‹ histoire d'ecosseChapitre 4 sur 86 · CHAPITRE I. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. n

Au cinquième siècte apparaisseot dans la Bretagne do nord ^deox tribus puissantes et distinctes, dont il n'est pas auparavant question dans l'histoire ; ce sont les Pietés et les Scots*.

Le nom du premier de ces peuples a occasioné, mais inutilement, ce nous semUe, beaucoup de controverses. Les Pietés paraissent avoir été cette race de Bretons libres qui, répandus de l'autre côté de la muraille romaine, conservèrent l'habitude de se peindre le corps lorsqu'ils aHaient se battre, et étaient, tant par les* Komains que par les Bretons leurs tributaires, appelés Hommes Peints ; dâiommation qui, appliquée d'abord à des tribus particulières, finit par remplacer tout-à-^fait l'ancien nom natiooal de €àlédoniens. Ce peuple habitait les côtes orientales d'Ecosse, jusqu'au golfe de Forth vers le sud, et jusqu'à l'extrémité de 111e vers le nord; Glaudien prouve que ces naturels avaient réellement coutume de se peindre le corps, car on ne peut se méprendre sur la signification de cette phrase : nec falso nomine Piciasy ks Pictei dotUle nom n'est pas faux^ c'est-à-dire n'est pas donné à tort. Il est à peine permis de douter que, quoique descendants des anciens Bretons Calédoniens, et par conséquent Celtes d'origine, les Pietés ne se mêlèrent avec des colons venus du nord, et Goths de nom, de lignage et de langue. Les mœurs vagabondes des Scandinaves rendent ce fait complètement probable.

Les Scots, de leur côté, étaient d'origine Irlandaise ; car, ce qui est une source de grande obscurité ou confusion dans l'histoire ancienne, les habitants de l'Irlande, ou du moins ceux de la caste conquérante et dominatrice, s'appelaient Scots, en d'autres termes Écossais. Une colonie de ces Scots Irlandais, que distingue le nom de Dalriades ou Dalrendini, et qui étaient natifs de TUtster, avait de bonne heure tenté un établissement sur la côte de rArgyleshire ou comté d'Argyle; ils s'y établirent enfin sous Fergus, fils d'Eric, vers l'année 503, et recrutés par d'autres colons Ulstériens, ils ne cessèrent ni de multiplier ni de s'étendre; si bien que naquit d'eux une nation qui s'empara de l'ouest de TEcosse, et qui dans ses accroissements successifs en vint à rencontrer un peuple dont le nom et peut-être l'origine étaient pareils au sien. Ce sont les Attacotti -, ils habitaient le nord du Lanarkshire ou comté de Lànark, ainsi que le district de Lennox, et semblent avoir fini par se confondre avec les Scots.

Ces deux nations libres des Pietés et des Scots, qui peuplaient^

I Ce dernier nom est encore aujourd'hui celui des Écossais, a. m.

«t HISTOIRB DlgCOSSE.

là prenièret à Test, la seconde à Touest, tes côtes de la<kaiide- Iretagne septentrionale, paraissent SYOir eu mômes usages^mèoMi férocité surtout, et ne pas s'être gênées pour satisfaire ce penchant ceûtre tes tributaires de Rome. Les uns et les autres^ à Texemple des Irlandais, arrangeai^t de telle sorte leurs longs eheveiix Hiélés, qa'ils n'avaient plus besoin de rien pour se garantir la tète, ^ qifils s'en servaient selon la nécessité comme d*ua oasqtie ou d'un masque. Leurs armes étaient de légères Jaye«^ fines, des épées au contraire pesantes à force de Imgqeur, et det boucliers, tantôt d'osier, tantôt de cuir. Leurs maiscms conski* taient en hranebes entrdacées, ou bien, aux époques de grand péril, ils se réfugiaient sous terre dans de lc»gues, étroites, et tortueuse^ excavations, qus existent encore, et dont l'idée semble avoir dû leur être fournie par un lapin de garenne. Les Picte» avaient qudque habileté à construire des redoutes grossières ésk^ tourées d'un rempart de pierre sèche. Ils possédaient aussi quel^ (pies notions d'agriculture. Les Seots, qui vivaient dans une contrée montagneuse, ne subsistaient presque absolument que des produits de leur chasse et de ceux de leurs troupeaux. On pour^ rait dire qu'ils ne rendaient de culte qu'à des dànons, puisque les êtres imaginaires quib adoraient n'étaient que leurs mauvais penchants et leurs mauvaises passions personnifiés. La guerre était leur seule occupation, le meurtre leur principal plai^r ; on ne doit donc pas s'étonner qu'ils honorassent le dieu imaginaire des batailles avec de barbares et inhumaines cérémonies.

Mais en vain ces peuples ignorants habitaient-ils une contrée non moins sauvage qu'eux-mêmes; sur eux aussi se leva le soleil de l'immuable justice, pour dissiper par ses rayons les ténèbres de leurs erreurs. De dignes hCHnmes, a qui le nom de saints, tant qu'on nY attacha aucune idée superstitieuse, fut donné justement*, et que la vie ou le& plaisirs de ce monde ne touchaient en rien, pourvu qu'ils gagnassent des âmes au christianisme, entre* prirent avec succès la tâche dangereuse d'éclairer ces barbares. 1% la religion ne poliça point de prime abord les mœurs, les nations Icmg'-temps demeurées dans la bart)arie, du moins réuasit-elle i introduire dans leur sein les institutions sur lesquelles reposes^ le bonheur et la dignité de la vie sociale. La loi du mariage fut établie parmi xclles, et tous les ignobles maux résultant de la po*

1 II ne faut pas oublier que Walter Scott était protestant, et il use ici d^ane pré* caution oratoife* â» m*

GKânTBBL M

lygaoïie firent ptoceaux cooséqueBces d'une union qui tond deit maai^^ la pluê directe à séparar Feflpèoe humaine de b brute. L'aboUiton desi ritee idolàtjces entraîna eelle d'un frand nombre d'usagée bîdeux et sanguinaires^ et, eomme la graine de FÉcrK ture, b parxdeévangéli^e prit racine, pouaaa des fleurs» fructifia» népandant au fond des cœurs les grftces qui toujours découleal de acm influence*

Tellea étairat les nations aux attaques' desqudles les Bretons, que l&ome avait assujettis, furwt eaposés après le départ de cens; qui étaient à la fois leurs maîtres et leurs protecteurs, et ces deux races formidables habitaient la mineure partie de la contrée qui porte aujourd'hui le nom d'Ecosse.

La retraite des Boœains laissa leurs tributaires de la Grande Bcetague tout-àrfoit sans défense. lies exhortations à se défendre euxHnèmes avec lesquelles ils leur dirent adieu, et la générosité qu'ils afieet^ent de les avoir, ra abaudonnant Ftle, rendus à la lib^té, étaient aussi cruelles qu'il le serait de cougédier uia oiseau privé ou un animal domestique pour qu'ils se tirassent seuls d'aSaire, après avoir été depuis leur naissance, nourriset su^;néa par la main de rhcMnme. Les Scots et les Pietés s'élancèrent contre le rempart des Ilomains lorsqu'ils ne furent plus là pour le pro^ téger* Leur muraille fUt emportée d'assaut du côté de la terre par les barbares, ou bien, pour s'ra rendre maîtres ils eu tournèrent les extrémités avec des expéditions navales. Les Bretons de lapro^* Tince romaine, traqués sur diaque point et réduits au désespoir^ invoquèrent le secours des Saxons deux années environ après que Jes AomaJns eurent quitté 111e.

Les Saxons étaient Gothsd'origine, et à un courage qui ^;alait celui des tribus de là Bretagne du nord, joignaient des armes meil* leureset une discipline re^fcMitable. Ils refoulèrent et les Pietés et les Seots dans leurs propres limites, et même agrandirent beaur* coup à leurs dépens les territoires qu'ils étaient venu» protéger^ Ua, un de ces guerriers septratrionaux ei de ces sectateurs d'Odin, qui érig^ent les royaumes de l'Heplarcbie, débarqua en H7^ et fonda cduide Nortbumberland. Soumettant une partie de^ Pietés qui s'étaient établis sur le côté méridional du golfe de Forth, ou obtenant d'eux une obéissance volontaire, ce prince réunit dès-lors sous un sceptre anglais les districts du bas Teviotdale et du Berwickshire, ainsi que les trois Lothîans, sauf une petite division du comté occid^tal de ce nom*

ie HISTOIRE D*ÉCOSSE.

La contrée qu'on appelle aujourd'hui VÈcosae se divisait donc entre cinq nations, que qous allons brièvement passer en l*evue.-— 1^ Les Scots d'Irlande occupaient toute la région montagneuse maintenant appelée ArgyieshireS jusqu'à rembouchure de, la Clyde. 2^ La contrée maintenant appelée Glydesdale ^ > jointe au Prebleshire, au Selkirkshire, et aux parties supérieures du Roxburg)>shire, terminée au sud par le Northumberland, en6n fbrmant ce qui fut jadis appelé le royaume de Strath-Ciyde, était babitée par les descendants des tributaires que Rome avait eus dans la Grande-Bretagne et qui delàfurent nommés Bretons. 3^ Le Galloway, comprenant presque tout l'Ayrshire, était habité par une race mixte, moitié de colons Scots venus d'Irlande, mais.d'une souche différente de celle des Balriades ou Scots Irlandais de l'Argylesbire, moitié de Pietés qui avaient acquisdes possessions parmi eux. 4® Les Pietés semblent avoir été le peuple le plus nombreux de l'Ecosse ainsi subdivisée. Les victoires saxonnes les avaient, comme nation, expulsés à dire vrai, du Lothian; et leur possession de la Galwégie ou du Galloway n'était, ainsi qu'on vient de le remarquer, que partielle. Mais ils possédaient le Fife etTAnguâ, le Stirling et le Fortbshire; plus au nord, ils occupaient tous les comtés du nord-est, quoiqu'il y eût dans le Moray, dans le Gaithness et le Sutherland, des établissements de Scandinaves qui conservaient leur indépendance, ô^ Les Saxons Northumbriens avaient étendu leur royaume jusqu^au golfe de Forth, de telle manière qulda, leur chef, saxon comme eux, commandait sur la Marche, sur le Teviotdale jusqu'à Melrose, et sur les trois Lothians qui ensuite devinrent et sont maintenant regardés parties intégrantes de l'Ecosse. Les Saxons continuèrent à posséder ces cinq provinces sous plusieurs rois, et les possédaient spécialement sous Edwin, qui fonda sur les bords du Forth un château qu'on appelle bourg d'Edwin ou Edwinsburgh d'après lui, et autour duquel s'éleva peu à peu la ville d'Edimbourg, capitale actuelle du royaume écossais. Ceci était postérieur à 617 ; en 685» les envahissements des Saxons furent arrêtés par le meurtre et par la défaite de leur roi Egfrid à la bataille de Drumnechtan, sans doute Dunnichen-, et le district, qui s'étend au sud du Forth fut

i Shifê est un âffixe dont le sens répond k comfi: ainsi, PArgylesblre Tout dire comté dMrgyle. ^ous donnons cette explication pour servir 5 IMnlelligence des attires applications analogues qui seront faites dans le cours de cet ouvrage, a. M*

a DaU signifie vaUée, Glydesdale Teut donc dire : yallée de la Clyde* ▲. M*

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