V. tome II, Classes sociales, Communauté et Justice
mu premier volume.
Extrait des Mémoires de l'Archive des RR. PP. Capucins d'Arlon au sujet de l'antiquité de la ville d'Arlon (I).
Les historiens ont tellement varié sur l'origine, la fondation et l'antiquité d'Arlon, que l'on n'en peut rien dire d'avéré, ni positif : les uns, voulant par tradition remonter jusqu'à la source, mettent sa fondation de pas égal avec celle de Trêves ; c'est-à-dire an temps de la vocation d'Abraham treize cents ans avant celle de Rome. Les autres prétendent qu'elle n'a commencé que du teins des Romains, lorsqu'ils poussèrent leurs conquêtes dans ce pays cy, que la montagne d'Arlon leur ayant paru une eminence propre pour découvrir de loin, et défendre le passage de la chaussée Romaine, ils y battirent trois toures d'une hauteur si prodigieuse, que lorsque le ciel étoit claire et serain on pouvoit facilement découvrir les environs du pays, jusqu'à la distance de dix lieues, et que parceque ces toures étoient ainsi élevées, les corbeaux venoient en troupe continuellement voltiger toutàl'antour avec tant de bruit et de croassement, que les premiers habitants appelèrent cet endroit Ravensbourg c'est à dire, en notre langue Bourgue des corbeaux.
Ce sentiment paroit le plus vraisemblable, et le plus naturel, d'autant qu'alors elle n'avoil pas encore le nom de ville, n'y celui d'Arlon. C'est ce que confirme le Père Wiltheim jésuite dans un manuscrit, qu'il a intitulé Lucilibnrgum Romanum ou il prétend, que du tems des Romains Arlon n'étoit pas une ville, mais bien une espèce de bourgue; la raison, qu'il en donne, est que les historiens n'ont fait mention que de trois villes dans toute l'Austrasie,
(O On donne l'orthographe adoptée pnr le copiste, même pour les noms propres plus ou moins estropies.
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qui sont Metz, Trêves, Toul, et ne parient point d'Arlon ; il ajoute qu'Arlon devoit être dans ce tems 1$ comme one espèce d'entrepos pour les voyageurs, que la chaussée Romaine passant tout proche on s'y arrettoit pour le rafraîchissement des cheveaux, etc.
Quoiqu'il en soit de ce sentiment, qui n'est goûté de tout le monde, voicy ce que M. Barthels ancien abbée de Munster, et d'Externack avoit récolté des plus anciens écrits du pays de Luxembourg pour composer son histoire, par rapport à la ville et château d'Arlon.
Quando vere et a quibus prima oppidi hujus et castri in eo inclusi procèsserit origo, ut ingénue fatear, mihi licet studiose admodum perquirenti, nequaquam certe innotuit. Eruti quidem et eX fundamentis antiquorum loci structurarum meo tempore extracti fuere lapides ingentis magnitudinis, ac H pêne omnes formae quadringularis, quorum sculpturae modus et inscriptiones verborum summam sibi preferebant antiquitatem, utpote nomina habentes expressa Aventini, Secundini, Felicis, Modesti, Modestii ; sed cum borom omnium setates ex annalibus expiscari minime nobis licuerit, nolumus temere quidquam inde deftniré. Cœ ter uni probabile existimo fanum hoc Lunae omnium suo tempore gentilitatis simulacrum, quse per circuitum valde erant frequenlia, fuisse pêne amplissimum ac celeberrimum. Quo etiam a longinquopopuli istius modi dementia capti ad lunam rilu idolalrico colendam confluere catervatim assolebant; unde^tiam superbum adeo, et tam magnificis sedificiis ornatum istud evaserit Templum, cujus post tôt sseculorum circulos et clades ingénies, quas non semel perpessa sunt haec loca , ac denique studiose ab iniquilinis fani et Ara faclse demolitiones tam insignes, tamque notabiles hue usque remanserunt reliquise, quarum quasdam ad ornatum palalii Mansfeldici juxta Luxemburgum Mari» fontis nuncupati, illustrissimo Principi et comili in Mansfeld Petro . Ernesto Luxemburgensis Ducalùs Gubernatori vidimus communicatas ac dono transmissas.
De ce sentiment de M. Barthel, qui est le plus suivi, l'on doit conclure, qu'outre les trois Toures susmentionnées, il y avoit encore sur la même colline un temple dédié à la Lune, et que la Grande Pierre, qui est à présent dans l'église des RR. PP. Capucins d'Arlon laquelle fut autrefois transportée au Palais de Mansfeld à Luxembourg pour mémoire d'antiquité et renvoyée aux Capucins d'Arlon l'an 4650 par le Duc de Havre Gouverneur de Luxembourg, est une de celles dont parle ici M. Barthel. Ravensbourg change son nom en celui d'Arlon, lorsque la foi de J. Cbr. ayant été établie dans le pays de Trêves et aux environs par saint Eucharie et Valçre et saint Materne, le Temple et l'autel de la lune furent démolis par les habitans* et leurs plus rares morceaux ensevelis dans la montagne, car c'est ensuite de celte démolition que la montagne eut le nom d'Arlon, parce que du tems du Paganisme on y avoit adoré la lune, et c'est le sentiment le plus commun et le plus fondé que 4r-
Joua» ou jirpfenam, qui veut dire» montagne de la lune soit comme d'autres l'appellent Arkmium au Arlwmm ttre son étimologie de ces deux mots, ara et lus», l'autel ei la lune ; parce qu'Arlon étoit autrefois comme un autel dévoué à la lune, non seulement par ce culte qu'on lui rendoft, mais encore par un autel considérable et d'une structure merveilleuse, qui étoit dressée sur la cime de la Montagne, ou sont è présent les RR. PP. Capucins, soutenant une statue, qui representoil une femme d'une taille et d'une beauté singulière, tenant la lune dans ses mains, à laquelle on venoit de tout le coté rendre un culte comme à une divinité, et offrire des sacrîGces, tels qu'on peut voir dans les histoires des payons, qui adoroient la Lune et par les quatre faces de la Pierre qui est dans l'Eglise des RR. PP. Capucins. Cette Pierre, que Ton croit avec fondement, et par tradition avoir servie à la structure de l'autel en question, représente du coté, qui est vers le maître autels un monsieur et une dame dans une espèce de char tiré à trois cheveaux devant lesquels un homme à pied coure en grande bâte, ce qui représente le concours des personnes des différentes conditions, qui vendent comme voyageurs des grands chemins à pied, et en voiture à l'autel de la lune ; dans la seconde face, qui est vers le couvent on y voit distinctement un sacrificateur, qui assis devant l'autel remue le feu du sacrifice, et reçoit les oblations des assistons. Le i*r lui présente un chapon, le «• porte quelques poissons, le 3* un pannier d'eeufs, le 4* un lièvre entre ses bras, le 5« suit les autres ayant un bâton à la main. Or qu'est ce que toutes ces postures nous insinuent ? sinon des voyageurs, des chasseurs, des pécheurs, des laboureurs, et autres, qui venoient porter leurs présents à la lune comme à leur déesse, à leur Diane, à leur Trivia, à leur Dîetinna, car la lune au tems du Paganisme avoit tous ces differens noms, selon les differens motifs d'invocation, les chasseurs la regardoient comme leur Diane, les voyageurs comme leur Trivia et ainsi du reste.
Dans la 3* face, qui regarde vers la porte de l'Eglisse, on voit comme les anciens Romains alloient consulter les oracles de l'idole de la lune, on y voit une espèce de Tamis, derrière lequel un prêtre ou Pitonissien assis sur une pierre, et ayant les yeux voilés, les mains levées vers le ciel, prononce les oracles, que les consultans écoutent avec respect. Ces deux hommes chargés et suivis d'un enfant, portent les presens, que l'on faisoit ordinairement au Prêtre ou Divin après avoir rendu les oracles etc. Dans la 4* face qui regarde la chapelle on y voit plus que des figures assez confuses, que la longueur des tems a tellement mangé et effacé, qu'on ne sauroit plus les bien distinguer. Cependant le P. Wilthem jésuite dans son manuscrit fMcitiburgum Romanum, après avoir expliqué les trois premières faces de cette pierre de la manière que dessus expliqué, celles cy d'une manière très claire et très étendue : il dit que les deux rideaux des extrémités de cette face suspendus par des anneaux dénotent quelque chose de sacré, qu'un prêtre assis sur un siège et une femme
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assise par terre, représentent le sacrifice de la terre, tel que les anciens Romains offroient à leurs idoles» parceque comme dit Theodosias in f •» Saturnalium : huic de» sedentes vota concipiunt terramque tangunt demonstrantes ipsam matrem esse mortalibus expetendam.
Le R. P. Wilthem, qui dans son manuscrit, convient de cette explication juste des quatre faces de la dite pierre, ne convient cependant pas do point principal, il veut que la pierre en question ne soit pas celle sur laquelle on sacrifioit à la Lune, et toute la raison qu'il en donne, est qu'elle ne lui paroit pas assez grande pour cela, que d'ailleurs les autels du paganisme étoient faits en forme de colonnes, qu'il faut par conséquent, que ce soit une pierre d'autel de quelque divinité inférieure à la Lune par rapport à sa petitesse. Mais outre qu'un raisonnement si faible ne diminue en rien l'opinion comme fondée sur une tradition constante, l'écrivain se seroit très dispensé de le faire, s'il avoit été instruit qu'on ne prétend pas dire que c'étoit la précisément la pierre sor laquelle on sacrifioit à la Lune, mais bien pierre considérable, qui servit notre fois à la structure de l'autel de la Lune, d'où Arlon tire l'étimologie de son 'nom. C'est dans cette persuasion qu'après le retour de cette pierre à Arlon on appliqua à la chapelle de la sainte Vierge les vers suivants :
Ara fuit Lunae, quse nunc est ara VestraferuntlunamArluni monuments
Mariée, profana.
Virginis intacte simbolalunarefert. Turmatim populos hic coluisse Sic urbis Arlunum, quse a luna dicens
ara, Mistica luna pari per vos celebretur
Arluni Dominam rite vocabis eam. in ara,
Nomen et a sacra jam jure resumito Quse virgo vobis, arrha salutis erit. lunâ Hue ergo celerate pedem juvenesque
Arlunum luna, quod dédit ara De». senesque,
Audiet una pias mistica luna preces.
Le R. P. Wilthem même ne peut s'empêcher de conclure son raisonnement en faveur d'un sentiment si commun lorsqu'il ajoute, pulchre tamen, religîoseque fuerunt, qui ante D. virginis ad illam locato saxo monuere visentes sùbsterni pedibus origines celestis has quoque veteris orolaunensis idololatrices reliquias et victos procumbere, terrenosque Deos ante veri Dei Matrem, quae et solem et Lunam pulchritudine immense quantum supererat, etc.
Les trois hautes Toures, dont le commencement en a fait mention subsistèrent après la démolition du Temple et autel de la Lune, et servirent à faire partie du château, qui ensuite fut bâti sur I3 même hauteur avec une chapelle de St Biaise dont la fondation royale fut par après transportée aux PP. Carmes avec les reliques du dit saint. L'étendue de ce château étoit considérable. Le
APPENDICE GÉNÉBÀL» 4SI
terrain on sont à présent les PP. Carmes en étoit la basse cour, et son circuit occupoit plus de la moitié de la ville, et fut érigé en comté avant la fondation de Luxembourg, les comtes d'Arlon, qui sortaient des maisons royales, y faisoient leur demeure.
L'an 4052 Adelay ou Adèle veuve de Valeran comte d'Arlon tenoit précairement la ville et comtée d'Àrlon comme se voit par lettres à ce 3ujet de l'année 4052 et depuis ce tems, les Archevêques de Trêves ont formés des prétentions sur la ville et dépendances d'Arlon, fondées sûr une donation faîte de la dite ville et comtée d'Arlon à Larchevéque de Trêves par la dite Adèle ou Adelay de Bar veuve de Valeran comte d'Arlon sur lesquelles elle n'avoit que l'usufruit sa vie durante ; et comme après la mort de cette comtesse, Henry de Limbourg son gendre pris possession du gouvernement de la ville et dépendances d'Arlon en qualité de souverain, Egilbertus pour lors arcbeveque de Trêves le fit sommer de s'en défaire et de lui donner la jouissance et possession du dit Àrlon, mais Henry n'y ayant voulu faire aucune attention l'archevêque l'excommunia. Ce qui anima fort ce comte, qu'ayant assemblé des Irouppes, ravage et brûle une partie du pays de Trêves ; il se rendit maître de la ville même et n'en sortit que par la force que lui opposa l'archevêque ; l'excommunication fut cependant levée, sans que la ville et comtée d'Arlon changeassent pour cela des mains. Lors qu'Arlon fut érigé en marquisat, que l'on prétend avoir été l'an onze cent trois il appartenoit & la maison des ducs de Limbourg. Ce marquisat fut ensuite donné en dote à Valeran fils de Henry IV duc de Limbourg et marquis d'Arlon, pour dotte de son mariage avec Ermesinde ou Ermenson fille de Henry Ier comte de Luxembourg. Theodoric 11, archevêque de Trêves protesta de rechefs et menaça Valeran de la lui reprendre par force. Ce qui occasiona de rechefs une petite guerre, que après plusieurs ravages et incendies l'archevêque cessa au moyen d'un accommodement.
Arlon ayant toujours depuis ce tems la resté annexé à la province de Luxembourg, les autres archevêques suivants n'ont pas discontinué de former leurs prétentions sur le dit marquisat d'Arlon, l'une à l'Empereur Charles IV duc de Luxembourg le 3 décembre 1346, à la duchesse Elisabeth de Gorlitz le 6 de novembre 4439, à Guillaume duc de Saxe en 4440, et enfin une autre en Tannée 1455 à Ladislas roy de Hongrie et de Rome, qui tous pretendoient au duché de Luxembourg, par les quelles remontrances les archevêques leur proposoient qu'ils reprissent d'eux à foi hommage la ville et marquisat d'Arlon, mais ils n'effectuèrent pas plus dans un tems que dans l'autre.
Arlon étoit autrefois un fief de Limbourg, et ensuite de Brabant; mais Jean l'aveugle roi de Bohême et comte de Luxembourg fut exemte de cette foy et hommage. La ville d'Arlon porte pour ses armes comme la ville de Luxembourg, & la réserve qu'il n'a point du collier de la Toison d'or, au lieu de
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quoy il a pour support deux ckognes ayant dans le bec un fer du chevaL Arlon portoit anciennement des gueules à une cicogae d'argent tenant dans la griffe un fer de cheval, d'autres disent de gueules à un autruche d'argent tenant dans la griffe un fer de cheval ; les. armes du marquisat d' Arlon comme on le voit sur d'anciens titres et parchemins sont un chevalier en pleine courte tenant un ecusson triangulaire au bras gauche et une bannière banderollée à la main droite. L'an 4342, les RR. PP. Carmes s'établirent à Arlon, et y furent fondés par Jean roy de Bohême et comte de Luxembourg, lequel ayant été tué à la bataille de Creci en 4346, sa secoude femme Beatrix de Bourbon fille de Louis l*r de ce nom duc de Bourbon acheva leur couvent à ses frais et y laissa de belles et considérables loudalions ; il faut par conséquent, qu'il y ait bien de l'erreur dans le tableau, qui chez eux représente l'octroi de leur établissement avec cette inscription :
• Lettres patentes pour l'établissement des RR. PP. Carmes à Arlon par Elisabeth Davesnes duchesse de Luxembourg 4291 • >
Car alors il n'y avoit pas encore de ducs n'y de duchesses de Luxembourg, puisque le comtée de Luxembourg fut seulement élevé en duché le 13 mars 1354. Il n'y a aussi jamais eu d'Elisabeth Davesnes pour comtesse de Luxembourg, mais bien Beatrix Davesnes, fille de Jean comte de Haineau marié à Henry 111 du nom comte de Luxembourg, mais elle n'eut jamais les renés du gouvernement de la comtée de Luxembourg pour pouvoir donner des lettres patentes d'un établissement religieux puisqu'aussitôt après la mort du comte Henry III arrivée en 1288, son fils aîné lui succéda sous le nom de Henry 1Y, qui l'an 4308 fut fait Empereur après Albert d'Autriche»
Monsieur Barthel dans son histoire de la province de Luxembourg, dit qu'il y avoit aussi autrefois à Arlon tin petit couvent des filles destinées à aller servir les malades, mais qu'elles ont été obligé de l'abandonner à cause des pertes qu'elles avoient faites pendant les guerres; le couvent étoit à l'endroit même où est aujourd'hui l'Eglise paroissiale, afin de n'être plus obligé d'aller à la vieille paroisse hors de la trille, qui est à présent un heremitage et un cimetière dans lequel on enterre encore ceux de la ville comme auparavant, Arlon en effet a beaucoup souffert par les guerres sourtout pendant les années 4427, 4542, 1858,4562, 4568 et 4604, ayant été 4° réduit en cendres par le feu do ciel, et ensuite brûlé ranvagé plusieurs, fois rençopné et son château abattu de fond en comble l'an 155% le 15 d'août il fut escaladé pendant la nuit par le duc de Guise pillé et brûlé ; malgré tant des malheurs» il s'est toujours rétablie, et il résista au passage du vicomte de Turenef qui à la télé d'un* armée considérable le fit inutilement sommer de se rendre.
Après la ruine du château les reliques de la chapelle de St-Blaise furent transportées aux RR. PP. Carmes avec les revenues de la dite chapelle et afin de conserver la mémoire des trois anciennes Toures du château les PP. Carmes
prirent le* trois Towes pour le cachet ordinaire de leur cornent . Les PP. Capucins firent à peu près la même chose Tan 4654. Lorsqu'après avoir établi la chapelle de leur église, le culte, qu'on y avoit rendu de la sainte Vierge sur te débris de l'ancien culte» qu'on y avoit rendu à Pydole de la Lune, prirent d'un commua consentement pour leur cachet conventuel limage de la sainte Vierge foulant la lune à ses pieds avec cette inscription à l'entour : SigiUutn Capucinorum amventui ara fond, ainsi les deux marques plus considérables de l'antiquité d'Arlon sont partagées pour mémoire entre ces denx couvents.
L'an 1620 Pierre Ernest de Gobreville Seigr de Ghircbe ayant fait offre aux RR. Capucins de la province Wallonne de pays bas, d'un terrain à lui appartenant situé entre les RR. PP. Cannes et l'ancien château d'Arlon ponr y bâtir un courent de leur ordre, les dits Capucins vinrent chez lui cette année la et monts des lettres patentes de la serenissime infante Isabelle, du serenissime électeur et archevêque de Trêves, du consentement des Messieurs du Magistrat et autres de la ville d'Arlon, ils plantèrent la croix pour leur établissement sur le dit terrain avec les cérémonies usitées en pareil cas le 4*r d'octobre 4621, et logèrent pendant sept ans chez monsieur de Gobreville dans un petit quartier de sa maison, laquelle subsiste encore aujourd'hui ; mais la providence divine, qui avoit ses desseins fit naitre une occasion, qui les empêcha de bâtir sur la dite place et leur procura l'octroy de la serenissime infante et de Sa Majesté Cathol. Philippe IV de bâtir leur couvent à la place de l'ancien château, dont la p. pierre fut mise avec les cérémonies accoutumées le propre jour de la Pentecôte 49 mai 4625 par le comte de Berlaymont Gouverneur gênerai de la province de Luxembourg député à cet effet de la serenissime infante. L'an 1629, le lieu, qui se continuoit encore prêche du vieH château pour les affaires de la prevosté d'Arlon fut transporté par ordre de la Cour à la réquisition des RR. PP. Capucins sur le marché de la halle au blé. L'an 4636 la peste désola la ville d'Arlon et y dura près de deux ans. L'an 4655 la ville d'Arlon étant sur le point d'être saccagé par les ennemies de l'Etat, le Clergé, le Magistrat, les militaires et bourgeois de la ville se mirent sous la protection de notre Dame ■ f Arien dans l'Eglise des RR. PP. Capucins, lui firent leurs hommages par corps séparés avec de grosses cierges, et la choisirent d'une voix unanime pour Patrone spéciale de la ville et du marquisat d'Arlon comme on peut voir par les paroles écrites en lettres d'or sous les pieds de la sainte Vierge dans la chapelle.
Civitas Arlunensis Mariam Lunam sacram Lunae simulacbri solio gloriose taccedentem Dominam, ac patronam suam speciaK voto agnoscit, ab eademqneitomen Ariunum dato cerei hujus pignore solemniter resurait Kadendis May 4655.
L'an 4660 le 2 de may veille de la fête du très St Sacrement le feu ayant pris par accident à la maison d'un bourgois, toute l'Eglisse paroissiale le couvent
des PP. Carmes et la plus grande partie des maisons de la ville d'Arlon furent brûlées sans qu'on y pu mettre remède, le feu s'arrelta à la porte des montées du couvent des PP. Capucins, et c'est un fait attesté des plus anciens bourgois d'Arlon, qui en ont été témoins oculaires, que la statue de saint François, qui étoit au dessus de la dite porte, s1 étant tourné à droite vers la Croix le feu cessa aussitôt, et que le tableau de noire Dame des douleurs, qui étant dedans de la porte fut conservé dans son entier au milieu des flammes. L'an 1672, tous les remparts et fortifications de la ville d'Arlon, qui étoient très considérables furent entièrement démolis par ordre du comte de Monleray pour lors Gouverneur gênerai des pays bas et toute l'artillerie avec la poudre conduite à Luxembourg.
L'an 4684, le jour de St-Laurent les françois eutrerent à Arlon, quoique marquisat à part, sous prétexte de prendre possession de la comtée de Chiny, qui leur étoit cédé, ils firent de nouvelles murailles à l'entour de la ville pour la renfermer, fortifièrent le couvent des Capucins en forme de citadelle, et y demeurèrent jusqu'à la paix de Riswich 1697.
L'an 1707, on rétabli à Arlon dans la paroisse la dévotion du Rosaire, qui avait été abandonnée depuis le grand feu de 1660.
L'an 1714, à la paix de Rastade le magasin de poudre et toute l'artillerie de guerre, qui etoient au couvent des Capucins d'Arlon furent transporté à Luxembourg.
Pour copie conforme Arlon le 9 janvier 1817.
P. Guerstener directeur de la maison Saint Donat.
Collections de l'Institut archéologique d'Arlon,.