CHAPITRE vm. et
plot d'appeler Bruce et ses partisane, et venger la mort de sir John Comyn. Il adjura alors son fils de conserver ses os s'il mourait dans le cours de l'expédition , pour être portés en tête de Vaimée jusqu'à ce que l'Ecosse fût entièrement soumise. ^ Cependant Bruce, contre qui étaient dirigés ces préparatifs de vengeance y travaillait à renforcer son parti , mais n'y réussissait que d'une manière imparfaite. Son entreprise semUait désespérée à beaucoup de gens, même à sa propre femme qui, un jour où il se vantait devant elle du rang suprême auquel il était parvenu, osa lui dire : « Tous êtes, il est vrai, roi cet été, mais le serez- V0U5 encore quatnd viendra l'hiver? >» Néanmoins, Bruce luimême paraît avoir cherché une rencontre avec le comte de Pen^roke qui , à la tête de l'armée anglaise , s'était jeté dans la ville fortifiée de Perth. Il arriva devant cette place avec des troU'pes inférieures de quinze mille hommes d'armes à celles du comte, ce qui ne l'empêcha point de lui envoyer le défi de sortir dès murs poui^engager labs^taille. Pembroke répondit qu'il l'engagerait le matin suivant, et Bruce, se retirant dans le bois peu éloigné de Meth ven , y établit son bivouac pour la nuit , car il ne comptait pas avoir à se battre avant le lendemain. Mais la véritable intention du général anglais n'était pas celle qu'il avait annon«> cèe.Il ordonna aussitôt à ses gens de prendre les armes, quoique le jour inclinât vers sa fin , et s'élançant hors de la ville tomba avec furie sur les Écossaisqùi, tranquilles dans leurs quartiers, ne s'at« tendaient nullement à une surprise. Ils n'en combattirent pas avec moins de valeur, et Bruce lui-même fut démonté trois fois: Un moment il fut prisonnier entre les mains de sir Philippe de Mowbray qui se mit à crier de toutes ses forces qu'il tenait le nouveau roi.Christophe Seaton entendit Mowbray, le coucha mort d'uneoup et délivra son beau-frère. Environ quatre cents Écossais se réunirent alors en troupe , et parvinrent à gagner sains et saufs les districts déserts d'Athol. Les ennemis firent plusieurs captifs, dont quelques-uns furent graciés ou admis à rançon; mais ceux de marque furent sans pitié pendus^ écartelés, mis en pièces. Le jeune Randolpb > neveu de Bruce , se soumit au roi d'Angleterre dont il obtint les bonnes grâces.
Bruce, voyant son parti presque totalement dispersé par la défaite de Methven, fut obligé^ pour ne pas mourir de faim, lui et le peude personnes qui ne le quittèrent pas, au nombre desquelles se trouvaient son épouse et diverses autres dames , de se livrer
ft HISTX^K D'ECOSSE.
Wx fbtigues dB I» einsse. Oit »em»fqa< foeceN étuéomtt^aom éè Bruee qoi, en ce» critiqua eîrcoiisU»ioi!«y se distingua par te. 1^5 dé zëte, et d^adresse lot toujours Oongtas ; toogonrs il rapportait aux dames la plus ample provision de gibier. Be FAIboà, . les DoMes ragîtîfepassirent dans le conlé d'Alaerdeen^ pims*approcbèrent des confins de^cdoi d^Argyle. Josqu'atots^ auinilîêii d^uB pays slérite^ triste et pc«peo|rié, îlan'afakaat nen eu à craînÂe de la pari de» enonnis, et la TeoaisoQ qui tonboit wms feors coups a^ait passablenfeni sobapeMi i leurs beaoîaci. Maïs TCvci qn'ils étaient fiNreés de se tenir sur h frontière d'une pro-^ TÎnce bosIMe où ils auraient {Rrobablemest des attaques i ttpmm^ ser. liTiiTcr approcbait d*iaiî?(e«ffs , et menaçait non-sealeiiiCBl. dediminuerleiirsyivreSfjBsaiseoeore défait probafeteimiity psat la rigueur do frdd , mettre leifrs femoieB dans FiBipaoSditè dei demeurer avee eux ptos long^tcmpe. Qwnit au roi teuHDiteiev il paraît s'être reposé du soindeguid^sespassiir sJrNaiCaoofMi de Locha^ve^, PaSeid de la grande fianille dlrgiley^ qui s'iiaàL ebargé de lui trouver un abri dans les Ses ou agi ïd cnnAififmt fCHsin de C^»illre.
A ee qu'B semUe, Bruce et ses^ cxmçsifgnoBS n'a^ient jusqne^-ii^ dans leurs courses «rranles, éprouvé ni fli?éiir ai eppmtiom ita la par! des haletants dont il^ avai^Eit pereomra tradRUiels; dQ»*> k majeure partie de rArgytesliire^ dont ils approeitèrmt dnas,. était sous les ordres d'un poissant ebef s^ipdé JHacdougal on John de Lom>. Ce prince avait •é|K)esé une taole du mafbencaQOC Jean Comyii ,et ne désirait rien avec ptus d'aideur que ds rengtr, sur Fai^assin , l'assassinat de son parent Aussi^ lorscfue Bsueê tenta de pénétrer dansfArgyleshiFe à ta télé de sa petite trocrpe^ John de Lorn se mit en marche pour le repousser^ et le reneoulra en un lieu nommé Dalry, c'est-à-^e le champ du roi ^ près de la pointe de SlrathSTIan. Les Highiandass qicn étaient à pied et avaient pour armesde longues haches s^petées' haches du locbairer \ attaquèrent k fàiMe bande d^ Bnsce dans nm endroit ci!i ses ch^aï^iers n'eurent pas assez déplace pour maneeuvrer hws montares, et leur firent beaucoup de mak Bruce^ oblâgé de ùér, se plaça à rarrière des siens et protégea leur retraite avec des pfodiçes de valeur. Trois iligblandaisT le père et s^ deux Ë^, HassaiMirent à: la fois-, mais Bruce, qfue recourrcait une armure csoir plète et qui exeetlmt k manier la. bnee^ se dèinmHsn d'euK A
I J Loehaherase, une hacUe db baUiitle. jl, iu
^ dé|^cfti6if)f rai^ ^ér TMti^; « KegafdeK-h ? s'écria fdtin Se lortf, par »n ûMnirement mvôlontaim <f admiration, il protéger tÊèi^^îss eùtïîpé iKKiis, ëomme Ga<, fits^ife IfFoiHi, protégea' son ar^ iiiée c«!mtre la f&reôr de Pîng&l *. »•
Écart**^ ftt rente qu'il i^ctoit proposé dte suivre pour atteindiref 1^ Ses eceltfeftMes^ôâ il errait trouver un reftige, Bruce se v!(f êiposé' à ëé grshrês embarras sans cesse croissants qui eurëpntf pour premier effet de le contraindre àr se séparer des* femmes dont" if étaft suivi, l^igef, le plùsr jeune (fes* quatre frères, fût cAaVgé dfe^reéoTid'uire fa reine et ses coitapagnesd^iWf PÀberdeenîiiirie dtf leur aihé éfaîtî encore maître d'un château tort appelle KHdriammie, IfeqûeT pouvait, peildant queftiUé temps, leur servir d'asile. ï<fous reparlerons plus tard des malheurs qui ifeur^ êtaà^ïA réservés.
^bmme BVucê^ et satiande, dans* leur retraite devant Mac-liougaf, s'étaiéttt avancée très' loin au sud de Dalry, le théâtre Je leur dernière défaite, ifs se' trouvèreiit enfin séparés pas le lac Loihônd^ de la province de Catttire et des côtes occidentales. Ûnô' petite barque, qui nepouvait porter que trois personrie^ à là foi^ ttif la seule dont il ftit moyen dé se servir pour en passer trois -cents d'une riVe à l'autre. Bruce, afin d*égàyer son monde pendant cet ènntiyeUx et long trajet, leur lut les aventures de Feram- Bras, héros fabuleux d"uii roman en vers. Cette légende était «d'autant pliife prc^re à lès rendre patients, que les personnages' ^ontîl y est question, avaient souvent fait preuve de patience daiis' d^ embarras aussi peu romanesques que ceux auxquels ils étaient' aïbrs soumis eux-métnes.
Sùples bords du lac, Bruce rencontra Lennox qui errait en y dierchant un asile, et qui reconnut à une fanfare de cor que le' tbin'étiait pas loin ; car il savait que son maître donnait de cet instrument avec un art tout particulier. Ils se rencontrèrent donc, se jetèrent dans les bras l'un dé Tautré, et pleurèrent.. Conduit et secondé par Éennox, Bruce atteignit la province dé; Cantîre, alors sujette d*Angus, surnommé le lord des îles. Là le' T5i' retrouva sir Neil Caimpbell qui l'avait devancé pour ménager* à Bruce la faveur de ce puissant prince Highlandliis; il la lui accorda d'autant plus volontiers qu'il n'aimait pas beaucoup John
i^ G«ilfr cônipàralsoil'ètanf tirée de Van ûm aiicletfri»>#wer G^âéll.'{tlèrqdte' lAPhltPdCi ' celtique Os&ian a composés ou qu^on lui impute. Mais le lecteur ne trouvera poipl^ 4aïiâ»rou Virage aogUis de Macphetsolf, l*îiicident dont il est ftiU itfaï ùsîon. w. «.
M HISTOIRE D*ÉGOSS£.
Mac-Bougal de^Lorn, renaeini personnel de Robert Bruce. Cet Angus^ aussi, descendait du fameux Somerset^ et était chef de la famille des Mac-Donald, rejeton le plus vigoureux de ces anciens Scots qui colonisèrent TArgyleshire sous Fergus, jGls d'Eric, et qui, répandus dans le Cantire, l'islay, et les autres tles de Touest, s'étaient, depuis la mort d'Alexandre III, presque soustraits à la dépendance de la couronne d'Ecosse, et s'inquiétaient aussi peu des prétentions de l'Angleterre à leur suprématie.
Bruce fut accueilli par le lord des îles d'une façon bienveillante et hospitalière; mais, sans doute, il comprit que son séjour en Ecosse ou près des côtes pouvait attirer à son protecteur la vengeance d'Edouard, dont il n'aurait pas été à même de se garantir. Il résolut donc de se retirer dans l'Ile lointaine de Rachrin, située sur la côte d'Irlande, petite, sauvage, à demi stérile, mais habitée par le clan des Mac-Donald, et soumise à leur vénérable chef. Par cette retraite, il réussit dans son dessein de se soustraire aui^ avides recherches que les partisans du monarque anglais firent de sa personne, et à l'implacable haine de Jean de Lorn. Bruce demeura ainsi caché tout l'hiver de 1306.
Pendant ce temps les amis et adhérents qu'il avait laissés en Ecosse souffrirent tous les maux que la rage d'un souverain irrité et victorieux put leur infliger. Sa femme et sa fille furent arrachées de force du sanctuaire de Saint-Duthac, à Tain, emmenées en Angleterre, et là jetées chacune dans une prison différente où elles demeurèrent huit ans. La conitesse de Buehan, qui avait placé la couronne sur la tête de Bruce, fut enfermée dans un donjon , bâti exprès pour la recevoir, sur une des tours du château de Berwick pour que la vue de l'endroit où elle était enfermée excitât la frayeur ou la dérision de tous les passants. L'évéque dé Saint-André, celui de Glasgow et l'abbé de Scone, pris les armes à la main, furent incarcérés par Edouard qui demanda même au pape leur dégradation, mais ne l'obtint pas. Nigel Bruce, jeune homme aussi brave et aussi beau que plein d'autres quali", tés, tint bon à Rildrummie, le château de son frère, jusqu'à ce qu'un traître, qui faisait partie de la garnison, mit le feu au principal magasin; force lui fut alors de se rendre. Il fut jugé, condamné à mort et exécuté. Christophe Seaton, qui avait si vaillamment délivré Bruce à la bataille de Methven, i>artagea le malheureux sort de son beau-frère. La vengeance d'Edouard n'épargna même pas son propre sang. Le comte d'Athol avait quelque pa-