‹ histoire d'ecosseChapitre 27 sur 86 · CHAPITRE nu. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE nu. M

rente avec la fomille royale d'Angleterre : mais cette circonstance fat iwnement rappelée en faveur du comte ; Edouard ne la trouvar valable que pour ordonner, comme marque de distinction, qu'on le pendit k une potence haute de quinze pieds.

Simon Fraser , un des deux généraux qui remportèrent la victoire de Roslin, ( Tautre était l'infortuné Jean Gomyn ), refusa toujours de se rendre, et continua de porter les armes jusqu'à ce que, battu en un lieu appelé KirkincUffe, près de Sterling, il fut tait prisonnier, offert en spectacle au peuple de Londres, avec le corps chargé de chaînes et la tête ornée par moquerie d'une couronne de feuillage, puis exécuté avec tous les raffinements de barbarie que la loi réservait aux coupables de haute trahison. On persuada aux citoyens que des démons à griffes de fer, on les avait vus, grimpaient le long des potences jusqu'aux corps en lambeaux de ces malheureux, pendant qu'ils étaient exposés sur le pont de Londres. La conséquence était que les suppôts de l'enfer devaient pareillement tourmenter les âmes de gens dont les crimes, autant que nous les connaissons, se résumaient en leurs efforts pour soustraire leur pays au joug de l'étranger. Enfin, comme si ce n'eût pas été assez de la mort d'un si grand nombre de ses amis et de ses complices, Bruce lui-même parut réduit au sortie plus désespéré. Le gouvernement anglais lui confisqua tous ses biens comme coupable de meurtre et de sacrilèges, et ses vastes possessions, qui s'étendaient du Galloway au golfe de Solway, furent partagées entre différents nobles d'Angleterre dont sir Henry Percy et lord Robert Clifford eurent la meilleure part. Une sentence formelle d'excommunication fut en même temps prononcée contre lui par le légat papal avec toute cette terrible pompe que Rome sait si bien employer pour lancer ses foudres.* Ainsi se termina, pour l'Ecosse, l'année 1306. Le roi se tenait caché dans une île obscure, qui ne dépendait pas même de ses états ; il était proscrit ; il avait perdu en même temps tous ses droits civils et religieux j il ne pouvait plus, du moins Rome le voulait, réclamer les privilèges du chrétien. En outre, les têtes et les membres de ses meilleurs et de ses plus braves adhérents, tels que Seaton et Fraser , qui avaient défendu la cause de leur patrie à travers toute espèce de périls, blanchissaient au soleil sur les murailles de leurs propres villes natales, ou ornaient cel-' les des cités de leurs vindicatifs ennemis. Mais dans ces cas comme dans bien d'autres, le ciel vient souvent au secours de

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