1725 de la demoiselle de Bettenhoven, dans le passage cité plus haut.

La chapelle du saint Rosaire, si miraculeusement préservée et demeurée intacte, serait devenue l'église paroissiale actuelle.

Mais alors pourquoi, comme je le dirai bientôt, reconstruire l'église paroissiale détruite par l'incendie, reconstruction qui n'a été achevée que vers 1682?

Ce qui est plus certain, c'est que la chapelle du saint Rosaire construite k côté de l'église paroissiale, a été brûlée en même temps que celle-ci et qu'elle n'a pas été rétablie; on aura cru suffisant de transporter, dans la nouvelle église paroissiale, le culte du saint Rosaire.

J'arrive k une deuxième observation.

On aperçoit k la clef de voûte sous la tour de l'église St-Martin, un écusson où l'on croit voir les armes des Busleyden qui portaient d'azur k la fasce d'or, accompagné en pointe d'une rose de gueules boutonnée d'or et feuilletée de sinople.

Sont- ce bien là les armes de l'écu en question ? Et si cela était exact, que voudrait-on en conclure?

Que le questeur jEgidius de Busleyden aurait construit en 1490 l'église paroissiale d'Ârlon ?

Mais elle existait dès 1271. Busleyden n'a donc pas pu la construire en 1490 ; mais il a pu la doter, lui donner des revenus suffisants.

On veut que la tour où sont les armes, ait appartenu à l'église construite en 1490. Mais alors l'église paroissiale était encore en dehors des murs et cela vers 1571, k la vérité ruinée par le duc de Guise en 1558. Et puis la date de 1634 qui indiquerait la construction par le chanoine Eyschen, que signifierait-elle? On aurait deux dates pour la construction d'un même édifice. On aurait également deux constructeurs. Ce qui est doublement inadmissible.

Comment expliquer la présence de la pierre armoriée? La reconnaissance des bienfaits de Busleyden en avait orné l'ancienne paroisse extérieure. Nombre des débris de celle-ci ont dû servir k' bâtir la paroisse intérieure et voulant conserver le souvenir des Busleyden, on aura employé la pierre comme clef de voûte.

Il en est de même de la date de 1634 : c'est un souvenir de la piété des arlonnais pour perpétuer la mémoire d'un bienfaiteur de l'église.

On demande enfin pourquoi l'ancienne église de St-Martin avait été construite en dehors de la triple enceinte fortifiée ?

446 HWTOtRB D'AMOH.

La ville d'Arlon s'étendait-elle de ce côté ? Peut-être, avec la succession des temps ; car dès 1065, il n'y avait là que les ruines des habitations romaines.

Mais l'église extérieure existait positivement dès 1271 et auparavant; à quelle époque remonterait donc sa construction ?

L'église du dehors des murs servait-elle à des villages plus ou moins éloignés ? Aujourd'hui encore, quelques localités extérieures dépendent de la paroisse de St-Martin. Cela peut-il expliquer un état de choses trèsancien ?

J'ai voulu compléter cette discussion, avant de citer un document important dans l'histoire de l'église de Si-Martin d'Arlon.

En 1509, un synode, réuni dans l'église de l'hôpital, rappela quels étaient alors les droits et les prérogatives d'un curé d'Arlon C'est une pièce curieuse, une sorte de tarif pour la collatioo des sacrements de l'église. Je l'insère en entier h l'appendice du présent chapitre.

En 1681, les Français s'étant emparés d'Arlon, firent construire des murailles nouvelles autour de la ville, celles que nous avons connues et que nous retrouvons encore en partie, notamment dans le jardin du curé, dit jardin des remparts, ob der Wahl. Un acte approuvé par Jean Pellot et les échevins de la ville vient corroborer ce fait. Gilles Pierre, bourgeois, vend une partie de son jardin, vis-k-vis de la maison de ville, à M. le curé Jean-Pierre Meyer. L'acte porte que ce jardin est large de vingt pieds et peut s'étendre aussi loin que possible contre les remparts de la ville nouvellement érigés. L'acte porte la date du 2 novembre 1682 (Archives de la paroisse).

La ville ayant été appauvrie par les guerres et- les incendies, il a fallu du temps pour rétablir et restaurer l'église paroissiale. Cette restauration a été effectuée ou achevée vers la fin de 1682. C'est ce que prouve un induit épiscopal de Mgr. Maximilien Henri Burman, évêque suffragant de son Eminence l'archevêque et prince de Trêves, daté du 24 janvier 1683, document qui se trouve aux archives de la paroisse de St-Martin. L'induit accorde à M. Meyer, curé de la paroisse d'Arlon, la permission de dire la messe in parochiali tua ecclesia noviter restaurata pour un an seulement.

Noviter restaurata. Il s'agisssait donc d'une restauration. L'ancienne église n'avait donc pas été complètement dévastée par l'incendie de 1660? que restait-il de l'ancienne église ?

Quel est le caractère architectonique de l'édifice actuel ? Des styles de différentes époques y sont-ils mêlés ?

HISTOiBE RELIGIEUSE, 447

Peut-on déduire de ces styles une date pour la construction?

Je continue.

Un décret émané de l'évéque suffragant de Trêves, portant la date du 15 octobre 1690, donné à Oral et adressé au curé Meyer, porte que cette église restaurée a été effectivement consacrée par cet évéque : c ambitum circa ecclesiam vestram muro oinctum et porlis utrimque clausum reperi^ dum consecrarem dictant ecclesiam (Archives de la paroisse).

Voilà donc l'église rétablie et consacrée. Le vaisseau de cette église, telle qu'elle subsiste encore, tout simple, sans chapelles latérales, est allongé et porte le caractère architectoniquc de la fin du dix-septième siècle ; il est précédé d'un porche sans caractère surmonté d'une tour assez informe et qui fait saillie. La tour appartenait-elle à un bâtiment précédent? On serait tenté de le croire.

En 1785, le if mai, lors de l'incendie général de la ville, le toit de l'église et le clocher avec les cloches ont été détruits et rétablis plus tard.

L'église paroissiale de St-Martin était anciennement la plus riche fabrique du Pays de Luxembourg. Aussi, le nombre de fondations pieuses et de confréries a été considérable' et toutes richement dotées. Il y avait la confrérie des Trépassés avec une messe quotidienne à onze heures. Les confréries de St-Martin, de St- Adrien, l'autel et les revenus de S^-Cathérine, la chapelle de Sl-Eloy en allant à l'ancien cimetière, la confrérie de la Sainte Croix, dans la chapelle de ce nom, route de Bastogne; enfin la confrérie du Saint Rosaire, à laquelle je consacrerai un article particulier.

L'église de Saint Martin fut, jusqu'en 1825, l'unique paroisse de la ville d'Arlon. En cette année, une succursale a été érigée à Saint DonaU avec une circonscription déterminée. En 1858, le doyenné de S t. -Martin fut divisé, une partie a été attribué au doyenné de St.-Donat, nouvellement établi.

Appendice & la eectton IV dn chapitre XIII.

Mobilier de V église de St.- Martin.

Le mobilier de l'église de St-Martin a des parties très-remarquables. Cloches. Lors de l'incendie général de la «ville d'Arlon en 1785, les cloches ont été fondues. On rétablit la tour avec une seule cloche qui fut

prise par les Français et conduite à Luxembourg en mai 1794; elle fut remplacée par la seconde cloche de l'église de Bastogne, dont les Français s'étaient également emparés cl qu'ils avaient laissée à Àrlon, à la sollicitation du Commissaire du pouvoir exécutif et des municipaux. Depuis lors, il n'y eut plus qu'une seule cloche k l'église paroissiale ; elle finit par se détériorer.

En 1846, par suite d'une résolution du Conseil de fabrique, les trois cloches actuelles de l'église furent fondues à Tongres, le 30 septembre et bénites à Arlon, le 10 octobre suivant. La première fut dédiée à St-Martin, la seconde à la Sainte Vierge du Rosaire, la troisième à Saint Adrien ; celle-ci porte pour chronogramme :

VoX Mea VoX Del, aCCVrrant qVos VoCo.

Ma voix est celle de Dieu : accourez, vous que j'appelle.

Le 24 octobre 1846, les cloches sonnèrent pour la première fois.

Orgues. Il y avait autrefois, dans l'église paroissiale, un petit jeu d'orgues en mauvais état; on l'avait rétabli un peu vers 1793, mais il fut détérioré, lorsque les Français envahirent l'église et y établirent un magasin.

En 1806, les marguilliers de l'église St-Martin firent un traité pour le rétablissement des orgues avec Nicolas Dommange, constructeur d'orgues à Heinstert, pour la somme de douze louis d'or ; l'administration devait fournir les matériaux, ainsi que la boiserie nécessaire ; le tout avait coûté 700 frs. Quelques réparations ultérieures ont encore été opérées, mais l'instrument était resté mauvais et incomplet. En 1852, le conseil de fabrique traita avec le (acteur d'orgues Korfmacher de Lennitz près d'Aixla-chapelle, pour la réparation et l'addition de plusieurs jeux nouveaux, moyennant 3000 frs. environ. L'instrument restauré, perfectionné et augmenté, est celui qui fonctionne aujourd'hui.

Autels. Le grand autel a appartenu à l'abbaye d'Orval.

Les deux petits autels proviennent de l'église des Carmes d'Àrlon ; ils ont été achetés, ainsi que les deux confessionnaux, en 1804, pour 280 frs.

Les stalles du chœur viennent également de l'église des Carmes ; elles ont été payées deux couronnes, à la même époque.

Argenterie. L'église de St-Martin est assez bien montée en vases sacrés.

Elle possède une belle remontrance ou ostensoir, à l'intérieur duquel on lit : c cette remontrance «a été donnée k l'archi-confrérie du saint Rosaire à Arlon par la demoiselle de Bettenhoven, fondatrice du dit Rosaire, le 7 octobre 1746. Fecit Legendre. »

II y avait an pins grand ostensoir en argent pesant dix-huit litres et une ampoule, qui ont été vendus par le conseil de fabrique, en 1804, pour la somme de 1382 francs. Cette somme a servi à payer les dettes de l'église et à acheter du linge et des ornements.

L'église de St-Martin possède cinq calices et un ciboire.

Le ciboire est une œuvre ancienne. Il est en argent doré, très-élevé et large du pied ; la coupe est supportée par des ornements qui se détachent du fond. Sur le tout on a ciselé des arabesques avec quelques têtes qui ressortent en bosse. Le couvercle surmonté de la croix est dans le même genre. On en ignore la provenance.

Un beau calice en argent doré a été acheté en 1804, à Dom Placide Collignon, religieux de Cambron, et après chapelain à Guirsch, pour la somme de 171 frs., 86. La hauteur est de 25 centimètres environ, sur pied. La hauteur du calice est à peu près de 9 centimètres, avec un même diamètre.

Le pied est large d'environ 16 centimètres et couvert d'arabesques capricieuses entre lesquelles on voit trois figures : le Christ nimbé et deux femmes nimbées aussi. Lesquelles?

Sur le calice, mêmes ornements et trois têtes d'apôtres : St-Pierre, Si-Paul et St-Jean.

Le travail artistique est assez remarquable.

Un second calice un peu plus haut est en argent sur argent doré. Les ornements en arabesques sont assez grossiers. Peut-être est-il plus ancien que les autres calices. t)'où provient-il ? on l'ignore.

La pièce la plus remarquable du trésor de l'église St-Martin est un calice extraordinaire, en argent doré, d'une grande valeur, qui fut donné a la fabrique de cetle église par M. Didier d' vrlon, religieux d'Echternach, entre 1827 et 1834. J'entrerai dans quelques détails en décrivant ce véritable bijou.

Voici d'abord ses dimensions :

hauteur O00^.

largeur du pied 0m,152.

hauteur de la coupe 0m,08 largeur de la coupe 0m,098.

Le pied est formé de six pans égaux arrondis, avec bord ouvragé : un cercle à deux rainures et un cordon aussi à deux rainures. Il est relevé en bosse par des ornements en argent dans les intervalles que laissent les médaillons, et il se termine dans le haut par une sorte de fleur de lys.

460 HttTOIBl D'ABLOH.

Six médaillons en agathes avec dessins sont enchâssés dans le pied et représentent :

1° Une croix en bleu avec bords doubles en rouge ;

2° Stc-Scolastique avec St-Benoit et une fleur dans une chambre ;

3° Double aigle d'Autriche avec la croix de Bourgogne sur la poitrine et la couronne impériale ;

4P SuWillibrord entre un livre et une colonne ;

5° Écusson avec la mitre et la crosse croisées par derrière ; les armoiries sont composées de deux doubles W ou chevrons, au-dessus et au-dessous desquels on voit la lettre Z.

6° St-Benoit, la tête nimbée, tient la crosse de la main gauche. Au-dessus d'un livre, le bras droit est soulevé à la hauteur de la poitrine, la main bénissant avec l'index levé.

Chaque médaillon est attaché par deux vis en argent, maintenues en-dessous par des écrous aussi en argent.

Le pied est uni par les mêmes ornements déjà décrits au fuseau qoi soutient le calice lui-même. Ce fuseau est composé d'un globe allongé rattaché du bas et du haut au pied et à la coupe, par deux sortes de couronnes élégantes en manière de bourrelet.

La coupe est enveloppée par un ornement en argent formant une sorte de réseau, enveloppe nécessaire, afin de laisser la coupe pure de toute incision pour rattacher les trois agathes qui en font l'ornement.

On lit d'abord les lettres B. A. Les agathes sont également peintes et représentent :

i° L'annonciation, c'est-à-dire l'ange et la sainte Vierge ;

2° Jésus-Christ sur la croix : au pied de celle-ci la sainte Vierge, saint Jean et sainte Madeleine ;

3° Une descente de croix avec cinq personnages.

Le calice, d'un poids lourd, est épais dans toutes ses parties, principalement dans la coupe. La dorure est solide et parfaitement conservée.

Ce qu'on doit admirer, c'est la beauté du travail artistique, les peintures surtout dont les figures et les couleurs sont admirables comme œuvre d'art.

Un dessin complet serait nécessaire pour rendre toutes les beautés de ce calice ; il parlerait mieux aux yeux que la description la plus développée ne parle k l'esprit.

Ce calice a appartenu h l'abbé du monastère d'Echternach ; on n'en trouve, dit-on, qu'un seul autre de cette espèce en Belgique.

A quelle époque remonte le calice d'Echternach ?

HISTOIRE RBMaiHW. 4SI

Les armes impériales d'Autriche avec la croix de Bourgogne ne permettent pas de se reporter plus hajt que la domination de la maison d'Autriche dans les Pays-Bas et le Luxembourg. Le genre d'ornementation pourrait aussi indiquer une date. On en pourrait trouver une plus précise dans les armoiries que j'attribue à un abbé du monastère d'Echiernach : double chevron de sable sur champ d'argent; quatre Z aussi de sable, deux au-dessus, deux en-dessous. Nous ne possédons pas l'armoriai des abbés d'Echternach comme nous avons celui des abbés d'Orval.

Est-ce l'écu d'une famille noble du Luxembourg ou de l'Allemagne, donataire du calice, ou n'est-ce qu'une armoirie de fantaisie, de même que nous en rencontrons pour les abbés d'Orval ?

Les autres calices sont modernes, et n'ont rien qui puisse les faire remarquer, sinon des formes plus ou moins parfaites sous le rapport de l'art.

Je mentionne, pour ne rien oublier, un encensoir en argent, des burettes, des plats de même métal et divers reliquaires.

Ornements. Un ornement rouge complet a été acheté à Trêves en 1803, pour 300 frs., il en vaut 1000 ; il provient d'un ancien couvent qu'on croit être le monastère d'Echternach. Le fond est formé d'un satin rouge trèsépais ; les dessins en argent sont d'une élégance rare, l'artiste y a mis tout ce qu'une fantaisie sagement réglée peut imaginer.

Sur le milieu de la dalmatique, on remarque un médaillon représentant le Christ à demi corps, d'un dessin achevé et d'une peinture exquise; c'est une véritable miniature.

Cet ornement est encore aujourd'hui d'une solidité à toute épreuve, on le croirait venant de sortir des mains de l'ouvrier.

Un autre ornement blanc complet aussi a de la valeur et provient, dit-on, de l'abbaye de Clairefontaine. Le fond est en satin blanc sur lequel on a broché à la main, et en soie, des dessins de diverses nuances, mélangés de fleurs variées avec des couleurs différentes. II est relevé et soutenu par des galons en argent doré. La coupe de cet ornement est un peu lourde quant à la forme, mais non sans élégance.

Un humerai, qui n'appartient pas à l'ornement précédent, a également un fond en satin blanc ; il est broché à la main en soie, argent et or. Les dessins sont admirables et d'une grande pureté. L'huméral est usé dans quelques parties : l'or, l'argent et la soie sont un peu ternis.

Beaucoup d'autres ornements sont employés pour le service quotidien du culte ; les uns sont très-ordinaires, les autres plus ou moins riches ; ils sont modernes et il n'y a rien à noter de particulier et qui sorte 4u

43* HMTOIRB D'AftLOR.

commun. Je dois cependant mentionner un bel ornement noir avec la croix argentée, qui a été acheté à Bruxelles, en 1847, pour mille francs. J'ai promis une notice à part sur la confrérie du saint Rosaire ; je la publie telle que me l'a donnée le R. P. Pruvost de la maison de saint Xavier d'Arloo.

Notice sur la confrérie du Saint- Rosaire à Arlon.

D'après un document qui fait partie des archives de l'église paroissiale de Saint-Martin à Arlon, il existait en 1725 c des témoignages et titres authentiques • constatant les deux faits suivants:

Premièrement « aux instantes prières des messieurs du magistrat d'Arloo > une confrérie du Saint-Rosiire fut établie dans la paroisse c au mois de mars 1628, et par après approuvée et confirmée par S. S. le pape Innocent X. »

Secondement, • le R. Georges d'Eyschen licencié en théologie et chanoine en la métropolitaine de Cologne • avait fait ériger dans l'église paroissiale une chapelle et un autel du Saint-Rosaire où l'on célébrait la sainte messe et où l'on faisait le service divin conformément aux statuts de la confrérie. >

D'après la biographie Luxembourgeoise, art. Busleyden (Gilles) et Eyschen (Georges), la chapelle fondée par le chanoine d'Eyschen aurait été distinctede l'église paroissiale et ne serait autre que l'église paroissiale actuelle. Cette assertion est contredite' non-seulement par les documents cités plus haut, mais encore par les registres et papiers de l'ancien collège de Luxembourg où l'on voit que le chanoine d'Eyschen, ayant fondé une chapelle du Rosaire dans l'église paroissiale d'Arlon, en fit don l'an 1642 aux Jésuites de Luxembourg : ceux-ci prirent possession de l'autel et des biens qui y étaient attachés et eurent dès lors à Arlon une mission, c'est-à-dire que, sans s'y établir d'une manière constante, ils y venaient prêcher de temps en temps. Mais, sur l'opposition faite par les Capucins et les Carmes auxquels se joignit le procureur général, ils durent renoncer à la fondation et la mission prit fin en 1660.

Cette dernière date est celle de l'incendie qui consuma la ville d'Arlon presque tout entière. Alors, comme portent nos documents, la chapelle et l'autel du Rosaire et c même l'église paroissiale entière • furent la proie des flammes. Les guerres qui suivirent et les autres fléaux qui désolèrent la ville, ne permirent pas aux habitants de rétablir la chapelle et de pourvoir à la célébration du service divin. Aussi la confrérie du Rosaire était-elle tombée en décadence, lorsqu'elle fut relevée par les soins du P. Alexis dit Blanchart, capucin du couvent d'Arlon. Ce zélé religieux obtint à cet effet des lettres patentes du général des Dominicains, en date du 14 mai 1707.

HlftTOIRB RBLIGIJSU8E. 453

Alors la ferveur des fidèles prit un nouvel essor et la confrérie était trèsflorissante, lorsqu'une fondation nouvelle vînt en assurer la stabilité.

Ce fut le 45 mars 1725 que f noble et vertueuse mademoiselle Marie Jeanne de Bettenhoven, dame haute justicière en partie de la seigneurie de Bertrange, • fille de François, écuyer, receveur des aides ecclésiastiques de la province et d'Anne de Luxerat, fit dresser un acte par lequel elle fondait une messe journalière et perpétuelle à l'autel de la confrérie. Cette messe devait être annoncée au son de la grosse cloche, commencer à six heures devant le Saint* Sacrement exposé et être suivie de la récitation des litanies et des oraisons de la sainte Vierge, ainsi que de la bénédiction du Saint-Sacrement.

La fondatrice espérait que les fidèles continueraient à réciter le chapelet à haute voix pendant la messe et à célébrer les services, processions et autres pratiques recommandées par les statuts de leur association.

Le chapelain était à la nomination de la fondatrice et, après sa mort, de celui de ses plus proches parents qui résiderait à Arlon, à Luxembourg ou dans le voisinage d'une de ces villes, et à défaut de ce dernier, du prévôt d'Arion ou de son lieutenant. 11 pouvait être changé tous les ans à la saint Jean-Baptiste. Il devait être c de bonne vie et mœurs et exemplaire pour édifier les fidèles, entretenir et augmenter leur dévotion, zélé pour avancer la confrérie et qualifié pour entendre les confessions, particulièrement les premiers dimanches de chaque mois et autres fêtes de la confrérie. »

La fondation, duement acceptée par le curé, sire Jean Philippe Bockholtset par les dignitaires de la confrérie, fut enregistrée le 21 mars suivant à Arlon et approuvée par l'évéque de Rosme suffragant de Trêves, le 16 avril 1727.

Non confente de ce premier acte, la demoiselle de Bettenhoven, par son testament en date du 1" juin 1744, augmenta la fondation qui n'avait été faite que pour six messes par semaine et donna une somme pour la rétribution de la septième.

Dans ce dernier acte de sa volonté, la dame de Bertrange se loue beaucoup du chapelain sire Paul Wiltz et statue qu'il continuera toute sa vie à s'acquitter de son office.

Elle ordonne aussi à ses héritières, les deux comtesses de Jaubert ses nièces (1), de se conformer aux dispositions qu'elle a faites et remet à son exécuteur testamentaire, François Christien Gerden, avocat au conseil de Luxembourg, le soin de nommer un nouveau desservant de la fondation après la mort de sire Paul Wiltz. La pieuse dame mourut le 4 avril 1747, et son testament reçut son exécution Elle fut inhumée dans l'église des Carmes.

(i) Elles s'appela Jeu t Marie Claire-Joseph et Marie-Aniie-Gertrude Les légataires étaient ses neveux ci nièces les comtes François et Werner de Jaubert, Romain de Neuforge, seigneur de Neuerbourg, la douairière de Laurac, la baronne de Weidert de Malberg avec son fils et sa fille, plus sa cousine Catherine Stack. Elle choisit l'église des Carmes pour sa sépulture.

454 HISTOIRE D'ARLOR.

Des difficultés surgirent après la mort de sire Paul Wittz. Et d'abord personne n'ayant nommé un nouveau titulaire, Romain de Gailiot, capitaine et prévôt d' Arlon, conféra la messe du Rosaire à sire Weber, prêtre et maître d'école h Àrlon, par un acte du 5 décembre 1772.

Bientôt deux collatcurs se présentèrent : et d'abord messire Henri Joseph, baron de Marches et de Guirsche nomma, le 27 avril 4774, sire Antoine Zimmer, natif d'Arlon, à la sainte messe du Rosaire.

François Gerden, alors président du conseil de Luxembourg, avait un droit plus certain, ayant été nommé collatenr par un testament qui abrogeâmes dispositions antérieurement prises à cet égard.

Cependant on eût des doutes h Àrlon sur ce sujet, à cause de l'approbation que l'évéque, antérieurement au testament, avait donnée à l'acte de fondation avec l'injonction formelle de l'observer inviolablement à l'avenir. En conséquence une consultation fut demandée à Louvain.

La réponse, datée du 29 juillet 1774, attribua tous les droits au président Gerden. Elle se basait sur ce que la fondation n'était pas un bénéfice; qu'en tout cas le fondateur en aurait eu la collation de plein droit; que l'acte de fondation, tenant de la nature du testament, pouvait recevoir des changements ; que d'ailleurs aucun des parents, n'ayant fait acte d'acceptation, n'avait pu acquérir de droit ; que l'approbation épiscopale n'avait pas été nécessaire et n'avait pu porter préjudice au plein pouvoir que la fondatrice avait de disposer de son droit de nomination.

Au reste, l'affaire ne tarda pas à recevoir une solution heureuse : le fils dn président Gerden s'aboucha avec le baron de Marches qui, le 15 décembre, déclara, après examen des titres, c renoncer à toute prétention qu'il aurait jamais cru pouvoir former. »

En conséquence, le président de Luxembourg délivra, le 26 décembre de la même année, un acte authentique de collation. Le titulaire fut le même que celui que le baron de Guirsch avait désigné précédemment, et il est à croire que cette nomination était une des conditions de l'accord conclu entre les parties.

Antoine Zimmer était encore en fonctions le 8 mai 1788. C'est la date d'une réclamation adressée par lui à la veuve du président Gerden pour se plaindre de ce que, depuis trois trimestres, il n'avait pas reçu son traitement.

Au mois d'avril précédent, la douairière de Gerden avait signé avec le curé Schlim et le mambour de la confrérie Rechl, l'acte de dénombrement qui avait été prescrit par une ordonnance du 27 mai 1786.

Ce fut elle encore qui nomma le 19 août... comme successeur d'Antoine Zimmer, M. Salenliny, natif de Michelbouch, paroisse de Bissen.

Le capital de la fondation consistait en vingt-trois obligations s'élevant en-

semblé à là somme de 6148 florins de vingt sons Luxembourgeois. Il rapportait en intérêts 336 florins 14 sous.

Le chapelain recevait annuellement 207 fl. 4 s.

Le marguillier pour sonner la cloche et fournir le pain et le vin du saint sacrifice. . . * 81 48

L'administration percevait : 1* le vingtième denier de la recette montant à 46 46

9° Pour la formation de son compte 2 8

Les ornements et le luminaire occasionnaient une dépense annuelle de 56

Une partie du capital donné par la demoiselle de Bettenhoven a été perdu. Aussi par suite de la réduction des anniversaires et des messes ordinaires opérées sous les curés Molitor et Sadeler par Mgr l'évêque de Mets, on n'a continué à dire que six messes par semaine et on a cessé d'exposer le Saint-Sacrement, pendant la messe, les jours de la semaine, excepté le dimanche où on l'expose.

Cette fondation subsiste encore aujourd'hui. Comme il y avait des doutes sur sa valide continuation, ces doutes furent exposés h révoque de Namur, Mgr Dehesselle, qui, par acte du 14 mars 1848, muni des pouvoirs spéciaux de Rome, l'a érigée de nouveau eanoniquement et a nommé le curé de Saint-Martin directeur de la confrérie. Les messes sont exonérées par les vicaires de la paroisse.

Liste des doyens curés de Saint-ttarlin d'Arlon.

1263. Aricius, doyen de la chrétienté d'Arlon. 1260. Conrad, doyen de la chrétienté d'Arlon (16 janvier. Donation à Mari en thaï. Ch. Mariendal, 8-54)*

1267. Courais, doyen de la chrétienté d'Arlon. (17 oct. Hommages par Jacques d'Etalle. Ch. Mariendal, 8-82).

1268. Sceau de Conradus, doyen de la chrétienté d'Arlon (26 sept. Donation à Marienthal).

N. B. La chrétienté d'Arlon comprenait une certaine étendue de pays renfermant plusieurs paroisses. U curé d'Arlon n'était pas toujours le doyen de la chrétienté.

4S6 histoire d'abus

1270. Sceau du doyen d'Arlon, sans qu'il soit nommé (Donation à Marienthal).

1280. Témoin, le doyen d'Arlon, sans qu'il soit nommé (Donation à Marienthal).

1286. Thiry, curé d'Aubonne, doyen de la- chrétienté d'Arlon.

1289. Sceau du doyen d'Arlon (juin. Donation au couvent de Differdange).

1305. Sceaux du doyen de la chrétienté d'Arlon et de Jean, recteur de l'église du même lieu (15 juillet. Engagement à Marienthal).

1316. Témoin Kuene, doyen de la chrétienté d'Erlon (28 mars. Vente à Clairefontaine).

1326. Cuenen, doyen de la chrétienté d'Arlon*

1331. Cuno, doyen de la chrétienté d'Arlon.

1333. Conon, doyen d'Arlon (Enquête des biens de Munster).

1350. Jean, curé à Àrlon, figure k un acte d'abandon de certains droits à l'archevêque Baudouin de Trêves.

1351. Nicolas, recteur de l'église de Metzeich, doyen de la chrétienté d'Arlon et Jean, curé d'Arlon.

1405. Conradus de Montabur, pastor et decanus Àrlunensis, cellerier à Luxembourg.

14H. Yidimus par le même, doyen de la chrétienté d'Arlon.

1423. Conrad de Montabur, curé-doyen à Arlon, receveur général des villes (12 septembre. Acte de renouvellement d'alliance entre Trêves et Luxembourg).

1425. Conrad, curé et doyen à Arlon, cellerier de la duchesse Elisabeth de Gorlitz (1er juin. Donation au couvent de Munster. Ch. Munster, P 79).

1425. Conrad, doyen et curé à Arlon (1er décembre. Arrangement avec Clairefontaine).

1430. Conrad de Montabur, doyen et curé à Arlon, receveur général à Luxembourg (5 mai. Jugement arbitral concernant Clairefontaine).

1432. Conrad de Montabur, doyen et curé d'Arlon, receveur général du duché (6 février. Reconnaissance de dette.

N. B. Comment un curé d'Arlon, un doyen de la chrétienté d'Arlon, pouvait-il être receveur général des villes, cellerier de la duchesse et receveur général à Luxembourg? Les titres de doyen et de curé d'Arlon étaient-ils de simples bénéfices dans la personne de Conrad de Montabur, les fonctions étant gérées par un autre ?

1457. Clausse Beck, doyen à Arlon. Bail des biens de l'hospice Sainte- Catherine d'Arlon.

HOTOIRK RELIGIEUSE. 487

1507. Mathieu d'Itzig, curé à Ârlon.

1509. Au synode d' Arlon :

Mathias d'Itach, doyen de Luxembourg, curé d'Arlon.

Antérieurement Fabry Henri, doyen de la paroisse d' Arlon.

Mathus, curé avec les marguilliers.

Hellinger Nicolas, doyen pour lui et son chapitre.

1585. Wiltius Petrus, pastor Arlunensis.

11 protégea les jésuites qui se trouvaient à Luxembourg depuis l'an 1583. Ses efforts, réunis à ceux d'Eustache de Munichausen, préfet de la maison de Mansfeld, ne purent empêcher le départ des missionnaires ; ceux-ci quittèrent Luxembourg, le 28 janvier 1586, mais ils y revinrent, en 1604, pour s'y fixer.

Le même Wiltius fut enlevé, cette année, et emmené d'Arlon par le comte de Holbach et ses Hollandais ; il ne recouvra sa liberté que moyennant rançon (Wilh. Wiltheim).

1611-1630. Nicolas Meyer.

1601-1635. Warnach, curé de Hachy, était doyen du décanat d'Arlon.

1630-1641. Julien Floncel.

Ce curé assista à l'acte de la fondation Warnach, de 1635, avec Henrici son vicaire. Cet acte a été passé en la maison presbytérale d'Arlon.

1642-1659. Domioique Keurcher.

1660-1700. Jean-Baptiste Meyer.

On trouve dans quelques actes les énonciations suivantes :

1673. Rumling Augustin, doyen et curé d'Arlon. Paul Heyer, administrateur.

1679. Marson, doyen k Arlon.

1702-1719. Pierre Gaillard.

On lit dans un acte de 1712 ; Meyer, Jean Paul, curé d'Arlon.

1719-1729- Paul Bockholtz.

Ce curé, sous les prénoms de Jean-Philippe, accepta la fondation du Saint-Rosaire par la DUe de Bettenhoven.

1730-1745. François-Henri Walerand.

1746-1765. Guillaume de Pierret du Chatelet.

1752. Mathias de Pierret du Chatelet, curé de la paroisse d'Arlon (Procuration donnée le 30 déc. 1752, arch. d'Arlon).

Le registre des archives de Nothom indique sous la date de 1762 : Pirèt Nicolas, curé d'Arlon.

1766-1776. Nicolas Klein.

1777-1782. François Menthay.

458 Stetttt* xfàWm .

4786. François Schlîm.

En 1798, ce curé fut emmené à l'isle de Rhô, où il dëtttéiUrft jttaftfau 11 mars 1800. H resta pàstettf d'AflOH jttâqta'êB l'aotttée 1803* Il âWmrat cette année à Mërtch, où il a'éttit fétide. Michel Steiûbactt ftK ftâfttâfttMtêur.

1803-1806. Nicolas Molitor.

1806-1827. Michel SadélëtC.

1827-1844. Michel Tibesard.

4&444W6. Sébawlen Thill, détoisôtoanâfre.

1857. dé LôtitôCh.

1866. Gaâpâf, doyen âttuél.

Pièce de procédure sans date dans une affaire enlre Valrent, curé d'Arlou, appelant G. Pb. Bocboltz intimé. L'objet du procès était la cure d'Arlon, dont le patronage aurait été attaché à la seigneurie de Kœrich. Valrant, y est-il dit, aurait été présenté à la dite cure par le baron de Ravitte, propriétaire de la seigneurie de Kœrich, te iS mars 1717 et parle comte de Thun, engagiste de la même seigneurie. L'intimé produisit de son côté Une investiture de k dame de Mante ville, douairière du baron Albert d* Zuis, se ^revendant engagiste de la dite seigneurie (Collections Société historique de Lmxemhomrg, simple copie, fond Lmdent farde L)*

Vf.

Retord synodal d'Arloft dé 1&Û9.

(Traduction de F allemand.)

Copte de la charte des coutumes relatives à la juridiction et aux anciens mages de

F Église paroissiale d'Arlon.

Au nom de Dieu, Amen, qu'il soit connu et publié à tout jamais qu'eft l'an de Notre Seigneur 1509, le vendredi avant Noël & savoir lé 20 décembre, les Révérends sieurs Maîtres Mathias d'lt2ich, doyen de Luxembourg' et Caré ffArlon, Conseiller de Nôtre très gracieux Seigneur, le Prince régnant de Luxembourg, Gyllz, Cremer, Pierre Hausmann, boucher, Jean Retaer dit FelU, Jean Riehartt de Greisch, Maître Merten, orfèvre» Jean d'Ell, le Cordonnier et Michel de Greisch, tous ensemble marguillier» dé là sainte Eglise et Paroisse d'Arlon, pour lesquels le douaire ci-après désigné, ta dhne sur le droit des places ainsi que les usages et privilèges en usage et en ta fossession

d'un curé de la saîttte Eglise d'Arion, tel que oent et plus d'anpées le racontent et certifient, a été de nouveau déclaré, raconté et reconnu que tous le? paroissiens de ladite paroisse ont de mémoire d'hommes suivi et tenu ces usages, et les tiendront et suivront encore jusqu'à l'éternité. — Les warguilliers actuellement en fonctions ainsi que tous ceux qui leur succéderont se tiendront strictement à ces usages. Ils en donneront connaissance à tout curé nouvellement arrivé et les anciens margntlliees en avertiront les nouveaux, afin que tout ce qui est indiqué dans les présentes soit maintenu.

Premièrement : Le tiers de toute dîme grande ou petite dans toute retendue de la paroisse d'Arlon appartient au curé.

Item. Toutes les novalia comme sont : champs nouveaux, c.-à-d. qui ont été nouvellement défrichés (labourés), bois, broussailles (haies), prés, terres défrichées (Driescher, Roeder), vieux chemins et autres qui n'ont pas été labonrés de mémoire d'hommes, en sus la dlme sur le douaire des Eglises, appartient au curé seul sans partage avec un tiers.

Item. Dans les villages de Barnich, Ober-Elter, Weller, le cu?é a chaque année droit au sixième de toute dime grande ou petite.

Item. A Hobscheid il y a une dtme, appelée dlme du lard (Speck»Zehend) dont deux tiers appartiennent au Seigneur de Kœrich, et l'autre tiers an curé d'Arlon.

Item. A Hondeiange (Hondelingen) il y a une petite dtme dont le Seigneur d'Ell et le curé ont chacun, l'un autant que l'autre.

Suit rétntnération du Douaire.

I. Primo sa maison d'habitation, avec dépendances, sise à Arlon.

Item te grand verger (fiongartt) avec jardin et dépendances, te tout situé à cùté du cimetière de SiMartin.

Item un grand verger près de la chapelle et la Soszbach.

Item deux parcelles de jardin, Minées prèa du c Freschpoull » (Marais aux grenouilles).

Item un jardin au-dessus du fossé près la porte de St-Martin.

Item u«e parcelle de jardin à côté de Scheissartzkreutz dans le chemin de la porte St-Martin.

Butorw.

Item une grande pièce 4a lerre prè* de l'étang de NU Gilta, d'ww soutenance approximative de six jourgau*, Item une terre près l'étang Yoetz.

Item une grande terre, Gelende? dans la ruelle, lieu dit : Lerchen.

Item une terre à côté de Waltzingen, le long du Durbach sur la route d'Ischen (Eischen).

Item une terre au-dessous de Sosler sur le chemin d'Altenhoven. Item une terre en dessus de Seilers-Pesch, vis-à-vis la chapelle. Item il y a encore d'autres terres sises à Altenhoven et Yschen (Eischen).

Suivent les prés.

Item un grand pré, sis à côté de l'étang de Monsieur Giellz, donnant sur le pré, enclos d'Everlange.

Item deux parcelles de prés dans les prés de St-Jean.

Item une parcelle de pré, sise près du W^schweyer.

Item une parcelle de pré, sise à côté de l'étang St-Martin.

Item une pièce de pré à côté du verger de Koerg (Koerich ?) près Greische- Pesch.

Item un grand pré près du pont d'Altenhoven.

Item un curé a droit de charger tous les ans dans les prés enclos de Koerch, Waltzingen et de l'enclos du sieur Giltz, près du fourde(t) et deux années consécutives dans le verger de Deeller avant tout autre enlèvement, un foudre de foin, tout fait sur les tas, sans prendre une trop forte charge et -ce avant qu'aucun tas ne puisse être enlevé.

Item (les impôts) ber Sljofl du foin prélevés du soir de la veille de St-Martin jusqu'à midi du jour, appartient pour moitié au curé et pendant ce temps, on prélève le double.

De V administration des sacrements et des enterrements.

Item. Un chacun qui a reçu Notre Seigneur, doit aux quatre grandes fêtes un vieux (thernus), ce qui] fait, compté en monnaie luxembourgeoise, deux pfennig.

De l'enterrement.

Item il est dû au curé pour tout mort qui a reçu les saintes huiles pour funeralia, qu'on nomme droit d'enterrement, qu'il soit enterré dans la paroisse ou ailleurs, sept gros d'ancienne monnaie luxembourgeoise, et au sacristain 4 gros. Un mort qui n'est pas assez âgé pour les saintes huiles mais qui est assez âgé pour recevoir le Saint sacrement, doit au curé et au sacristain la moitié de ces droits, et de petits enfants qui n'ont pas encore reçu le Saint sacrement, le sacristain touche 8 pfennig de monnaie luxembourgeoise.

Item tout défunt, pour être accompagné au tombeau, soit à la paroisse, soit au couvent, doit au curé un gros.

(i) Passage d'eau.

« Des services f enterrement et anniversaire*.

Le premier jour des obsèques on doit au curé pour la messe haute cinq gros et pour chaque messe basse quatre gros, au sacristain et au maître d'école pour chaque messe chantée un gros, et pour les vigiles un demi sétier de vin.

Item les troisième, septième et trentième jours, ainsi que pour anniversaires pendant toute l'année, on doit au curé pour les vigiles et la messe haute cinq gros, et pour toute messe basse deux gros ; et au sacristain et au maître d'école pour chaque messe chantée un gros, excepté ce qu'il y a à payer de plus pour les anniversaires fondés.

Item quand un défunt est enterré à l'Eglise, tout ce qui l'entoure tels que couverture, drap et linge appartient au curé.

Item quand les services sont terminés, tout ce qui reste alors de cire ou de chandelles sur la bière, les autels et le tombeau appartient au curé qui prend tout.

Item si un paroissien d'Arlon ou un étranger mort dans la paroisse est enterré au couvent ou ailleurs hors de la paroisse, le curé a droit pour ses c canonica partum », au quart de toutes les offrandes, de tous les autels, de la cire, du luminaire sur la bière, et de tout ce qui est venu avec le défunt, et le défunt devra être accompagné par le curé ou son vicaire jusqu'à la porte du couvent et y être présenté, parce que les moines ne vont pas plus loin à la rencontre des défunts et tous les droits d'enterrement sont dus en entier au curé.

De plus on est tenu de faire chanter le service du premier jour avec luminaire ainsi que les services suivants avec luminaires, offrandes et confrérie, à l'Eglise paroissiale avant qu'on puisse faire le trajet, au lieu où le défunt est enterré.

Item quand on porte le viatique ou l'extrême onction à quelqu'un dans la maison, on doit offrir sur la table un gros dont le curé prend huit pfennig et le sacristain quatre.

Des femmes en couche.

Item une femme qui sort de couche doit payer au curé et au sacristain un gros à chacun.

Des noces.

En ce qui regarde les mariages ou les fiançailles, il est dû au curé pour chaque promesse de mariage, une bonne mesure de vin (Quart SBeinâ) estimée à 16 pfennig et pour le mariage 7 gros de monnaie luxembourgeoise ou au lieu de ceci, double portion de chaque plat servi à la noce, et autant qu'on

468 «mm D'iabon*

sert à deux couples, Aux marguilliers il est dû deux gros ; au sacristain une pinte de vin et un pain ou 6 pfennig ; si les cloches sont sonnées, on doit offrir un gros, dont le curé a 8 pf. et le sacristain 4. Mais si quelqu'un se marie en dehors de la paroisse, on doit' payer pour la lettre dimissoire (Laszbreef) i florin (ancien cours) c.-à-d., 32 gros et un blanc, c-à-dire, deux blancs pfennigs au* marguilliers : au sacristain un gros ou il aura à s'arranger aimablement (4).

Des dons.

Item chaque maison sise dans la paroisse à l'intérieur ou à l'extérieur de la ville, payera tous les ans un vieux escalin ce qui fait 8 pfennig et c'est ce qu'on appelle oblis ou dons gratuits. On payera tous les ans au vendredi nommé (3f<muûttog) à Merlzig quarante des dits escalins.

Item on payera le vendredi après l'Ascension à Attert 40 schillings et une livre de cire payable par 28 pfennig.

Item à la Si-Jean, la paroisse de Flecherot dans toute son étendue sera obligée de fournir de même, et les curés sont obligés de servir à ceux qui leur présentent ces dons, un repas suffisant et les paroissiens d'Arlon se sont autrefois dans de grandes calamités obligés et engagés à ce.

Item à la St-Marc, jour de la Dédicace de la ville d'Arlon, les paroisses ciaprès nommées sont obligées à se présenter dans notre paroisse en procession avec leurs Saints patrons et leurs oblis (dons).

Item ceux d'Hertzig avec 15 escalins et de chaque escalin ils payeront au curé 8 pfennig.

Item Heinstert neuf escalins.

Item Flecherot 14 escalins et une livre de cire par 28 pfennig.

Item Diedenbourg 14 escalins.

Item Freylling avec ses annexes donnera 14 escalins et une livre de cire payable par 28 pfennig.

Item Attert 23 escalins et une livre de cire payable par 28 pfennig.

Item Wolkringen 18 escalins.

Item Pallen 4 »

Item Yschen 16 »

(i) Droits d'étole. S'ensuivent les droits d'ung curé d'Anlier. Pour fiancer une fille le curé doilt avoyr une poulie.

Pour espouser, 28 B. une paire de gand, i3 deniers et la Dresse qui porte un paie blanc de deux soulz, une pièce de chaire sans cuire scavoir celle d'auprès de la poitrine et puis de chasq. mest que Ton serve à table un plat, de chaque sorte de tarte une pièce et de chasq. sorte de boisson deux pots. Pour un mortuaire, aultant qu*un mariage allant dehors. (Notice sur Aniier par M. le curé Clcsse Annales de l'institut archéologique d'Arlon. Année i856f page i5i).

HtâYOfftB MLlMRMfc. 4M

Item Bamleh 15 escalln»

HeflfrWeilIer 40 »

Et moyennant ceci le curé d'Arlon est obligé de feire servir ce Jour «a dé* jenner aux curés ou sacristains, ce qui est très convenable.

Destoptémes.

Item de tout enfant baptisé, il est dû au curé, pour sa canonica portio, le tiers des pfennig donnés ou offerts à l'enfant à l'occasion du baptême. Pour cette raison on pourra payer maintenant de cbaque enfant, au curé deux gros ou deux poulets et au sacristain 1/2 gros.

Du sacristain.

Quant on a besoin d'un sacristain, il sera nommé sur l'avis et de l'assentiment du curé ou de son vicaire par la justice et la commune d'Arlon. Et pour salaire toute maison et tout ménage à l'intérieur de la ville payera au sacristain au mois de mai* et en automne ensemble 8 pfennig ; et toute maison et tout ménage en dehors de la ville lui payera tous les ans un boisseau d'avoine, en outre tl sera libre de tout service du prince ainsi que des contributions et charges de la ville.

Du coUoteur de ces droits.

Item la paroisse d'Arlon est un fief direct dont la maison et le château de Koerig sont les Maîtres Patrons et Protecteurs.

Qui par conséquent sont tenus de maintenir l'Eglise de St-Martin en bon état par rapport aux murs et aux toitures ; de plus comme il est juste et convenable, ils fourniront et entretiendront au curé un calice, un missel et des chasubles pour le grand autel.

Item la commune d'Arlon et les autres communes extérieures sises dans le ressort de la paroisse d'Arlon, telles que Yschen, Barnig, Weiller, Waltzlng, Frassem, Bonnert, Altenhoben (les moulins et fermes sis autour de la ville) sont tenus d'entretenir en bon état je chœur de l'Eglise de St-Martin, la maison d'habitation et tous autres douaires.

Item quant il vient un autre curé dans la paroisse, on est tenu de lui remettre le tout en bon état et lui de son côté est obligé de .maintenir en bon état le chœur et sa maison d'habitation sa vie durant. Si cependant un curé était négligeant en différentes choses, les paroissiens peuvent l'y contraindre en lui retenant leurs propres dîmes et autres. Si un curé veut améliorer les constructions de sa maison ou ferme, douaire, soit par nécessité, soit pour en tirer plus de profit» les gens de la paroisse seront obligés à faire à leurs frais tous les charriages et toute la main-d'œuvre.

464 HISTOIRE D'ABIiON.

Item le curé est obligé à dire tons les dimanches et jours de fête dans la paroisse une grand'messe avec l'assistance de son instituteur et chantre, et cette messe se fera ou bien à St-Martin ou dans toute autre église suivant les jours et les fêtes de patrons» comme l'usage de longue date l'exige.

Et si les gens d'Ichen, Barnig, Weiller désirent avoir une messe un dimanche ou jour de fête d'un saint, ils demanderont la permission au curé et ils recevront un prêtre, qui leur dira la messe moyennant bon salaire et sans que le curé puisse en souffrir d'aucune manière.

De la tour de V église Saint-Martin.

Item sera tenu le dimeur de toute la paroisse d'Arlon» à savoir :

D'Ischen, Frassem, Waltzing, Bonnert, Altenboben, Barnig, Weiller, Scboppach, Buisserey et des deux moulins, à bien entretenir la tour de l'Eglise St-Martin, les cloches, la fermeture du cimetière, le corridor ou pavé menant à Téglise, et à fournir la corde de la cloche moyenne ; les confrères et maîtres de St-Martin seront obligés de fournir les autres cordes. En outre ils fourniront au curé le Rituel, le surplis et autres ornements pour l'administration des Saints sacrements, l'huile et le crème pour les Saintes huiles, les vases pour les fonds baptismaux et les autres sacrements. De plus ils entretiendront nuit et jour la lampe du sanctuaire, si le curé a affecté à ce les rentes de l'huile. Un marguillier est obligé à arranger et à surveiller tout ça au nom et pour la paroisse entière qui doit y contribuer.

Item le dimeur d'Arlon fournira à Pâques 42 livres de cire pour le cierge du baptême, et voilà pourquoi un chacun qui s'approche avant Pâques du Saint Sacrement payera un pfennig dont la moitié reviendra au dimeur et l'autre moitié au sacristain pour vin et hosties.

Item la visite annuelle des lieux sacrés à Arlon, Yschen, Barnig ou Weiller, appartient au curé seul et aucun suffragant ou doyen n'a le droit de faire la visite dans la paroisse d'Arlon.

Dans tous les repas des chapitres c.-à-d. deux fois par an, le curé et son chapelain reçoivent la soupe et le déjeuner gratuitement, et pour cela le curé est tenu de chanter la grand'messe ou d'ordonner qu'elle soit chantée. Les marguilliers d'Arlon ne se lient par serment qu'envers le curé d'Arlon seul, qui seul aussi les convoque en conseil, et les jours de réunion, le curé est tenu de leur servir un repas convenable, et chaque fois qu'on reçoit un nouveau curé ou marguillier et que les autres marguilliers les initient dans leurs droits, us et coutumes ci-dessus énoncés, on doit aussi leur fournir un repas convenable ainsi qu'à leurs épouses, et si quelqu'un dans une difficultés besoin du conseil des marguilliers ou bien s'il s'en sert de toute autre façon, on est obligé de lui donner un bon repas, ou bien deux pfennigs blancs.

H1ST0IWI RHLKïBBSB. 466

Item à Iscben et à Weiller il y a des margailliers à part soumis au curé seul. Ils tiennent leurs séances et ont leur juridiction à part. Pour la juridiction communale à Iscben le curé reçoit tous les ans 20 deniers de Bavière et comme rente annuelle 8 escalins de la même commune et le sacristain pour reconnaître son curé devra lui fournir par an 4 chapons et un demi sestier de vin.

Item ceux de Barnich et de Weiller qui appartiennent à Arlon doivent payer annuellement pour juridiction communale 24 gros et pour cette raison le curé donnera à chaque marguillier d'Yschen, Barnich et Weiller un repas passable ou bien à chacun deux gros. De même quand un des marguilliers d'Arlon ou bien un de leurs enfants qui sont encore sous leur pouvoir contracte mariage, ils sont exempts de tous droits qui reviennent de ce chef au curé.

Pour constater que tout ce qui précède est véridique et ainsi reconnu, renouvelé et en tout conforme à la vérité et porté à la connaissance de tout un chacun» moi Mathias Itzich curé prédénommé y ai appendu mon sceau, pour convaincre et confirmer tous mes successeurs et nous marguilliers susdits, comme chacun de nous ne se sert pas de sceau (ou n'a pas son sceau à part), nous avons tous prié et prions le Révérend sieur Lapecède d'Yschen, prêtre, parce qu'il a été pendant de longues années pendant et après le fonctionnaire de notre très Révérend Seigneur Fabry Henry, doyen et Régent de la paroisse d'Arlon, l'aide et le vicaire de ce dernier, que par conséquent il a bonne connaissance de tout ce qui précède, parce qu'il a assisté en propre personne à la confection de cette constatation des droits et de cette charte, d'appendre en présence de nous marguilliers son sceau à cet acte pour nous convaincre nous-mêmes et nos successeurs de la vérité des choses susénoncées. Et moi Jacques Lacepede, certifie que tout ce qui précède est vrai et comme on m'a prié, j'y ai volontiers appendu mon sceau pour déclarer la pièce authentique. Pour donner encore plus de certitude à ces déclarations, moi Mathus, curé et nous Marguilliers de la paroisse, nous avons convoqué le Révérend Clausz Hellinger, doyen et tout le chapitre d'Arlon pour le samedi après Pâques en l'église de l'Hospice, pour leur donner connaissance de ce qui précède. Après nous les avons instamment priés de vouloir bien apposer à cette lettre, le sceau du doyenné d'Arlon. Et pour nous convaincre et nous-mêmes et tous nos descendants, sur la prière, qui m'a été faite, moi Nicolas Doyen pour moimême et pour mon chapitre ai appendu le sceau du chapitre d'Arlon, en preuve et témoignage de tout ce qui précède.

Donné en 1509 le 40 décembre.

La Croix du marché d'Arlon.

On voit sur la place du marché d'Arlon, une grande croix posée sur un socle en pierre assez élevé. Une croix a existé en cet endroit depuis un

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temps immémorial ; celle d'aujourd'hui est un ouvrage assess moderne et en a remplacé une autre. Ces remplacements ont dû ee renouveler plusieurs fois. Assez récemment, on avait voulu l'abattre, afin de déblayer le temin. Ce projet rencontra de l'opposition ; car la croix en question a toujours été considérée comme une sorte de palladium pour la ville <P Arlon et se rattachant à une vieille tradition.

Feu H. Eichhorn, autrefois agent d'affaires & Arlon, assurait, d'après les récits transmis d'âge eu âge, que la croix du marché a été élevée en souvenir 4e la croisade précbée à Arlon par saint Bernard. Que faut-il croire de cette tradition ? Il est certain, et des documeots historiques en fout loi, que saint Bernard a été deux fois à Arlon (1331 et 1348) et qu'au moins la première fois, il y a précité la parole de Dieu.

Je consigne ici cette tradition, parée que les vieux souvenirs, s'ils restent seulement dans la mémoire des hommes, s'affaiblissent, s'en vont et se perdent pour toujours.

Nos ancêtres ont-ils voulu perpétuer la mémoire du passage de saint Bernard & Arlon, en érigeant la croix du marché ? Cela est probable et cela suffit aussi pour que le monument soit conservé et entretenu.

Le compte du receveur des domaines k Arlon de 1752 constate que, cette année, on fit uue réparation à la croix du marché d' Arlon.

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