‹ histoire d'ecosseChapitre 25 sur 86 · CHAPITRE YUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YUI

Mfec Edooanl, car dés lors le roi ne douta plus d'un projet de jéVoUe et dot regarder Comyn comme une victime de sa Gdélité au gotiyememént anglais. B'autre part, les circonstances qui accompagnèrent le meurtre « l'aggravant de sacrilège et de violation d'un sanctuaire , rendaient le crime d'homicide détestable aux yeux de tous, hormis de ceux qui par un vif sentiment d'in* térêt commun pouvaient être disposés à faire cause commune avec le criminel. Cet intérêt ne pouvait exister que parmi les pa- Iriotes écossais, pour le cas où ils vissent dans Bruce le vengeur de lu liberté de son pays et de ses propres droits à la couronne, dont ie but était assez saint pour justifier à leurs yeux qu'il tentât de Tatteindre en se débarrassant, même avec la pointe d'un poignard et àa pied de Tautel , du traître confident qui avait livré son secret à l'usurpateur étranger. Bruce se trouva donc dans une position aussi critique qne sll eût gravi jusqu'à moitié d'une snontùigne presque perpendiculaire , et que ie sentier qui l'avait conduit jusque-là se fût soudain abîmé derrière lui. Il se voyait en possibilité de parvenir an trdne , et quoique la tentative courût néeessairement on risque énorme de ne pas réus^r , néantaiaios nn essai de retraite esa toute autre direction aurait été suîyi d'ime ruitie inévitable* C'est pourquoi , ne voyant pasindns de péril d'an côté que de l'autre , Bruce résolut de viser à la npatéavec une lieraie déternMnatîon ou d'affiranéhir son pays on de ^CKOomber à k tâche.

Il quitta DumfHes pour se retirer dans les déserts voisins de Hithsâale, et résida obscurément dans la hutte d'un {Hiuvre iKwnoe^ prés du eétéfare mont appelé le Dun-de-Tynron. Pendant ce temps-là, il envoya des émissaires en toussons, rassenabier lesànos elles partisans qu'il avait dans ses vastes domaines, et préymajc les ncÂtes qu'il loeiumîssaît fevorad^s à rïndép^idanoe écossaise. Mats ils n'étaient qu^en petit nooibre, et pour la phi- ]Mirt ne pouvaiieiit r^umdre siTr-lendiamp à l'appel cpfon feni* ferait. Dans sa prqpre famille, Bruce trouva quatre vaiUants fhères^ tous gens de rêsolutk^n et d'une grande habileté dans le fstàiiet des armes. Son neveu, qui devint par la suite le câèbre l%omasRanâalpb,etsGn beau-fr^e CbrisUiiplie Seat<»i emlsrassèréntaos^ la cause de leur parent. lient encore pour htrle primat id'Écosse , f évèque de Gla^ow et l'abbé de Scone parmi le nleiig^^ puis les comtes de Lennox et d'AXhol ^ et quek)ues rnigtaines^âB tiarons^ avec lesii;ueis il «st Tasdace de luaver toutes les to^oes

8B HISTOIRE D^éCOSSE.

de TAngleterre. Il quitta alors le DainfrieshiFe pour se rendre à Glasgow et s*y mettre en mesure de se faire couronner à Scone. Chemin (kisant, Bruce fut joint par un guerrier qui demeura jusqu'à sa mort le meilleur et le plus désintéressé de ses amis et adhérents. C'était le jeune sir James de Douglas^ fils de William de Douglas, et héroïque compagnon de Wallace, et dévoué comme son père à Taffranchissement de l'Ecosse.

Le 27 mars 1306, la cérémonie du couronnement de Bruce eut lieu à Scone avec autant de pompe que les moyens des barons réunis le permirent. Edouard avait emporté la royale couronne d*Écosse en Angleterre; on y suppléa par un léger cercle d'or ' qu'on fit préparer à la hâte. Les comtes de Fife avaient toujour^^ depuis le temps de Malcolm Cean-Morh , possédé et exercé le privilège de poser la couronne sur la tête du roi lors du sacre , en mémoire des signalés services rendus par leur aïeul MacdufT à ce monarque. Le comte de Fife crut devoir s'absenter en cette occasion ; mais , à son vif mécontentement , ce fut sa soeur , Isabelle , comtesse de Buchan , qui exerça le droit de la famille. Elle ne le fit même qu'en cachette de son mari , tant elle tenait à ce que le sang de Macdufi" s'acquittât envers l'héritier de Malcolm Gean-Morh d'un devoir indispensable. Elle en fut punie dans la suite par Edouard V d'une manière aussi étrange que cruelle. ; i Quoique le rôle que Robert Bruce avait joué jusques alors dans lesafiaires publiques annonçât beaucoup de légèreté et même une apparence d'égoïsme , il jouissait cependant d'une haute réputation de chevalier accompli , et quand il leva l'étendard de la révolte, nombre de vieux partisans de Wallace commencèrent à se déclarer en sa faveur.

. De son côté , Edouard envoya Aymer, comte de Pembroke , ayec le titre de régent d'Ecosse, étouffer la rébellion qui éclatait dans ce royaume. Il fut accompagné par lord Glifford et Henri Percy. Le roi lui-même était alors malade et pouvait à peine se tenir en selle -, néanmoins il célébra avec une magnificence féodale le jour où il conféra l'ordre de la chevalerie au prince de Galles et à trois cents jeunes gentilshommes , héritiers des premières familles d'Angleterre.Pendant un somptueux repas, donné à cette occasion , deux cygnes richement ornés de filigrane d'or furent placés sur la table, et, d'après la singulière coutume du siècle, le roi fit vœu de par Dieu et les cyçnes, d'aller sous peu en Ecosse punir la trahison de ses rebelles Écossais > comme il lui

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