CHAPITRE Yin
Bruce, eomto de Gartick. — > 8a JMiiesM, tés prêtes* tkrtis an trdaa,— 8a contflrMiM av«c CooiTa. Mort 49 ce dernier. - Bmce «'empare de la conroDoe.^ Bataille de MelhTen. Extrëmicés auxquelles Bmce eti rédaiU Il se saute à Hachrin. --8orl de ser partimii^
Robert Bruce, comte âeCarriek, était petitrfilsdu seigneur da même nom qui prétendait à- la couronne d'£cos8e» lorsque Jean Baliol fut appelé à riionoeur si court delà porter. Itopuis le dur refus que ce prétendant essuya d'Edouard I"% après la tM taille do Bfmbar, toute ambition sembla morte en lui. Il se retira dana ses domaines d'Angleterre, et y vécut avec autant de sécurité que les temps le permettaient. Son fils ne prit pas beaucoup d'intérêt aux affaires publiques ; mais le petit-fils montra de bonne hei«re le désir de se distinguer. Sans cesse et soudain, il formait des plans d'entreprise; mais il ne les suivait qu'avec si peu de peraévé^ rance, il en commençait et abandcmnait l'exécution avec un tel air de légèreté, qu'on ne devait guère s'attendre, d'après sa jeunesse, à lui voir par la suite la force de caractère et la vigueur de résolution qu'il déploya dansnne multitude d'aventures désastreuses ou prospères.
Kobert Bruce devint possesseur du comté de Garrick par la résignation de son père, en 1293. Vers cette époque, Baliol, roi d'Ecosse, déclara la guerre à l'Angleterre, mais personne de la fkmille des Bruce n'alla en cette occasion se ranger sous son étendard. Ils continuèrent tous à regarder les titres que leur propre chef, le vieux Bruce, avait à la couronne, comme aussi justes qtie ceux de Baliol. En eBet, leur aïeul, comme nous venons de le rappeler, espéra un moment, lors de la déposition de son rivale qu'Edouard le placerait à son tour sur le trône ; mais, irrité du dédain avec lequel ce monarque répliqua avoir autre chose à faire qu'à lui conquérir des royaumes, il laissa le soin de ses pr(^riétésf d'Ecosse à son petit-fils, qui montrait déjà, quoiqu'il ne {ût âgé que de vingt-deux ou, vingt-trois ans, un caractère hardi, remuant, ambitieux, mais enclin au changement, et s'en alla lui-même vivre dans ses belles possessions de l'Yorkshire. Il avait une rancune naturelle contre la grande famille de Comyn^
Il msTOiRE rnfccossE.
parce que Jean Comyn de Bodenoch avait épousé Marjory, sœur de Jean Baliol. Aussi, quand les droits de Baliol s'éteignirent par son désistement, et que la résidence de son fils à l'étranger, jointe à sa jeunesse, empêcha qu'il ne fût question de lui, Jean^ qui est connu dans ThiMoire soua le nom de Çomyn le Rouge, fils de Jean Comyn de Badenoeh et d^Maijory Baliol, «ut-il, du chef de sa jnère, les marnes titres au trône que ceux dont Jean Baliol s'était prévalo; Il enrémlta que lespréteRtioDa de Comyn, comme celles de Baliol dans la génération précédente, se trouvèrent en opposition dtreete à celles que les Bra^e rédamaient eomiiie cteséén^ Aints d*lsabelle, seconde fille de David, comte ^ffiuntingdon.
Mais otrtrela rivalitéqui divisait ces deux grandesteBuBes, rékt* tivement à llbféritage de la couronne, il y avait eu entre elles uir éehange dln jures particulières de natm^ à mériter,- diaprés les mœurs d*un siècle si fier, une vengeance prolbAdeet implacalde. tiCS seigneurs qui soutinrent Jean Baliol dans sa révolte contre Édoaard/afvaient intimé à Bruce l'ordre de venir les rejoindre-, et pour le punir de n'avoir pas obéi, avaient décrété précipitamment la confiscation de son riche domaine d'Annandale. Ses biens ftirent Cfctroyés par John Baliol à Comyn, comte de Buchan, qui en con* séquence occupa un château de Lochmaben. Les différentes rai^ sons permettent de croire que Robert ne pardonna jamais à une famille dont les prétentions n'étaient pas seulement intervenues entre un aïeul et une couronne, mais qui encore et^était montrée prête k le dépouiller de ses propriétés patrimoniales, et avait osé établir un de ses membres comme seigneur de son propre château. Ce fut contre lesComynyqui avaient profité de l'acte de confisea-^ tîon, que se dirigea presque toute sa haine, car Baliol n'était regardé que comme l'instrument ; et cela ajoutait encore à l'ini** mitié féodale des puissantes maisons de Bruce et de Comyn, qui eût par la suite de si graves conséquences.
Les deux' représentants de ces deux grandes factions dé Bruceet de Comyn étaient donc en hostilité absolue l'un contre l'autre , car l'un et l'autre avaient des titres à la couronne, et, sans doute,n'attendaient qu'une occasion pour les faire valoir. Il en résultait que , de toute nécessité , des soupçons et des ressentiments dln«saient les chefs des deux familles rivales, et leur rendaient presque impossible d'unir leurs efforts , pour travailler conjointement à la liberté de leur patrie , parce que , quand cet affranchissement serait obtenu , ils ne devraient probablement pas pouvoir s*oi^
tendre si»r eeliii 4*eDtre eux qui prendrait les rênes de l'étatt. Pendant rinsnrrection de-Wallaee^ le jeune Bruce se ccmduisit vmc une yersatilité plus qu^ordinaire. Inrité par l'âfAque de Carlide à honorer de sa présence m eenseil que tenaitoe prélat qni était lAai^é de la pacification do nord, il s^ présenta en eflbt, protesta par tous les serments imaginables de son dérouement et de sa fidélité au roi d'Angteterre, fit preuve de zèle en pillant les terres de William Douglas, le partisan de Wallaoe, emmena prison* inèTeslafenune et la famille de ce baron; puis, quand il euttout fi^t pour montrer avec quelle bonne foi il avait embrassé lacaosed^ douard, il aHa s*unir à Wallaoe et à ses partisans. Il ne pensa pasplus tôt avoir i se r^)éatif de cette détection , qu^ll s'empressa deren* tror dans le parti du roi d^Angleterre, jura encore une fois d'ôtre fid^ à ce monarqtie , et loi donna sa fille enfent comme gage de sa sinc^ité future. Comme néanmoinsil ne rejoignit pas l'armée angiaise, Edouard se décida à regarda saoondaite comme unelA* che neutraUté, et donna k un Anglais la possession de son château deLochtnaben. Cette mesure amena une nouvelle réyolutton dans tes sentiments de ftruce , et il se laissa nommera la oommissioft de la régepee d'Ecosse , où il eut pour collègue son rival Jean Comyn«le-Rouge qui, comme nous l'avons vu, avait comman* dé avec tant de distinction à la mémorable bataille de Reslin. Il parait que Bruce était résolu à ne jamais déployer de vigueur pour .servir tel parti qu'il embrassât dès que le même était emr brassé et défendu par son Hrréeonciliable ennemi. Ses efforts contre la cause d'Edouard furent donc » froids , que lors de la paix entre ce monarque et l'ïlcosse , Bruce , dont le père mourut m 1304, fut autorisé à j^rendre possession de ses domaines paternels, et que Ck)myn, au contraire, comme le plus grand coupable aux yeux des Anglais, eut à payer une grosse amende. Bruce racore fut consulté sur les mesures par lesquelles Edouard se proposait d'obtenir la pacification de l'Ecosse; tandis que Comyn fut exclu^de lafayeur et des conseils du monarque anglais. Il est prcdsable qu^Édouard, d'après l'incertitude habituelle de la con-^ diiite de Bruce , crut pouvoir (Compter sur ce seigneur , comme sur celui des deux rivaux le plus focile à guider et à influencer , puisque toujours le mobile de ses actions avait été l'intérêt du moment, et que le zèle qu'il avait parfms témoigné pour l'indépendance de J'Écosse^ s'était unitormément refroidi. Dès que le triomphe de la cause nationale avait paru exalter la- maison des
^ HISTOIRE D*ÉCOSffi.
Couiyn au xfetriment de cette des Bruce^ Edouard raisMDa ani^ par l'intime conviction que Tavantage personnel était rinEatillifale régulateur des mouvemeats de l'héritier (te cette dernière fan mille, et n'accorda rien, absolument rien à ces ioo^ulsioDS violentes qut souvent changent d'une manière complète le carao* tèred'un homme, et, bien qu'il ait paru jusqu'alors n'ob^r qu'aux passions et a l'inconstance de la première jeunesse, l'entralaent tout à coMp dans une route Douvelle et plus nd^Ie.
En 1304, Bruce jouissait de la faveur et de la conB«(yce du roi Edouard, et était un de ceux en qui ce subtil monarque espérait le plus pour affermir à jamais sa domination sur l'Ecosse. Il s'en fallait beaucoup , cependant ^ que tel fût le dessein du jaune comte de Carrick, Quoique nous ne puissions entrevoir qu'obscu^ rément quelle était son intention véritabte , voici ce qu'il y a de certain : — c'est qu'alorsun grand but seprésenta à l'ambRion de Bruce qui jusque-là en avait manqué. Pendant rinsurreetion ^ Wallace et la résistance organisée après la batailte de Falkirk par les régents de l'Ecosse, le nom de Jean Baliol avait toujours été nus en avai^t comme celui d'un chef et même d'un souverain ; c'était pour le triomphe de ses droits que les habitants prirent les armes, c'était pour lui qu'ils défendaient le pays contre les Anglais; Si les prétentions de Baliol excitèrent long-temps les vœux pu^ blics, il faut sans doute l'attribuera la haute indifférence des Gomyn , ses proches parents. Mais par la honteuse résignation de ses droits, que suivit un long séjour hors d'Ecosse, et par sa lâcheté à ne rien entreprendre pour reconquérir son royaume, ce roi, ce manteau^vide , comme l'appelait te peuple, perdil tout respect et toute obéissance parmi ses sujets *, même il ne semble pas qu'aucun d'eux eût éprouvé pour lui personnellement lamoin- (}re fidéMté ou le moindre intérêt. La couronne d'Ecosse devait donc être le prix de Taudace d'un prétendant qui , osât braver la colère de l'usurpateur anglais. Bien plus , un tel personnage pouvait, avec quelque degré de certitude, compter sur l'affection générale de la nation écossaise , d'une part^ et de l'autre sur la baine qui dans toute l'étendue du pays agitait comme un violent tourbillon les classes moyennes et la populace. Elles étaient animées d'un tel esprit d'indépendance, qu'elles eussent presque suivi tout étendard déployé contre l'Angleterre dont le joUg devenait d'autant plus pesant qu'il était de jour en jour plus solidement rivé..
CHilPITRE VIII. an
En cette GonjonctureyBroce contracta avec William de Lambyrton , primat d'Ecosse ^ un traité secret par lequel ils s'engajp^ reat à se soutenir Tun l'autre contre qui que ce fût , même contre le roi d'Angleterre. Une pareille alliance indiquait évidemment quelque entreprise désespérée. On jugea nécessaire d'informer Jean Gomyn de cette ligue , ou peut-être en avait-il eu vent ; de sorte qu'une telle communication était devenue indispensable de la part des conspirateurs. Mais on espéra lui faire accTCHre que le but de la ligue était la destruction de la supréma* lie anglaise en Ecosse. « Et quel roi comptez-vous alors proposer au pays ? » demanda-t-il naturellement. En réponse à cette queslion, Bruce, dans une entrevue personnelle avec Jean 0)myn , lui exposa, dit-on, que leurs droits au trdne pouvaient être regardés comme égaux ; « c'est pourquoi, ajouta Bruce^ appuyez mes prétentions à la couronne d'Ecosse , et je vous abandonnerai tous mes domaines patrimoniaux , ou remettez en ma possessioii les propriétés de votre famille , et je ferai mon possible pour que vos titres à la royauté soient reconnus. » Gomyn , disent les historiens écossais , se déclara ostensiblement pour l'alternative de devenir possesseur des biens immenses de Bruce, et d'appuyer sa réclamation de l'autorité royale; mais en secret il résolut de profiter des choses qu'il avait apprises pour découvrir les intrigues de son rival à Edouard.
Bmce était revenu à Londres, et se trouvait à la cour d'Angleterre lorsqu'un avis particulier du comte de Gloucester, son parent, rinforma que sa vie et sa liberté étaient en péril ^ Il quitta aussitôt Londres et gagna précipitamment l'Ecosse. On raconte que près des Sables de Solway, Bruce et sa suite rencontrèrent un envoyé que Gomyn, à ce qu'ils découvrirent, expédiait vers le roi d'Angleterre. Us le mirent à mort sans hésiter, et le contenu de la missive dont il était porteur dévoila rétendue de la trahison de Gomyn. En cinq jours, Bruce atteignit son château de Lochmaben.
G'était au mois de février 1305 ou 1306 , et les juges anglais établis d'après les derniers règlements d'Edouard pour le maintien de la paix en Ecosse tenaient en conséquence leurs assises à
' f On dit que le comte de Gloucester envoya i Bruce une pièce d^argent et une paire d^éperons. Le danger aiguise IMntelIigence : les plus légers indices ont suffi en pareil cas pour mettre un homme sur ses gardes, et Texciter i prendre des me^ sures qui pouvaient éloigner le péril dont il était menacé, a. m.
8(f msjQim p'^ço$SE.
j)ituai£ries. Bruce, qui ji'éUit |k»s eocore pcêt à .^lii^ ruilMv? 9Uyerte avec l'Angleterre, fut contraint de 3e pi*ése»tQr 4eYmt c^Ufi paniie cour eu sa qualité 4e vassal de ;la copppimç, et,^ reqdit jtout exprès à Dujxifries. Il y trouva Con^yn qu'juci môaie motif uvait amené eu icette ville. Bruce invita son riv^ljà^uœ oo^ére^jaf^ jurivée qui eut lieu dans l'église des Frèr,eS'Mii(f,mr$i précautiw qui , comme l'événement le |)rouva , ue fut pas moins ixmtile povf Ja sûreté des deux adversaires que pour le calme qui avu^ait dâ présider à l'entretien . Ils s'y trouvèrent seuj à seul, car il$ avaient laissé l'un et l'autre les quelques gens qui les ^sKXoppag^Mtieol; m dehors de l'église. Il était imjpossible qu'entre de si orgueiUeiis: rivaux qui avaient tant de motifs^ «oit anciens, soit réoenis^ 4'^" nimitié , une querelle n'éclatât point. Les historienis if^^is disent que dans cette entrevue particulière Brnoe reprocba k fiOmyn ses perfides délations k Edouard^ les bistoriej^ç an^is , plus in vraisemblablement 9 soutiennent que Bruce commanj^qua alors pour la première fois àCoipayn sofL pland'iosurrectloii eonjtr^ l'Angleterre, et que Cpn^yn le repoussa avec ijuéprjys , <;e /quî occasiona les choses qui jsuivireot.
Sans prétendre raconter une scène que ^ui seql des de<ix antagonistes qui survécut aurait été à même de décore ayaç exactitude, nous donnerons pour c^t^ip qu'î)fi'éle^ une y'n^ lente altercation dans laquelle Gomyn don^^ un ^émepii ^ Br^G^, et que Bruce riposta exk poignardant C^mya^ puis, (m^îu» de Faction criminelle qu'il s'étjait perppii^dttis u^ \î&^ si aapré 9 Am précipita hors du sanctMaire. li rencoptra soi^ te fir^rebed^ Yér |lise l'un de ^es apis et adbérent^, KirKp^tricit de C)p@(^rg# ^ et Lindsay , $ls cadet de ^qdsay de Crawl^rc}. Us yk^nt 1^ poignard sanglant de Bruce, son air bpu^e versé, ^t }i^i faà^eo^^g-r dèrent aviden^ept la c^use : « Je croi^, répondît Bruce, qna j'ai t]ué Gomyn le Roux. »— « Vous croye? ! reprit Kirjfpftrjç^, vpuir D'en dtes pa$ sûr ! Je vais m'ep assurer , pu)i. » Et à Q^s mQts> s'élançant dans l'église, ilachevale blessé. Sir Robert Comyft s oncle de Jean , intejrvint poar sauver son neveu , mais il fut tiié avec lui.Les juges anglais, entendant ce tumulte, se barric^dën^pt; dans la salle où ils tenaient audience. Bruce cepei^daçt pour les. forcer à se rendre mit le feu à leur retraite, mais ensuite les laissa aller sains et saufs.
Cet acte imprudent de colère et d'impatience détruisit tout moyen qui pouvait encore rester à Bruce d'arranger les choses: