CHAPITRE IX
Charges militaires.
Les charges militaires se divisaient :
En levée de soldats ; en logements militaires ; en corvées : garde des châteaux, des forteresses ; réparations des murs des châteaux, des forteresses.
SECTION I. — Du service militaire eti général.
Pour bien comprendre les institutions militarres du mojen-jlge ef leconnaitre leurs origines, il faut toujours remonter âux Germains, tes ancêtres de tflh plupart des peuplades belges et ceux des Francs, conquérants des Gaules*
En faisant, à cet égard, un retour vêts le passé, on aperçoit de nouveaux contrastes avec le présent.
En Germanie, quand un chef proposait une ex|>édititTon de grrerre, tous ceux à qui la chose plaisait, venaient se ranger librement autour 4^ luî ef devenaient ses compagnons Leur solde consistait en présents, en repas et en une part du butin pris sur Tennemi.
César constate que, chez, les Suèves, la moitié de la population de leurs cent villages ou cantons, partait ainsi, chaque année, pour des expéditions de guerre.
Il en était de même parmi les Gaulois.
Les armées des Tréviriens qui luttèrent contre les Romains, se composaient de cavaliers et de fantassins.
Les cavaliers étaient les chevaliers qui combattaient volontairement sous un chef. Les fantassins étaient les hommes appartenant aux chevaliers et que ceux-ci menaient à la guerre.
Les expéditions des Francs se formèrent également d'un chef et de compagnons qui s'étaient librement doimés à lui. Clovis ne conduisait que quelques milliers d'hommes, quand il s'avança dans les Gaules.
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Lorsque, après la conquête, les compagnons du chef se dispersèrent sur le territoire conquis, ils conservèrent, vis-à-vis de ce chef, les obligations du compagnon, c'est-à-dire le service militaire qui incombait k tout homme libre.
Les grands commandements concédés à titre de bénéfice, le furent aussi à charge du service militaire.
Sur de vastes territoires, dans ces grands commandements, les bauts seigneurs, liés envers le chef, firent h leur tour des concessions : ils procédèrent au partage de leurs fiefs ou bénéfices, en constituant des arrièresfiefs toujours k la condition de servir militairement.
Cette obligation du service militaire fut également imposée au Fraoc libre, non possesseur de terre, qui faisait partie de la maison du roi ou de celle d'un grand feudataire" (1).
Dans les chartes du moyen-àge, 11 est exprimé que des secours seront accordés k un suzerain, excepté contre l'empereur et l'empire, contre tel ou tel seigneur.
Ainsi, étaient astreints au service militaire, les leudes ou vassaux, les arrières-vassaux et les hommes libres.
Les hommes libres étaient conduits k la guerre par le comte, les vassaux et les arrières- vassaux marchaient sous le commandement des seigneurs qui les menaient se ranger sous la bannière du Prince.
Ce personnel militaire fut nommé Chevalerie et plus tard Gendarmerie,
Les gentilhommes servaient k cheval ; ils devaient s'armer, se monter et s'exercer.
(i) l.es voluataires qui suivaient les princes dans leurs entreprises ont reçu suocessiveinrnl les noms suivants : compagnons, hommes sous la foi du roi, antrustions du roi, leudes, fidèles et enfin vassaux et seigneurs t Montesquieu^ Esprit des lois y iiu, 3ci, cà, 16 L
l/obligation du service militaire était imposée aux leudes-vassaux ou arrières- vassaux en conséquence de leurs fiefs, et les hommes libres. Francs, Romains ou Gaulois^ servaient sous le comte et étaient menés par lui ou ses officiers.
Les leudes menaient à la guerre leurs vassaux ou arrières -vassaux, et les évèques, les abhés ou leurs avoués y menaient les leurs.
C'était le rui qui conduisait les leudes à la guerre, parce qu'il était toujours entouré de ses fidèles {Idem, c/i. ly).
Les hommes libres allaient à l'armée avec leur comte. Dans \a* Marche , ils faisaient la garde et les patrouilles, sous les ordres du même comte; ils donnaient aux envoyés du Roi et aux ambassadeurs qui partaient de sa Cour ou allaient vers lui, des chevaux et des chariots pour les voiturer {Idem, c/i. i3).
Les indictions, la capilation et autres impôts levés du temps des empereurs romains sur la personne et les biens des hommes libres, avaient été changés en une obligation de garder la frontière ou d*aller à la guerre [Idem).
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