CHAPITRE XL Ul
g«»àre. Attaquer les assiégeants était le mode le plus simple) mais s'il adoptait ce moyen, sa tentative n'aboutirait nécessaii^ sieat qu'à un résultet précaire et douteux, car les Anglais étaient protégés dâuas leur poûtion devant Berwiek par de forts retraa* cbemeots. Ils étaient en outre braves et nombreux; et rien n'était
plus contraire à la tactique adoptée par Bruce que de hasarder une iictkm gib^éaàOj lorsqu'il pouvait l'éviter, à moins que des cir* constances fort avantageuses, qui n'existaleot pas ici, ne le pouik sasfsent au parti conlraire.
Mais il râiolut, pour effectuer la délivrance de Berwiclc de faine une diveisîoii tellement puissante, qu'Edouard se vit obligé de lever le si^. Bans ce but, quinze mille bommes, que Douglas et IU&dk>lph conunandaient, franchirent les frontières occidentales de l'Angleterre, puis tournant à l'est, marchèrent précipitamment sur York, afin de surprendre la reine d'Angleterre qui résidait près de cette riUe. Isabelle fut informée de leur dessein et se hAta de fiûr vers le sud. On peut observer en passant que son mari fnt peu <&iigé envers les gens dont elle reçut les nouvelles qui la mirent à même de preo^bre hi Aute.
Les Ecossais se mirent, comme d'usage, k ravager le pays. L'archevêque d'York, en l'absence d'un chef qui fût davantage du métier, prit les armes, et rassembla une armée nombreuse, mais luîzarrement mélangée; car elle se composait en partie de paysans, en partie d'ecclésiastiques , en partie d'hommes qui n'avaient d'habileté et d'ardeur que ce qu'ils pouvaient en emprunter au désespoir. Les Ecossais les combattirent avec l'avantage que des capitaines pleins de couri^e et d'expérience possèdent sur ceux qui igncH'ent l'art de la guerre, et des soldats vétérans sur des recrues réunies an hasard et indisciplinées. La bataille eut lieu le iO septembre lâlQi, |»*ès de Milton, sur la rivière de Swale. Par le plus simple des stratagèmes qui consista à brûler quelques tas de foin, les Écossais produisirent une épaisse fumée, à couvert de laquelle iuie de leurs divisions tourna sans être vue le flâne de l'armée de l'archevêque, et la prit de dos. Les rangs irréguliers des Anglais, ainsi attaqués par devant et par derrière k la fiais, furent immédiatement mis en déroute avec un grand carnage. Trois cents ecclésiastiques restèrent sur le théâtre de l'action ou furent tués pendant la fuite. Beaucoup aussi de fuyards périrrat dans les eaux de la Swale où l'ennemi les força de se jeter. Dans la bar^ bare plaisanterie de l'époque, cette bataille, où le clergé fit de$
pertes si nombreuses, fut appelée la bataille blancbe et le chapitre de Mil ton.
Les nouvelles de ce désastre obligèrent bientôt Edouard à lever le siège de Berwick et à marcher au sud dans l'espoir de couper aux Écossais le passage lorsqu'ils voudraient abandonner l'Yoït- ' sbire. A dire vrai, les barons du nord, avec le comte de Lancastre à leur tête, sachant leurs domaines exposés à un ennemi victorieux et infatigable, ne laissèrent aucune alternative à Edouard, mais déguerpirent avec leurs vassaux sans attendre sa permissioiD; Douglas et Randolph, qui n'avaient que des troupes légères sous leurs ordres, ne se souciaient aucunement d'avoir i se mesurer avec l'armée royale d'Angleterre. Ils évitèrent donc l'ennemi en se retirant vers leur propre contrée par les frontières occidentales, chargés de captifs et de butin -.ils avaient pillé dans cette incursion quatre-vingt-quatre villes ou villages. Vers la fin de la même année, Douglas recommença ses déprédations dans le Gumberland et le Westmoreland, et revint encore avec un nombre inouï de prisonniers et de bestiaux; il détruisit môme les récoltes qu'il trouva dans les fermes. On dit que le nom de ce chef terrible et toujours heureux était devenu si formidable que les mères avaient coutume, dans les contrées du nord, pour imposer silence à leurs enfants lorsqu'ils criaient, de les menacer de Douglas le Noir.
Ces sinistres événements amenèrent une trêve de deux années, à laquelle Bruce, qui avait beaucoup à faire pour établir Tordre dans l'intérieur de son royaume consentit avec joie. La fixation du mode d'héritage au. trône , dont l'incertitude avait causé tant de malheurs, et le succès d'une réconciliation avec le pape, étaient les principaux buts civils à atteindre. Le premier, sans doute, avait déjà été atteint en partie, et d'autres mesures importantes y relatives avaient été prises ; mais la mort d'Edouard Bruce rendait quelques changements nécessaires.
Un parlement fiitdonc convoqué à Sconeen 1318^ et pour premier acte s'engagea non seulement à garder au roi une invio* lable fidélité, mais encore à lui prêter secours contre tous mortels qui menaceraient les libertés d'Ecosse , ou contesteraient son droit royal, quelque éminentes que fussent l'autorité, la puissance et la dignité de l'opposant, expressions particulières qui désignaient le pape.Tout individu né en Ecosse, qui manquerait à son serment d'allégeance, fut* déclaré traître sans rémission. Comme Edouard Bruce était mort sans héritiers directs, et que Maijoryr